Dessins érotiques inédits de Cocteau

Publié le par lesdiagonalesdutemps

J'ai découvert ce passionnant billet sur le site http://unifstereotype.blogspot.fr. Il complète de façon intéressante mon billet sur  Roland Caillaux et pose la question des faux dessins de Cocteau.

 

Dessins érotiques inédits de Cocteau

Ces dessins ne nous sont connus que par les catalogues de ventes au enchères. La plupart ne sont ni signés, ni datés. Si l'on peut douter de la paternité de ce qui apparaît parfois comme des variantes ou des brouillons, d'autres sont tellement poussés et si bien achevés que le soupçon demeure de déterminer dans quelle mesure ce ne sont pas d'habiles imitations. La question de leur destination reste souvent énigmatique, surtout lorsqu'ils paraissent former une série comme ces trois dessins d'un soldat ému par ce qu'on suppose être des lettres d'amour.

 



Le lien de parenté apparaît clairement par le dessin de la veste à brandebourgs, même si l'on peut douter qu'il s'agisse d'une pièce d'uniforme. Les brandebourgs apparaissent encore dans les premières années de la première guerre, dans l'uniforme des Chasseurs Alpins, et des artilleurs.

 
 Chasseur alpin 1892
 artilleur, 1916 probablement

 hussard 1915
Le mobilier est également le même, mais pas les visages. Dans le premier dessin, le visage présente une ressemblance assez nette avec la façon dont Cocteau représenta Genet en 1943, qui apparaît lorsqu'on renverse le dessin



  
alors que le troisième dessin ressemble à un portrait de Desbordes... On se demande donc, la facture paraissant évoquer la des années 40 si Cocteau n'aurait pas entrepris quelques planches destinées à l'illustration de Pompes Funèbres, dont seule la couverture aurait connu l'édition.


Pour des raisons de style on serait tenté d'associer à cette série:


 



beaucoup plus réussie cette version intitulée Le repos
et ces deux portraits qui sont presque trop beaux pour être vrais



Autres marins:




On peut difficilement accepter 31 comme une date par rapport au style de ce dessin, ce serait plutôt un numéro de planche. L'annotation Marcel-Pierrot ne semble pas être de la main de Cocteau, et même en admettant que Marcel soit Servais, qui est Pierrot? malgré la pilosité évocatrice des pêcheurs, ne faut-il pas plutôt y voir un "à la manière de"...

Ce dessin figurait dans la chemise du manuscrit de travail de Querelle de Brest: le côté fruste de la facture suggère une autre main que celle de Cocteau. Alors qui?

 

Ici, on pense de nouveau à Roland Caillaud, les dessins de Cocteau étant rarement crayonnés







Celui-là, beaucoup plus crédible, paraît correspondre au thème central du roman, évoquant l'identité fusionnelle des deux frères Robert et Georges Querelle dans un habile jeu de miroir inversé.

Scènes de bordel:

 


 

 

 

 

 dessins probablement plus tardifs










à quoi il faut ajouter ce rapide crayonnage dédié au chansonnier Saint-Granier, familier des rôles travestis.
 

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Commenter cet article

France 06/02/2015 09:12

Très beau coup de crayon ce Cocteau !

xristophe 01/12/2013 20:52

A partir d'où ça ne va pas ? Remettez-vous. Je reprends autrement : L'émule d'Alain Gerbault - Le Toumelin - est l'oncle de Matthieu Ricard (le moine bouddhiste), puisque Matthieu Ricard est le
fils de Revel (excellent en effet mémorialiste etc, qui se nomme lui aussi Ricard - Revel étant un pseudonyme), et "surtout" de la sœur du Toumelin (sa mère) la première femme de Jean-François, et
qui se nomme, bouddhiste elle-même et peintre, quelque chose comme "Ihyanne" Le Toumelin... (Comme quoi les Voies du Seigneur ne sont pas absolument impénétrables...)

lesdiagonalesdutemps 01/12/2013 21:09



J'ai compris mais parfois mon cerveau est un peu lent.



