Gouttes d'eau sur pierres brûlantes

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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France, 90 mn, 2000

 

Réalisation: François Ozon, scénario: François Ozon d'après Fassbinder, image: Jeanne Lapoirie, montage: Laurence Bawedin et Claudine Bouché

 

avec: Bernard Giraudeau, Anna Thomson, Malik Zidi, Ludivine Sagnier

 

 

 

 

 

Résumé

 

En Allemagne, dans les années 70, (bien que ni le lieu ni la date soient précisés, mais le moindre détail exhibe sa germanité et sa mocheté seventies...), Léopold un représentant de commerce de cinquante ans, genre tata vicieuse -old school-, ramène chez lui, on ne quittera jamais cet appartement, l’angélique Frantz, dix neuf ans. On assiste à l’étonnant ballet qu’exécute Léopold pour séduire Frantz qui lui expose ouvertement son fantasme. Un rêve récurrent le hante toutes les nuits: un homme, vêtu d’un manteau, pénètre dans sa chambre, s’approche du lit où il est endormi, prend possession de son corps comme s’il était une fille. Après une telle invite Léopold expédie Frantz dans la chambre en lui demandant de s’allonger nu sur le lit (très beau plan fugitif) et de l’attendre... Ils baisent. Nous les retrouvons quelques mois après en couple. Frantz attend son seigneur et maitre, en parfaite -femme aimante au foyer-, il se fait belle pour le recevoir (aaaah la petite culotte de peau). Très vite on comprend qu’ils reproduisent un quotidien conjugal fait d’agacements, de ressentiments et de mesquineries. Le bel enthousiasme innocent de Frantz se délite vite face à l’étroitesse d’esprit et au cynisme manipulateur de Léopold.

Bientôt Anna, l’ex petite amie du garçon, une gourde à la belle et opulente poitrine, (Ludivine Sagnier que je n'avais vue précédemment et admirée que dans Rembrandt ) revient pour récupérer son amoureux en l’absence de Léopold. Anna et Frantz s’apprêtent à fuir ensemble, après avoir fait l’amour lorsque Léopold rentre à l’improviste. Anna tombe également sous le charme de Léopold. Arrive bientôt Véra (Anna Thomson, le personnage a été ajouté par Ozon, il n’existait pas dans la pièce de Fassbinder.). Elle est l' ancien/ne fiancé/e (il/elle a changé de sexe depuis leur séparation!) de Léopold. Ce dernier a fini par la mettre sur le trottoir! Le film se poursuit par un ballet kitchisime et une partie carrée et se termine sur une fenêtre qui ne veut pas s’ouvrir; il est impossible de sortir de ce lieu clos comme de soi même...

 

L'avis critique


 

Ozon a adapté la pièce éponyme (Toppen aut heisse steine) que Fassbinder a écrite alors qu’il n’avait que 19 ans, soit en1964, trois ans avant qu’il ne rejoigne le collectif d’avant-garde de l’Action-Theater à Munich. La jugeant inaboutie, il ne la monta jamais. Elle ne fut mise en scène qu’à titre posthume par Klaus Weise au Theaterfestival de Munich en 1985 et enfin traduite en français et présentée à Aubervillier en 1995. On retrouvera les thèmes habituels de Fassbinder, déjà présents dans cette pièce de jeunesse, que sont de la dénonciation de la violence des rapports sociaux la domination dans le couple dans Les larmes amères de Petra von Kant(1972), Martha(1973), et bien sur dans Le droit du plus fort (1975). Le réalisateur se montre très fidèle au texte et à son esprit. La puissance du matériau d’origine, fable cruelle sur l’usure conjugale et la soumission d’autrui par le sexe et la séduction demeure quasiment intacte, finement servie par la mise en scène.

 



On ne s'étonnera pas qu'Ozon rencontre Fassbinder tant dans la cinématographie de l'allemand les thèmes de la domination et de la manipulation sont récurrents. Dans « Le droit du plus fort », seul film résolument gay de Fassbinder, ils en sont même le centre. Dés ses premiers courts-métrages, François Ozon tente de cerner au plus près les rapports de domination qui régissent les relations humaines, explorant les différentes formes qu’ils peuvent revêtir. Des stratagèmes meurtriers de Regarde la meret des Amants criminelsaux manoeuvres de séduction d’Une robe d’été, du drame oedipien de La petite mortà la bouffonnerie de Sitcom, ses personnages et la mise en scène elle même, dans la manière qu’elle a d’inclure le spectateur dans son dispositif en affirmant ouvertement sa volonté de choquer, transgresser, terrifier ou séduire, ne cessent d’expérimenter les différentes manières de manipuler et de s’approprier l’autre...

