En hommage à Michel Boujut

Publié le par lesdiagonalesdutemps


C'est hier matin que j'ai eu la mauvaise surprise d'apprendre la mort de Michel Boujut. Il faisait parti de ces personnes que j'entendais si souvent à la radio, toujours avec plaisir, que j'avais l'impression de le connaître, alors que je n'avais fait que l'apercevoir quelques fois. J'ai beaucoup de mal à penser que je n'entendrai plus sa voix familière me faire partager sa passion du cinéma. Curieusement je venais de terminer son court récit autobiographique, « Le jour où Gary Cooper est mort » qui m'avait fait mieux le connaître et profondément ému par le courage de ses engagements, aux antipodes des miens, et par la fraternité que j'avais découvert pour lui en raison de ses enthousiasmes artistiques jamais démentis. Si la voix s'est tue, il reste ses écrits. En voici, ci-dessous un petit florilège à propos de la critique cinématographique tiré de «  La promenade du critique » paru en 1996 aux éditions Institut Lumière/Actes sud.

 

 

Un critique: celui qui résiste – aux pressions, à l'air du temps, au consensus.

 

Seuls les « petits film » légitiment l'activité du critique.

 

La radio est un média formidable pour le cinéma, on ne le sait pas assez. Son pouvoir de suggestion est sans limites, pour autant qu'on s'y prenne comme il faut. Tout l'enjeu d'une émission de cinéma à la radio est de provoquer notre imaginaire, en nous faisant voir avec du son seul.

 

Parler d'un film, quel qu'il soit, c'est parler de soi, quel qu'on soit.

 

Le plus grand film? Celui qui nous tend le miroir le plus fidèle. Pas forcément le plus flatteur.

 

Michel Boujut

 

À PLUS D'UN TITRE 23 10 2011 Michel Boujut par Tewfik Hakem.mp3

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