Guy Peellaert est parti

Publié le par lesdiagonalesdutemps


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Les images de certains créateurs nous ont accompagné toute notre vie et malheureusement nous en prenons conscience que lorsqu’ils disparaissent. Tous les amoureux des image ne peuvent qu’être triste en apprenant le décès de Peellaert  , artiste emblématique de la pop-culture dont les visuels sont indissociables de la musique et du cinéma de  la pop-culture.

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Guy Peellaert est né en 1934 à Bruxelles où après ses études secondaires il se forme au Beaux Arts. Il débarque à Paris dans les années 60 pour faire du cinéma et finit par travailler à Hara Kiri, à la demande de Cavanna.

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Après des débuts à “Hara Kiri”, en 1966, il imagine "Les aventures de Jodelle", dont l'héroïne a les traits de Sylvie Vartan. Deux ans plus tard, il donne naissance à "Pravda, la survireuse", dessinée sur le modèle d'une autre icône yéyé, la sublime Françoise Hardy, sur des textes du réalisateur et scénariste Pascal Thomas. Colorées, érotiques et exubérantes, les BD de Peellaert sont marquées par le psychédélisme et le pop art. Elles sont publiées par l'éditeur avant-gardiste Eric Losfeld. Leur esthétique a durablement marqué le genre.

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Il a encore réalisé aussi bien des tableaux de chevalet, que des Pochettes de disques dont la plus célèbre est celle de "Diamond dogs" avec un David Bowie mi-androgyne glam mi-chien. Il a travaillé pour bien d’autres artistes jusqu’à très récemment comme pour les Rolling stones "It's Only Rock and Roll" (1974) ou, en France pour Etienne Daho, "Pour nos vies martiennes" (1988)...

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Plusieurs affiches célèbres de cinéma porte sa signature comme celle de "Taxi Driver" de Scorsese, de "L'Argent" de Robert Bresson (1983), de "Paris, Texas" (1984), des "Les Ailes du désir" (1987) de Wim Wenders ou encore de "Short Cuts" de Robert Altman (1993)... Mais se sont ses bandes dessinées psychédéliques qui le font connaître.

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Mais son grand œuvre sont les images de son livre culte "Rock Dreams" (1974), série de 125 illustrations d'artistes comme Bob Dylan, Elvis, les Beatles ou Frank Sinatra avec des textes du fameux critique rock britannique Nik Cohn.

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Cet album a connu un succès international. Peellaert retrouve Nik Cohn en 1995 pour un ouvrage similaire, "Rêves du XXe siècle". Dans cette série par des collages peints à l’aide de découpages photographiques à  la palette graphique sur ordinateur, il à l’aide de découpages photographiques à l’aide de la palette graphique sur ordinateur, il fait se télescoper certaines personnalités historiques ou représentatives du XX ème siècle comme dans l'étonnante carte de voeux qu'il réalise pour Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'intérieur, en 2000 (ah Napoléon sodomisant Jeanne d’Arc...) ou encore dans cette jouissive fresque  dans laquelle  pellaert organise une improbable rencontre  entre Groucho Marx et T.S. Eliot!

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Dans “Rêve du XX ème siècle Peellaert fait défiler tout ce qui a compté dans ce siècle tous ces grands écrivains, acteurs , hommes politiques, sportifs (c'est un jeu stimulant d'essayer de mettre un nom sur toutes ces figures issues souvent d'univers très différents dont aucun était étranger à l'artiste). il débusque leur fantasme leur arrière monde pas toujours ragoûtant et dans l’une ou l’autre de ces images vous reconnaîtrez le votre et gêné vous détournerez les yeux de ces fantoches tant admirés que vous avez mérités puisque vous en êtes un autre; voici ce que nous disent les dernières créations de peellaert.

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Ces ébouriffantes planches sont encore plus iconoclaste que celle d’Erro auxquelles elles doivent beaucoup.
Il utilise le pastel pour représenter des célébrités emblématiques de l’Amérique dans son album Las Vegas. Dans cette série ce ne sont pas les stars au firmament de leur gloire qu’il représente mais les lendemains de cuite, les solitudes d’après les sunlights Il n’y a que Hopper qui a aussi bien peint la solitude en Amérique.

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Peellaert comme beaucoup de gamins de sa génération a été fasciné par l’Amérique et les américains, les libérateurs. Voici ce qu’il en disait: <>

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Faisant feu de tous bois ne répugnant à aucune technique il a créé une imagerie qui transcende le vulgaire par une sensualité omniprésente dans ses images. Je conçois que mon choix est très masculin pour illustrer ce modeste hommage, mais si Peellaert a magnifié les décolletés pigeonnant des filles il n’a pas dédaigné non plus à mettre en valeur les braguettes gonflées des garçons. Il n'a pas oublié non plus de représenter des figures emblématique de la culture gay, Proust, Noureiev, Truman Capote, James Baldwin, James Dean...
Ses chromos (on ne doit entendre rien de péjoratif en ce terme) dans lesquels on perçoit son immense culture éclectique, sont un mélange savant de vulgarité d’art classique, de peinture pompier et de photo journalisme touillant le tout Pellaert en a fait des icônes du XX ème siècle.
Il fut un peintre des ambiances urbaines.   C’est le fouleur de bitume qui intéresse Peellaert, star ou clochard: << A l’époque où le monde entier était peace, love and machin, moi, j’aimais New York et Lou Reed, si noirs. Pourquoi je préfère les rats des villes ? A cause de leurs pulsions, plus fortes, de leur côté tragique, solitaire ; pour moi, c’est le sex-appeal du néon et du formica. Un rat des villes que j’aurais envie de connaître ? Bashung...>>
Guy Peellaert a par ailleurs réalisé le générique de l'émission de télévision "Cinéma cinémas" au début des années 80 dont un florilège vient d’être édité en dvd.

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Il se qualifiait lui-même de  faiseur d'images. Pour cela il a employé  toutes les techniques des plus traditionnelles aux plus novatrices. Peinture, dessin, photo, il en faisait des œuvres mixtes avant que ça devienne à la mode.
Sa reconnaissance en tant qu'artiste était avant tout venue des Etats-Unis, pays ou la culture pop a gagné ses lettres de noblesse et est considérée avec moins de condescendance qu'en Europe (espérons que Paris lui offrira la grande rétrospective qu’il n’a pas su lui organiser de son vivant, à moins que le salut vienne de Bruxelles...).

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