Antoine deléry nous donne des nouvelles de Roger Peyrefitte

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

      sensitivityposter: Les amities particulieres.

Antoine deléry, en biographe habité et passionné, n'est pas de ceux qui arrête leurs recherches une fois leur livre publié. Il continue sa quête d'informations sur le sulfureux et a la gentillesse de nous faire partager le fruit de ses recherches:

 

Les fidèles lecteurs de Roger Peyrefitte se sont peut être étonnés du peu de place tenue par son premier amour, Jacques de P., dans ses « Propos secrets », alors même que le nom de ce garçon revenait très souvent dans la correspondance de l’écrivain avec Henry de Montherlant, en partie publiée en 1983.

 

 La raison en est simple : le chapitre consacré à Jacques, qui devait être inséré dans le second tome des « Propos secrets » n’a finalement jamais été publié. Lors de mes recherches, j’ai pu lire ce texte resté inédit dans les archives de l’éditeur.

 Une mention manuscrite, qui n’est pas de la main de Roger Peyrefitte, indiquait sur la première page « A publier dans Propos secrets 3 ». Albin Michel avait semble t’il trouvé le texte trop long ou choisi de conserver ce morceau de bravoure pour ménager l’intérêt du tome suivant. Il est également possible que l’éditeur ou l’auteur ait préféré retirer ce texte susceptible de gêner Jacques, alors quinquagénaire au faîte de sa carrière, et éviter un éventuel procès.

 A son habitude, Roger Peyrefitte avait en effet donné dans ces pages des détails permettant aux lecteurs d’identifier Jacques.

 

 Né en novembre 1925 à Paris, Jacques était le fils d’un authentique aristocrate et d’une couturière d’origine juive. Lorsque Montherlant le repère à la kermesse Berlitz et le désigne à Peyrefitte, fin juin 1939, il n’a pas encore 14 ans. Il vit très modestement avec sa mère et une tante rue de Lisbonne, dans un quartier encore populaire du 8ème arrondissement. Montherlant ne s’est pas trompé : il est bien le genre de son ami, qui en tombe amoureux. Leur liaison durera jusqu’au printemps 1943. Elle sera transposée par l’écrivain dans « Le dernier des Sivry », roman contemporain des « Amitiés particulières » finalement publié en décembre 1993. Jacques, devenu Gérard, est « un assez grand garçon avenant et distingué. Ses cheveux bruns retombaient sur son front et semblaient prolongés par les cernes de ses yeux ». Bel adolescent, Jacques pose pour le photographe Egermeier chargé d’illustrer « Paysages des olympiques » de Montherlant. Peyrefitte apprécie sa parfaite éducation, sa distinction naturelle et sa particule. Il le fait venir auprès de lui en Touraine, où se sont repliées les Affaires étrangères, puis à Toulouse, où il vit les premières années de l’occupation. Leur relation, d’abord idyllique, tourne à l’orage : intelligent mais paresseux, Jacques se révèle dissimulateur. Peyrefitte, dévoré par la jalousie, le renvoie à Paris quand il s’aperçoit que son ami le trompe avec un jeune ouvrier. Ils ne devaient jamais se revoir.

Peut-être influencé par le souvenir d’Egermeier ou de la passion de Peyrefitte pour la photographie, Jacques entre à la prestigieuse école de photographie de la rue de Vaugirard, dont il sort diplômé en 1945. Il devient reporter-photographe dans un grand hebdomadaire. Professionnel reconnu, il est blessé en couvrant le conflit indochinois et reçoit la croix de guerre. Il s’impose comme l’un des photographes de presse les plus en vue des années 50 et 60, réalisant des clichés de nombreuses célébrités. Marié, père d’un fils, il est décédé à Paris en avril 2006.

