Adoration d'Atom Egoyan

Publié le par lesdiagonalesdutemps


Atom Egoyan est un des rares cinéastes à nous concocter régulièrement des films “à idées”, à ne pas confondre avec le film à thèse. Le cinéaste ne délivre pas de réponses aux questions qu’il soulève, d’ailleurs faudrait-il encore qu’il y en ait. Je suis  toujours admiratif de ce réalisateur qui arrive à transmuter ses interrogation de plomb en or artistique. Son dernier film remue ses questionnements habituelles sur la mort, le deuil, la famille, la vérité, le mensonge, la dissimulation, l’ exhibitionnisme, la manipulation et les faux semblants. Plus prosaiquement le scénariste-réalisateur traite aussi d'un sujet comment à beaucoup de gens, en pariculier durant la période de l'adolescence, le besoin de se créer une histoire familiale différente de la réalité.
Je suis toujours surpris que les films d’Atom Egoyan d’un indéniable raffinement intellectuel et cinématographique n’ait pas plus d’échos tant cet artiste interpelle les hommes avec des problèmes qui les assaillent chaque jour dans le secret de leur cœur. Peut être parce que les objets filmiques d’Egoyan manquent un peu de chair. C’est le seul défaut que je trouverais à “Adoration” dont l’intrigue nous est délivrée, comme dans ses autres films, d’une façon sinueuse et habile, à grand renfort de flash back, de films dans le film et de points de vues croisés. A la fin de cette histoire, dans laquelle un adolescent, Simon (Devon Bostick) seize ans, imagine et propage une fiction, qu’il fait passer pour la vérité, dans laquelle son père était un terroriste ayant instrumentalisé sa femme, alors enceinte, pour faire sauter un avion en partance pour Israel, le nœud gordien familiale sera défait et si tous les protagonistes n’auront pas entièrement perdus leur part d’ombre, les masques seront néanmoins tous tombés.
Le réalisateur réussi a situer son mélodrame dans un paysage résolument moderniste dans lequel la technologie tient toute sa place. Les tensions du monde sont aussi présentes puisque la source du mensonge est donnée par les conflits du moyen orient. En outre le film est clairement post 11 septembre 2001.
Il n’est pas si fréquent de voir un film aussi intelligent et encore plus rare que son héros principal soit aussi plaisant à regarder.
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