Hendrik Christian Andersen et Andreas Andersen

Publié le par lesdiagonalesdutemps


thecabinet: Andreas Andersen, Interior with Hendrik C. Andersen y John Potter Briggs en Florencia, 1894

 

Ma récente demande d'informations à propos d'un tableau aussi osé que mystérieux que j'avais proposé à la sagacité de mes visiteurs a été comblée et m'a jeté dans des recherches qui ont émoustillé mon esprit si elles ont quelque peu ruiné ma nuit bien qu'il y ait assez peu de chose sur la toile et encore moins dans mes bibliothèques.

En faisant ces recherches c'est tout un monde qui est apparu avec la bien curieuse famille des Andersen.

Ce tableau serait un auto-portrait du peintre Andréas Andersen (1869-1902) qui se serait représenté assis sur le lit, commençant à se rhabiller après avoir fait l'amour au beau jeune homme blond qui encore couché a ramené le drap sur lui pour cacher son sexe repu d'amour. Un de ses bras pend hors du lit et caresse nonchalamment un chaton. Le garçon comblé ne serait autre que le frère du peintre, l'architecte urbaniste et sculpteur Hendrik Christian Andersen. Il s'agirait donc d'une représentation d'un amour incestueux. Cette image, déjà particulièrement osée pour l'époque, après ces révélations devient carrément scandaleux (je précise pas en ce qui me concerne, l'amour physique entre frère ne pouvant par essence pas donner naissance à des rejetons tarés, je n'y vois rien à redire, j'ai d'ailleurs pour ma part été témoins de telles relations qui ne doivent pas être rares et qui pourtant sont bien peu documentée dans les domaines de la littérature et des arts.).

 

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Il y a une autre interprétation de ce tableau. Si l'identité du garçon dans le lit est peu contesté, il s'agirait bien d'Hendrik Andersen, le deuxième personnage remettant ses chaussettes, serait John Brigg Potter en outre la scène serait située à Florence lors de leur voyage en Italie. Cette interprétation me paraît plus plausible que la première.

Hendrik Christian Andersen est né à Bergen, en Norvège,en 1872. Helene (1842-1927) et Anders Andersen étaient pauvres. Quand ils se sont rencontrés, aux environ de 1862, Anders gagne sa vie conduisant un chariot et décharge le bois pour certaines entreprises. La famille a immigré alors que ses fils sont encore des enfants à Newport (Rhode Island). L'enfance d'Hendrik Christian et d'Andréas fut de courte durée: dès l'âge de six ou sept ans, ils commencent à s'efforcer de gagner de l'argent pour leur famille qui n'est pas loin de la misère, en commençant par la vente de fleurs. Andreas était un peu guindé, calme et réfléchi. Il aimait l'étude et la lecture. Assis dans la cuisine de sa mère, ou à la bibliothèque publique de Thames. Il dévorait toutes sortes de livres. Mais sa vraie passion était le dessin. Depuis la petite enfance Andréas a ­ une extraordinaire capacité à reproduire ce qu'il a vu. Il remplit de croquis et dessins chaque morceau de papier qui lui tombe sous la main. Alors qu'il faisait des petits boulots,a dix-neuf ans Andréas est remarqué par un peintre de New York nommé Mills qui décèle les exceptionnels dons artistique du garçon et l'encourage à continuer dans cette voie. Ainsi, à l'automne 1889 Andreas déménage à Boston pour y suivre les cours de l'école d'Art de Cowles à Dartmouth Street. En 1891, Andréas part pour Paris pour parfaire son art. Il suit les cours à l'académie Julian où son maitre est Jean-Paul Laurens. C'est à Paris qu'Andréas rencontre la grande amitié de sa vie en la personne de John Briggs Potter, un jeune peintre qui a grandi dans le Michigan. Il retrouve également un de ses camarades de l'école Cowles, Howard Gardiner Cushing qui contrairement à Andréas est issu de la grande bourgeoisie américaine, avec lequel il partage un atelier au 58 rue de l'université. C'est là qu'Andréas rencontre Olivia, la soeur de Cushing qui deviendra sa femme. Cushing a de belles relations par son intermédiaire Andréas rencontre Whistler, Sargent, Henry James et Oscar Wilde. Paris a donc représenté pour Andreas non seulement une étape importante pour sa formation artistique, mais surtout l'occasion de faire partie des « élites » intellectuelles dont il a immortalisé les protagonistes dans ses portraits de jeunesse, dont certains ont été exposés au Salon annuel du Champs de Mars.