xristophe 01/12/2013 16:36

... et tonton de Matthieu Ricard... si je calcule bien ? (Puisque la sœur du Toumelin est sa maman, qui l'a fait avec Jean-François Revel...) (Lequel devrait se trouver le... beau-frère du Toumelin
?)
...Le monde, comme toujours, "structuré" pas par hasard...) (Je plaisante as usual, mais c'est mon espoir...)

lesdiagonalesdutemps 01/12/2013 18:48



là j'ai comme un collapsus je ne vous comprend plus du tout qu'est ce que ce bon Jean-François Revel dont les mémoires sont remarquable vient faire soudain...



xristophe 30/11/2013 22:39

Alors, à propos du Croisic : le navigateur solitaire : Le Toumelin ! (Jean-Yves) ; son bateau : le "Kurun" ; son exploit : tour du monde, 1952. Ce Kurun : "monument historique" depuis 1992 ! Vous
trouverez tout ça (et la photo du "monument", que je reconnais vaguement)(pas celle du Toumelin) si vous demandez par exemple et comme moi à "Gogol" : "Le Croisic + navigateur solitaire". (Ce nom
perdu m'insupportait : ah, ça va mieux...) (E=Mc2, encore une fois... : le temps n'existe pas vraiment : la preuve est faite de l'existence de Dieu : c'est mieux comme ça...)
Pour le beau Claude Arnaud, un peu timide et ténébreux - recélant son futur - il faut que je prenne mon élan, me concentre...

lesdiagonalesdutemps 30/11/2013 22:42



merci pour ces précisions sur un émule de gerbault



xristophe 30/11/2013 15:27

(Et pour B.A) : et moi aussi j'm les crapauds, depuis l'enfance - à cause de leur petite note pure (un mi flûté - s'élevant dans la nuit vers le fa), signe de leur âme aristocratique, et de leur
sombre humilité de Prince déchu, Bête attendant la Belle qui ne vient pas... ("MA-SPERO" - comme dit l'autre...)

lesdiagonalesdutemps 30/11/2013 18:39



La dernière fois que j'ai écouté un concert de crapauds c'était en avril dernier au Croisic justement.



xristophe 30/11/2013 15:19

...Moi confidence pour confidence, j'ai lu le "Chamfort" juste avant que de le rencontrer - cet espèce de Cocteau qu'est Claude Arnaud (si beau à cette époque) - à la Villa Médicis de mon cœur,
1990... Il était "passé chez Pivot", j'étais très impressionné par son livre.

lesdiagonalesdutemps 30/11/2013 18:38



Vous avez rencontré Claude Arnaud, si beau dites vous et à la villa Médicis en plus heureux hommes dites nous en un peu plus. Les deux romans autobiographiques sont remarquables, c'est ce que
j'ai lu de mieux en litterature française ces cinq dernières années en revanche je touve sa biographie de cocteau assez indigeste, (moins que celle de Genet par Edmund White, ecrivain que
pourtant j'aime beaucoup) même si j'y retourne souvent pour vérifier telle ou telle chose.



xristophe 30/11/2013 15:12

... et je pense moi aussi "comme" Proust, évidemment (!) - à propos du génie de l'Oiseleur... C'est de la vraie admiration, pas de la politesse : car nous sommes entre dieux - qui se parlent l'un
l'autre... Vous connaissez sûrement, Ismau, le(s) texte(s) de Cocteau rendant visite à Proust de nuit, qui fait une pause dans son travail, imitant telle duchesse à la perfection (car il avait
aussi ce don), tout "en mangeant des nouilles"... "la bouche pleine" - je cite (de mémoire). (Un dieu, mangeant des nouilles ??? Oui mais des Panzani...) (pardon). Ce genre de "reportage", vif
croquis de la plume que l'on sait, si Cocteau ne l'avait pas fait - cela nous manquerait...