 



Ozon paradoxalement n’a jamais autant parlé de lui qu’en adaptant cette pièce dans laquelle il a introduit une bonne dose d’humour camp foldingue. Le glissement de la pièce des années 60 aux années 70 la rend plus efficace. En outre l’alacrité propre au réalisateur et la -débrechtianisation- du texte la rendent pétillante. On peut considérer le rêve récurrent de Léopold comme un raccourci du film: la perte de soi par la pénétration physique et morale. Elle sera mise en scène à maintes reprises de façon ritualisée et comique, chaque scène de sexe est annoncée par une musiquette enjouée de boîte à musique. La drôlerie de la bande son aère la pièce et parfois sert d’introduction, de passage, d’une scène à une autre, comme l’hilarant ballet qui amène la partouze. La chansons française des années yéyés est une fois de plus mis à (Françoise Hardy qui chante, en allemand, Traume, une chanson triste qui parle de rêves, a remplacé Sheila qui cloturait Une robe d’été), comme le poême, La Lorelei, qu’annone Malik sont en langue allemande. Ozon ne cherche jamais à faire oublier l’origine théatrale du film, bien au contraire. Le film est divisé en quatre actes bien distincts: Premier acte: la séduction de Frantz par Léopold, le plus savoureux; deuxième acte: le masque de Léopold tombe, il se révèle un beauf acariâtre qui n’a qu’une idée, tenir sous un joug cruel l’objet de son désir (Giraudeau interprète un personnage très semblable dans Une affaire de goût de Bernard Rapp); troisième et quatrième acte: le ton change, il passe d’un presque naturaliste à un burlesque-tragique avec l’entrée des deux personnages féminins. Le film connait une légère baisse de tension lors de la retrouvaille des deux jeunes gens.

 

 



Le décor, jamais ouvert sur l’extérieur est véritablement le cinquième personnage du film. Il est du à Arnaud de Moléron. C' est quelque chose qui serait le monde de l’inspecteur Derrick, style au chic munichois, revu par Pierre et Gilles plus une touche de Modeste et pompon. En choisissant délibérément de situer le récit dans les années 70, Ozon parvient à poser, de façon inédite, dans ses partis pris de décors, de costumes, de direction d’acteurs, des questions sur le statut des images, sur le réalisme et sur la reconstitution, sur le passage de l’authentique au kitch. Il continuera sa réflexion sur le sujet dans 8 femmes.

La réalisation doit aussi beaucoup à la photo, souvent d’un bel orangé d’époque. On peut aussi déceler quelques réminiscences de la peinture d' Hopper. Le cadrage est impeccable, oeuvre de Jeanne Lapoirie, très supérieure à celui de bien des opus fassbinderiens.


 



Frantz est certainement le double rêvé du cinéaste allemand. La pièce, pour la première partie est très probablement autobiographique. On peut aussi penser que Léopold représente la manière dont ne s’espérait pas à 50 ans (ou plutôt à 35 ans car Ozon a vieilli le personnage de Léopold de 15 ans par rapport à la pièce.) le jeune Fassbinder de 19 ans qui écrivait ce texte. Comme le rat dans Sitcomou l’ogre dans Les amants criminels , Léopold est un révélateur sexuelle. Il fait irrésistiblement penser au loup stupide et lubrique de Tex Avery, avec une pointe de Paul Meurisse, en beaucoup plus frelaté. Léopold est indifférent à l’amour que les autres ont pour lui, il ne fait que les rendre dépendant de la jouissance sexuelle. Giraudeau avec ses rictus de hyène est tantôt autoritaire, tantôt dépressif, il fait un numéro énorme, il hurle de désespoir, il couine, il aboie, il jappe de plaisir... Lépopold est intéressant parce qu’il n’est pas que ce tortionnaire domestique quasi maquereau c’est aussi un être souffrant, angoissé par la mort et désireux de rester en perverse enfance, qui répète: <<Je prend tellement peu de plaisir aux choses.>>. La performance de Bernard Giraudeau est exceptionnelle. Il a déjà interprété des rôles d’homo, au cinéma dans Le fils préféré de Nicole Garcia et dans...Le grand pardond’Arcady, mais il a refusé celui qu’interprètera Michel Blanc dans Tenue de soiréede Bertrand Blier et aussi au théâtre dansPauvre France de Jean Cau, monté par Fabbri. Bernard Giraudeau est un acteur qui a des opinions sur les films dans lesquels il tourne: << <<L’homosexualité, qui est l’un des derniers tabous du monde, pour moi n’en est pas un... A la limite le film s’arrête un peu dès que Léopold va mettre les autres sur le trottoir. Là, on aurait pu aller plus loin. De plus seuls certains aspects sont traité. Le coté sado-maso, permanent chez Fassbinder, est évidemment abordé, mais pas poussé au-delà.. Certes, cela n’est pas utile dans ce film. Ce sont des personnages pervers qui démontrent ostensiblement la perversité de chacun de nous. Le plus souvent, soit elle est cachée, soit elle est frustrée; mais elle est omniprésente, sous-jacente, cette volonté de nuire... et puis la bêtise, surtout. On devient tous bêtes à un moment donné... Comme dans Le droit du plus fort , le dominateur joue facilement son rôle dès qu’il entre dans le quotidien. Au début de la relation, chacun est actif. Même quand on veut être séduit, c’est actif. Après, évidemment, dans le cadre du quotidien, si au sein du couple, l’un est plus faible, ça peut être l’horreur...>>.

