Braque au Grand Palais

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Une rétrospective Braque était une des expositions que j'attendais avec le plus d'impatience. Un Braque seul, libéré de l'hypothèque Picasso. Peut être que mon attente fut trop longue mais l'exposition du Centre Pompidou m'a déçu ou plus exactement m'a ennuyé. Il y a pourtant nombre de tableaux sublimes, ce que ne rend pas complètement mes photographies, d'abord parce qu'il faut voir en vrai les tableaux pour mesurer leur force et qu'ensuite si les photographies sont autorisées, elles sont interdites pour beaucoup de tableaux qui sont souvent les plus intéressants. Les préteurs n'ayant pas poussé leur générosité à la possibilité de photographier les oeuvres mises à la disposition du musée. Si l'on s'ennuie c'est qu'il y a trop de tableaux très proches les uns des autres en particulier ceux peint de 1910 à 1920 qui relèvent du cubisme analytique. Si chacun pris séparément est superbe, les voir ensemble affaibli leur force. Même si cette rétrospective embrasse bien toute l'oeuvre du peintre, elle n'est pas assez fournie en toiles de la fin des années 30 ni du début des années 50 qui sont, à mon avis, qui est peu partagé, les meilleures années de l'artiste. Il ne faut jamais oublier qu'un tableau est unique et qu'il doit être vu comme tel. Il y a quelque chose de contre nature à mettre cote à cote les oeuvres d'un même artiste. Elles n'ont jamais été pensées pour cela. Si elles se nuisent entre elles, cela ne diminue en rien le talent du peintre.

 

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Paris, octobre 2013

 

Une vie, une oeuvre
Emission Une vie, une oeuvre

le samedi de 16h à 17h

Ecoutez l'émission58 minutes

Georges Braque (1882 - 1963) 1

02.11.2013 - 16:00 Ajouter à ma liste de lecture

par Françoise Estèbe

Réalisation : Gilles Davidas


 © ED. DES CATALOGUES RAISONNÉS

Une rétrospective au Grand Palais à Paris célèbre avec Georges Braque, le père du Cubisme, l'inventeur des papiers collés, la révolution picturale la plus importante du xx siècle. Braque, une vie tout entière vouée à la peinture dans la méditation silencieuse de l'espace clos des ateliers. De métamorphoses en métamorphoses, dans la filiation de Cézanne,  l'œuvre de Braque invente des formes nouvelles, crée un espace pictural qui bouleverse les codes de la représentation, abolissant les règles de la perspective héritée de la Renaissance. Georges Braque désacralise l'artiste et ouvre la voie à l'abstraction. D'un tempérament opposé à celui de Picasso, son compagnon de "cordée" dans l'aventure cubiste, Braque était un homme secret, pudique, réservé. Sa vie -et son œuvre- sont exemptes de toute anecdote intime. Né en 1882 à Varengeville sous la lumière des Impressionnistes, Braque était le fils et le petit fils d'entrepreneurs de peinture en bâtiment. Il renoncera à prendre la suite de l'entreprise familiale pour se consacrer à son œuvre mais ses premières années d'apprentissage marqueront à jamais  sa création par le goût de la matière tactile. "Ce n'est pas assez de faire voir ce qu'on peint, il faut le faire toucher." De la brève période fauve au Cubisme, des grandes séries à la création de sculptures, de vitraux, de bijoux, jusqu'aux derniers paysages de barques échouées sous les cieux menaçants de Varengeville, l'œuvre de Braque est en perpétuelle mutation. Au gré des rencontres de l'émission, on croise Braque l'homme de la rupture picturale, l'artisan de la matière, le peintre de la violence et de l'émotion contenues, le peintre de l'énergie, l'homme foncièrement mélancolique aux compositions proliférantes closes sur elles mêmes - images contradictoires de Georges Braque au sein de la cohérence de son œuvre.