xristophe 30/11/2013 14:59

Pour Ismau : Bon, vous voulez absolument me faire avaler mon chapeau, à propos de ces maudits calques... Mais j'ai déjà fait amende honorable ! les calques pour Degas et la BD, et pour les fresques
- même celles "Cocteau" de la villa Santo Sospir... Et s'il s'en sert dans d'autres circonstances, Cocteau, eh bien cela veut dire qu'il est AUSSI un virtuose de ce genre d'exercice graphique - ce
qui ne m'étonne pas. Mais merci, après tout, de m'éduquer ; je vais m'y mettre aussi ! ("Travail au calque" me paraissait une injure (pour ce Prince du paraphe scripté - d'un coup de crayon au vol
inspiré : une sorte d'image naïve?du "génie pur" : comme aussi Picasso) J'étais, de la plaque, à côté : j'imaginais le type ahanant en tirant la langue... sur son calque qui goutte : merci de
m'avoir éclairé, n'en jetez plus !)

ismau 29/11/2013 23:53

J'ose ranimer ENCORE cet échange ... ayant trouvé sur le net quelques preuves intéressantes au sujet des calques de Cocteau .
D'abord, dans une lettre de 1925, adressée à « Ma chérie aimée » :  « J'ai entrepris les illustrations de Thomas et du Grand écart . Ce n'est pas une petite affaire . Je couvre
des albums et des enveloppes . Je calque et je déchire nuit et jour »

Ensuite quelques uns de ces calques à la vente :
http://www.artvalue.com/auctionresult--cocteau-jean-1889-1963-france-dessin-surrealiste-la-partie-d-3619465.htm

http://www.cornettedesaintcyr.fr/html/fiche.jsp?id=2867727&np=1&lng=fr&npp=10000&ordre=1&aff=1&r=

http://www.cornettedesaintcyr.fr/html/fiche.jsp?id=2595689&np=1&lng=fr&npp=10000&ordre=1&aff=1&r=

J'en profite pour préciser que je n'idolâtre absolument pas Cocteau, c'est pourquoi sans doute j'ai préféré lire de Claude Arnaud sa biographie de Chamfort, d'ailleurs extrêmement intéressante pour
la connaissance de ce moraliste hors du commun, et surtout pour ce qu'elle révèle de la complexité des forces agissantes qui ont renversé l'Ancien Régime avant de s'autodétruire misérablement .
L'amertume de Chamfort, justifiée par son histoire et par l'Histoire, est toujours réjouissante, par exemple :
« il faudrait avaler un crapaud tous les matins, pour ne trouver plus rien de dégoûtant dans la journée, quand on doit la passer dans le monde . »
les pauvres artistes ou littérateurs, il leur faut aussi avaler bien des couleuvres ...mais ils sont quand même parfois étonnamment admiratifs les uns des autres, ou au moins flatteurs .
Ainsi Proust, à propos d'Octave-Cocteau dans la Fugitive : « Bref les juges les plus autorisés considérèrent ses oeuvres comme quelque chose de capital, presque des oeuvres de génie, et je
pense d'ailleurs comme eux, ... »

lesdiagonalesdutemps 30/11/2013 08:38



Merci encore une fois pour toutes ces informations.


Je n'ai malheureusement pas (encore) lu la biographie de Chamfort par Claude Arnaud que je préfère dans ses auto-fictions qui sont à mon sens les meilleures que j'ai lues, à lire et à relire pour
comprendre les années 70 et 80, voir mes billets mais nous en avions déjà parlé à l'époque de leur parution.


J'aime beaucoup les crapaud même les crapauds buffles cause de nuits blanches mexicaines et guatémaltèques. 



xristophe 29/11/2013 22:42

...Il ne vous reste donc que... Dieu ! à admirer, à adorer... Je sens du reste en vous un grand mystique rentré.
Pour Lacan (que je ne connais pas ou guère) votre comparaison - perfide j'espère - donc me surprend ! (Expliquez-moi !)
Erostrate (je recopie "Robert") est un éphésien qui brûla "le fameux temple d'Artémis" (Ephèse) quatre siècles avant Jésus Christ : dans le seul but que l'on se souvienne de son nom. Il a (presque)
gagné. C'est, n'étant rien, donc s'attaquer à quelqu'un (quelque chose)de grand pour être un instant au moins éclairé par sa lumière. (Mais l'espère ne pas être "frustré" à ce point...)
Je me souviens de Pierre Boulez (grand nom que j'évoque bien souvent : encore un "dieu" à moi...) parla un jour, non sans superbe napoléonienne, de je ne sais quel "nain" qui l'avait attaqué comme
d'un pauvre type atteint du "complexe d'Erostrate"...

lesdiagonalesdutemps 30/11/2013 08:27



Il n'y a pas moins mystique que moi...


