CHACUN SA NUIT, un film de Jean-Marc Barr et Pascal Arnold

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Fiche technique :
Avec Lizzie Brocheré, Jean-Christophe Bouvet, Valérie Mairesse, Arthur Dupont, Pierre Perrier, Nicolas Nollet, Guillaume Baché Mathieu Boujenah, Guillaume Gouix, Fabrice Michel et Karl E Landler.

 

Réalisation : Jean-Marc Barr et Pascal Arnold. Scénario et dialogues : Pascal Arnold. Compositeur : Irina Decermic. Son : Pascal Armant. Montage : Chantal Hymans.


France, 2006, Durée : 95 mn. Bientôt en DVD.


Résumé :

 
Pierre (Arthur Dupont) et Lucie (Lizzie Brocheré) sont frère et sœur. Ils vivent une relation quasi incestueuse, ce qui ne les empêche pas de vivre en symbiose avec trois garçons, leurs amis d'enfance. Ils montent leur groupe de rock et font l'amour ensemble... Lucie sort avec Sébastien, après avoir flirté avec Nicolas. Mais ce dernier vit aussi une histoire amoureuse avec Pierre qui vend son corps aux notables locaux, en particulier à Vincent (Jean Christophe Bouvet) un adepte du rituel de la partouze mensuelle.
Un soir, Pierre ne rentre pas chez lui. Lucie et sa mère (Valérie Mairesse) s'inquiètent. La police finit par découvrir son cadavre. Il a été battu à mort.
Sans piste, l'enquête piétine. Lucie est déterminée à découvrir la vérité et traque les suspects...
Genre : enquête du Club des cinq monté en graines, filmée par un Hamilton qui aurait oublié sa vaseline (que l’on ne se méprenne pas, la vaseline est à mettre sur l’objectif pour réaliser des flous non artistiques).


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L’avis critique

 
Avant toute chose, en étant conscient de ma grande outrecuidance, j’aimerais rappeler à nos deux cinéastes quelques règles du cinématographe qu’ils ont apparemment oubliées.
Premièrement : pour donner du mouvement à une scène statique, la caméra portée n’est pas la seule solution. Elle est même fortement déconseillée quand comme ici, le cadreur vibre comme une chaufferette ! Le pied de caméra évite le piège du bord du cadre vibrant. Il me parait la bonne solution quand les protagonistes, eux, sont statiques et puis le plan fixe permet de travailler le cadre, ce qui n’est visiblement jamais le cas dans ce film. Il permet en outre le panotage. Il me semble que même un petit budget peut s’offrir cet investissement qu’est la location d’un pied. Plus cher mais beaucoup moins statique : le travelling avec ses rails, son chariot et son musculeux pousseur qui peut parfois réjouir un ou plusieurs membres de l’équipe, extravagance complètement ignorée de cette production. Pour ne rien dire des grues et autres steady cam tout aussi inconnues au bataillon de Chacun sa nuit.


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Autre solution, faire bouger ses comédiens : entrée de champ, sorties de champ... Parfois, dans l’opus de nos deux compères, on craint que la troupe soit devenue paralytique. Mais il devait faire chaud et par économie, pour éviter la transpiration et donc des raccords de maquillage, on a sans doute conseillé aux acteurs de ne pas trop bouger. Pour donner de la vie au cadre, on peut le faire traverser par des figurants. Dans le cas présent, l’assistant en charge de la dite figuration a du vivre un tournage reposant.


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Deuxièmement : il n’y a pas de mal que le cinéaste se fasse plaisir mais il est conseillé qu’il le fasse partager aux spectateurs.
Vu la vacuité de l’intrigue, on aura compris que le but à peine caché du film était de permettre aux cinéastes de filmer des corps dénudés, surtout masculins, à peine post-adolescents. Il n’y a aucun mal à cela, à condition de se souvenir qu’il est indispensable de ne pas être égoïste. C’est le moment d’être prosélyte. Sur l’écran, nous voyons cette belle brochette d’anatomies filmée avec la même sensualité que s’il s’agissait d’une collection de coléoptères. Pourtant la plastique de Pierre Perrier n’a rien perdu de son attrait depuisDouches froides.


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Il aurait été bon, avant par exemple de tourner la scène de sexe à trois, que nos mateurs patentés revoient celle de la fin du Ken Park de Larry Clark. Soyez charitable envers les réalisateurs : si vous avez la très mauvaise idée d’aller voir Chacun sa nuit, en rentrant chez vous ne mettez pas le film de l’Américain dans votre lecteur de DVD. Car l’inspiration évidente du film est bien Larry Clark et plus précisément Bully, dont le scénario est proche. La comparaison est accablante mais la charité chrétienne est une vertu mal partagée chez les critiques de cinéma.


