Ce qu'aimer veut dire de Mathieu Lindon

Publié le par lesdiagonalesdutemps

      Ce qu'aimer veut dire - Mathieu Lindon

 

J'avais quitté Mathieu Lindon, tout du moins ses livres car je n'ai jamais eu le plaisir de le rencontrer, je ne sais même pas à quoi il ressemble, même si je l'ai probablement croisé par exemple lors des vernissages de Bernard Faucon, depuis le temps où il écrivait, sous son nom comme « Le prince et Léonadours » qui narre les viols et les tortures subis par deux adolescents amoureuxet « Champion du monde » ou « Nos plaisirs » sous le nom de Pierre-Sébastien Heurdaux. J'ai longtemps cru que ce dernier récit était en réalité de la main de Tony Duvert (qui n'est jamais cité pas plus que les autres grands écrivains, à l'exception de Beckett, que publie Jérôme Lindon patron des éditions de Minuit et père de l'auteur) tant il n'aurait pas dépareillé dans la bibliographie de ce dernier. Les livres pré cités étaient de très originales « erotic-fantaisie » d'un format court écrites dans une prose ciselée. J'avais donc négligé cet auteur, dont j'avais néanmoins croisé le personnage dans les récits de son ami Hervé Guibert, sans vraiment savoir pourquoi. Son dernier livre, « Ce qu'aimer veut dire » a attiré mon attention d'abord par le bruissement médiatique qui a accompagné sa sortie et surtout par son thème: la relation de l'auteur avec Michel Foucault et par ricochets avec Hervé Guibert. Etant grand lecteur de ce dernier, je crois avoir lu et posséder presque tous ces livres, et certes petit lecteur de Foucault mais son grand auditeur; en effet, il y a bien longtemps un ami enregistrait ses cours au Collège de France et me faisait profiter des dits enregistrements, nous étions encore au temps révolu des cassettes... Or donc je me suis dit que cet ouvrage était pour moi. Curieusement, j'ai, à chaque fois que je rencontrais le volume retardé son achat qui ne s'est déclenché que lorsque je l'ai aperçu, en format poche (serais-je devenu ladre?), alors que j'étais chargé de salade, steak et autres denrées, dans les rayons d'un super marché.

J'avais donc le souvenir de la prose élégante et provocatrice du jeune homme d'alors et je retrouve un style plat s'apparentant plus à une confession parlée qu'à un témoignage sur un des esprits les plus profonds de la deuxième moitié du XX ème siècle. Le sujet autour duquel tourne le livre n'est pas Michel Foucault mais les relations amicales et sexuelles entre quelques jeunes hommes, tous plus ou moins homosexuels ou sympathisants décorant l'appartement du philosophe situé rue de Vaugirard, épicentre du récit de Mathieu Lindon. L'ennui est que ces jeunes gens qui sont âgés lorsque commence le récit d'une vingtaine d'années paraissent d'une totale vacuité. L' obsession principale de ses fils à maman ou à papa, qui semble ignorer les problèmes d'argent, pour ne pas dire unique, est la drogue. Ce qui devient rapidement ennuyeux pour le lecteur.

Cette question de la drogue m'amène à me poser une question sur la fabrication du texte. L'auteur nous confie au grand damne de son père n'avoir jamais tenu de journal mais alors comment expliquer la description heure par heure d'une « descente » bien déterminée après l'absorption d'un acide...

Pour continuer sur la forme, il aurait été préférable pour le lecteur que l'auteur dessine un plan du fameux appartement de Vaugirard plutôt de se lancer dans une description laborieuse de l'agencement des pièces comme il le fait. Dans le même ordre d'idée pourquoi se priver des photos d'époque des différents protagonistes (et des lieux), il doit bien en exister d'autant qu'il y a Hervé Guibert dans les parages.