Le concept d'adoration m'est parfaitement étranger.


Ma compar ison avec Lacan n'est en rien perfide, si on laisse chez lui le sectateur du pharmacien de Vienne c'était un fabuleux jongleur de mots (je l'ai vu sur scène, pardon au collège de
France) un peu à la manière du professeur Rolin (l'oeil du larynx) ou de Raymond Devos si j'étais iconoclaste je dirais Pierre Repp. C'était donc un véritable compliment.


Ah oui Erostrate j'y suis, il était tombé dans un repli de mon cerveau calcifié, c'est un peu l'histoire du Pavillon d'or (voir prochain billet).



xristophe 29/11/2013 17:19

"Idolâtrie" : non, non ; moi je me vois plutôt candidat né au "syndrome de Stendhal" ! J'aime aimer, admirer (et ne "marchande pas" mon enthousiasme, mon émotion) - mais pas n'importe qui,
n'importe quoi...
Ensuite, le "culte de la personnalité" c'est un concept de genre "soviétique" je crois (il n'y pas trop de vrai enthousiasme là-dedans...); et par association cela désigne un esprit "aligné" - ce
qui, je vous assure, n'est pas du tout mon genre.
Et puis j'ai ce penchant, c'est vrai, "décomplexé", à vouloir déboulonner certains "grands" qui m'insupportent (d'ailleurs c'est surtout leur réputation : en fait je les "repense" - il faut
toujours faire ça...): ce qui pourrait me faire soupçonner, vu leur stature ès doxas, d'être atteint - également - du complexe d'Erostrate ! (Mais ça, j'espère que non...)

lesdiagonalesdutemps 29/11/2013 18:50



Pourriez vous me dire ce qu'est le complexe d'Erostrate ce que j'ignore.


Comme vous je suis volontier atteint du syndrome de Stendhal, il reste que mon admiration est rarement sans réserve, car même génial, et le génie c'est bien rare en particulier actuellement, un
homme reste un homme avec ses petitesses.



xristophe 29/11/2013 14:34

Bon, ça me va (presque !) ; j'avais d'ailleurs fait amende honorable : l'incident est clos ! J'ai honte de ma coquille où j'écris stupidement "Matisse" à la place de "Degas" (c'est lui bien sûr le
"robuste compositeur de formes", son talent est tout à fait compatible avec l'usage des calques). Ceci dit le Cocteau "à la hausse" d'Ismau me semble bien le vrai, ou aller vers le vrai - même sans
considérer les idioties, les flèches ignobles dont on l'a criblé de son vivant - sur le thème touche-à-tout, "un cocktail des Cocteau" etc... Stravinsky lui aussi était un "touche à tout"... et
Picasso, donc... C'est pas parce qu'on est plus doué que les autres qu'on l'est... moins! (En effet il faut lire la bio, monumentale, méticuleuse et passionnée de Claude Arnaud - aussi pour voir de
près l'ignominie des ennemis de Cocteau) Un "journal" est un journal, on écrit ça pour soi. Même le mien ne finira pê pas dans la Pléiade... Reste le reste (de Cocteau) : quasiment tout. "Les
enfants terrible" est un livre hallucinatoire. Etc, etc... Et maintenant "chacun ses goûts" ! : les poulpes ont un beau nom qui sonne étrangement clos et refermé sur soi, comme une sorte de faux
palindrome obscur et sous-marin, un peu comme le "Palme !" de Mallarmé - lui, aérien - cité par Gide en son gracieux "Paludes"...

lesdiagonalesdutemps 29/11/2013 15:42



Vous êtes bien meilleur que Lacan...



