Dustan où la dégénérescence du Monde

Publié le par lesdiagonalesdutemps


 

Il y a quelques années un bouffon à la grotesque physionomie, nommé Guillaume Dustan (de son vrai nom William Baranès) se piqua d'écriture, je crois par ailleurs que ce ridicule était juge d'instruction où quelque chose dans ces parages. Ses défécations littéraires firent se pâmer la presse branchée. Sans doute dans un moment de lucidité cet écrivassier s'apercevant qu'il n'avait pas le moindre talent et que ses pitreries avaient lassé son petit public, << je me dégouterais tellement que ce sera enfin le moment de me tuer.>>, eut la bonne idée de mettre fin à ses jours!

Revenant de Roland Garros, pour m'occuper dans les transports, comme chaque jour, j'empoigne le Monde et tombe, dans son supplément littéraire, dirigé par le regrettable Jean Birnbaum, sur l'exhumation en fanfares et trompettes du dit Dustan par ailleurs assassin par procuration (et peut être pas seulement). Je rappellerais que le monsieur atteint du sida se vantait de copuler sans préservatif et enjoignait les autres à faire de même (il fut un temps où les écrits d'écrivains ayant causé la mort indirecte ou directe de leurs contemporains risquaient de valoir à leurs auteurs douze balles dans la peau, aujourd'hui c'est passible d'un éloge dans le plus important quotidien du pays. Basse époque.).

Deux pages du journal (datée du vendredi 31 mai 2013 sont consacrées à ce triste coco à l'occasion de la publication aux édition P.O.L. du premier tome de ses oeuvres complète (ne rions pas), dont une titrée : << portrait de Dustan en moraliste >>, hallucinant! Le tout dans une prose que je pensais ne jamais voir figurer dans un journal, dit de référence (il faut dire qu'en matière de quotidiens nous n'avons qu'un choix extrêmement limité en France).

Cela commence par l'éditorial de Birbaum (chaque semaine ce monsieur érige son petit piédestal) sous le titre démagogiquement jeuniste, « Faire style » où l'on peut lire ceci: << Nous consacrons deux pages, dont la Une, à Guillaume Dustan, expérimentateur de formes qui fut un écrivain sans style. Ou plus exactement un prosateur au style pauvre d'une platitude orgueilleuse, volontariste. Syntaxe rudimentaire, vocabulaire trivial, tournures basiques: l'écriture de Dustan est aussi crue que basique. >>. Je n'aurais su mieux définir l'absence total d'intérêt que présente les livres commis par Dustan. On apprend ainsi qu'outre qu'être un plumitif fat, Birnbaum est un masochiste car il faut l'être pour consacrer deux pages d'un supplément dont on a la responsabilité à un écrivain dont on a une aussi piètre (et juste) estime. Il faut l'être doublement pour offrir trois colonnes sur le dit écrivain à une poissonnière, elle aussi tourmentée par le démon de l'écriture, je veux parler de Virginie Despentes, autre plume préférée de ce pitoyable rédacteur en chef.

Dans le poulet de Despentes, écrit dans un style qui a du surprendre quelques vieux abonnés du journal, on trouve ceci ( Elle s'adresse à Dustan comme s'il était accoudé près d'elle au comptoir.) : << Te lire c'est se retrouvé collé à la nuque, comme une caméra à la Dardenne, mais chez toi Rosetta est sérieusement détraquée. Tu étais à mi-chemin entre la pétasse adolescente décérébrée et le khâgneux militant intello (…) une Paris Hilton avant l'heure (…) trop de sodomie dans ta prose, trop de merde et de litre de sperme avalés.>>. La dame termine son adresse par « A très vite ». Ce qui fait espérer que Virginie Despentes suive le même chemin que son idole. Entendons nous bien je ne veux pas de mal à cette pauvre fille qui voyant que l'arpentage des trottoirs devenait, l'âge venant, moins lucrative s'est recyclé dans le roman. J'aimerais juste qu'elle cesse d'écrire.

En tournant la page où se répand Despentes on arrive au clou de l'hommage , une page du grand Birnbaum dont le style vous fera immédiatement comprendre pourquoi il dirige « Le monde des livres ». Voici un exemple de la prose du rédacteur en chef: << ...Dustan, agressant d'emblée son lecteur, il ne cherche pas à lui en mettre plein la vue, mais plein la gueule.>>.

L'édition du premier tome du grand homme bénéficie d'une préface d'un universitaire et critique, Thomas Clerc (à quand la Pléiade?) largement cité par Birnbaum. On peut y lire quelques croquignolesques divagations effectivement très universitaire comme: << Pour Dustan, l'homosexualité n'est ni menaçante ni normale, c'est un vitalisme. Et la littérature qui permet une telle affirmation constitue une forme de salut.>> plus loin encore plus délirant: << Pour lui la boite de nuit est un lieu d'égalité où l'échange physique et social apparaît possible. Un endroit où les règles sociales de la contrainte sont inversée: le corps prend le pas sur le langage, le désir sur la contrainte. Dustan est l'un des premiers écrivains à avoir fait de la boite de nuit non un décor de divertissement mais un modèle (…) La boite de nuit est le lieu d'une avant garde populaire. Elle réalise l'idéal démocratique.>>. Cela fait tout de même plaisir de voir qu'un universitaire est capable de telles déconographie... Et si c'était du second degré? Mais je vous ai gardé le meilleur pour la fin qui est une sorte de précipité de cuistrerie: << La génération précédente, celle de Foucault et de Barthes, avait une conception anti-subjectiviste de la littérature: pour eux, celle-ci n'était jamais le produit d'un « je », et l'expression directe était vue comme un leurre. Dans les années 80 cela change. Comme si la notion de « prise de parole » théorisée par Michel de Certeau en 1968 se trouvait accomplie dans les années 1980 avec Dustan, mais aussi avec Renaud Camus, Catherine Millet, Virginie Despentes ou Christine Angot. >>. C'est ce qui s'appelle ratisser large. Je voudrais bien voir les auteurs cités rassemblés autour d'une table, bourre-pif assurés.