Nous ne sommes pas dans un roman. Peu ou prou l'auteur se veut un narrateur du réel. Mais sans doute pour être fidèle à ses souvenirs affectifs les « héros » du livre, qui sont tous des personnages réels, ne sont nommés que parleur prénom. Si on identifie immédiatement les personnes ayant ou ayant eu une surface médiatique, comme Michel Foucault, Hervé Guibert et Daniel Defert (né en 1937 fondateur d'AIDES), cela devient plus flou pour les autres. Par exemple j'aurais aimé être certain que le Thierry de « Ce qu'aimer veut dire » est bien Thierry Jouno qui a un si grand rôle dans « Le mausolée des amants (ce qui pourrait être aussi le titre de ce livre) d'Hervé Guibert.Il me semble que par respect pour ses personnes, le plus souvent décédés prématurément du sida et pour le lecteur, qui ne les a fréquenté que dans les présentes pages, une petite postface les nommant et les présentant aurait été utile et une sorte d'hommage à leur mémoire. Ceux qui espéraient que le fils de Jérome Lindon évoquerait ses souvenir sur les écrivains qui furent les proches de son père seront déçu. Deux seuls passent et d'une façon assez ridicule son nommés "Sam" pour Beckett, "Alain" pour Robbe-Grillet... Il s'explique de cette absence: << J’ai eu, enfant et adolescent, une position spéciale où je n’ai aucun mérite : celle de côtoyer des écrivains tels que Beckett ou Robbe-Grillet, tout simplement parce que j’étais le fils de l’éditeur Jérôme Lindon. Je me suis toujours préservé de raconter ces histoires.>>. On peut regretter cette posture, à l'inverse à lire « Ce qu'aimer veut dire » on peut aussi ce dire que l'aréopage des éditions de Minuit l'a échappé belle...

Toujours à propos d'une certaine brume enveloppant la narration, l'auteur ne fait figurer aucune date, alors que toute cette histoire ne peut s'expliquer que par sa datation. Je me substitue à lui pour situer avec exactitude chronologiquement « Ce qu'aimer veut dire » (je sais c'est un de mes dadas). Car c'est aussi le récit d'une époque certes vu par le tout petit bout de la lorgnette. Le mode de fonctionnement des personnages est très daté, intimement induit par le contexte de ces années là. Or donc Mathieu Lindon est né en 1955, la même année qu'Hervé Guibert qui mourra du sida en 1991. Il rencontre Michel Foucault en 1978. Il a donc 23 ans lorsqu'il fait la connaissance avec son grand homme qui lui en a alors 52. A lire Mathieu Lindon on a l'impression qu'il en a au grand maximum dix huit. Nous avons à faire à un adulescent (je suis conscient de l'anachronisme en 1978) qui semble avoir été écrasé par la stature de son père, Jérôme Lindon, le grand éditeur que l'on sait, qui ne sort pas grandi du livre de son fils. A l'inverse dans ces mêmes pages Michel Foucault nous apparaît comme extrêmement sympathique toujours à l'écoute d'autrui alors que le portrait de Jérôme Lindon que trace son fils son est celui d'un homme hautain emmuré dans ses certitudes. Mathieu Lindon, pour faire trop simple, a écrit 250 pages pour avouer qu'il a fait un transfert paternel de Jérôme Lindon à Michel Foucault. Bien qu'il s'en défende: << Michel, je ne l’aimais aucunement comme un père mais une figure tutélaire, généreuse de son savoir et de ses expériences. "Michel, je l'aimais comme Michel, aucunement comme un père (...) jamais je n'ai eu envers lui la moindre jalousie ni la moindre aigreur, la moindre exaspération, ce que personne n'est en droit d'attendre du meilleur fils ni du meilleur amoureux.>>. Michel Foucault meurt le 25 juin 1984. Le livre s'inscrit donc principalement entre 1978 et 1984. Michel Foucault en tant que personnage d'un livre était déjà présent dans << A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie>> d'Hervé Guibert, il est surnommé « Muzil » dans l'ouvrage, qui évoque sa maladie, sa mort et son refus de publications posthumes ce que ne respectera pas (heureusement) son compagnon et exécuteur testamentaire Daniel Defert.

On mesure à lire le texte de Mathieu Lindon quel fossé nous sépare de la période dans laquelle ces jeunes gens s'ébattent avec une insouciance qui va bientôt les condamner. On retrouve dans « Ce qu'aimer veut dire » ce mélange de sexe et atermoiements amoureux pleurnichards qui abiment les tome du journal de Renaud Camus de ces années là (Journal de Travers) mais sans le name dropping et l'extraordinaire curiosité de l'impénitent diariste. Je m'étonne que le drame du sida, qui a tué Foucault et Guibert et d'autres protagonistes du livre ne s'y invite qu'en contrebande. Mathieu Lindon, et je m'en étonne, ne souffre pas du syndrome du survivant. On peut rapprocher « Ce qu'aimer veut dire » de à ranger malheureusement au coté de La meilleure part des hommes de Tristan Garcia. Mais Mathieu Lindon à l'inverse de Garcia ne fait pas son petit malin et jamais se pousse du col; bien au contraire il se met en scène comme un jeune homme indécis, incertain et assez pitoyable, réservant toute son admiration aux autres et en particulier à Michel Foucault. Cet altruisme n'est pas si courant dans la gente littéraire (et autres). Autre posture prise qui est intéressante celle de ne pas faire de différences entre l'amour sexuel, familial ou l'amitié. Il est évident que Mathieu Lindon n'est pas un méchant garçon, son livre est surtout un long remerciement à Michel Foucault: <<Je suis reconnaissant dans le vague à Michel, je ne sais pas exactement de quoi, d'une vie meilleure >>. Mais combien Lindon à la langue embarrassée quand il évoque sa jeunesse l'écriture est rarement fluide, ce qui n'a pas empéché « Ce qu'aimer veut dire de récolté le prix Médicis 2011, au contraire du « Retour à Reims »(Fayard, 2009).de Didier Eribon (par ailleurs biographe de Michel Foucault) qui n'est curieusement jamais cité, et qui évoque partiellement cette époque. Autre livre qui a bien des points communs avec celui de Lindon, Brèves saisons au Paradis" de Claude Arnaud qui est né la même année que Mathieu Lindon également une peintures d'un palanstère gay de bourgeois dans ces mêmes années...

