Des originaux de Pierre Joubert

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xristophe 27/11/2013 17:11

Bien bien je vois que vous êtes implanté solidement dans le terroir de vos idées - j'aurai votre sagesse en arrêtant les frais. (Du reste, je me demande bien comment on a pu passer de Joubert à
Bonaparte... Il y a va sûrement de ma faute, de mes zigzag "à saut et à gambades". Mais - juste un mot : tous n'ont pas déchantés, les "grands intellectuel" européens ; et je pourrais donner des
précisions. Regardez Nietzsche : il l'adore et en écrit de plaisantes merveilles. (Ne me ramenez pas, svp, les nazis...)Et puis, regardez... moi: je plains ces malheureux si je les rencontrais, moi
aussi, sur le pré...! (PS: Connaissez-vous cet excellent dialogue : "Le souper", entre Talleyrand et Fouché, incarnés par deux merveilleux acteurs?)

lesdiagonalesdutemps 27/11/2013 17:21



J'ai vu en son temps "Le souper", une bonne pièce qui aurait pu être signée Anouilh



xristophe 27/11/2013 02:21

Ah quand même, vous concédez ça... "mieux que le livre rouge..." et que Meine Kampf aussi, n'est-ce pas? Vous concédez bcp, on dirait sans le voir... Car vous mettez le doigt sur l'essentiel: le
paradoxe d'un "guerrier brutal", chef de guette de génie qui est en même temps penseur de génie (et homme de cœur). Et un artiste qui se sait artiste. Oublions ces deux cons, cités plus hauts, cons
et monstres que je redoutais que vous citassiez : "Pour moi les laudateurs..." Hélas. Napoléon pour moi (pas un "laudateur" ordinaire) est "comme" Gide, Montherlant - Montaigne !(pour prendre des
auteurs dont nous avons déjà un peu "traité"): pas un geste qui ne soit contrebalancé par une idée contraire, pas une idée-règle qui ne soit illustrée par une exception magnifique. Et la virtuosité
qui permet cela. Napoléon, à Sainte-Hélène : "J'aimais le pouvoir, oui - mais c'est en artiste, moi, que je l'aimais..." "Usurper" des rois décadents pour mettre sa royauté neuve juvénile à la
place (cela ne s'eût pu faire sans la Révolution : merci à elle pour nous avoir donné Napoléon) au lieu d'"hériter" mollement, sans vocation, sans foi et sans combat, sans ardeur, mettre à genoux
par son génie et sa jeunesse les autres vieux rois décatis d'Europe - c'est autre chose qu'être un "usurpateur" - comme vous le récitez de façon décevante. (Et quand on voit ce que valurent les
"rois" potiches de la "restauration"...) Je vais au bout de mon lyrisme calme : il est une exception rimbaldienne, Bonaparte, dans notre Histoire... (et d'ailleurs, il écrivent pareil...)

lesdiagonalesdutemps 27/11/2013 07:22



bien bien je vois que j'ai touché une corde sensible mais la grandeur de la monarchie est justement d'être héréditaire proposant ainsi aux sociétés de lentes évolutions à la place de révolutions.
Toute l'instabilité française vient de la funeste Révolution. Cet héritage nous sépare définitivement hélas du reste de l'Europe qui ne partage pas votre enthousiasme pour Napoléon, même si au
commencement de L'empire iun grand nombre d'intellectuels ont été fascinés. Ils ont bien déchanté ensuite. 



