Gilles Chambon

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Immaculatae Virgini, huile sur toile 66x55cm, Gilles Chambon, 2012


GILLES CHAMBON peint depuis plus de 25 ans dans son atelier près de Saint-Emilion. À côté de son activité picturale, il exerce le métier d’architecte, et dirige à Libourne l'agence EREWHON ; il enseigne aussi à l'école nationale supérieure d'architecture et de paysage de Bordeaux. On lui doit notamment l’aménagement du cours du Chapeau Rouge à Bordeaux (en collaboration avec David Mangin, grand prix de l’urbanisme en 2008), ou encore la conception des aménagements urbains du tramway d’Alger.

La nef des fous, Gilles Chambon, huile sur toile, 130x81 cm, 2012 toile peinte durant la campagne présidentielle française


Il a exposé ses peintures au Japon, en Espagne, et dans plusieurs villes françaises (Paris, Bordeaux, Pessac, Toulouse, Poitiers, St Emilion, Barbezieux…) ; il tient depuis 4 ans un blog sur l’art figuratif, où il présente certaines de ses œuvres et s’exprime sur différents aspects de l’art contemporain.

Les baigneuses, Gilles Chambon, 2011, 100x86cm



À l'heure ou beaucoup d’artistes abandonnent pinceaux et chevalet pour des formules plastiques tributaires des modes actuelles, G.C. continue de croire à la force poétique de la peinture figurative. Il se définit comme un artisan de l'imaginaire, et plaide pour une modernité artistique jouant la concordance des temps.

Autopsie d’un désir atavique, huile sur toile, 100x65cm, Gilles Chambon, 2011



Les premières peintures de Gilles Chambon, dans les années 80, étaient des aquarelles représentant des villes fantastiques (certaines sont reproduites dans le conte philosophique de science-fiction Souvenirs d’Antillia qu’il a publié en 2007). Il s’est ensuite consacré davantage à la peinture à l’huile, sur de plus grands formats : portraits, paysages, souvenirs vécus, et surtout compositions d’inspiration surréaliste s’amusant à réinterpréter de façon décalée quelques grands sujets de la peinture classique, comme l’Annonciation, La Transfiguration, l’Entrée à Jérusalem… ou le Déjeuner sur l’herbe. Parallèlement, il exécute aussi des séries thématiques de dessins rapides sur papier, à l‘encre de Chine, à l’aquarelle, ou à la peinture à l’huile. Dans cette basse époque dans laquelle les artistes sont particulièrement ignorant et doivent penser que l'art a commencé avec Duchamp (qu'ils connaissent mal), on est ébahi par l'étendue du savoir en histoire de l'art (et pas seulement de la peinture) de Gilles Chambon. C'est paradoxalement peut être sa seule faiblesse; durant longtemps il semble avoir peiné à s'extraire du poids de ses admirations que je citerais pour mémoire, uniquement pour l'art moderne, Dali, Chirico, Marquet, Majorelle... Heureusement son érudition est transfigurée, pour reprendre un terme qui semble cher à l'artiste par un fantastique intime qui vient de loin comme il l'explique à propos de son tableau "Ma mère, Charon et l'Achéron": << 
Ma mère, morte d’un cancer il y a seize ans, m’a ouvert, lorsque j’étais adolescent, les portes mystérieuses du monde irrationnel. Elle racontait ses séances médiumniques, et me faisait lire d’étranges livres où les frontières entre la vie et la mort devenaient de simples cours d’eau qui n’interdisaient pas qu’on se parle d’une rive à l’autre.>>. C'est avec plaisir que je constate la réapparition de peintre qui veulent s'inscrire résolument dans l'Histoire de leur discipline. Chambon est le cousin hétérosexuel de Cyril Georget avec plus de qualités graphiques que ce dernier mais moins de spontanéité et d'inventivité. Le champ de son inspiration est cependant plus large ce qui devrait hisser Gilles Chambon au tout premier rang des peintres français de sa génération.

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Dans l'oeuvre de ce peintre, j'ai écarté les paysages sauf sa vue d'Alger, superbe tableau où je vois un hommage à Marquet pour privilégier sa veine disons surréaliste, en directe filiation avec des artistes du calibre de Chirico et de Dali. Pour moi Gilles Chambon est à l'instar d'Erro l'exemple des nouveaux peintres d'Histoire.

"Mélancolie d’une plaine bleue, avec tentation du Christ", huile sur toile, G. Chambon, 2011

Gilles Chambon, Le paradis terrestre, ou le bonheur réinventé, Huile sur toile 200 x 104cm, 2010
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Alger, Darse de l’Amirauté, G. Chambon, huile sur toile, 2010

Suzanne et les vieillards, Gilles Chambon, 2010, huile sur toile

Laocoon, huile sur toile, 81x65cm, G. Chambon, 2008

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la tour de Babel

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La tentation de Saint Antoine, huile sur toile, 80x80cm

pour voir d'autres peintures de Gilles Chambon: http://art-figuration.blogspot.fr

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Georget 27/10/2013 09:51

Moi aussi j'ai une faible audience de toute façon. D'après moi la peinture aujourd'hui c'est comme une campagne électorale...

lesdiagonalesdutemps 27/10/2013 16:12



Ce n'est pas complètement faux mais pour le pire et le meilleur c'est plus sujet à la mode.



Georget 25/10/2013 12:21

J'aime bien cette peinture surréaliste et historique. Du beau travail minutieux que je cherche moi aussi à atteindre :) Cyril

lesdiagonalesdutemps 25/10/2013 13:33



Je suis surpris que ce peintr à la belle palette claire n'ai pas plus d'audience. Je pense qu'une des raison est qu'il a une faible production... à l'inverse de vous.