Un livre à réserver surtout à ceux qui s'intéressent au milieu intellectuel en France à la fin du XX ème siècle.

 

Quelques émissions de France-Culture se rapportant au livre:


30.01.2011 - Carnet nomade | 10-11
Notes d'un jour 60 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

 

23.02.2011 - Du jour au lendemain | 10-11
Mathieu Lindon 34 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

 Alain Veinstein reçoit Mathieu Lindon, - auteur de "Ce qu'aimer veut dire" (P.O.L)

 

03.01.2011 - La Grande Table | 10-11
Rentrée Littéraire 201187 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

Ils sont deux parmi 510 livres de la rentrée littéraire de janvier, il y en aura d’autres bien sûr, mais nous avions envie de commencer l’année avec ces deux invités : Gaëlle Obiegly pour son livre "Le musée des valeurs sentimentales" (Verticales) et Mathieu Lindon pour "Ce qu’aimer veut dire" (POL).

   

Pour retrouver Hervé Guibert sur le blog

Hervé Guibert, photographePour se souvenir des photographies d'Hervé Guibert à La Maison Européenne de la photographieAutour d'Hervé Guibert, un déjeuner avec Vincent

Publié dans livre

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Isabelle 29/01/2013 23:29

Je pensais que le vieux maître de Foucault était un autre Georges : Georges Canguilhem, avec qui il a travaillé et publié je crois ... mais aurait-il pu embrasser Mathieu lindon, ou bien est-ce
Georges Dumézil ? Grave question !

Philippe Mezescaze est le premier amant d'Hervé Guibert, un amour d'adolescents lycéens, ils ont 17 et 14ans et se rencontrent dans une troupe de théâtre amateur. C'est très bien raconté par Hervé
Guibert dans son livre de souvenirs de jeunesse "Mes parents" . Cette histoire est si marquante et finalement douloureuse, qu'elle ne pourra jamais complètement s'effacer. Elle est complétée
beaucoup plus tard,en 2007, dans un livre superbe de Philippe Mezescaze : "De l'eau glacée contre les miroirs" : "Le narrateur, lauréat d'une bourse de voyage, choisit pour quelques mois de
séjourner en Egypte . Et plutôt que de rapporter le récit convenu du voyageur, il décide d'inviter la mémoire de ses morts intimes au Caire : le premier mort de l'enfance,un vieillard sans visage,
le premier amour d'adolescence, Hervé Guibert, à la Rochelle, et plus tard l'amitié de Roland Barthes, d'autres amis, d'autres amants, ses parents "
C'est un livre très bien écrit,et d'autant plus émouvant qu'il est d'une grande sobriété . L'évocation de Roland Barthes est très forte . L'étrange mise en scène des funérailles d'Hervé Guibert
aussi ( où l'on retrouve justement Mathieu Lindon ! ) . Les autres relations sont toujours touchantes . Elles sont curieusement confrontées à une vision qui semble particulièrement pertinente de la
situation politique et sociale désastreuse de l'Egypte .
C'est un livre que je recommande vivement!
Philippe Mezescaze a publié une dizaine de livres depuis 1977, et aussi joué un petit rôle dans le film de Jacques Nolot "La chatte à deux têtes".

Merci de me conseiller le livre d'Eribon que je ne connais pas, et puis "Nos plaisirs" que je vais relire pour mieux l'apprécier !

lesdiagonalesdutemps 30/01/2013 07:01



L'idée que le vieux maitre soit Georges canguilhem est tout à fait possible mais je n'ai malheureusement pas eu la chance de rencontrer ce vieux maitre là.


