Gaston Goor

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

 

Gaston Marie Charles Léon Goor est né à Lunéville le 26 octobre 1902. Il était le fils d’Auguste Léon Goor et de Marie Angèle Berthe Becker.

 

scène antique, 1924



A l’âge de 17 ans, il entre à l’Ecole des Beaux-arts de Nancy où il poursuit avec une assiduité relative des études artistiques. En 1925, il quitte sa Lorraine natale et gagne Paris, pour entrer chez Amédée Ozenfant, le fondateur avec Le Corbusier du mouvement appelé « purisme » et de la revue L’Esprit nouveau. Il s’initie à l’art moderne et fait la connaissance de Picasso, Matisse, Lurçat, Max Jacob.

 


Socrate et ses diciples, 1925

 

AskART Artist 

Baigneuse endormie sous un arbre


Selon ses propres déclarations, c’est une promenade à Versailles qui le ramène au classicisme et le fait s’éloigner définitivement des avancées théoriques dans le domaine de l’art. Par l’intermédiaire d’André Salmon, il rencontre André Gide qui l’oriente vers le métier d’illustrateur. Goor devient l’illustrateur quasi attitré des Editions du Capitole qui publient André Gide, Léon Daudet (Le Voyage de Shakespeare), Charles Maurras (Trois contes tirés du Chemin de Paradis), François Mauriac (Dieu et Mannon ; Trois grands hommes devant Dieu), Pierre Mac Orlan. Il est aussi l’illustrateur occasionnel des éditions Horizons de France, des éditions À l’enseigne du Pot cassé (il illustre La Religieuse de Diderot et L’ingénu de Voltaire) et des éditions du Trianon (Restif de La Bretonne).

 


Il travaille pour l’exposition coloniale de 1929 puis réalise différents travaux de décoration pour des particuliers. Les tableaux qu’il peint, en revanche, ne rencontrent pas le succès souhaité. Il effectue ensuite un long voyage d’étude au Maroc et y retourne travailler plus brièvement pour le Ministère des Beaux arts en 1933, puis s’installe à Hyères, où sa famille s’est établie.

 

 

 

colleges illustration

 

 

Gaston Goor


 

 

 

 

 

 

 

 

C’est par l’intermédiaire d’un tableau de 1 m 50 représentant un jeune homme (Jean Joerimann) nu sur pied, qu’il entre en relation avec un admirateur, l’écrivain et galeriste lyonnais Renaud Icard (1886-1971). Ce dernier lui permet d’exposer ses œuvres à Lyon, dans sa galerie « l’Art français » et une longue amitié s’établit entre les deux hommes. Gaston Goor réalise gracieusement les illustrations d’un conte de Renaud Icard, Mon Page, qui sera publié de manière posthume, en 2009 par les éditions Quintes-Feuilles. Durant cette période de sa vie, Goor est surtout sollicité pour effectuer des décorations d’intérieur, pour le compte de clients fortunés et amateurs d’art. Parmi ceux-ci figure le propriétaire de l’hôtel Chateaubriant, le grand hôtel de luxe de la ville d’Hyères, qui est le père de Jean Joerimann, le modèle des illustrations de Mon Page dont Goor est amoureux. L’absence de réciprocité de cet amour provoque une souffrance dont sa correspondance avec Renaud Icard porte témoignage.


 

Capture-d-ecran-2011-05-14-a-14.18.20.png

 

Capture-d-ecran-2011-05-14-a-14.18.50.png

paravent peint par Goor


Appelé à décorer l’église de Douvaine en Haute Savoie, Goor s’y installe en 1942 mais sa peinture ne se cantonne pas aux fresques murales : il se plaît à peindre dans le style d’artistes classiques facilement identifiables. Selon Peyrefitte, qui a recueilli son témoignage écrit, ce serait parce que Gaston Goor est accusé par la police allemande d’avoir aidé des Juifs à franchir la frontière suisse qu’il se voit contraint d’accepter le statut de « travailleur volontaire » en Allemagne. Goor se retrouve dans le camp d’Hirschfelde, près de Zittau, en Saxe. Néanmoins, il se fait repérer par ses talents, et se trouve vite engagé pour la réalisation de travaux artistiques importants auxquels la destruction de la ville Dresde en février 1945 par les bombardements alliés, auquel il échappe, met un terme.