ismau 28/11/2013 19:40

Tout à fait d'accord : le calque n'est absolument pas dépréciatif pour moi. Au contraire, c'est une possibilité d'expérimenter,de chercher sur son propre dessin des variantes intéressantes, et
parfois de trouver d'autres idées de mouvement, de ligne, de cadrage, etc . C'est bien ainsi que l'emploie aussi Degas, qui est un merveilleux dessinateur . J'ai d'ailleurs bien écrit ici que
j'appréciais de plus en plus les dessins de Cocteau, beaucoup plus habiles, variés, et inventifs que je ne pensais autrefois ( puisqu'on me montrait toujours les mêmes dessins, ne pouvant me
montrer ces dessins-là ... )

Quant aux livres de Cocteau, je les ai tous aimés, et j'en garde un excellent souvenir ; mais je ne les ai pas relus, et je n'ai pas lu ce fameux "mauvais" journal.
J'ajoute que, revoyant récemment quelques uns des ses films, et découvrant ses interviews , je n'ai cessé de réévaluer l'homme et l'oeuvre : son intelligence créatrice qui a su travailler cette
multiplicité de supports me parait justement remarquable .Ce qu'on taxait autrefois de légèreté, en se moquant du "touche à tout", est étonnamment moderne .

lesdiagonalesdutemps 28/11/2013 21:06



J'espère que vous avez lu la biographie de Cocteau par Claude Arnaud. Elle est pour vous. En ce qui me concerne j'ai fait la démarche inverse. Je maintiens que ce n'est pas un des grands
écrivains de l'entre deux guerres qui n'en manque pas. Et je ne parviens pas à être dans l'idolatrie pas plus pour Cocteau qu'au hasard pour Napoléon par exemple. Certes c'est toujours mieux que
de vagir Marine, Hollande ou un autre de nos tristes politiques, président... Mais enfin le culte de la personnalité ce n'est pas pour moi. Définitivement je préfère les poulpes (en référence à
quelques anciens commentaires)


Il est bien évident que le regard sur l'oeuvre de Cocteau change si on oublie "ses collègues" de l'époque, les Montherlant, Morand, Gide, Proust, Céline et qu'on le compare au nains de la
littérature française d'aujourd'hui, alors bien sûr Cocteau parait immense... De la relativité



xristophe 28/11/2013 18:51

Parfaite mise au point - de votre part, cela ne m'étonne pas ; et déjà, considérant les exemples donnés (par vous-même ou Ismau, je ne sais plus), à savoir : la BD et Degas, que j'adore, je m'étais
dit : bien sûr, la BD (surtout de "ligne claire"), ou bien ce constructeur, ce robuste compositeur de formes, plutôt massives, qu'est Matisse, où l'accent est porté aussi sur la couleur, la masse
et la matière - alors là on peut sans dommage (et sans honte !) se servir de calques. Idem pour le travail des fresques (grands formats, positions plafonnières acrobatiques, techniques spéciales
etc). Vous me citez Cocteau, je connais ce beau film, et cela donc ne m'étonne pas qu'il use ici de calques lui aussi. C'est pê pour ça qu'on a parlé de calques pour Cocteau... Mais - ne confondons
pas : recopier (je ne sais quoi d'ailleurs, photos? dessins ?); avec l'appui d'un calque, réaliser ces parcours aériens graphiques dénudés et si dénués de repentir - cette sismographie où tremble
encore et pour toujours l'électricité de la main et de l'agile poignet(vous en parlez vous-même), la vitesse innocente de l'énergie vitale du génie pur et simple... De tels paraphes ne se recopient
pas... Voilà, cela devient plus clair...

lesdiagonalesdutemps 28/11/2013 21:00



Cocteau ne dessine pas toujours de la même façon il est bien sûr que pour certains dessins où le crayon ou le pinceau n'a pas quitté le papier du début à la fin. Il ne peut être question de
calque idem par exemple pour Keith Haring qui fait pourtant souvent les mêmes figure.