Merci pour les information sur Philippe Mezescaze. Je connaissais en effet cette histoire d'amour adolescente de Guibert, il était déjà sublime plastiquement mais je n'avais pas fait le
rapprochement avec le nom de Mezescaze dont je ne connais pas du tout le livre dont vous parlez bien. Vous m'avez donné l'envie de le lire je vais l'ajouter à ma liste ruineuse de livres à
acheter, il vient aprés seul dans Berlin de Fallada et la bande dessinée Pepito, c'est un peu surréaliste... J'ai en effet trouvé la mention de ce jeune philippe dans une biographie de Guibert,
assez médiocre signé Christian Soleil. J'en ai une autre cette fois de François Buot qui n'est pas meilleure et où il n'est pas du tout question de Philippe Mezescaze. Je viens de retrouver dans
le numéro de La revue littéraire des Editions Léo Scheer, le numéro voué à Guibert de décembre 2011, que je n'avais que survolé un petit extrait de "De l'eau glacée contre les miroir.


Vous me parlez de Nolot personnage très intéressant dont j'ai beaucoup le dernier film Avant que j'oublie que j'ai chroniqué sur ce blog


 


cette réponse a été rédigée en plusieurs fois



Bruno 29/01/2013 21:28

Merci pour ce sympathique éclairage. L'appartement de la rue ND des Champs était assez...hallucinant; le risque d'être écrasé par une pile chutant , assez important ;-)
Donc, G. Dumézil donna en 1984, chez MM Gallimard, un petit volume, sous la couverture blanche :
"...le moyne noir en gris dedans Varennes et Divertissement sur les dernières paroles de Socrate" recueil amusant de ses pochades normaliennes, à lire entre les lignes, aussi
La couverture d'époque de ces MM. de la rue Sébastien Bottin était brillante et salissante mais les textes faisaient preuve de la vaste culture au delà des Trois Fonctions

Merci pour vos billets

lesdiagonalesdutemps 30/01/2013 07:07



Dans le genre bureau périlleux j'ai aussi connu celui de jodorowsky qui était aussi intéressant dans le genre, je parle d'il y a une vingtaine d'année lorsqu'il habitait une grande batisse un peu
délabrée à Saint Mandé. Je n'ai pas lu le volume dont vous me parlez. Je crois que je vais me rendre au prochain salon du livre avec une brouette (j'aurais préféré une litière avec des porteurs
nubiens mais c'est parait-il plus à la mode...) 



Bruno 28/01/2013 23:01

Pour Dumézil, lire "...le moyne noir en gris dedans Varennes" pochade de normalien, mais...instructive

lesdiagonalesdutemps 29/01/2013 07:23



Est-ce un article ou un livre. Je ne connais pas ce texte. Moyne n'est pas vraiment le mot que j'adjoindrais à Dumézil. J'ai eu la chance d'abord d'assister à des conférences de Dumézil via le
GRECE, puis de l'interviewer chez lui (j'étais complètement incompétent pour cela ce que je lui ai dit), une véritable caverne de livres et de papier. C'était déjà un très vieux monsieur (et
moins un godelureau) d'une grande gentillesse, pas triste du tout outre l'interview ont comme on dirait aujourd'hui "tapé la discute", en complet divorce, avec ce quoi on venait de parler, la
fameuse division des indo-européens en trois ordres. J'en garde l'image d'un homme extraordinairement intelligent qui n'avait qu'un seul regret celui de ne pouvoir encore profiter de la vie sous
toutes ses formes encore longtemps