 

Pour retrouver  Roger Peyrefitte sur le blog:


Pour retrouver Egermeier sur le blog

EGERMEIER, la vigieEn feuilletant un album d'EgermeierEgermeier illustre MontherlantEgermeier, En voiture!Egermeier, jeune sportif d'antan dans la campagneRoger Peyrefitte photographié par EgermeierPiéral photographié par EgermeierJeux sur les fortifs? par EgermeierEGERMEIER photographe du scoutismeretour sur EGERMEiEREgermeier le voyage en Italie 4Egermeier le voyage en Italie 3Egermeier le voyage en Italie 2Egermeier le voyage en ItalieEgermeier au zoo de Vincennes en 1951Karel EgermeierKarel Egermeier

 

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pietro thimote 14/02/2012 23:13

bonjour,
je pense qu'il s'agit d'un jeu de mot de camouflage entre Potier et Vallauris (poterie).

lesdiagonalesdutemps 15/02/2012 06:53



je crois que vous avez raison



lorande 12/02/2012 16:36

Bonjour,

Remarquable blog ! Merci de nous rappeler que Roger Peyrefitte, bien oublié, fut l'un des plus grands écrivains français du siècle passé.

Une chose m'étonne. Le portrait que fait M. Duléry du fameux "Jacques de" dont parle tant Peyrefitte dans sa correspondance avec Montherlant, et ailleurs, correspond à celui de Jacques de Potier,
beaucoup de gens l'auront reconnu.

Or, dans "Nouvelles minutes d'un libertin" (éditions Le Promeneur, 2000), François Sentein évoque, à la page 370, une rencontre qu'il fit avec Peyrefitte en 1943. Je le cite : "il nous raconte,
sans de toute une heure quitter la parole, quels tours lui joua, pendant deux ans, le petit Jacques de Vallauris (...)" Plus loin, Sentein nous précise que ce petit Jacques a posé pour l'album de
Montherlant et Egermeier, "Paysages des Olympiques".

Pas de doute, il s'agit bien du "Jacques de", évoqué par Peyrefitte.

Jacques de Potier et Jacques de Vallauris sont-ils une seule et même personne ?

lesdiagonalesdutemps 12/02/2012 16:57



Je vous remercie de ce très intéressant commentaire mais je ne suis pas compétent pour vous répondre, je vais m'enquérir auprès de de Delry de cette question.



Alcib 21/12/2011 16:36

Oui, tout fonctionne très bien maintenant.

Je reviendrai certainement (quand je serai un peu moins bousculé). Merci encore.

lesdiagonalesdutemps 21/12/2011 17:06



merci pour votre réponse et pour cette bonne nouvelle



Alcib 21/12/2011 14:26

Je suis également ravi de découvrir votre blogue, par une recherche sur Peyrefitte, que j'ai commencé à lire il y a... très longtemps.

Moi aussi je comprends que les liens indiqués le sont uniquement pour l'administrateur du blogue.

lesdiagonalesdutemps 21/12/2011 16:16



J'espère que vous reviendrez souvent sur mon blog.


J'ai modifié les liens. J'espère que cette fois ils fonctionnent.



Vincent 18/12/2011 00:46

Bonjour,

juste pour préciser que j'ai également constaté que les liens situés en bas de vos messages sont souvent inaccessibles (à moi, à nous lecteurs :-)

Je ne saurais vous guider, ne connaissant pas la plateforme over-blog et la façon dont vous les insérez, mais quand ils font appel à l'interface d'administration (tel par exemple ici, le premier
lien qui commence par "http://srv04.admin.over-blog.com"), ils ne fonctionnent que pour l'administrateur du site.

francois 13/12/2011 10:57

Merci de votre réponse . Moi je tombe sur une page qui me demande de m'identifier...
peu importe , je suis comme vous un grand admirateur de Roger P. et j'ai pu consulter les photos grace à une recher sur Google
Merci pour votre blog qui est très intéressant
bien cordialement

Francois

francois 13/12/2011 06:59

Merci pour cet article . Mais comment se fait-il que vos liens de bas de page ne fonctionnent point ? Tant pour Peyrefitte que pour Egermeier ?

Francois

lesdiagonalesdutemps 13/12/2011 07:05



ce disfonctionnement est curieux car sur mon ordinateur, un mac cela fonctionne.