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xristophe 18/12/2013 16:06

Pour Ismau et B.A - Toujours au sujet de ce "primat" de l'Histoire, revendiqué par vous deux, quelques mots encore : Ism. écrit, illustrant très bien ce point de vue : "Braque (en 1908) se
considère et est considéré comme en rupture radicale etc. Pas DISSONANCE mais RéVOLUTION (à l'époque)".
Je redis donc, (comprenant très bien le "point de vue de l'Historien", comme je dis - éminemment précieux, et qu'il vaut mieux connaître, bien sûr - pour le SAVOIR qu'il apporte), je redis qu'il
n'empêche qu'AUJOURD'HUI (et même pour de non "béotiens" - B.A) (ça n'est pas qu'affaire de "facilité") que nous ne voyons plus (pas: moi tout seul)les choses comme ça ; et ceci n'est pas nul comme
réalité perceptive historiquement. Une nouvelle doxa s'est imposée à (presque) tout le monde - preuve d'ailleurs soit dit en passant que Braque (en l'occurrence) a GAGNé...
Pour "tout le monde " aujourd'hui son œuvre ne "sonne" plus "révolutionnaire" et est très admissible, admise, etc... C'est la "PERCEPTION" (Ismau) d'aujourd'hui - devant cette révolution
d'hier...
Et moi (mon point de vue singulier maintenant - même s'il peut être partagé - j'espère), moi, ce qui me retient devant ses toiles (surtout celles du début, les "rigoureuses"), c'est justement cette
sensation d'une FUSION non radicale (et laissons "révolutionnaire" aux journalistes), si harmonieuse et douce (mais oui), cette SAVEUR d'un système tiraillé "qui craque", en passant du figuratif à
l'abstrait, au "cubisme". Fusion douce pour moi (nous) aujourd'hui, révolution autrefois. Car la notion de révolution, ou de rupture (l'impression de modernité !) - est éminemment périssable -
comme les "denrées" de ce nom, et comme la jeunesse, hélas. Je retourne ici le mot final de B.A : "On ne peut pas faire l'économie du temps (qui passe)...

lesdiagonalesdutemps 18/12/2013 16:21



Bien sûr qu'aujourd'hui l'oeuvre de Braque ne "sonne" pas comme révolutionnaire (alors que beaucoup d'artiste contemporain passe pour révolutionnaire alors qu'ils singe Duchamp un siècle après!
mystère.) mais il est important de savoir qu'il a été considéré comme révolutionnaire.


Vous avez parfaitement raison de mentionner le coté périssable des révolutions, je pense que c'est souvent heureux que leur date de péremption ne tarde pas.



xristophe 17/12/2013 17:05

Pour Ismau : Vous parlez de (ma) "perception" et du "risque d'anachronisme" ; et voici un beau problème épistémologique : de quel "point de vue" se place-t-on (quand on juge, apprécie, donne un
avis etc) sur une œuvre du passé ? Le mot très solennel d' "anachronisme" semble poser (dites-moi si je m'abuse) une espèce de vérité transcendante, qui serait ici, toujours si je n'm'abuse, celle
de l'EPOQUE où cette peinture de Braque a été faite. (L'époque, c-à-d : l'avis de la doxa de cette époque, ou celle des "spécialistes" - d'alors - ou d'ailleurs d'aujourd'hui) (les spécialistes
d'aujourd'hui - rien pour l'instant de polémique ! - seraient épistémologiquement des "historiens", des chercheurs vouant leur recherche à établir la vérité ayant cours à l'époque de Braque, la
vérité de Braque lui-même : "diachronique" (ou bien le contraire : "synchronique", je ne sais jamais : celui qui veut dire : une tranche de temps découpée dans le temps) Et ceci est très bien - et
se doit d'être fait, est très intéressant etc. Mais ça n'est qu'un point de vue (classé) de la recherche et du travail herméneutique. C'est une "pertinence" capitale mais il y en a d'autres. Par
exemple le point de vue d'aujourd'hui, d'un spectateur plus ou moins acculturé, qui peut l'être suffisamment (comme moi - avec cette fameuse mienne en plus infaillibilité papale !) (j'm bien cette
expression - pour plaisanter...), ou bien ne pas l'être du tout (on l'est toujours un peu, tout le monde a des yeux, subit la pression de l'environnement visuel, etc); ou bien être un savant, comme
notre ami BA qui à la fois perçoit très bien la position d'un peintre en son époque et connaît les devanciers qui l'on inspiré, et aussi ce qu'il en est advenu, ce qu'il en reste chez des peintres
d'aujourd'hui et dans les regards d'aujourd'hui. Je, moi, ne parle que de mon propre regard personnel d'aujourd'hui. (C'est celui qui me fait plaisir et qui m'inspire) (thème boulézien, au fait !)
Ca vaut ce que ça vaut et puis ce que j'en tire en en parlant - parfois pas mal parfois...ce qu'on voudra.
Dîtes-moi si - je m'arrête, face à un sujet à la fois facile et difficile, en tout cas canonique - si votre grand mot raide et un peu solennel d' ANACHRONISME a gardé à vos yeux toute sa valeur
d'irréductible désaveu ? Merci !

lesdiagonalesdutemps 17/12/2013 18:15



Vous soulevez un problème qui revient très souvent ces derniers temps lorsque l'on parle d'art. Pour faire très simple est-il utile de connaitre l'Histoire de l'art pour apprécier un artiste ou
faut il se fier à ses sensations c'est bien sûr cette dernière école qui a le vent en poupe (on en revient en littérature au Proust contre Sainte Beuve, c'est à peu près pareil). Notre époque
actuelle étant toujours partisan du moindre effort. Je pense que si la connaissance n'est pas toujours indispensable, j'ai aimé des oeuvres dont je ne sais rien du créateur et pas grand chose du
contexte dans lequei elle a été crée, il n'empêche qu'il vaut mieux savoir. La connaissance donne une profondeur à la jouissance, profondeur que le béotien ne connaitra jamais. Je crois surtout
qu'il est indispensable de placer la création dans son contexte historique. On ne peut faire l'économie du temps.