 

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portrait vers 1900 d'Hendrik peint par Andreas Andersen


Hendrik était d'une nature complètement différente, exubérante, impulsif, toujours à la recherche d'un meilleur travail.Il avait hérité de son père, un homme peu fiable et alcoolique, un corps longiligne, svelte et bien découplé. Jeune homme à Newport, Andersen a commencé son travail de sculpteur. Il se mêle à l'élite fortunée de la ville, notamment comme professeur d'art pour Gertrude Vanderbilt Whitney.

Le modèle de son frère incite Hendrik à faire de même. Grâce au soutien financier de certains « bienfaiteurs » Hendrik, à l'âge de vingt ans déménage à Boston, à l'école d'Art de Cowles où les leçons sont en échange de travail. Lorsque le cours de l'école d'Art de Cowles touchait à sa fin le problème pour Hendrik était de savoir comment poursuivre ses études sans aucun soutien financier. Mais grâce aux connaissances qu'Andreas avait contracté à Paris, qui lui avait aussi ouvert la porte du monde de riches bienfaiteurs de l'art telle Olivia Cushing, qui une fois de retour en Amérique, pris à cœur la cause de l'éducation du frère d'Andréas. C'était pour les deux le début d'une amitié, une sorte d'amour pur qui durera tout au long de leur vie.

 

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En 1893, Hendrik Andersen voyage en Europe pour étudier l'art. Il est fasciné par l'Italie où il y voyage avec John Brigg Potter et Howard Gardiner Cushing. Il est très impressionné à Florence par les sculptures de Michel-Ange du tombeau des Médicis. C'est peut être à Florence lors de la découverte de l'Italie par Hendrik que l'on peut donc situer la scène du tableau qui est en ouverture du billet. Il va ensuite à Paris où à son tour il suit l'enseignement de Jean-Paul Laurens à l'académie Julian. Il s'installe à Rome à l'automne 1896. Là il fait la connaissance d'autres artistes ainsi que d'un certain nombre de riches mécènes expatriés tel Elliott Howe Maud ou l' aristocrate anglais sculpteur, écrivain et critique d'art, Lord Ronald Gower duc de Sutherland (1845-1916), (de nombreux riches américains aiment à hiverner à Rome y créant une petite société de nantis intellectuels) tout en poursuivant son travail de sculpteur. Hendrik fait les portraits des membres de cette coterie parmi eux on trouve l'aristocrate anglais et homosexuel Ronald Gower duc de Sutherland, sculpteur et écrivain, voyageur infatigable et brillant homme du monde, le critique britannique Arthur Symons,  d'une culture raffinée adepte des symbolistes et des décadents, Ernest Hobson grand amateur d'antiques et de l'art de la Renaissance, le journaliste Michael Stillman, fils de William James Stillman et de Maria Spartali, beau modèle des peintres préraphaélites, le Baron Arild Rosenkratz, sculpteur et Consul du Danemark,  Mabel Normand, alors épouse du docteur George Cerio, qui a vécu entre Rome et Capri, l'écrivain-journaliste Maud Howe, fille de l'écrivain féministe Howe et épouse du peintre anglais George Elliott.