 

































Après la guerre, Goor regagne d’abord Paris, où il travaille notamment pour les Manufactures de Sèvres, puis s’installe à Cannes, à l’occasion d’une exposition. Il y contracte un mariage blanc avec une émigrée polonaise, Marie Angèle Zajackowski en mai 1947. Goor est ensuite invité en Angleterre par un architecte de jardins pour réaliser de grandes sculptures. Il met au point à cette occasion un procédé de moulage sans armature métallique. C’est pendant son séjour en Angleterre qu’il est sollicité par les éditions Flammarion et par Roger Peyrefitte pour réaliser les illustrations des Amitiés Particulières qui paraissent en 1953. Ce travail marque un tournant dans la vie de Goor, qui regagne alors la France et s’installe à Paris.

 

illustration pour les amitiés particulières

 

 

Roger Peyrefitte devient pour Goor un véritable mécène, le sollicitant pour réaliser nombre d’œuvres érotiques (comme l’illustration de l’épisode de « l’Ephèbe de Pergame » du Satyricon) et le présentant à des amis fortunés qui passent à Goor de nombreuses commandes.

 

 






Illustration pour Mon Page de Renaud Icard, 1918

 

On connaît moins le reste de la vie de Gaston Goor, marquée par quelques déceptions comme la non publication de ses illustrations pour le Satyricon de Pétrone (à ne pas confondre avec celles, presque pornographiques, du seul épisode de l’Ephèbe de Pergame).

 

Capture-d-ecran-2011-05-14-a-13.58.16.png

coffret sculpté par l'artiste pour ses illustration de l'éphèbe de Pergame


Goor, retiré à Hyères, meurt d’un cancer à l’hôpital de Toulon le 13 décembre 1977.

Il ne faudrait pas réduire Goor à ces peintures érotiques de garçons en témoigne ces paysages ci-dessous

 

Capture-d-ecran-2011-05-14-a-14.24.47.png

 

DSC00169.JPG

60x40, 1958

 

ou cette illustration lithographique...

 

Capture-d-ecran-2011-05-14-a-14.31.32.png

 

 

Goor a été un artiste complet qui a aussi abordé la sculpture.

 

downloading...

 

horseman18c.jpg


colleges illustration

 

 


Le banquet de Trimalcion. Peinture de Gaston Goor sur une porte intérieur de l'appartement de Roger Peyrefitte (1970)

 

Capture-d-ecran-2011-05-14-a-14.22.51.png

 

 

Vase - Modèle de Goor<br/>H: 30cm - valeur : 5000€

vase, modèle de Goor



1952

 

  

 

 


Illustration du livre "Mon Page" de Renaud Icard














 

goor6.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-06-23-a-12.59.55.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-08-30-a-07.38.39.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-08-30-a-07.38.20.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-08-30-a-07.38.01.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-08-30-a-07.37.45.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-08-30-a-07.37.21.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-08-30-a-07.37.04.jpg

 

Visit to the museum / visite à la musée.

 

Capture-d-ecran-2011-12-06-a-08.07.23.jpg

 

Another gay novel written by a 16 year-old in the &#8217;50s, this time in French. Cover illustration by Gaston Goor. More info on Éric Jourdan

 

Capture-d-ecran-2013-07-30-a-10.41.11.jpg

 

Capture-d-ecran-2013-07-30-a-10.40.54.jpg

 

Publié dans peinture

Commenter cet article

dôron 21/07/2011 15:10


J'attire votre attention sur le fait que le dessin ("Les Bergers") qui se trouve juste sous la couverture de "Mon Page" de Renaud Icard n'est pas une oeuvre de Gaston Goor, mais de Pierre-Paul
Proudhon, l'un des artistes préférés de Renaud Icard.
Vous pourriez d'ailleurs consacrer une page à Pierre Paul Proudhon, je pense qu'il en vaudrait la peine.


lesdiagonalesdutemps 29/07/2011 07:06



réponse à Doron


Merci à la fois pour ce rectificatif et cette suggestion.