Agostino de Mauro Bolognini

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

Italie, 1962,
Réalisation: Mauro Bolognini (1922-2001), scénario: Goffredo Parise & Mauro Bolognini d'après Alberto Moravia, image: Aldo Tonti, montage: Nino Baragli, musique: Carlo Rustichelli
Avec: Paolo Colombo, Ingrid Thulin, John Saxon, Mario Bartoletti, Aldo Bussaglia, Roberto Mancia, Franco Schiorlin, Gennaro Mesfun, Renato Terra 
Ingrid Thulin
Résumé
Le film s'ouvre par une course échevelée de gondoles sur le grand canal de Venise. Une belle femme (Ingrid Thulin) et son jeune fils, Agostino (Paolo Colombo) âgé d'une douzaine d'années, regardent la compétition par la fenêtre dela chambre d'un luxueux hôtel. Ils sont en vacances. Très vite, il devient évident que le fils et la mère sont très proches. Plus tard dans le film cette proximité nous aide à comprendre pourquoi Agostino, qui reçoit toute l'attention de sa mère, se sent trahi quand elle décide de sortir avec l'un des gigolos locaux qui tournent autour d'elle. Elle est veuve riche et belle, ce qui explique pourquoi les hommes de la ville sont très épris d'elle. Malgré le fait qu'elle passe presque tout son temps avec son fils ce dernier se sent délaissé. Il part à l'aventure dans une Venise tout autre que celle des grands hôtels. Errant sur les plages désertes du Lido, Agostino rencontre un groupe de vagabonds, des garçons à peine pubères, gouvernés par un homme étrange pour lequel les adolescents ont un attachement mystérieux.

L'avis critique
Agostino est certainement un des meilleurs films sur la fin de l'enfance que je connaisse. Curieusement il semble que les films les plus intéressants sur ce sujet aient été tournés dans les années 60's et 70. Agostino, réalisé par Mauro Bolognini, ne fait pas exception. Le film est basé sur le roman éponyme écrit par Alberto Moravia en 1945. Mais par rapport au roman Bolognini y a instillé un homo-érotisme qui ne me semble pas aussi présent dans le livre. 
Le film contient une variété de nuances et d'allusions subtiles, par rapport à une symbolique évidente. Il entraine le spectateur à la suite d'Agostino qui passe d'une vision floue et enfantine du monde, à une vision lucide des réalités les plus dures de l'âge adulte. 
Bolognini nous fait témoin au fil des expériences que vit Agostino de son désenchantement du monde, de son détachement progressif de l'atmosphère fabuleuse de l'enfance et de sa confrontation avec lla prosaïque réalité.
Cet adieu à l'enfance, ce deuil de l'innocence, donne au film une atmosphère vaguement morbide qui n'est pas sans rappeler celle d'un autre grand film se déroulant à Venise le "Mort à Venise de Visconti. Comme dans ce dernier On a aussi le sentiment que l'on a pas affaire à n'importe quel garçon. Mais, que c'est l'histoire d'un garçon qui a clairement une prédisposition à préférer les messieurs aux dames...
La performances de Paolo Colombo est exceptionnelle. Ses expressions parfaitement saisies et cadrées par le cinéaste font transparaître tout ce que ressent Agostino. Les autres acteurs ne déméritent en rien.
Le film vaut aussi par les images somptueuses de Venise. La scène d'ouverture de la course des gondoles est inoubliable. Le noir et blanc, tantôt fortement contrasté, tantôt tout en nuances de gris fait de l'écran une suite de clichés mémorables sans pour cela que l'action en soit figée.
Mauro Bolognini est né à Pistoia, le 28 juin 1922, il étudie l'architecture puis suit les cours du Centro Sperimentale de Cinematografica de Rome. Il est ensuite l'assistant de Luigi Zampa et, en France, de Jean Delannoy et Yves Allégret, et débute comme scénariste.
Ses premiers films sont des comédies sentimentales. Sa rencontre avec Pier Paolo Pasolini, qui devient son scénariste, sera essentielle. Ils collaborent pour, Marisa, la coquetteLes garçonsÇa s'est passé à Rome, qui décrit la zone romaine.
Délaissé par Pasolini qui met en scène ses propres sujets, Bolognini tourne ensuite Agostino, qui demeure néanmoins tout emprunt de l'influence de Pasolini.
Mauro Bolognini a été l'un des cinéastes de premier plan du cinéma italien, mais aussi un metteur en scène d' opéra et de théâtre très prisé et ceci durant 35 ans. Plusieurs de ses films ont connu un succès Critique et commercial lors de leur sortie. Plusieurs d'entre eux ont pour acteurs principaux des vedettes et des stars internationales telles Marcello Mastroianni, Gina Lollobrigida, Jean-Paul Belmondo, Catherine Deneuve, Ingrid Thulin... Ils ont remporté plusieurs grands prix dans les festivals de Cannes, San Sebastian , Locarno. Dans les années 60 et 70, sa réputation s'étendit bien au-delà de l'Italie en Europe et en Amérique latine mais, curieusement, peu dans le monde anglophone. Assez curieusement, aujourd'hui, à peine dix ans après sa mort, Bolognini et ses films sont largement oubliés. Si bien qu'il est très difficile de voir Agostino de nos jours.

Note:

J'ai vu Agostino il y a bien longtemps. J'ai également lu le roman de Moravia il y a bien des années. En ce qui concerne le film j'en cherche une copie de bonne qualité, même sans sous titre. Si un lecteur est en possession de cela qu'il me contacte, d'avance merci... 

Cette histoire d'un garçon adoré d'une mère encore désirable lors d'un séjours dans un hôtel de luxe de Venise fait penser parfois au "Souffle au coeur" de Louis Malle. L'épisode dans laquelle Agostino s'attache à une bande de gamins qui traînent le Lido sous la tutelle semi-érotique d' un homme plus âgé, a des connotations d'inceste et de pédophilie qui sont aujourd'hui assez troublantes, mais qui n'étaient pas perçues ainsi en 1962...

 
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