François Ozon a toujours aussi bon goût en ce qui concerne... les garçons. Goute d'eau sur pierre brulante demeure avant tout pour moi la révélation de Malik Zidi que l'on avait seulement aperçu avant ce film dans dans Place Vendômeet dans Les corps ouverts.On est pas prêt d’oublier ni l’apparition du très mimi Malik Zidi, le bas à peine vêtu d’une petite culotte de peau tyrolienne, salopette à jambes très courtes, typiquement bavaroise, le haut moulé dans un pull shetland criard ou une chemisette étriquée, ni ses longues déambulation en slip ultra moulant et très, très prometteur. Avec ces plans Ozon dame le pion au virtuose du filmage du sous-vêtement masculin qu’est Tsai Ming-Liang. Malgré le soin que prend le cinéaste a se dissimuler derrière ses provocations, on a au moins une certitude sur l’artiste, après les amants criminels dans lequel il avait rouquiniser Jérémie Rénier, c’est qu’il aime les rouquins, et c’est très bien! Pour un si jeune acteur, à l'époque du tournage Malik Zidi analysait son personnage avec beaucoup de pertinence:<<Frantz, mon personnage est un jeune paumé et coincé. Il a 19 ans. Il a des parents divorcés, donc quelques circonstances atténuantes. Si Léopold tombe sur lui, ce n’est pas hasard. Léopold a dû très bien sentir sa proie au coin de la rue. C’est intéressant qu’on ne sache pas les circonstances. Moi, je l’imagine simplement dans la rue, parce que Léopold a un coté assez rentre dedans. A mon avis, il a dû voir sa proie d’assez loin. Il a dû s’en approcher en lui approchant une cigarette ou d’aller boire un verre. Et puis il y a également les rapport père-fils. C’est ce que je pensais pour le rôle de Franz, car il y a une différence d’âge assez énorme: l’un a 19 ans, l’autre 50. Inconscemment, Franz a dû penser à son père, dont il doit avoir une bonne image. Mais désarçonné à cause du divorce, il récupère l’image du père chez n’importe qui, chez Léopold par exemple. Franz est traversé par plein de traumatismes. Ce qui m’a plu dans ce personnage, c’est son oubli volontaire ou inconscient de souffrir. Au départ, c’est un type qui souffre sans tomber dans le pathos ni être un petit martyr. Il est complètement bouleversé par ce qu’il a dans la tête. Ce qui m’a touché, c’est son coté enfentin. Il dépasse sa souffrance avec son coeur. Il a des idéaux autant en amour physique que sur le plan moral. C’est un plaisir de jouer un personnage qui subit tant d’humiliation. Un comédien est masochiste. On s’exhibe sans jamais vraiment savoir ce que cela va donner. C’était un plaisir de jouer sur cette corde tendue... Et puis les costumes... et tout cet univers. Egalement la jubilation de François Ozon derrière la caméra... Il donne beaucoup de liberté au comédien, mais en même temps, il sait ce qu’il veut.>>

A la sortie du film en salle, François Ozon expliquait notamment les difficultés qu'il avait eu pour trouver l'acteur qui devait jouer Léopold: << <<Je parle d’homosexualité comme d’autres cinéastes hétéros, parlent d’hétérosexualité. Je parle de relations humaines, amoureu ses, et dans le cadre d’homosexualité car c’est une expérience que j’ai envie de faire partager aux spectateurs. Je n’ai pas de discours sur l’homosexualité même si pour moi, elle est forcément liée à la transgression dans une société judéo-chrétienne. Malgré cela, les homosexuels ont des droits égaux à ceux des hétéros. Ce qui m’intéresse, c’est le cinéma et la sexualité est un formidable enjeu de mise en scène. Filmer la sexualité, c’est le cinéma. Filmer le désir, on est dans une salle noire, face à un écran et on regarde les fantasmes d’un cinéaste à travers les corps des acteurs...

