Be happy de Mike Leigh

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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J’ai toujours la même impression en sortant d’un film de Mike Leigh, celle de mêtre immiscé dans la vie d’un groupe de gens, qui resteront dans ma mémoire comme s’il s’agissait de proches voisins, connus de longue date, mais qu’un déménagement inopiné m’a fait quitter sans grand espoir de les revoir en raison de notre éloignement.
Jamais pendant tout le film, je pense que ce sont des acteurs qui jouent des rôles et non une vraie institutrice et un vrai moniteur d’auto-école que je vois sur l’écran.
Le talent de Mike Leigh me fait régresser au temps de mes toutes jeunes années, où à peine sevré on m’ emmenait déjà dans les salles obscures et où bien sûr je ne faisais pas la différence entre les personnes que je croisais dans la rue et celles qui s’agitaient sur l’écran.
Bien que l’humour ne soit presque jamais absent des films de Mike Leigh, ceux-ci ne sont généralement pas d’un fol optimisme mais ce n’est pas le cas de sa dernière livraison, véritable remède contre la morosité.
Sally Hawkins est prodigieuse dans son rôle de Poppy pour lequel, elle n’a pas volé son prix d’interprétation au dernier Festival de Berlin.
Que mes lecteurs qui ont vu le film et reconnu les quartiers du grand Londres où il a été tourné me disent leurs noms et les situent car malgré mon assez bonne connaissance de la ville, je ne les ai pas identifiés. J’essaye toujours de reconnaître les lieux exacts des tournages quand ceux-ci se déroulent dans des villes comme Paris, Londres, Rome ou New-York. C’est une des raisons pour lesquelles j’envisage de visiter Tokyo et Hong kong... C’est un jeu un peu bête j’en conviens mais dont je ne peux m’ empêcher et qui me procure un plaisir supplémentaire lors des séances de cinéma même si parfois il nuit à l’attention que je porte à l’intrigue du film.
Dans “Be happy” encore plus qu’à l’habitude chez Mike Leigh est une tranche de vie sans véritable fil rouge narratif, sinon celui ténu des leçons de conduite que prend Poppy avec un irascible moniteur. Il est aussi d’ avantage centré sur un seul personnage, la tumultueuse et sémillante Poppy qui malgré son coeur en or n’est pas d’un commerce quotidien de tout repos.
Lorsque la lumière se rallume on n’a qu’un seul regret que la tranche de vie n’ait pas été plus épaisse pour que l’on puisse s’en régaler plus longtemps. 

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