Fraise et chocolat, un film de Tomas Gutierrez Alea & Juan Carlos Tabio

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

1994, Cuba, 108 minutes 

Réalisation: Tomas Gutierrez Alea, Juan Carlos Tabio, scénarite: Senel Paz,  producteurs: Camilo Vives, Frank Cabrera, Georgina Balzaretti, scénario: Senel Paz, image: Mario Garcia Joya, son: José Maria Vitier, costumes: Miriam Duenas 


avec: Jorge Perugorria (Diego), Vladimir Cruz (David), Mirta Ibarra (Nancy), Francisco Gattorno (Miguel), Joel Angelino (allemand), Marilyn Solaya (Vivian), Andrew rideau (Santero), Antonio Carmona (marié), Ricardo Avila (Taxi Driver), Maria Elena del Toro (passager), Zolanada Oña (passager), Diana Iris Port (Voisin) 

  
 
Résumé

David est étudiant à l'université de La Havane. Nous sommes en 1979. Il vient juste d'avoir le cœur brisé... Un soir, il rencontre Diego, un gay dégoûté de l'attitude du régime cubain envers la communauté gay, et de la répression. Diégo rêve de promouvoir une culture gay cubaine et révolutionnaire. Il souffre d' échouer dans sa tentative de lier à David. Michael, "ami" de David en tant que communiste révolutionnaire, réussi à convaincre David qu'il doit continuer à visiter Diego pour espionner ses activités "contre révolutionnaires".
Peu à peu, par des visites répétées, David découvre Diego. Il s'aperçoit que leurs différences idéologiques ne sont pas un obstacle à la compréhension et l'amitié.... 

L'avis critique

Le film est l'adaptation très libre d'un court roman, écrit par Senel Paz en 1990. C'est Senel Paze qui a fait lui même l'adaptation de son livre. Il a beaucoup transformé et densifié l'intrigue. L'idée était de montrer un amour qui n'était pas basé sur la séduction du corps, mais sur celle de l'esprit, en gardant l'accent sur les questions politiques, ce qui conduit à rendre tout ce qui est d'ordre sexuel tout à fait secondaire. Le cinéaste et le scénariste dans leurs déclarations ont insisté pour dire que le thème de leur film n'était pas d'essence sexuel ou politique, mais qu'il était sur la tolérance. 
Le film est sorti dix ans après le documentaire "conduite inappropriée" réalisé par Nestor Almendros qui dénonçait la persécution de l'homosexualité à Cuba. Par conséquent, le film a été considéré à Cuba comme révolutionnaire. Les Cubains ont afflué à sa sortie dans les salles, craignant que le film en soit bientôt être retiré par la censure gouvernementale. Mais les Cubains en exil n'ont pas été dupe et ont condamné le film comme étant une tentative cynique de propagande, ce qu'il est tout en étant habilement ambigue.  
Par exemple dans la scène de la première visite de David chez Diego, on peut voir des références culturelles qui sont interdites par le régime. Comme les poètes Cavafy et John Donne, et les musiciens Ernesto Lecuona et Ignacio Cervantes. 
Le film a été nominé pour l'Oscar du meilleur film étranger.
Si on fait abstraction du contexte idéologique, ce qui est à peu près impossible pour tous spectateurs un peu informés, le film est plaisant. D'ailleurs l'aspects  propagande du film pour un spectateur béotien et non cubain passe complètement inaperçu. 
Il devient alors parfaitement louable, c'est là qu'il est particulièrement pernicieux puisqu'il montre que l'on peut se comprendre et même s'aimer entre gens qui ont de solides divergences sur les questions sociales, sexuelles ou politiques. Plus subtil que bon nombre d'autres films gay, il ne nous présente pas la confrontation classique entre le méchant et le bon gars. Les deux protagonistes ont tous deux des aspects positifs et négatifs, et ceux-ci font partie d'un tout. 
Le film défend la possibilité que deux personnes qui vivent dans des mondes radicalement différents, peuvent converser, discuter, confronter leurs idées. Bien qu'à la fin, ils ne soient toujours pas d'accord sur la plupart des choses, cela ne signifie pas qu'il n'y a pas entre eux la possibilité d'une amitié sincère. L'inverse est encore un problème très commun dans notre société, puisque le monde semble s'être engagé à souligner que les aspects qui nous rendent différents, plutôt que ceux qui nous unissent. 
Une autre chose qui est mentionné dans le film est le besoin universel de l'amour. Il montre que quelque soit sa personnalité, l'homme souffre lorsqu'il y a une carences affectives, ce qui les pousse les uns vers les autres, et contribue à faire tomber les barrières qui les séparent. 
Peut être qu'après ce billet vous aurez l'envie de vous promener à La Havane

Publié dans cinéma gay

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