 

 



J’avais envie de faire un film sur un couple, et j’avais commencé à écrire un texte autobiographique, mais le manque de distance m’empêchait de bien en parler. Je me suis alors souvenu de cette pièce que j’avais vue cinq ans plus tôt à Aubervilliers, et je l’ai relue en allemand. Fassbinder avait exprimé exactement ce que je voulais dire. J’ai aussi aimé retrouver l’univers de la période des films de Fassbinder que je préfère, celle des années 70 avec Le droit du plus fort,Maman Kusters s’en va au cielou Le marchand de quatre saison. J’ai forcément pensé à une transposition actuelle, mais l’aspect désuet des rapports entre les personnages ne s’y prêtait guère. Et puis traiter de l’homosexualité aujourd’hui m’aurait obligé à évoquer les préservatifs, le Pacs, le sida, ce qui aurait dénaturé le projet. J’aime dans la pièce que l’homosexualité ne soit pas posée comme un problème... Ce que j’ai trouvé extraordinaire, c’est que Fassbinder, à 19 ans, à la fin des années 50 est capable de raconter une histoire d’un couple homosexuel sans jamais le poser en tant que problème. C’est un couple c’est tout! N’importe qui peut s’identifier. C’est un film qui montre que la vie à deux est difficile. Ca se construit toujours sur un rapport un peu SM où l’un cède à l’autre. Moi j’adore la vie de couple: cela demande beaucoup d’efforts mais ça peut donner beaucoup de plaisir. Le film c’est ma vision du couple quand j’avais 18-19 ans (l’age de Fassbinder quand il a écrit la pièce) : une vision idéalisée du couple confrontée tout d’un coup au réel. Quand on est jeune, on n’est pas prêt à vivre ces accommodements du quotidien. Plus âgé ça peut être source de plaisir.

C’était aussi intéressant de le garder dans les années 70 parce que c’était après 68, la période de tous les idéaux, et avant le sida qui a transformé énormément les relations entre hommes.

J’avais envie d’assumer l’essence théâtrale du texte. J’ai horreur des films qui s’inspirent d’une pièce de théâtre et qui aèrent, avec un plan en extérieur qui ne sert à rien. C’est la leçon d’Hitchcock avecLe crime était presque parfait, qui est un huis-clos total. Il a vu que la pièce fonctionnait sur scène, pourquoi il va s’emmerder à faire des plans d’extérieur, ça ne sert à rien. Et puis, j’aime bien la théatrâlité au cinéma, les films de Resnais Mélo, Smoking, No smoking. Ca me semblait intéressant de garder ce côté huis-clos, des personnages enfermés dans un appartement, ça allait bien avec l’histoire du film. Le couple est un enfermement...

 

 



Les dialogues sont très littéraires. Et puis j’aime l’artifice... J’ai l’impression que mes films tranchent avec le reste du cinéma français, qui est très poli, bien tenu, sans un mot plus haut que l’autre. J’essaie d’emprunter des chemins de traverse. Il faut assumer la folie de son sujet, passer les limites, se lâcher et donc accepter de dépasser les convention du bon goût, du politiquement correct. Je trouve intéressant d’emmener le spectateur là où il n’a pas forcément envie d’aller, de le pousser dans ses retranchement, de le déstabiliser dans ses habitudes de pensée. Contrairement aux films où l’on sait à l’avance ce que l’on va voir, Gouttes d’eaun’est pas un objet identifiable dès le départ.

Pour le rôle de Léopold, j’ai pensé à plusieurs acteurs de la trempe de Giraudeau et de cette génération. J’ai eu beaucoup de refus d’acteurs qui avaient envie mais qui avaient très peur. Ils se disaient: <<Oh la la, il faut embrasser un garçon!>>, ce qui m’a bien fait rire, car c’était en pleine période du Pacs, et tous ces soi-disant comédiens progressistes qui sont à la page et prêt à défendre plein de causes sociales, on se rend compte que quand on leur demande d’interpréter un rôle d’homosexuel, ça leur fait peur pour leur image, pour leur carrière. Bernard a mis du temps à répondre, mais il a dit oui. Ce qui a été génial avec lui, c’est que jamais, ça n’a été un problème, c’était un rôle comme un autre. Ce qu’il aimait, c’est le coté beauf homosexuel ringard, il a pris beaucoup de plaisir à jouer ça. On sent une jubilation de l’acteur. Je pense que les acteurs américains se seraient battus pour avoir le rôle en se disant que c’est un rôle à Oscar! C’est la différence entre la mentalité américaine et la mentalité française.>>.

Le film a reçu au Festival de Berlin 2000 le Teddy du meilleur film gay.

Dans une interview Bernard Giraudeau a il me semble trouvé le mot de la fin: << Le film d’Ozon, on en pense ce qu’on veut, mais, au moins ça ne manque pas de couilles!>>.

 



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Autre film d'Ozon chroniqué sur ce blog

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