 


Portret of Lord Ronald Gower door Henry Scott Tuke, 1897

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Hamlet par Lord Gower

 

Il fait bientôt la connaissance d'un riche anglais de 52 ans, Lord Gower, homosexuel déclaré (un visiteur régulier à Oscar Wilde et à son entourage; il semble avoir été le modèle pour Lord Henry Wotton dans Le portrait de Dorian Gray), qui se prend alors d'intérêt pour le beau jeune homme qu'est alors Hendrik Gower l'invité à passer quelques jours de vacances à Londres où, en plus des visites aux musées, Gower introduit Hendrik dans son cercle d'amis. De retour à Rome, leur « amitié » semblait se concrétiser, Gower aurait même proposé à Hendrik de l' adopter (entraînant l'héritage d'un beau domaine en Angleterre), mais ce projet échoue tant par la probable réticence d'Andersen, que par l'arrivée à Rome d'un nouveau personnage, Frank Hird, 24 ans, correspondant du « Morning Post », qui prend à Hendrik le rôle de favori auprès de Lord Gower. Grower finira par adopter Hird. Une fois envolé lerêve de devenir un jeune héritier, Andersen a accepté une aide économique de l'archéologue et collectionneur de Newport Theodore M. Davis dont il fait la connaissance grâce à Elliott... Davislui demande de l'accompagner lors de sa prochaine expédition sur le Nil, mais la perspective de devoir perdre des mois de travail pousse Andersen à rejeter l'offre et avec elle aide économique en sa faveur. Ce qui laisse Davis indigné.

 

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Frank Hird peint par Tuke

Pour joindre les deux bouts Hendrik se consacre à des portraits en bustes qui s'ils ne correspondent pas exactement à son credo artistique, lui garantissent de petites rentrées. Il réalise entre autres, en 1896, celui du comte Alberto Bevilacqua Lazise. Ce buste aura une grande importance dans la destinée d'Hendrik Christian Andersen.

 

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Henry James et Hendrik Andersen

 

L'affaire se corse encore lorsque l'on découvre qu'Hendrik Christian Andersen a été l'objet d'un amour passionné mais peut être chaste (quoique) de la part d'Henry James. L'écrivain rencontre le jeune sculpteur lors d'une fête de mariage en juin 1899 sur la belle terrasse d'Elliott qui une vue imprenable sur la Basilique Saint Pierre. Hendrik propose à James de visiter son atelier. L'écrivain tombe en arrêt devant le buste du comte Alberto Bevilacqua Lazise qu'il achète sur le champ. C'est le début d'une fructueuse amitié...

 

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De cette rencontre naitra une correspondance qui durera jusqu'à la mort de James.

Andréas Andersen est retourné aux Etats-Unis dès 1894. Il s'aperçoit vite qu'il lui sera difficile de vivre en vendant ses toiles. Grâce à son ami Howard Cushing, Andréas trouve un emploi de professeur d'art à Cambridge tout en continuant à peindre et a exposer. Andreas se marie à Olivia. Mais après seulement quatre semaines d'une vie conjugale heureuse Andreas meurt de phtisie.

 

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Olivia peint par Andreas


A l'automne 1899 Hendrik Andersen s'embarque pour l'Amérique avec l'espoir de pouvoir exposer ses premiers travaux et obtenir un emploi. Avant de s'embarquer pour les États-Unis il visite pour la première fois avec James chez lui. Déçu de la réception de son travail, Hendrik retourne à Rome en 1902 après la mort d'Andréas.

L'amitié entre Hendrik et Henry James prend parfois des tournures enflammées comme dans cette lettre du 10 aout 1904 dans laquelle James écrit à son ami: << Chaque mots de toi est aussi apaisante qu'une caresse de ta main. >>. A d'autres occasion l'écrivain se fait presque paternel lorsqu'il écrit à Hendrick Christian pour tenter de le consoler en 1902 de la mort de son frère Andréas qui laisse dévasté le survivant de la fratrie.

Assez vite toutefois Henry James prend ses distances avec son assidu ami effrayé qu'il est d'une part par l'obsession du projet d'une ville idéale qui dévore l'esprit d'Andersen et d'autre part de la photos que lui a envoyé son ami de la sculpture peuplée d'homme nu sur laquelle il travaille ce qui effraya grandement ce coincé de James.

 

portrait d'Henry James par Hendrik Andersen

A partir de 1905 Olivia vient vivre à Rome avec son beau frère lui apportant l'aisance matérielle.