ismau 16/12/2013 22:24

Je ne suis pas étonnée de l'ennui suscité par la répétition de certaines toiles de Braque . Le cubisme analytique est trop systématique à mon avis . Je l'avais déjà constaté moi aussi, Braque est
bien meilleur lorsqu'il s'éloigne de ce systématisme . Ce sont les 15 dernières toiles photographiées que je préfère, avec aussi ce triptyque noir que je ne connaissais pas, et la belle photo très
composée avec les charmantes visiteuses ( par défaut ?) (tant pis : ça change un peu...)

Pour Xristophe : il me semble que cette histoire d'équilibre ou de rupture tient quand même à sa propre perception, actuelle, et risque l' anachronisme .
Je veux dire que Braque, à partir de 1908 avec le cubisme, se considère et est considéré comme étant en rupture radicale avec la peinture de son époque . Il ne s'agit pas de dissonances, mais de
« révolution », avant la première oeuvre abstraite ( Kandinsky) qui date de 1910 .
Son travail le mène aussi à de multiples « innovations » : les papiers collés, les lettres au pochoir, l' intégration de matériaux comme du sable ou de la sciure dans la peinture ( qu'on
voit très bien ici sur la dernière photo)
Mais Stravinsky plutôt que Schönberg, je suis d'accord . J'écoutais avant- hier une émission sur Britten, lui également fustigé pour son manque de modernité par Adorno – et Boulez !
Les deux camps sont souvent tout aussi intolérants .

lesdiagonalesdutemps 17/12/2013 04:11



grosso modo mes photo sont dans l'ordre de l'exposition, donc chronologique allant des plus anciennes au plus récentes. Comme je l'ai écrit dans le billet malheureusement beaucoup des plus belles
toiles, venant presque toujours des Etats-Unis, étaient interdites à la photographie avec un gardien posté à coté de chaque. J'ai épargné aux visiteurs du blog les toutes dernières toiles peintes
dans les deux dernières années de Braque de redoutables croutes des paysages qu'il voyait de la fenêtre de son atelier.


Le triptyque noir que je ne connaissais pas non plus à un coté Dubuffet.


Vous avez tout à fait raison de resituer dans son contexte historique de l'Histoire de l'art l'oeuvre de Braque.


A propos de l'utilisation du sable connaissez vous l'oeuvre abstraite de Piaubert à voir, mais où?


J'aime bien photographier le traffic des visiteurs dans les expositions et puis, voir le billet du jour, cela donne une idée de la taille des oeuvres.


J'essaye aussi quand je peux de montrer l'accrochage, la proximité des tableaux entre eux... malheureusement ce genre de photo est difficile à faire pour de multiples raisons même quand les
photos sont autorisées.



xristophe 15/12/2013 15:32

5 corrections ! :
1/je reviens à mon dada;
2/figuré figurativement; ((car on peut figurer autrement))
3/le composent ((virgule)) et en disposent
4/je ne veux pas leur abolition ((des dissonances))
5/fait jouer ensemble
Pardon - l'inéluctable de ces ardoises de blogs me désespère - c'est comme la vie : pas de repentir possible; ça n'est pas vraiment l'écriture, qui au contraire...
(Mais promis, je ne corrigerai pas les coquilles de cette correction)

xristophe 15/12/2013 12:08

Un équilibre réussi (idéal?) concret/abstrait (je reviens à de dada) c'est, pour moi par exemple, le cubisme par exemple... d'un Braque, par exemple - (mais Picasso fait mieux). Cette façon de
fondre à demi le réel figuré (figurativement) dans des formes sévères (mais pas trop) qui l'épurent et le recomposent et en disposent... Moins de réel, plus de géométrique. Les deux instances
polaires gardant des atouts, des pions amicaux dans le camp adverse. Ce paisible équilibre - qui permet la tension ! mieux, l'entretient, la fait jouer, stimule le vivant (j'y tiens, à l'équilibre
: surtout pas de basculement "révolutionnaire" - avec l'aplatissement immanquable de la chère complexité, qui suit la radicalité bête révolutionnaire), donne des gages aux deux pôles, fait jouer
"l'alpha et l'oméga"... En musique l'atonalité (ou -isme, pire) "va trop loin" - démolit tout. Je tiens aux dissonances, à l'euphonie des dissonances, mon milieu naturel vital, et non à leur
abolition ; à l'euphorie que donne le fait de se sentir sur le bord du système qui craque, lieu mesmérisé et surexcitant... (Stravinsky plutôt que Schonberg, Adorno s'est planté).