xristophe 26/11/2013 18:27

Votre réponse est parfaite, merci. je ferai un effort pour Rinaldi. J'espère que "Les dames de France" est en poche. Je m'amuse de votre "côté légitimiste" : moi, dès enfant, et comme si je fusse
né avec une particule - je détestai en classe d'Histoire et comme instinctivement - la Révolution (française). Heureusement, très vite, arrivait le génial Bonaparte. A mes yeux émerveillés
d'enfançon - d'ado - c'est qu'il rétablissait, dare-dare et sur quel ton - la Royauté ! - en mieux ! C'en était fini du chaos de ces soixante-huitards grossiers et tutoyeurs, grâce à lui !(68tards
avant la lettre, avant MA lettre aussi !) Non seulement je n'ai guère changé de point de vue (sur "les" révolutions et sur leur "mode" grotesque auprès des intellos... ça commence à passer...) (et
la pire me paraissant celle "d'octobre"), mais je crois bien que Bonaparte s'auto-couronnant, quel geste, pour devenir le roi des rois nous a un petit air et même un grand "légitimiste"... Bref
comme j'ai pris l'habitude de le dire en style coupablement expéditif : "La seule chose positive de la Révolution, c'est Bonaparte ! " (avec Napoléon ; aujourd'hui, qqfois Bonaparte a la cote, mais
l'on refuse Napoléon)(Autant imaginer Pierre Boulez sans l'IRCAM) Mais cette question de "l'ambiguïté napoléonienne" - est traitée de son temps, est traitée par lui-même ("J'ai terminé la
Révolution, dans les deux sens du mot"), et par les historiens modernes plus sérieusement que je ne fais ! Ce que j'm chez ce "Corse", c'est ce génie du genre "être à la fois l'alpha et l'oméga"...
(Pas de génie sans paradoxes - lui les a tous)
J'arrête mon "cours"... !

lesdiagonalesdutemps 26/11/2013 19:12



Vous ne m'avez pas convaincu. C'est un usurpateur pas autre chose. Pour moi les adorateurs de Napoléon ne sont pas différent des laudateurs d'Hitler ou de Mao encore que le code Napoléon valle
mieux que le petit livre rouge.



alongé en xristophe 26/11/2013 15:44

Pic de la, c'est une métaphore bien sûr et il est bien normal que vous - accablé de bêtes compliments qui font un peu "pavé de l'ours", sincères mais pas proportionnés, toujours pour aller vite et
par paresse, "facilité" (mais je vais arrêter) - vous vous défendiez désespérément par des tartines modestes trop "à la baisse" et approximatives également. Mais surtout on sent un malaise amer qui
bien sûr se rapporte à votre vie (j'évite "biographie" - mais j'espère que vous l'écriviez bientôt), on ne sait pas qui sont ces "aveugles" jaloux qui semblent vous avoir fait tant de tort, et vous
me faites penser au Capitaine Nemo (après Napoléon, etc... ça va vous plaire !) dont la haine mystérieuse se répand dans de demi-confidences noirâtres faites au professeur Aronax. (Je ne développe
pas ce mystère - respectueusement)
Pour les "originaux" : ai-je parlé de "poubelle" à propos de Joubert - c'est plutôt vous qui semblez "faire la fine bouche" à son sujet, dès lors qu'il n'est plus "jeune". Mais je mettrais plus
volontiers les derniers Kandinsky à la poubelle, tant ils me bloquent la digestion - d'autant que j'adore le premier ! (Kandinsky). Mais je vendrais bien sûr les originaux sans regret si j'en
avais...
Je ne crois pas à votre histoire de "ventre sur la sable", même en lisant, vous ne resteriez pas ainsi sans remuer longtemps! (résurgence du thème d'avant...)
Moi aussi j'm Brassens et Félix (obtenu de beaux succès en colo, adolescent, avec "Le p'tit bonheur" que je chantais par cœur in extenso avec l'accent...)
Pour Monsieur Rinaldi je ne l'ai jamais lu donc je ne parle pas de l'écrivain (je le connais donc aussi mal que vous connaissez l'Empereur)... mais le petit monsieur gourmé, coincé dans ses
souliers vernis, crispé et réputé teigneux critique (et fortiche en judo) me fait autant d'effet comme Corse (au prix de Bonaparte) que son concitoyen Tino Rossi... (Pardon à vous ! - pas à lui) Je
coupe vite avant que la bulle de cette jolie clausule piquante n'éclate !

lesdiagonalesdutemps 26/11/2013 16:12



Lisez, lisez Rinaldi en particulier "Les dames de France" (titre trompeur c'est le nom d'une boutique) qui me semble la meilleure entrée pour ce grand écrivain français, je persiste et signe. Ces
critiques valent également le détour, il est en accord avec Cluny (autre écrivain à découvrir d'urgence, celui là par son journal) en ce qui concerne nos "gloires" romanesque française.


Moi vous savez tout ce qui touche à la Révolution française ne risque pas de me plaire. J'ai un vieux fond légitimiste. La décadence a commencé avec la nuit du 4 aout.