 

 

Hendrik Christian Andersen a exposé sa philosophie de planification urbaine en 1913 dans A World Center of Communication. Un énorme pavé écrit en collaboration avec l'architecte français Ernest Hébrar (1866-1933).

Le projet d'Andersen et d'Hébrar s'inscrit dans le courant hygiéniste. Le critique d'art français Jean-Paul Alaux a donné une description générale du projet dans un numéro de mars 1914 de l'American Institute of Architects Journal:

 

Les images de la proposition de Hèbrard et d'Andersen, cependant, montrent une forte inclination de Beaux-Arts. C'est plus évident dans le plan, où l'axe La ville est divisée en trois groupes distincts : tout d'abord, le groupe scientifique, composé des palais des sciences humaines, de la médecine, de l'agriculture, des sciences pures, avec, en outre, une grande banque, un temple des religions et une grande bibliothèque. Ceux-ci sont placés autour d'une place publique, le centre qui est occupé par une gigantesque tour, la tour du progrès, trois cent vingt mètres de haut. De cette place, commence un centre commercial, décoré de jardins, le long de laquelle sont construits les palais des nations du monde. Le centre commercial conduit au second groupe, composé du Temple des Arts, utilisée pour des expositions temporaires ou permanentes, l'école des beaux-arts, au Conservatoire de musique, le Musée d'histoire naturelle et le jardin sont, qui sont disposés ainsi que pour fournir une expression monumentale imposante. Sur le même axe, est construit le groupe des sports, avec un stade rivalisant avec le Circus Maximus de la Rome antique, une piscine couverte et deux palais de la culture physique. Cette partie monumentale de la ville du future est complétée par la section résidentielle, prévu sur le type des cités-jardins.

 

Le centre de la ville est beaucoup plus bi-axial. Une élévation du projet de l' élément central — la tour du progrès — montre également quelques fioritures « Beaux-Arts ». Dans la suite des arcs de triomphe, des colonnes, des pilastres et des bâtiments on peut y voir même comme une anticipation du réalisme socialiste).

 

 



 

Ernest Hèbrard, tour de progrès, 1913-14 

 

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Hèbrard et Andersen décrivent le programme et le but de la tour de la tour du progrès :

Cette tour du progrès a été conçue pour être d'une utilité pratique aux hommes de toutes les nations : pour enregistrer leurs exigences et pour y plaider leur cause, pour protéger le travailleur et l'inventeur et pour s'occuper de préoccupations économiques. Elle doit, être l'intermédiaire entre le capitaliste et l'ouvrier, pour protéger leurs droits et pour plaider leur cause devant le monde, afin d'accroître le développement de l'hygiène, pour rendre possibles les conditions sociales plus élevées et d'harmoniser tous les efforts humains.

L'anthropologue Paul Rabinow observe que la ville imaginée par Hébrard et Andersen aurait pour but d'héberger une succession sans fin de congrès scientifiques mondiaux, fournir des archives, des avancées dans les domaines scientifique les plus variés pour faciliter le bonheur de l'humanité par la centralisation et la diffusion rapide des informations.

Tout s'appuie sur une théorie très nuancée de la communication : si la tour était censée être un bâtiment dédié à la communication des dernières avancées scientifiques et technologiques, il s'ensuit que ces communications doivent être "non faussées", ou pour le dire autrement, propre. Encore une fois, Hèbrard et Andersen pose comme axiome que: « la puissance de la science à purifier le monde, pour exterminer les germes destructeurs de chaque fibre et du système nerveux, pour donner de la force et précision pour tous les efforts physiques et mentales. La science dans un proche avenir fournira les exigences essentielles de l'homme.>>.

