Art urbain, Mesnager, Mosko et associés, Nemo et Gérard Faure au Carré de Baudouin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Il est assurément bien dommage de vous parler d'une exposition qui est terminée mais l'ayant vue le dernier jour de son ouverture, dès que j'ai appris son existence, il était difficile de faire autrement. Et puis il aurait été dommage de ne pas montrer les images que j'en ai réalisées, non en raison de leur qualité mais parce qu'elles offre un témoignage de cette manifestation éphémère, qui paradoxalement montre des oeuvre qui elles sont pérennes, alors qu'habituellement, enchantant les rues de Paris, elles ont, presque toujours, une durée de vie assez courte, attaquées par les intempéries et la rage des hommes alors qu'elles sont un appelle à la contemplation, soit à la paix.

Il faut tout d'abord rendre hommage aux autorités du XX ème arrondissement de Paris qui ont offert à trois artistes majeurs du street art, Mesnager, Mosko et associés, Nemo et leur excellent photographe Gérard Faure, les impétrants préfèrent le terme d'art urbain, pour ma part je préfère l'art dans la rue, un beau lieu pour exposer, le Carré Baudouin.


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Mosko

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Les aras sur une palissade de Mosko.

L'art urbain est multiple. Au carré Baudouin, on pouvait voir certains maîtres du pochoir. Technique ancestrale, qui peut sembler simpliste pour le béotien alors qu'elle est particulièrement difficile à mettre en oeuvre surtout lorsqu'il y a plusieurs couleurs et que le support est difficile d'accès.

C'est dés le mur qui ferment le carré Baudoin que l'exposition commence.

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Nemo, Mosko et Mesnager se sont mis ensemble pour la fresque sur le mur de l'exposition, rue Ménilmontant, Paris XX ème.

Les artistes présentés illustrent les rues de Paris, et d'ailleurs, depuis le début des années 80. C'est en 1983 qu'est apparu pour la première fois la silhouette véloce du bonhomme blanc, depuis il a couru sur bien des murs de Paris, de Mesnager. Parallélement, comme on pouvait le voir dans l'exposition, Jérôme Mesnager développe une oeuvre importante sur toile. Peintre avant tout, il dit puiser son inspiration dans la peinture classique (Uccello, Brueghel, Ingres, Mucha, Michel-Ange...).

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Le jugement dernier vu par Mesnager.

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vue générale de la grande salle du rez de chaussée du carré Baudoin.

Sous le nom Mosko et associés, se cachent Michel Allemand et Gérard Laux. Ces artistes autodidactes sont des typographes de formations. Ils ont décidé, à la fin des années 80, de transformer les grises rues de Paris en un zoo joyeux et coloré. Ils ont commencé par mettre leurs pochoirs sur les immeubles murés, voués à la démolition, du quartier de la Moskowa, d'où leur nom; ceci pour entrer en résistance contre l'agonie du quartier. Depuis ils déploient leur bestiaire enchanté et multicolore, tigres, panthères, gazelles, éléphants ou girafes... Leur crédo est de mettre de la gaieté et de la couleur, là ou règne la grisaille et la tristesse. Une oeuvre sur toile et palissades vient compléter ce travail de rue. Un album intitulé fort justement "savanes urbaine" des photos de Gérard Faure présente un beau panorama du travail de Mosko et associés. Pour en savoir plus sur Mosko, voir leurs tableaux et les acheter c'est ici.

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Mosko et associés.

Nemo est sans doute le plus rare des artistes exposés au Carré Baudoin sur les murs de la ville. Comme le duo de Mosko c'est aussi un autodidacte, scientifique de formation. Nemo réalise ses premiers pochoirs, au début des années 1980. L'homme en noir, figure emblématique de Nemo, apparait dix ans plus tard dans les rues du XX ème arrondissement, terrain de prédilection de l'artiste. Cependant Nemo n'hésite pas à s'aventurer dans d'autres quartiers parisiens et bien au-delà, en Colombie, à Tokyo ou à Lisbonne. Des compositions savantes et magistrales de Nemo se dégage, outre le rêve et la poésie des premiers pochoirs, un univers insolite chargé de mystère proche de celui des surréalistes. Poète de la rue avant tout Nemo se fait avare d'expostions en galerie.

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Gérard Faure

Une des chances de ces virtuoses du pochoir est de voir leurs oeuvres, souvent éphémères, fixées par le très talentueux photographe Gérard Faure. Ce dernier photographie depuis plus de vingt cinq ans, les quartiers de Paris condamnés à disparaître, les immeubles voués à la démolition. Inévitablement, il rencontre, au début des années 1980, les artistes de rue qui, comme lui, arpentent les mêmes territoires. Il enregistre avec un rare sens de la composition et de la lumière (voir l'image ci-dessus), les traces de cet art éphémère par nature. Au fil des années son travail photographique est devenu une véritable mémoire de l'art urbain parisien. Ses photographies traduisent avec une profonde humanité l'alchimie qui s'opère entre les peintures de rue et les habitants.

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Mosko et associés

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Mosko et associés et Mesnager

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Nemo et Mesnager

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Nemo et Mosko et associés

La très bonne idée de cette exposition est d'avoir favorisée, comme on le voit ci-dessus, la collaboration des artistes, pour le travail "de chevalet" qui existait déjà largement dans les rues de Paris.

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Je voudrais faire une incise à ce billet. Il ne faudrait pas croire que je sois favorable à voir tous les murs de nos villes et en particulier ceux des bâtiments publics et des monuments maculer de tagues, pochoirs ou autres interventions. Lorsque cela se produit j'en suis navré et c'est une calamité mais lorsque des artistes investissent, comme c'est le cas de ceux exposés au Carré Baudouin, des murs lépreux ou voués à une démolition prochaine c'est un bienfait inestimable pour les habitants de ces quartiers, souvent tristes, et le promeneur attentif que je suis. Disons qu'il est aussi question dans l'utilisation des murs de la ville comme support de l'art, comme lieux de performances, du talents, du civisme et surtout de l'intelligences des intervenants.

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Mesnager

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Pour que vous ne soyez pas trop frustrés dans de prochains billets je vous proposerai des itinéraires dans Paris qui permettent d'admirer les oeuvre de ces artistes (et d'autres).

Lien:
Jungle urbaine: les pochoirs de Mesnager et Mosko et les poubelles sauvages
La savane de la rue de l'Ourcq

Archéologie du quotidien

Mosko et associés

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