Ce vieux rêve qui bouge d' Alain Guiraudie

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

 

 

France, 2001, 49 mn


Réalisation: 
Alain Guiraudie, scénario: Alain Guiraudie, image: Emmanuel Soyer, montage: Golonda Ramos & Lilie Lê-Liêu, son: Dana Fazenhpour



avec: Pierre Louis-Calixte, Jean-Marie Combelles, Jean Ségani, Yves Dinse, Serge Ribes

Résumé


Jacques (Pierre Louis-Calixte), un jeune ouvrier, est engagé dans pour démonter les machine d'une usine qui va cesser son activité dans une semaine et qui dans ces derniers jours ne procure guère de travail aux derniers membre de son personnel qui passent le plus clair de leur temps à taper le carton dans la cour de l'usine sous de coquets parasols. Le jeune homme est considéré comme un intrus par le personnel. Dans cette atmosphère particulière, alors que rien ne le laisse prévoir, le jeune homme décide d'annoncer son homosexualité. Ce qui a pour résultat immédiat d'émoustiller le contremaitre. Ce dernier, petit chef type, révèle à tous l'homosexualité, jusqu'alors bien cachée du plus vieux compagnon de l'usine. Jacques tombe amoureux du contremaître, mais ce sentiment n'est pas partagé par l'objet de ses désirs. Parallèlement, un autre ouvrier, robuste et marié, essaye de conquérir le coeur de Jacques mais en vain. La fermeture de l'usine coïncide avec l'échec de ce curieux triangle amoureux. La fin du monde du travail serait-il la fin du désir?



L'avis critique

L'originalité d'Alain Guiraudie, et pas seulement en tant que cinéaste, est absolue. D'abord par l'univers auquel il s'attache, le monde ouvrier dans une petite entreprise du midi de la France, l'accent méridional se fait entendre dans ce film chose aussi rare dans le cinéma français qu'un ouvrier à l'écran dans cette cinématographie. Ensuite encore plus surprenant Guiraudie filme la circulation du désir entre hommes dans ce milieu mettant en évidence des corps, filmés sans pudeur excessive que l'on a guère l'habitude de voir sur les écrans. Il réussit très bien a érotiser ces corps gras ou musculeux, robustes, glabres ou velus. On est loin des fantasmes gays habituels. On peut compter sur les doigts d'une main les films qui aborde ce sujet, tabou entre tous, du désir entre hommes dans le monde du travail. Si la peinture de ce microcosme prolétaire est réaliste, ce qui ne l'est absolument pas est le fait que l'homosexualité semble tout naturel dans cette usine dans laquelle tous les ouvriers seraient gays. Cette bizarrerie fait un curieux hiatus avec le regard quasi documentaire sur ce petit milieu ouvrier  renforce l'étrangeté de l'ensemble qui est encore renforcé par la belle lumière chaude et qui parait souvent artificielle qui baigne tout cela. Le cinéaste utilise souvent des cadrages très larges en plan fixe, toujours bien composés, qui renforce l'impression que l'on a de l'isolement de ce petit monde par rapport au hors champ. Tout contribue à déconstruire le naturalisme apparent du film comme cette canicule accablante sous laquelle se déroule toute cette histoire. Pourtant tout le film est fait de notations justes sur la condition ouvrière comme cette difficulté à communiquer autrement que devant un duralex de jaja.

Mais il serait dommage de considérer Ce vieux rêve qui bouge que sous l'angle de sa bizarrerie qui est néanmoins grande; cela n'en serait qu'une lecture superficielle. Et ne voir dans ce film qu'un truc de scénariste qui consisterait à injecter une forte dose d'homosexualité dans un milieu inhabituel. C'est compter sans la description chaleureuse des relations qui se nouent entre les différents personnages même s'ils paraissent un peu angéliques. Ainsi un récit simple et  fondamental s'installe dans une douce mélancolie.
Le vieux rêve qui bouge chez ce marxiste hétérodoxe d'Alain Guiraudie est ce celui du grand soir, promesse d'une parousie toujours à venir ou celui du désir inateignable pour ces corps frustres à la belle innocence?
Ce vieux rêve qui bouge a été sélectionné pour le festival de Cannes 2001.
Ce vieux rêve qui bouge est à ce jour le meilleur film du réalisateur, qui, s'il a su garder sa complète originalité est parti dans des délires souvent réjouissant et toujours gays et prolétaires que j'ai un peu de mal à suivre. 
  

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SUBTITLES:
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