 

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Evidente dans le traité est la philosophie d'Andersen est aussi l'idée que l'art peut changer l'humanité et produire la perfection. L'ouvrage est vertement critiqué par les urbanistes de l'époque pour sa naïveté politique couplée avec une emphase pour le monumental. Toutefois le livre dénonce les nationalismes rampants du début du XXe siècle qui selon les auteurs peuvent déboucher sur un conflit généralisé d'où l'idée d'utiliser l'art pour instaurer un monde utopique. Cette idée d'Andersen que la puissance de l'art et de l'architecture peuvent transformer la société peut être considérée comme précurseur des concepts semblables avancé plus tard au XXe siècle par une variété d'urbanistes, parmi lesquels Le Corbusiermême si en voyant les plans de la ville idéale de Hendrik Christian Andersen on pense plus à Speer qu'à Le Corbusier. Quant à ses sculptures, elles rappellent en plus tourmentées celles d'Arno Breker... Ce n'est pas la sensualité délicate de Canova, mais les formes sublimes de Michel-Ange que tente d'approcher l'artiste. Pourtant, leurs corps délicatement harmonieux même dans leur gigantisme montre sa connaissance de Carpeaux et de Rodin et ainsi trahi son véritable intérêt : abstraire le mouvement du corps.Le sculpteur a travaillé toute sa vie à deux ensembles qui ne seront jamais terminés, le tombeau de son frère et une gigantesque fontaine qui devait orner la place principale de sa ville idéale.

 


 

 

Hendrik Christian Andersen (1872 – 1940) Jacob and the Angel 
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Dans une lettre de 1912 à son ami, Henry James s'inquiète de le voir tombé dans la mégalomanie à propos de sa ville totale. Andersen avait succombé esthétiquement à la montée du fascisme italien, esthétique complètement antithétique à l'amour de James pour l'échelle humaine et d'individualisme. Leur correspondance aurait cessé en 1913.

 

 

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Hendrik Christian Andersen (1872-1940).

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Mussolini dès 1925 est fasciné par le projet de la ville totale d'Andersen. Il prévoit d'ériger la ville totale dans une vaste zone entre Ostie et Maccarese; le duce pourtant ne donnera pas de suite à ce projet lui préférant celui du quartier de l'UER. A cet endroit il y a aujourd'hui le Leonardo da Vinci Airport.

La teneur des relations d'Hendrik Christian Andersen avec Henry James fait l'objet de controverses. D'autant que James a détruit ses propres archives soit quarante ans de lettres et de manuscrits. Il a dit à son exécuteur testamentaire que son seul souhait était de frustrer comme le plus possible ceux qui exploiteront son oeuvre post-mortem. Il a en outre déclaré son aversion totale et absolue à toute tentative de biographie et à la publication de toute ou parties de sa correspondance privée. Mais bien sûr, il n'a pu détruire que les lettres qu'il avait reçu, et beaucoup de gens ont gardé les lettres qu'il a envoyé (environ 7 000 lettres recensées jusqu'à aujourd'hui!).

Il y a peu de preuves tangibles à l'appui de la thèse de Leon Edel qui soutient qu'Andersen était un opportuniste, uniquement intéressé par comment James pourraient faire progresser sa carrière. Andersen plus tard a voulu publier des lettres de James lui avait adressées comme le témoignage de leur amitié, mais le neveu de James, son ayant droit a refusé l'autorisation de les publier de son vivant.

 

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On peut voir en Toscane, in situ, quelques modestes réalisations d'Hendrik Christian Andersen. À Vallombrosa où passait des vacances, le sculpteur fait un médaillon dédié à Dante et à Béatrice, qui est situé dans le cloître de l'église de l'abbaye de Vallombrosa. En 1924, Andersen a réalisé une décoration faite de masques pour une fontaine et l'année suivante, une plaque commémorant le fait que Milton a résidé dans le village de Pratomagno.

 

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Andersen est mort à Rome de cirrhose du foie, âgés de 68 ans,en 1940. Il est enterré dans lecimetière Protestant, Rome(Cimitero acattolico). Sur le tombeaude la famille Andersen (aujourd'hui disparu), on pouvait lire :
<< Notre rêve d'une ville pour toutes les Nations, dédiée à l'esprit créatif de Dieu chez l'homme, c'est notre espoir et notre prière. Ici les rêveurs dorment.>>.

