chansons d'une vie... 2

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Je me souviens d'un temps où certains chanteurs étaient qualifiés de fantaisistes, je crois que cela est tombé en désuétude. Aujourd'hui nous avons des humoristes qui ne me font jamais rire et je regrette la fantaisie des premiers cités. Parmi eux, il y avait Guy Marchand dont on ne connaissait pas encore les grands talents d'acteur dont les extravagances vocales me faisaient sourire... 

 

 

 

 

 

Je le revois comme si c'était hier, dans son petit blouson de cuir blanc, il est arrivée en courant sur la scène de Bobino, cela devait être en septembre ou octobre 68. J'y étais, à ces débuts de Reggiani chanteur. C'était magique et ce ne fut jamais ensuite aussi bien...

 

 

 

Les voix du passée qui nous hantent...

Je ne me souviens plus si, dans ce premier tour de chant, il y avait déjà "édith" dont les paroles de Jean Dréjac méritent une écoute attentive.

 

 

 

 

 

 

Souvent avec une méchanceté presque toujours gratuite et souvent haineuse, il était de bon ton de se moquer de Pascal Sevran, qui aimait la chanson et la servit avec talent. Dans son émission on pouvait voir et entendre une artiste aussi rare que Béatrice Arnac. Dans la vidéo qui suit elle interprète Tableau de Paris 5 h du matin, du chansonnier Marc-Antoine Desaugiers (1772-1827). On dit que Jacques Lanzman devait bien connaitre ce texte...

 

 

 

La folle complainte est la chanson la plus grave de  Charles Trenet et celle dans laquelle je trouve le plus d'échos à ma vie. Lorsque j'ai parlé avec le fou chantant dans sa maison des bords de Marne où les fleurs étaient en plastique et où de belles voitures s'empoussiéraient dans le garage, je ne le savais pas encore. Alors je préférais le kangourou qui joue à saute nuages...

 

 

 

La petite juive s'appelait Lise et moi aussi je m'en souviens. On montre toujours notre cul aux quatre coin de la terre (les soldats français) mais je ne suis pas sur que l'on écoute toujours Maurice Fanon et c'est bien dommage. Je l'ai découvert dans je ne sais plus quel cabaret, à mon arrivée à Paris, avant 68. Fanon était (vit il encore?) un petit homme, presque bossu, qui lançait ses chansons avec une énergie extraordinaire. Il chantait aussi une autre belle chanson dans la même veine que La petite juive, L'écharpe. Lise, Louise deux prénoms qui phonétiquement se ressemblent et deux belles chansons qui racontent des vies brisées par l'Histoire. Je ne connais pas d'autres airs de Gérard Berliner qui est disparu, il y a quelques semaines...

 

 

 

Pour moi les chanson de françoise Hardy évoqueront toujours un été ensoleillé de 1963 à la Baule... La belle chanson sur l'amitié est postérieure de deux ans aux couleurs de sable blond de ma mémoire...

 

«Beaucoup de mes amis sont venus des nuages
Avec soleil et pluie comme simples bagages
Ils ont fait la saison des amitiés sincères
La plus belle saison des quatre de la terre»


Les refrains mélancoliques de Françoise Hardy ont toujours su trouver le chemin de mon coeur. Le suivant est de Guy Bontempelli et date de 1966...

Je devais avoir douze ans lorsque j'ai pu mettre une tête sur celui qui chantait un petit coquelicot. C'était à l'occasion d'une éphémère émission sur l'unique chaine alors de télévision qui s'appelait je crois "Les étoiles de la chanson". Mouloudji y racontait sa vie aventureuse. Son récit était entrecoupé de chansons. J'y ai appris qu'il avait écrit des romans que je n'ai toujours pas lus, mais depuis je n'ai cessé d'écouter le chanteur. La jeunesse de Mouloudji est évoqué dans les livres autobiographique de Simone de Beauvoir. Il me semble que cette dernière aurait plus eu sa place dans le Pléiade que Kundera...
Catholique par ma mère
Musulman par mon père
Un peu juif par mon fils
Bouddhiste par principe

Alcoolique par mon oncle
Dépravé par grand-père
Sans classe ma vieille honte
Névrosé par grand-mère

Royaliste par ma mère
Fataliste par mon frère
Communiste par mon père
Marxiste par mimétisme

Athée, oh, grâce à Dieu
Athée, oh, grâce à Dieu
Mouloudji
La toile contient des pépites pour ceux qui savent s'y perdre comme ce somptueux duo de Serge Gainsbourg et Philippe Clay sur un texte de Franz Léhar. Un jour de passage à Nantes, j'ai eu la chance d'assister, dans une petite salle du centre ville, à l'un des derniers tours de chant de Philippe Clay...


Un jour que je m'en allais par
Le pont des Arts
Dans mes pensées, ma rêverie
Je me surpris
À croiser un
Homme-orchestre un
Peu assassin
Il travaillait du piccolo
Et du chapeau
Des flûtes, des coudes, du cor
Et, mieux encore,
De l'orgue oui
Mais, comme on dit,
De barbarie
Ce qui sortait de ses instruments
C'était sanglant […]

J'apprend aujourd'hui, avec un mois de retard la mort de Jean-Claude Darnal dont les tics ne m'empêchaient  pas de gouter le talent. Il était un des animateurs des fins d'après midi des jeudis, qui étais alors le jour de congé des écoliers, à la télévision dans ma lointaine enfance.
Il était un temps où je n'avais presque pas bougé de mon petit coin de banlieue. C'était un temps où comme le petit Larousse, les chansons que diffusait la radio qui comme la télévision qui venait d'apparaitre chez nous était un beau petit meuble ciré, me faisait voyager. Les rengaine d'alors étaient souvent des billets de train que je ne savais pas encore que je prendrais... Tel ce morceau chanté par Philippe Clay sur des paroles de Jean-René Caussimon.

Voici une autre invitation au voyage, la Manic de et par Georges Dor qui est mort le 24 juillet 2001. Pauline Julien et Catherine Sauvage ont aussi interprété cette chanson.

 

 

 

Je m'en fous de plus en plus du monde entier, à mesure que je m'en déprend  alors Frédéric est souvent au piano. L'air de Claude Léveillé est un de ceux qui m'auront accompagné le long des chemins les plus escarpés... Je me rappelle aussi les dimanches autour de la table...

 

 

 

 

Je n'ai vu qu'une seule fois Juliette Gréco sur scène et curieusement c'était dans le théâtre antique de Taormina, il y a déjà plus de vingt ans. Tout aussi bizarrement la dernière fois que j'ai entendu Charles Aznavour en public, c'était sous un ciel étoilé à Venise, l'an passé. Les italiens aiment les chanteurs français.  

 

 

 

D'autres billets sur la chanson françaises et mes souvenirs qui s'y attachent, en cliquant sur les lignes ci-dessous:

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