DOOM GÉNÉRATION

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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USA, 84 mn, 1994

 

Réalisation: Gregg Araki, scénario: Gregg Araki, image: Jim Fealy, montage: Gregg Araki & Kate Mcgowan, musique: Dan Gatto

 

avec: James Duval, Rose McGowan, Johnathon Schaech

 


 

Résumé

 

Tout commence dans une grosse voiture américaine typique, une chevrolet, Jordan (James Duval) et Amy (Rose McGowan) parlent des problèmes de leur génération, la Doom Génération, du sida, du chaumage, de leurs vies sexuelles pas encore épanouies, tous les deux sont encore vierges... Quand soudain un homme ensanglanté est projeté sur le capot de la Chevrolet. Il entre dans la voiture et les supplie de démarrer le plus vite possible. L’homme en sang, vêtu de noir, se nomme Xavier Red (Johnathon Schaech), appelé tout au long du film X. Si Jordan et Amy sont encore puceaux et incertains quant à leur avenir, X lui, a perdu sa virginité depuis longtemps, et sait parfaitement où il va: Nowhere. Très vite une atmosphère étrange, presque malsaine se crèe au travers de ces trois personnages, que l’on croirait sortis d’un livre de Burroughs. Amy n’aime pas Xavier pourtant elle ne peut pas résister à l’attirance qui la guide vers ce beau teenager dont les traits rappellent ceux de Jim Morrison. Après une dispute entre X et Amy, les trois compères décident de se payer de quoi remplir leurs estomacs. Bourrés de drogues et d’alcool, ils entrent dans un night market, prennent ce qu’ils sont venus chercher, quand le vendeur, derrière lequel on remarque une pancarte indiquant un calibre 38 sous l’inscription en lettres rouges: << Ici on n’appelle pas les flics...>>, leur demande 6,66 $! Bien sûr, aucun d’eux n’a de monnaie. Le vendeur excité sort un fusil à pompe, mais X ne lui laisse pas le temps d’exécuter son acte et retourne le fusil contre lui... Commence alors pour les trois anti-héros une cavale éperdue, où chaque pause sera marquée par un incident sanglant

 

 

L'avis critique

 

Le premier film hétérosexuel d’Araki, proclamait une publicité pour le film, peut être, mais alors le film hétérosexuel le plus homosexuel du cinéma. Pour le deuxième volet de sa trilogie sur l’adolescence perdue dans le rêve américain, Gregg Araki nous offre un road movies exalté dans lequel errent des personnages sans but et sans avenir.

Dans Doom generation la violence n’est pas gratuite. Elle est vitale pour la survie des personnages, dans une Amérique où l’on achète des armes dans les drugstores. X sait que s’il ne tire pas le premier, le vendeur n’hésitera pas, lui à user de son arme. Araki donne à cette violence un ton décalé en montrant la tête sans corps du vendeur continuant de parler. Il nous dit que la violence de son film réside plus dans le caractère des protagonistes, et dans leur sexualité, que dans les scènes de violence pures, comme chez Oliver Stone, le film par ses moins bons cotés , fait penser à Tueur né. On pense également beaucoup à Bonnie and Clyde, même fuite devant leur destin. Doomest hanté par une sexualité infernale. Comment ces trois ados incandescents perdus dans la noirceur de leur quotidien, et la fatalité omniprésente du sida, vont se libérer? La réponse d'Araki est la violence de l’acte sexuel et la crudité des images des corps. Le cinéaste fait du personnage d’Amy Blue la médiatrice par laquelle Jordan et X vont faire passer leur homosexualité. Jamais les deux garçons ne feront l’amour, mais c’est Amy sorte de truchement, qui en passant de l’un à l’autre fait converger leurs sentiments refoulés. La scène finale consacre l’horreur du monde dans lequel Amy, Jordan et Xavier errent: Jordan, l’innocent naïf se fait massacrer par de jeunes aryens nazis tandis qu’Amy est violé. L’Amérique fanatique a rattrapé et détruit ce trio et l’onirisme chaotique que les personnages créaient.

