Etreintes brisées d'Almodovar

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

En général avant d’aller voir un film, surtout lorsqu’il s’agit du énième opus d’un réalisateur confirmé dont j’ai vu tous les les films ou la plupart d’entre eux, j’évite le plus possible de lire ou entendre les critiques à son propos (même dans mon cher Positif). Mais en ce qui concerne la dernière création d’Almodovar, je n’ai pu, malgré mes efforts, échapper aux flatulences cannoise. Elles m’ont encore paru encore plus nauséabondes après avoir vu le film qui se classera sans mal au moment du bilan cinématographique de fin d’année, parmi les meilleurs de l’année, sinon le meilleur principalement en raison de l’horlogerie d’une diabolique habileté de son scénario, inexplicablement non primé au Festival de Cannes. Je n’arrive pas à comprendre comment les critiques français, mais c’est encore pire en Espagne, peuvent faire la fine bouche devant un tel film qui n’a quasiment pas d’équivalent en ce qui concerne la qualité dans la production française. On peut lire sur le blog du cinéaste l’ écho de la polémique qui s’est installé entre Almodovar et la critique cinématographique de son pays sur l’accueil fait à “Etreinte brisée”.
Ce qui est remarquable dans “Etreinte brisée” c’est que l’ intelligence du scénario ne bride en rien l’émotion. Penelope Cruz est extraordinaire dans un personnage complexe qui est en définitive assez peu sympathique. Lluis Homar qui interprète une sorte de double du réalisateur est également remarquable comme il l’était déjà dans le rôle du curé dans “La mauvaise éducation”. Dans ce dernier film, Almodovar réussit encore mieux qu’à son habitude, à la fin du film à dénouer les fils des multiples intrigues qu’il a tricotées avec habileté. C’est ce qui fait le jubilatoire plaisir de ce scénario qui oscille entre mélodrame et comédie avec cette fois plus de noir que de rose.
Etreintes brisées devrait combler les attentes des spectateurs qui veulent s’émouvoir avec intelligence. De même les cinéphiles trouveront à se repaître copieusement grâce aux multiples citations qu’Almodovar fait des des cinéastes qu’il admire, Antonioni, Fellini, Woody Allen... sans oublier lui même.

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