Cette livraison du Monde des livres a commencé par me mettre en colère mais au final cette avalanche d'incongruités sur un tel personnage a fini par me faire rire. Ces deux pages du monde sont un bel exemple de comment notre basse époque invente des idoles de pacotille. J'attend maintenant la panthéonisation de Guillaume Dustan, suite logique à ces panégyriques... 

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Torcmoya 04/05/2016 23:18

Je vous trouve bien sévère et vos indignations quant a l'œuvre et à la vie des écrivains bien sélectives ; quant à vous féliciter du suicide de Dustan , voilà qui est petit, honteux, et parfaitement immoral. Mais vous nous décevez souvent quoique nous apprécions votre immense culture dans les appréciations que vous portez de ci de là sur les artistes, les œuvres, les êtres.

lesdiagonalesdutemps 05/05/2016 09:05

J'écris ce que je pense en toute liberté. Je conçois que mes opinions ne sont pas dans l'air du temps. Et je m'en réjouis. Et docte psychiatre m'a qualifier jadis d'amoral ce qui me convient parfaitement. Je pense que Dustan, triste sir au minuscule talent a fait le seule chose courageuse de sa vie, celle de la quitter, bien des gens devraient faire de même dans ce monde surpeuplé et mal peuplé...

ismau 24/06/2013 19:27

Et pourtant ... l'émission cette fois de grande qualité de la Grande table du 10 juin, avec l'éditeur de Dustan,s'exprimant très bien, m'a donné envie de le lire !
http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-thomas-clerc-et-thomas-simonnet-2013-06-10
L'avez-vous écoutée ? Sinon, je vous la recommande vraiment.
Il est vrai que je ne partage pas votre horreur pour ce personnage provocateur, volontairement détestable, et qui n'a été dangereux me semble-t-il que pour ceux qui ont volontairement accepté de se
mettre en danger .
D'ailleurs le "Tout feu, tout flamme" de Jean Birnbaum du 30 mai, correspondant à votre article du Monde, ne m'avait pas paru si choquant ...

lesdiagonalesdutemps 24/06/2013 19:43



Je suis très sensibilisé au sujet du bareback ayant eu mon ami victime de cette pratique de la part d'un garçon qui se savait contaminé. Le garçon en est mort pour moi il a été assassiné.


Pour en revenir à la littérature je ne vois pas quel talent possèdait Dustan. Il pratiquait l'auto fiction littérature qui n'est que rarement intéressante (voir Angot où comment rentabiliser un
inceste) sauf lorsque l'auteur à travers ses expériences raconte l'époque et fait revivre ses proche. C'est le cas par exemple d'Annie Ernaux ou de Claude Arnaud pour ne parler que d'auteurs que
j'ai chroniqué, mais Dustan reste le regard fixé sur son nombril et ses turpitudes sont vite ennuyeuse, mieux vaut lire du Jouhandeau pour les récits salaces.


Je n'ai pas écouter l'émission dont vous me parlez je devais être en vacances je vais le faire de ce pas, merci pour l'information. 


Retour après avoir écouté l'émission Thomas Clerc, l'annoteur de Dustan a su très bien vendre l'objet de ses chères études. Le morceau de Dustan qu'il a lu n'est absolument pas représentative de
son écriture et puis convoqué pour cette "oeuvre" Foucault, Duras et Barthes plus quelques autres est vraiment ridicule et d'une parfaite cuistrerie. C'est amusant d'entendre Dustan sz réclamer
de Renaud Camus (celui de Trick que je trouve d'ailleurs très ennuyeux, pas relu depuis sa sortie) alors qu'il y a quelques jour Dominique Venner dans son testament se réclamait également du même
Camus... et aujourd'hui il n'a plus d'éditeur...



JACK 03/06/2013 01:01

inutile de commenter, le contenu du présent article, même long, résume simplement le triste personnage, le plus grave étant que certains aient pu défendre un tel individu, ex membre de la
magistrature... et se soient "amusé" en compliments laudateurs pendant des années. j'ai ressenti la même impression nauséabonde en lisant Le Monde de la semaine dernière loin de la France...

lesdiagonalesdutemps 03/06/2013 07:21



Merci de votre avis. Il faut rappeler et jamais oublier que cet homme fut un assassin et qu'en plus il en était fier, voir ses déclarations et le fait qu'il était juge est hallucinant!



xristophe 03/06/2013 00:07

Cauchemar... J'ai ces impressions au réveil lorsque j'ai oublié mon cher tranquillisant du soir... (Laissez Le Monde lisez Causeur !)

lesdiagonalesdutemps 03/06/2013 07:25



Non il ne faut pas laisser passer de telles décadences et surtout il ne faut pas oublier que cet homme responsable de la mort de plusieurs personnes tout en étant juge! Se taire c'est ce faire
complice de crimes.