 

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Il a légué sa maison, atelier, documents et plus de 400 pièces de son travail au gouvernement italien. La maison a été rénovée et est maintenant un musée situé au 20 de la Via Pasquale Stanislao Mancini, (piazzale Flaminio). Le Musée est ouvert au public du mardi au dimanche de 9 à 20 heure et contient une grande partie du travail d'Andersen, ainsi que celui d'autres artistes contemporains ainsi que de très nombreuses photographies (ce musée que je ne connais pas sera un des buts d'une prochaine escapade romaine). Le travail d'Andersen continue d'inspirer des artistes au XXIe siècle comme le sculpteur britannique Yinka Shonibare, pour ses trois grâces

 

Nota: Il y avait encore beaucoup de choses à dire sur cette incroyable famille. Il y a beaucoup de trous dans ce texte en particulier il me manque des reproductions des tableaux d'Andreas Andersen. Si mes visiteurs peuvent combler les béances de ce billet qu'ils en soient remerciés d'avance.

Publié dans sculpture

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Borod 27/02/2013 11:44

Bonjour,

Je ne doute pas que le sexe entre frères soit infiniment plus fréquent qu'on ne se l'imagine, ou qu'on ne le dit. Comment imaginer qu'il en soit autrement? Il n'est pas un secret que dans
l'enfance
nos premiers jeux sexuels se font avec nos plus proches camarades de jeux, or lorsqu'on est membre d'une fratrie, qui de plus proche que nos frères? Dès lors il est logique de penser que
souvent,
ces jeux débouchent sur une relation plus forte.

J'ai eu plusieurs frères, avec le plus proche en âge j'ai découvert les premiers émois en tout début d'adolescence; puis avec le plus éloigné ça a été beaucoup plus loin, c'est devenu une
véritable
relation qui a duré plusieurs années jusqu'à ce que la vie nous sépare au début de l'age adulte. Il n'a jamais été question entre nous d'amour dans le sens romantique, mais d'une fraternité
doublé
d'une certaine intimité. Au fond, le sexe est infiniment plus sain quand l'amour ne s'en mèle pas!

Aujourd'hui je suis homosexuel et pédéraste, mon frère (qui est plus jeune que moi) est hétérosexuel et vit avec sa fiancée. Ni l'un ni l'autre ne regrettons quoi que ce soit et ce souvenir n'a
rien de honteux, nous l'évoquons parfois ensemble comme de n'importe quel souvenir de jeunesse. Les seuls "traumatisés" dans l'affaire furent nos parents quand ils ont su, des années plus tard.
Ils
ont fini par accepter voyant qu'ils étaient les seuls à s'en formaliser, mais ça n'a pas été immédiat!

lesdiagonalesdutemps 27/02/2013 17:49



merci pour ce très intéressant témoignage.



ismau 26/02/2013 19:39

Quelle passionnante double biographie !
Je ne connaissais d'Andersen que sa sculpture de "la lutte de Jacob avec l'ange", découverte recemment en faisant une recherche sur ce thème, en même temps d'ailleurs que celle d'Epstein ( un
artiste que j'aimerais connaître mieux ... il m'intrigue )
A propos des amours entres frères, en effet bien rares dans la littérature . En tous cas très peu d'exemples dont je me souvienne . Dans le magnifique livre de Claude Arnaud "Qu'as-tu fait de tes
frères", c'est l'auteur lui-même qui est concerné, dans un bref passage fort émouvant . Et puis un souvenir beaucoup plus ancien : "les météores" de Michel Tournier .

lesdiagonalesdutemps 26/02/2013 20:48



Le livre de Claude Arnaud est en effet intéressant. Cette année est paru une sorte de suite qui décrit un monde semblable à celui de Mathieu Lindon, ce qu'aimer veut dire.


Epstein est en effet un sculpteur intéressant c'est l'introducteur du cubisme dans la sculpture anglaise.



Jack 25/02/2013 23:37

simplement, Magistrale

lesdiagonalesdutemps 26/02/2013 03:29



merci



IHUEL 25/02/2013 14:39

Je fais une découverte instructive. Merci de ces pages