xristophe 28/11/2013 15:52

Quel dommage de rencontrer parfois dans ce blog supérieur des propos qui me plongent dans la (disons) stupéfaction, la tristesse et la dépression, et je me retiens - sur le rebord de la colère et
de la rage ! Douce Ismau de vif caractère, quand vous parlez de "calque" à propos de Cocteau : je ne sais pas quel teigneux baveux et jaloux (ils proliféraient autour du merveilleux "oiseleur" - à
commencer par cette nullité poétique de facho de Breton, qui est bien le pape le plus con de tous les temps, homophobe de surcroît) a proféré des idioties et des insanités pareilles : la liberté,
la fluidité aventurée, tremblotante et pourtant parfaite, risquée mais implacable - et "classique" - du trait fulgurant et si sûr de Cocteau (sa main traçante d'ailleurs vue très souvent au cinéma)
est une évidence pour qui les regarde, ces dessins qui palpitent encore du battement de ses nerfs (les seuls qui puissent parfois rivaliser avec ceux du Dieu Picasso) - qui tremblent encore
immobiles sous nos yeux. Des calques ! avec une jambe de bois aussi, et puis une minerve autour du poignet, tant qu'on y est...

Quant à Cocteau "pas intelligent", cela aussi ça m'assomme... Une intelligence électrique et fulgurante... son écriture : du Proust à l'accéléré (il disait d'ailleurs du dieu Marcel : ses phrases
ne sont pas "longues" comme on le croit : c'est, en fait, qu'il écrit très vite" - ce qui est génialement vu, encore une fois - comme interprétation de "traces"). Et que Cocteau soit illisible
aujourd'hui... Pincez-moi, cher B-A, que je me réveille

lesdiagonalesdutemps 28/11/2013 17:25



Je suis désolé de vous contredire mais par exemple pour les fresque de la villa que Cocteau a décorée dans le midi je ne me souviens plus de son nom santo Sospir où quelque chose comme cela, il y
a des photos où l'on voit Cocteau se servir de calque ppour déposer certains de ses dessins sur le mur. Mais quasiment tous les fresquistes font ainsi, c'est une variante de la mise au carreau.
Après je ne sais pas si Cocteau s'en servait pour certains de ses dessins mais ce n'est pas honteux bien des artistes se sont servi de ce procédé. Je ne vois pas en quoi cela peut diminuer le
talent d'un artiste. Pourquoi à ce moment là ne pas rejeter la chambre obscure de Canaletto ou les frottages d'Alechinsky ou même les peintures d'après photos...



ismau 28/11/2013 10:21

Je reviens aux dessins de Cocteau ... que je trouve décidément bien meilleurs que je ne pensais .
Quant à leur facture, et aux effets de multiple, je crois avoir lu quelque part qu'il utilisait souvent des calques . Cette pratique, au départ pratique de recherche très académique, plus fréquente
qu'elle n'est connue, est pourtant particulièrement intéressante . Je l'ai vue très bien étudiée dans le catalogue "Degas et le nu", Degas la pratiquant très souvent et avec bonheur, hors de tout
académisme .
Toujours au sujet de Cocteau, mais cette fois de ses écrits, le "A voix nue" de Pierre Barillet est passionnant. Sans doute l'avez-vous aussi écouté, mais j'indique quand-même le lien :
http://www.franceculture.fr/emission-a-voix-nue-pierre-barillet-15-2013-11-25
Bien qu'il adore Cocteau, il se plaint comme vous de l'incongruité et de l'injustice de certaines pages de son journal . Disant même qu'il n'aurait pas dû être publié .
L'émission du lendemain avec Barillet, est tout aussi intéressante, cette fois centrée sur Trenet . Malgré son admiration, il fait contrairement à vous, quelques réserves sur son caractère ...

lesdiagonalesdutemps 28/11/2013 10:58



Le procédé du calque est également extrêmement utilisé en bande dessinée. Les Mangaka en usent et parfois abusent.


Le problème avec les dessins dans ce billet c'est que la plupart me paraissent être des faux.