Némo cela me plait en effet j'aurais aimé caboter en Nautilus.



xristophe 26/11/2013 13:21

Mauriès, Cyril, Faucon, vous-même... Merci pour tout, je n'savais pas, je saurai maintenant. J'ai souvent l'impression que ça irait plus vite à vous de faire la liste : "Ce que je ne sais pas"
plutôt que celle inverse : "Ce que je sais" ! Un peu comme Depardieu ou bien Deneuve : on va plus vite à citer les rares films où ils n'ont pas joué que le contraire. Je ne dis ça que parce que
sincèrement "soufflé" - croyez-le bien : maint mien billet l'atteste - et surtout pas ironiquement ; quoique familièrement - surtout prenez-le bien : vous êtes une sorte de Pic (un esprit
encyclopédique) de la Mirandole-bis, et en plus de tout ce que vous savez, il y a tout ce que vous faites ou avez fait, dans tellement de domaines (là une sorte de Napoléon, disons - et vous savez
comme il m'est cher). Mais je reviens à l'occasion qui me fit bifurquer vers de cette dérive - vous pensez bien que je ne "fige" pas le très grand Joubert en grand père pour l'éternité par cette
image qui me revenait en bouffée, que vous venez d'identifier, charmante. Je ne sais pas dater les dessins de Joubert, j'ai la collection Delayaye de l'Intégrale et trouve à m'enchanter dans chaque
volume -mais c'est vrai, vous avez raison, vers la fin il devient figé... (C'est un peu comme Kandinsky - après les années 10)

lesdiagonalesdutemps 26/11/2013 14:43



ah après Pascal, Napoléon, là c'est beaucoup moins bien. Je n'ai aucune affinité avec ce personnage, je le laisse à ce sauteur de Villepin... Ceci dit j'aime beaucoup la Corse, mon grand corse à
moi c'est Angelo Rinaldi (dont les livres sont déjà copieusement commentés dans ce blog et ce n'est pas fini...). Je ne suis en rien un nouveau Pic de la Mirandole l'encyclopédisme était peut
être possible à son époque c'est tout à fait illusoire aujourd'hui.


Je suis une sorte de borgne qui s'est réveillé un jour au milieu d'aveugles qui m'ont immédiatement détesté et privé de tout pouvoir et même aujourd'hui de travail.


Ce qui me souffle à bientôt 63 ans aux prunes comme disait Louis-Ferdinand c'est que d'aussi chenus que moi n'aient rien appris de toute leur vie et n'aient pas fait grand chose non plus. En fait
dés les langes j'ai ouvert ma fenêtre et regardé passer les cons comme le chantait Georges, pas plus et puis j'ai voulu voir un peu plus loin que ce que je voyais de ma fenêtre, alors mes
souliers ont beaucoup voyagé, (mais j'ai une moins belle voix que Félix), pas davantage.


Ce que j'ai fait, le plus souvent c'était pour faire bouillir la marmite, tout simplement. Si j'avais été Crésus je crois que je n'aurais pas bougé le ventre du sable de ma plage, sinon l'hiver
pour trouver de l'autre coté du globe un sable plus chaud.


Enfin si vous avez des originaux de Kandinsky ou de Joubert même dans leur période figée avant de les mettre à la poubelle pensez à moi...



xristophe 25/11/2013 22:42

Certes il a même été enfant sans doute. Mais je me souviens d'une jolie photo où il est à côté d'un petit fils (je crois)...

lesdiagonalesdutemps 26/11/2013 07:23



Cette photo a été prise par Dominique Mauries et le garçon en question est Cyril qui a été mon modèle est surtout celui de Bernard Faucon.


Je faisais cette remarque car je trouve que c'est une erreur de figer un artiste dans un âge surtout si son oeuvre, comme c'est presque toujours le cas a évoluè dans le temps. Les premiers
dessins de Joubert sont bien différents de ceux qu'il a réalisé dans ses dernières années.



xristophe 25/11/2013 15:44

Quel charmant vieux monsieur surdoué ce Joubert ! Et quel raffiné "fétichiste" lui-aussi : Le dessin PJ2 : "détail vrai" du garçon tripotant l'incision latérale de son short (d'origine ou bien
déchirure accidentelle)(A-t-on idée de dessiner des choses comme ça !) (et de les remarquer comme moi !!)

lesdiagonalesdutemps 25/11/2013 17:59



Joubert n'a pas été toujours un vieux monsieur. Je préfère ses dessins des années 30. Il était alors jeune.