Lors d'une interview à la sortie du film Gregg Araki expliquait sa position par rapport à la culture gay (position bien proche de la mienne) <<The Doom Génération est avant tout un film profondément romantique. Mes films en général véhiculent un idéal amoureux et une transcendance... En tant que sujet les adolescents me fascinent, car se sont des êtres frivoles et versatiles, contrairement aux adultes qui, eux sont beaucoup plus subtils et équilibrés et c’est pour cette raison qu’ils sont moins intéressants que les ados puisqu’ils ne vivent pas les drames permanents auxquels la jeunesse est confrontée... Je suis gay, mais je ne corresponds pas aux stéréotypes qui trottent dans la tête de tout un chacun concernant les homos. Je ne suis pas non plus en phase avec la culture dite gay, ni avec cette supposée communauté gay. Gay est un mot lourd de sous-entendus, et toutes ses significations ne correspondent pas nécessairement à mes centres d’intérêts, à ma nature. Mon seul souci, c’est que l’un de mes films précédents, à savoir « The Living End », a été considéré comme l’un des porte-flambeaux du mouvement homo. Je n’ai pas de problème avec le fait d’être gay. Je sais que cela affecte mon travail et ma sensibilité, mais je considère pas que cet état de fait doit être prédominant et déterminant dans tout les rapports que j’entretiens avec la société. C’est juste une partie de moi-même. Ce n’est ni un problème, ni une revendication. >>.

Né en 1963, Araki, les deux G de Gregg viennent de ses parents, a grandi à Santa Barbara, ce qui explique l’ancrage de ses films dans la Californie du sud. Il a travaillé comme critique musical pour L.A. Weekly, d’où l’omniprésence de la musique dans ses films. Si ses films ne sont pas toujours subtiles ses critiques musicale ne l'étaient guère plus. N'a-t-il pas écrit à propos de Leonard Cohen: << S’il est si déprimé, pourquoi ne se tire-t-il donc pas une balle dans la tête.>> Le ton était déjà donné. Gregg Araki se voulait l’emblème du non politiquement correct, du moins jusqu'à Mysterious skin. Il commence sa carrière cinématographique dans le cinéma underground pur et dur par Three Bewildered people in the night, en 1987, film tourné en 16 mm et en noir et blanc pour seulement 5000 $. Ce film devient très vite un classique du cinéma indépendant américain et remporte trois prix à Locarno. Déjà Araki est connu dans l’underground de Los Angeles comme un héritier de Godard aux yeux bridés (comme son nom l'indique il est d'origine asiatique). En 1989 il recommence le même tour de force avec The long week-end, sous-titré O Despair, que l’on pourrait traduire par O Désespoir. Le film est entièrement post-synchronisé car il n’avait pas les moyens de payer un ingénieur du son, ni même un perchman! Son premier, comme son deuxième film, sont des non « budget films », entièrement financés par les amis et même par les membres de l’équipe de tournage! Au festival de Sundance il rencontre Jon Jost qui lui donne une caméra et de la pellicule super 16, ce qui lui permet de tourner en son synchrone et en couleur, mais pour à peine 25000 $, « The living end ». Ce film fera fureur dans le milieu underground et il rapporte prés d’un million de dollars une fois gonflé en 35 mm. Avec cet argent Araki se lance dans la réalisation d’une trilogie dont le premier volet est « Totally F..d up » dont le titre en dit long, la traduction en français correct pourrait être: Complètement bousillé. « The doom génération » est le deuxième opus de cette trilogie, sorte de « Tueur né » plus déjanté et moins clippé, filmé par une caméra gay. Nowhere est le dernier maillon de cette vision nihiliste de l’Amérique. Ont suivi deux films plus consensuel (du moins pour Araki) Mysterious skin et smiley face. En 2010 est sorti Kaboom où l'on retrouve James Duval.

 


 

Pour télécharger le film sous titré en français c'est ci-dessous

 

 

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Publié dans cinéma gay

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