Un régal cette émission "A voix nue" de Barillet. Je craignais qu'on ne l'interroge pas avant sa mort d'autant que c'est "un bon client". Ce qu'il dit sur Cocteau est évident mais je crois que
tout simplement il n'était pas intelligent. Il avait une facilité de dessinateur un grand déliè du poignet et une gourmandise érotique pantagruélique mais pas beaucoup plus (et c'est déjà très
bien car il n'y a pas tant de dessinateurs avec une telle souplesse de trait). Je ne vois pas le plaisir que l'on a à lire cocteau aujourd'hui mis à part son journal de la période de la guerre
qui est une mine d'information. Mais il suffit de le comparer avec celui de Junger de la même époque pour voir où est l'intelligence. Je suis comme Barillet je ne me met pas à plat ventre devant
les gloires consacrées.


Quant à Trenet je ne prétend pas le connaitre; lors de notre rencontre il a été charmant et à La Varenne où j'habitais, non loin de sa maison il avait une bonne réputation de gentillesse et
d'urbanité contrairement à sa mère. Je ne peux rien dire de plus sinon que pour moi c'est un grand artiste ce qui est suffisant. Tous ces créateurs ont, je dirais par obligation professionnelle,
un ego surdimensionné, ce qui se marie mal avec un caractère facile.


Pour en revenir à Cocteau. J'ai trouvé en revanche Jean Marais, que j'ai eu la chance de rencontrer plusieurs fois par l'intermédiaire de Mac Avoy d'une extrême gentillesse.



xristophe 25/11/2013 15:53

Non non, vous c'est "l'Immensité" (les fameux "espaces infinis")... laquelle considérant, "nous", irrésistiblement évoquons - la fameuse Pensée de Pascal. (C'est encore mieux, pour vous...)

xristophe 25/11/2013 14:08

Mille mercis ! - je vais aller voir. Mais mes connaissances en "peinture", vous l'avez remarqué sont celles d'un amateur (souvent très grossièrement décomplexé !): avec vous on pourrait s'instruire
à la vitesse grand V... Mais votre science universelle donne le vertige et l'on prend peur - devant l'Immensité (Un peu comme Blaise Pascal)

lesdiagonalesdutemps 25/11/2013 14:54



c'est la première fois que l'on me compare à Pascal, comme quoi ça valait le coup de vivre jusque là...


Pour Jean Boullet c'est au 15/3/2011 mais mon billet n'est hélas pas à la hauteur.



xristophe 24/11/2013 23:22

Jean Boulet ? Un génie que j'ignore, encore... - ou bien ces dessins "certains" sont d'un Cocteau très malade ? ...

lesdiagonalesdutemps 25/11/2013 07:28



J'ai consacré un billet à Jean Boulet (à vous de chercher) qui est un dessinateur qui a eu son heure de gloire dans les années 50. Parfois pour autre chose que ses dessins comme l'introduction
d'auteurs de science fiction en France par exemple. C'est en outre un homme qui a eu une vie très romanesque mais qui a mal fini. Il y a une biographie sur cet homme. Cette année il y a eu une
belle exposition à la galerie Le bonheur du jour qui a édité un très beau livre de ses dessisns (mais un peu cher, je ne l'ai pas encore). Angelier il y a quelques année lui a consacré une
émission (que je recherche) de Mauvais genre sur France-Culture. Contrairement à certains artistes dont je parle, celui-ci n'est pas complètement méconnu.



xristophe 24/11/2013 20:34

Les trois ou quatre premiers dessins en tout cas (avant le Jean Genet) sont loin d'avoir la fluidité miraculeuse de l'oiseleur Cocteau, absolument inimitable... Ce sont des faux grossiers...

lesdiagonalesdutemps 24/11/2013 22:11



Je ne suis pas expert.


Je crois que le problème pour dire si un dessin est vrai ou faux avec Cocteau c'est qu'il a fait une foultitude de dessins et probablement les mêmes à de nombreuses années d'écart (il n'est pas
le seul pratique courante en peinture, voir Chirico par exemple). Pour certains on pourrait les attribuer à Jean Boullet...