Absent (Ausente) un film de Marco Berger (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Argentine, 2011, 95 mn

Réalisation: Marco Berger, scénario et montage Marco Berger, image: Tomas Perez Silva, musique:Pedro Irusta,

Avec: Javier de Pietro, Carlos Echevarria, Alejandro Barbero, Rocio Pavo,

 

 

Résumé

Martin se blesse l'oeil durant le cours de natation. Sébastien, son professeur, le conduit à l'hôpital. A la sortie, il lui propose de le raccompagner chez lui mais le jeune homme veut retourner à la piscine pour rejoindre un copain chez qui il doit dormir. L'ami n'est pas au club, Martin n'a nulle part où aller. Martin ment et Sébastien décide de l'emmener avec lui, sans se douter des véritables intentions de son élève ou autrement dit un garçonment à son professeur de sport, pour s'incruster chez lui une nuit, espérant que quelque chose se passe...


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L'avis critique

Les argentins sont volontiers anglophiles. Est-ce pour cela que leur cinéma, tout comme le britannique, brille surtout par l'excellence de ses acteurs? « Absent » ne déroge pas à la règle même si le scénario, surtout à son début, multiplie les ambiguïtés si bien que le spectateur ne sait pas très bien dans les premières minutes s'il va assister à un film gay, un thriller, un film d'angoisse dont le cinéaste connait parfaitementles codes, musique omniprésente et dissonante, jeux d’ombres, scènes étirées jusqu’au malaise ou un film social. La première impression est que nous allons avoir à faire à un film gay. Une des première séquence nous montre complaisamment l'anatomie du jeune héros, Martin Blanco (Javier de Pietro) alors qu'il passe un examen médical pour savoir s'il est apte à la natation, ce qui me paraît évident tout en étant pas membre du corps médical. Ce qui ne plait guère au jeune Martin qui ne semble pas aimer l'eau et aussitôt se plaint d'une douleur à l'oeil auprès de son prof de gym, Sebastian (Carlos Echevarria). Ce dernier, O combien serviable l'accompagne chez le médecin qui trouve notre tire au flanc en parfaite santé. Là Martin fait un numéro assez invraisemblable à mes yeux, mais pas au prof de gym, comme quoi il ne peut pas rentrer chez sa grand-mère chez qui il habite, puisque ses clés sont restées dans le sac d'un de ses amis. Sebastian lui propose de l'accueillir jusqu'à ce que sa grand-mère rentre chez elle. Cette dernière ne réapparaissant pas Sebastian propose à Martin de passer la nuit chez lui... Il me semble que les jeunes de ce film ne sont pas assez adolescent pour que l'on croit par exemple au mensonge cousu de fils blancs de Martin qui est sensé avoir seize ans ( les années de nourrice ont du être oublié à moins qu'à l'instar des jeunes américains, les jeunes argentins aient dèjà quelque chose du bouc alors qu'ils devraient être presque encore chevreau.) . De même il me semble un peu grandet pour être aussi indécis sexuellement. En outre, on peut comprendre que Sebastian ne comprenne pas d'emblée le désir qu'il provoque n'étant pas l' archétype du professeur de gymnastique. Si les deux acteurs principaux sont très bons, il ne sont pas complètement physiquement appropriés à leurs rôles, ce qui relève d'autant leurs prestations. Je ne vous en dirais pas beaucoup plus. On se dit à ce stade du film que, ou Sebastian dont on ne peut que remarquer le regard concupiscent sur Martin à une chance qui ne survient pas tous les jours et que les spectateurs libidineux de mon espèce vont alors prier pour qu'il … saute le pas, ou plus probablement que le prof, bien naïf, se fait manipuler par le garçon qui ne doit pas avoir des idées très pures à son encontre, j'ai imaginé un éventuel chantage. J'ai alors beaucoup pensé à  PRIVATE LESSONS (ÉLÈVE LIBRE)  car je pressentais chez le brun Martin, la même duplicité que chez le joli blond belge du film pré cité. A moins qu' « Absent » tourne plus au film d'horreur qu'au film de cul ou de romance et que sous le gentil Sebastian se cache un méchant serial killer!


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Au risque de tuer un peu le suspense que j'ai tenté d'instiller dans mon article, je dirais qu' « Absent » est surtout le portrait d'un homme auquel sa véritable nature est révélé par un de ces hasards de la vie qui, s'ils sont plus présent au cinéma que dans la réalité n'en sont pas pour autant absents. Le cinéaste filme magistralement la complexité des sens et le drame d’un amour inassouvi… Très beau ces derniers plans, lorsque le seul personnage restant revient sur les lieux même de la naissance de son désir, alors qu’il n’en avait pas encore conscience.

 


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Si en préambule je louais les acteurs, il ne faudrait pas omettre de citer l'excellence des cadrages et du montage, vif et précis. Je ne connais rien de la sexualité de Marco Berger, mais s'il déclarait qu'il n'aime pas les garçons, à sa manière sensuelle et suggestive de les filmer presque toujours en très gros plans et avec une profondeur de champ très faible, je ne le croirais pas. Le film est soigneusement éclairé, en particulier dans la séquence finale dans laquelle le changement de lumière indique subtilement si nous sommes dans la réalité ou dans le songe de ce qui aurait pu être. Le cinéaste a un point de vue original quant au choix de l'homosexualité comme sujet de ses films puisqu'il affirme que travailler l'homosexualité au cinéma est de l'ordre du geste politique. Il préfère d'ailleurs parler de sexualité différente plutôt que mise en cause de la sexualité. Le cinéaste explique que ce sujet lui permet de se forger une identité cinématographique, de façon à être reconnaissable entre mille. Le cinéaste souhaitait "renverser le thème classique d’un adulte abusant d’un mineur : voir ce qui se passe si le jeune comprend ce que la situation a de dangereuse pour l’adulte, voir s'il peut utiliser ce danger comme un instrument à la fois de séduction et de pression." A lire cette profession de fois je ne comprend pas bien quel message veut délivrer Marco Berger quand il nous montre ostensiblement Sebastian lisant les « Ridicules amours » de Kundera... mais un peu mieux celui que délivre le titre du film que Martin et sa copine vont voir: « Rencontre fatale »...


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Absent est le deuxième film de Marco Berger, après « Plan B » que je n'ai pas encore vu, je vais essayer de combler cette lacune sans tarder. « Absent » a obtenu le prix du meilleur film gay au Festival de Berlin, une référence en la matière.

Absent est une réussite même si comme de nombreux films il est victime du formatage qui veut qu'une oeuvre cinématographique sortant en salle soit d'une durée comprise entre 90 mn et 2h 15, avec le même parti pris mais d'une durée d'une heure nous aurions eu presque un chef d'oeuvre.

 

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Publié dans cinéma gay

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deejohn 08/04/2012 22:00

It's almost impossible to read your over long texts because you do not use "PARAGRAPHS.'

PARAGRAPHS are important. They are like blocks of information. They break up the texts.

It is difficult for anyone to read your texts without PARAGRAPHS.
To English readers it does not translate very well anyway.