Fromanger, Bastille-dérives

Publié le par lesdiagonalesdutemps


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La galerie Strouk Rive Gauche démontre, avec cette nouvelle exposition Fromanger, que “La figuration narrative” dont au printemps dernier on avait pu voir une belle rétrospective au Grand Palais est bien vivante. Fromanger avec sa nouvelle série Bastille exécutée en 2007 et 2008   réussit à renouveler la représentation de Paris, et c’est une gageure lorsque l’on sait qu’avec Venise elle est la ville la plus peinte depuis des siècles.

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Les toiles, toutes vastes, se composent presque toutes de trois parties. La première et la plus modeste, absente de quelques une des compositions, est la palette, la nomenclature des couleurs, qui nourrit le tableau. Une douzaine de teintes lumineuses, qui semblent sortir directement du tube, sont présentes chacune par un coup de brosse plus ou moins long. Les deux autres parties une image d’un instantané de trottoir qui se mèle intimement à une carte du quartier, sont communes à toute la série. La scène de rue, dans laquelle l’anecdote est bannie, où l’on voit se presser des silhouettes de marcheurs, l’automobile est rejetée au second plan. La place de la Bastille, du coté de la rue de la Roquette semble avoir été rendue aux piétons. Le large trait de couleur qui cerne leur silhouette s’echappe vers un autre quidam tressant une toile de solidarité entre les passants puis le trait s’échappe encore et prolifère pour figurer l’itinéraire de ces promeneurs sur la carte des lieu.

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A regarder les toiles j’ai imaginé que les personnages y marchant réalisaient un dripping humain; de la peinture aux couleurs pures gouttait de leurs semelles dessinant les traces de leurs pérégrinations sur la carte du quartier.

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Certains tableaux sont si grands que les marcheurs sont de la taille du visiteur qui a alors envie de les rejoindre dans ce Paris pimpant pour   leur emboîter le pas dans leurs promenades solaires.
Durant mon face à face avec cette belle série j’avais dans l’oreille les chansons tantôt joyeuse, tantôt mélancolique de Francis Lemarque sur Paris, le chanteur qui y était né était aussi un grand amoureux du quartier de la Bastille qu’habite Fromanger.

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Dans la galerie où la série est parfaitement accrochée, le visiteur a le sentiment d’être au centre de cette cohorte de joyeux marcheurs, ,les couleurs vives incitent à les imaginer ainsi. Il n’est pas oppressé par cette foule, bien au contraire il est sollicité à rentrer dans cette ronde que l’on ne peut penser que comme fraternelle.

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Je ne sais pas trop pourquoi mais les galeristes ont souvent la réputation d’être des gens peu aimables, pour ma part je ne les ai jamais trouvé plus grincheux (mais pas moins) que les bouchers, papetiers, poisonniers, marchands de couleurs (vous pouvez continuer la liste sans ommettre un commerçant)... Je tenais donc à signaler que l’accueil à la galerie Strouk s’ il est professionnel est aussi fort aimable, devant cette diligence je me suis enquis des prix de l’artiste, 12000 € pour les moins grandes (130cm x 97cm tout de même) et 450000€ pour les plus vastes (300cm x 200cm) Ce qui est fort honnète en regard de la notoriété de l’artiste et est certainement, hors le plaisir qu’il procure, un meilleur investissement que tous les placements boursiers.

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Un joli petit catalogue (15€) reproduit la totalité des oeuvres exposées.
Fromanger qui a toujours eu le souci du social, et a du rêver du grand soir, et dans quel autre lieu que la Bastille faudrait il être ce soir là, avec cette serie vient d’inventer les matins d’espoir, une peinture dans laquel on sent l’amour des lieux et la fraternité pour ceux qui les arpentent.

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