Guido Reni (1575-1642)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

Guido Reni (1575-1642) est un peintre italien qui appartient à l'école bolognaise. Il eut Annibale Carracci comme élève. Il a travaillé à Rome, Naples et Bologne. Son style est proche du classicisme baroque, représentée par les disciples du Caravage. On peut considérer qu'il a utilisé des thèmes religieux comme allibi pour peindre son thème préféré: le nu masculin.

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Le Victorieux Samson (1612).

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Bacchus et Ariane (1621).

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St-Jean-Baptiste dans le désert (1625).

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L'Archange Michael Vaincre Satan (1635).

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L'Archange Gabriel (pas de date).

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Embrassant Christ Saint Jean-Baptiste (vers 1640).

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Il s'agissait d'un stratagème que l'on retrouve dans d'autres domaines de lapeinture comme celle par exemple de paysage de paysage qui a évolué en tant que genre à part entière après la Renaissance. Les artistes ont commencé à rétrécir les personnages religieux qui faisaient l'objet de leur commande. Ils les reléguaient dans le coin d'un champ ou dans les ombres de une vallée. Le paysage devenait le vrai sujet de la toile sous prétexte par exemple de peindre une apocalypse ou  uneTentation de saint Antoine.

Comme le Greco il a vécu à une époque où régnait une l'homophobie féroce, une simple plainte mettant en cause ses moeurs aurait pu ruiner sa vie. Pendant des siècles, personne n'a prêté attention aux signes pourtant évident dans sa peinture qui révèlent son homosexualité. Comme avec le Greco, on a appliqué la maxime "en cas de doute, tous hétérosexuels."




La misogynie de Reni était connu. Il ne laissait pas les femmes pénétrer dans sa maison, sous le fallatieux prétexte que ce pourrait être une sorcière venu l' empoisonner! On le décrit comme ayant des gestes "délicat", nous dirions aujourd'hui qu'il était manièré. Il aimait se travestir et être entouré de jeunes disciples en lice pour nettoyer les pinceaux ou les truelles ou préparer sa palette. Il en aurait eu jusqu'à 80 dans sa période faste. Ils venaient de tous les pays d'Europe. Reni s'en servaient à l'occasion comme modèle... Pratique courante Léonard de Vinci par exemple faisait de même.

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Une allégorie de l'Amour Sacré et le Profane (1622).
  

Les thèmes religieux et mythologiques étaient pour lui un prétexte pour pour peindre le torse nu de personnages masculins. Il utilisa pour ce faire un large éventail de sujets religieux avec la présence de jolies  jeunes hommes. Les anges Reni sont des créatures beaucoup plus érotiques et naturalistes que ceux que l'on rencontre habituellement dans la peinture baroque italienne. Ils sont seulement comparables à ceux peint au Pérou à la même époque.
Atalante et Hippomène (c. 1612).

Le meilleur exemple de la toile prétexte est sans doute Atalante et Hippomène. Pour ceux qui ne se souviendraient pas de cette histoire voilà de quoi il retourne:
Enchanté du succès d'Atalante, Iasos la reconnut enfin comme sa fille; mais, lorsqu'elle arriva au palais, les premiers mots du roi furent : "Mon enfant doit prendre un mari !" C'était une phrase désagréable car l'oracle de Delphes l'avait prévenue de ne pas se marier. Elle répondit : "Père, j'y consens à une seule condition : c'est que tout prétendant à ma main devra me vaincre à la course, sinon, si c'est moi qui suis victorieuse, je le tuerai." "D'accord", dit Iasos.De nombreux princes infortunés périrent ainsi, car elle était la plus rapide des mortelles; mais Mélanion, fils d'Amphidamas l'Arcadien, demanda l'assistance d'Artémis. Elle lui donna trois pommes d'or et lui dit : "Tu retarderas Atalante en laissant tomber ces pommes d'or, l'une après l'autre, pendant la course." Le stratagème réussit. Atalante s'arrêta à chaque fois pour ramasser une pomme et atteignit le poteau d'arrivée après Mélanion.

Les pommes d'or qui apparaissent dans ce tableau de Guido Reni, ne sont pas les plus célèbres en histoire de l'art, il faut dire qu'elles savent se faire discrète. L'objet qui retient l'attention du spectateur ce n'est pas une pomme, mais le mâle quasi-nu, un sujet de prédilection pour les artistes Baroque, voir également Bronzino et en particulier pour Guido Reni Représentation qui frappe le spectateur d'aujourd'hui par son homo-érotisme. Cette interprétation n'est en aucun cas récente: Oscar Wilde a été épris de la représentation par Reni de Saint Sébastien (ci-dessus). Le même tableau excite le protagoniste âgé de douze ans dans Confessions d'un masque, le roman autobiographique de Mishima. 










Le changement de regard sur l'œuvre de Guido Reni est du à des écrivains modernes comme Oscar Wilde et Yukio Mishima, des écrivains qui ont été profondément ému en voyant son travail, en particulier son Saint-Sébastien peint vers 1620.
 Comme tout bon peintre de son temps, Reni a mené une vie au-dessus de ses moyens. Ce qui l'obligeaient à répondre à plusieurs reprises d'énormes dettes ce qui l'obligeait à mettre de côté momentanément son grand talent  en faisant des œuvres de commande. 


 



 


St-Jean-Baptiste dans le désert (v. 1636-1637).

David - Guido Reni

 

St. John the Evangelist - Guido Reni


 



 



 



 



 



necspenecmetu: Attributed to Guido Reni, Two Fauns in a Bacchic Dance, c. 1637-40


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ismau 23/03/2013 19:56

Toutes ces belles images me rappellent la superbe exposition vue cet été à Montpellier : "Corps et ombres, Caravage et le caravagisme européen " . Il n'y avait qu'un Guido Reni, le "David avec la
tête de Goliath", mais beaucoup d'autres magnifiques peintures religieuses aux corps masculins très séduisants ... dont le corps du Christ que je trouve souvent tout aussi érotique que celui de St
Sébastien .
( A propos du David de Guido Reni, j'en ai trouvé un autre de lui: "David et Goliath", qui est intéressant, et qui n'est pas connu, étant dans une collection particulière :
http://www.univ-montp3.fr/pictura/GenerateurNotice.php?numnotice=A9067 )

J'ai aussi recherché et relu hier soir le passage de Mishima concernant St Sébastien, dont je gardais un souvenir bouleversant, mais vraiment lointain ( j'avais 15 ans quand j'ai lu "confession
d'un masque" ).
La précision de la description du tableau, ainsi que des émotions et effets suscités, est remarquable ... et ceci sur plusieurs pages, qui donnent envie de relire tout le livre .

lesdiagonalesdutemps 24/03/2013 01:26



Je n'ai malheureusement pas vu l'exposition dont vous parlez à ce proos je constate que lz province française à des expostionde premier ordre qui ne "monte" pas à Paris (et c'est très bien comme
cela même si je suis un peu frustré.


J'ai également lu le livre de Mishima, jeune vers 20 ans et je crois que je vais le lire sans trop tarder