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Malheureusement pour notre tandem, le hasard des sorties en salle le met en concurrence avec un autre film français abordant lui aussi la relation frère-sœur. La relation fusionnelle de Chacun sa nuit ressemble à celle à l’œuvre dans le film de Philippe Lioret, Je vais bien, ne t’en fais pas. Même attachement viscéral, et par conséquent même vide abyssal lorsque le frère disparaît mystérieusement. Mais la ressemblance s’arrête à l’anecdote. Là où Je vais bien, ne t’en fais pas décline avec pudeur l’histoire d’une famille comme tant d’autres,Chacun sa nuit né d’un fait-divers glauque ne met en scène que des corps complètement déconnectés de notre monde.


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Troisièmement : l’utilisation de la voix off est très délicate et si possible à éviter. Bien sûr, l’histoire du cinéma est balisée par de grands films ayant utilisé ce procédé des Mémoires d’un tricheur à American beauty par exemple mais le moins que l’on puisse dire, c’est que Pascal Arnold n’est pas Sacha Guitry. Il réussit ce tour de force de faire à la fois plat et emphatique. Dans Chacun sa nuit, la voix off n’est qu’une béquille pour tenter de faire exister les personnages, ce qu’elle ne réussit jamais et ce que l’image ne parvient pas plus à faire. Les personnages n’ont aucune épaisseur, aucune réalité pas plus psychologique que sociologique. Le résultat, c’est que l’on n’éprouve aucune émotion devant cette pourtant tragique histoire dont on évente très vite le pseudo suspense.


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À l’indigence du texte s’ajoute un grave défaut : celui d’un trop grand nombre de personnages qui n’ont pas le temps d’exister à l’écran. Jean-Marc Barr nous apprend que le montage initial durait 2h20, ceci explique peut-être cela…

La construction morcelée en flashbacks, dont le modèle semble être le très beau Presque rien de Sébastien Lifshitz, au lieu d’apporter un regard nouveau sur le récit, ne fait qu’enrober cette triste histoire d’un mystère de pacotille.


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Vous me direz, pourquoi s’acharner sur un si mauvais film qui n’appellerait que le silence s’il n’était pas symptomatique de la misère du cinéma français qui ne propose souvent que l’alternative entre un voyeurisme impuissant (Chacun sa nuit) et une nostalgie moisie (Le Grand Meaulnes). Deux films sortis le même mois. D’autre part, la lecture du dossier de presse et les déclarations des auteurs relèvent d’une telle infatuation, ou pour le dire plus crûment de gens qui pètent beaucoup plus haut que leur cul, que cela appelle un bon coup de gueule. Que l’on en juge plutôt : « 
ce n'est pas l'élucidation circonstancielle du crime qui nous a intéressé, c'est la relation que le spectateur instaurera entre sa scandaleuse absence d'explication et l'expérience hédoniste dans lequel le film inscrit désespérément ses protagonistes » ou encore « Nous souhaitons créer un cinéma novateur dans le paysage français avec la volonté de faire "autrement". Nous avons filmé en numérique, sur le modèle du cinéma indépendant américain mais avec la touche intimiste française ». Le franco-américain Jean-Marc Barr aurait peut-être du se rendre au dernier festival de Sundance et voir Brick, film qui lui aussi met en scène la jeunesse… Et voir le dernier film de Michael Cuesta, 12 and Holding, déjà auteur de l’indispensable L.I.E., autant de films qui traitent du sexe et de la violence chez les adolescents.
Il est sidérant de voir aussi combien Jean-Marc Barr est incapable d’utiliser les magnifiques lieux de tournage, soit la Provence près d’Aix et plus précisément le massif de la Sainte Victoire. On constate que ce qui a manqué aussi à ce film, c’est un directeur de la photo. En voyant Wilde side, on peut imaginer ce que par exemple Agnès Godard aurait apporté au film.


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Il ne faut pas oublier de rendre hommage aux comédiens qui doivent défendre une telle partition. Arthur Dupont, que j’ai vu assez justement comparé à un jeune et joli Belmondo, et plus encore Lizzie Brocheré, découverte dans Une autre femme, font preuve d’une réelle présence. Pierre Perrier et Guillaume Baché ne déméritent pas non plus. Ainsi que les acteurs devant interpréter de grossiers clichés (les pachydermiques et convenues fausses pistes de l’enquête) comme Karl E. Landler dans le personnage de l'idiot du village, évidemment doué de talents divinatoires, ou Jean-Christophe Bouvet en notable – bien sûr – organisateur de partouzes. On lui doit d’ailleurs l’hilarant sommet du ridicule du film lorsque Vincent (Bouvet au bord de l’apoplexie) couvre les épaules de son amant, pour qu’il ne prenne pas froid, d’un lourd manteau de fourrure alors qu’il se désaltérait nu après l’amour dans la cuisine…
En son temps Grande École avait obtenu le prix de la daube gay de l’année. Je ne vois pas comment le prix 2006 de la daube gay de l’année pourrait échapper à Chacun sa nuit.

 

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