Isabelle 28/01/2013 19:19

Tout à fait d'accord avec votre analyse : le ton de "CE qu'aimer veut dire" m'a paru trop naïf ou trop superficiel, malgré, ou à cause de l'intérêt et de l'ambition du propos ; et puis je n'ai pas
aimé cette absence de style (peut-être volontaire ?)
Par contre, je ne me suis pas ennuyée .On apprend finalement beaucoup de petites choses, qui à l'époque de la parution du livre me passionnait ... à cause d'Hervé Guibert justement. Et c'est aussi
grâce à ses livres ( ceux d'HG ) que j'avais pris le goût de résoudre des énigmes, dont celles des initiales ou des prénoms . Voici donc le résultat de mes recherches :
Thierry n'est pas Thierry Jouno (le T. d'Hervé )mais Thierry Voelzel, travaillant avec Foucault à la fondation du Gai Pied le 1er avril 1979 . Il est écrit p51" Thierry est en retard car il
participe à la rédaction du Gai Pied" .A noter que le dîner raté avec Foucault, raconté à cette page, l'est aussi par HG p15 du "Mausolée des amants".
D'autres personnages du livre de Mathieu Lindon sont peut-être aussi issus de ce groupe de rédacteurs du Gai Pied : Gérard Vappereau, Gilles Barbedette ... mais sans certitude .
Parmi les anecdotes intéressantes, je signale aussi celle de l'invention du pseudo PSHeudaux par Foucault, et aussi justement d'un autre jeu de mot bien peu sérieux pour un grand philosophe ( et
c'est très bien ) Le Gai Pied .
Mais "Nos Plaisirs" de pseudo Lindon, m'a pour le coup vraiment ennuyée . Ce ton farcesque,laborieux ... pour moi n'a rien à voir avec "l'élégance" de Tony Duvert, que je retrouve beaucoup plus
dans un livre magnifique de Philippe Mezescaze "Le corps Océan", dédié à H (ervé Guibert ), et fonctionnant comme chez Duvert, avec des phrases destructurées par des espaces vides, qui font
circuler une respiration brûlante entre les mots...un livre qui avait justement beaucoup plu à Michel Foucault .

lesdiagonalesdutemps 28/01/2013 21:33



Je vous remercie d'éclairer aussi bien ma lanterne j'ai envire de m'écrier mais c'est bien sûr. Je crois que vous avez raison pour Vappereau et bien sûr Thierry Voelzel mais je ne vois pas où
serait Gilles Barbedette, très curieux personnage. Je ne connais pas du tout le livre dont vous me parlez, "Le corps océan" et pas plus son auteur Philippe Mezescaze (un pseudonyme?) je vais
allez voir de quoi et de qui il retourne. Je ne vous suivrais pas en ce qui concerne Nos plaisirs que j'ai relu récemment ni sur le fait que l'on apprend beaucoup de choses à lire Lindon, tout et
plus est dans la biographie de Foucault d'Eribon (il faut lire la nouvelle édition qui a été complétée par rapport à la première). La comparaison de Ce qu'aimer veut dire avec le mausolée des
amants est cruel pour Mathieu Lindon. On voit que Lindon n'arrive pas à sortir ce qu'il veut dire et se répète souvent pensant que sa formulation sera meilleure que la précédente et il ne fait
que s'enfoncer. Ceci dit l'homme Mathieu Lindon sort de son livre très sympathique, un peu raté mais avec un bon fond. Pour finir avec le name dropping ne pensez vous pas que le vieux maitre de
Foucault qui demande à Guibert de l'embrasser pourrait être Dumézil (qui était gay, j'assume l'anachronisme) que j'ai eu la chance de connaitre un peu, mais il n'y a pas de quoi faire un livre...



Bernard 27/01/2013 17:40

And regarding Derrida, his writing style is difficult yes, but he's very recognized outside France, in particular, by literary critics in the UK, where I studied, despite that sad episode with his
PhD honoris causa at Cambridge.

Bernard 27/01/2013 16:10

Ok, I saw many french movies from Renoir to Kassovitz in the original language, and I remember reading authors like Lipovetsky, Deleuze, Ricœur in french (from the series "folio essais"), but I
only had 3 years of french, and I was very young when I was studying it. Today I continue to lissen France Radio from time to time, watch some ARTE docs, but since 2010 or so I lost interest in
watching TV. Even cinema seems to me an obsolete visual art, but this is a heavy statement.

lesdiagonalesdutemps 27/01/2013 17:23



Il me semble que pour vous ce serait mieux pour votre français d'écouter France-Culture, c'est facile avec l'ordinateur.



Bernard 27/01/2013 15:49

"lisez pas Lindon", mieux?

Bernard 27/01/2013 15:45

mon pauvre français, ce n'est pas ma langue, ce n'est rien. Je vais lire Foucault, non traduite.

lesdiagonalesdutemps 27/01/2013 15:52



Vous pouvez commentez en anglais ce n'est pas un problème et je ne suis pas sur que lire Foucault non traduit soit une bonne idée car ces textes sont difficiles bon ce n'est tout de même pas
Deridda qui lui est tout à fait incompréhensible en français , je parle pour moi.


et sur Foucault il vaut mieux lire la biographie qu'a écrite Eribon, excellent livre.



Bernard 27/01/2013 15:21

Ne lisent pas Mathieu Lindon, lire les classiques, lire Tintin http://i.imgur.com/Nslo0Ek.jpg

lesdiagonalesdutemps 27/01/2013 15:37



Je ne comprend pas très bien votre remarque. Pourriez vous rédiger à nouveau votre commentaire.