300, naissance d'un empire, un film de Noam Murro

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 


 

Après Pompei j'ai continué mon immersion dans la culture régressive du péplum gore avec 300, naissance d'une nation qui était plus ou moins annoncé comme la suite de 300, en fait ne se déroule pas après, mais pendant ce qui s'est passé durant le premier film.

Avant d'aller plus loin, pour ceux qui aurait oublié leurs cours d'Histoire, petit rappel historique: Les "Guerres Médiques" sont la résistance des cités grecques, menée par Athènes et Sparte, face aux tentatives d'invasion par l'Empire perse. Il y eut deux Guerres Médiques. La Première (- 490 avant JC) qui fut menée par l'empereur perse Darius en réponse au soulèvement des Grecs (la révolte de l'Ionie) qui cherchaient à contrecarrer l'expansionnisme perse et la domination de leur empire sur les productions de blé de bois. La Seconde Guerre fut commandée coté perse par Xerxès (Rodrigo Santoro), devenu empereur à la mort de son père. Il y eu deux batailles capitales : celle des Thermopyles (voir le film « 300 » mise en scène par Zack Snyder en 2006, dont « 300 la naissance d'un empire » est à la fois une préquelle et une sorte de suite. Les deux sont des adaptations des romans graphiques de Frank Miller ) et la Bataille de l'Artémision (dans le film les batailles navales d'Artémision et de Salamine sont quasiment fondue en une seule). La première fut terrestre avec le sacrifice légendaire du roi Léonidas ; la seconde s'est déroulée majoritairement sur mer (dans le détroit de l'Artémision), les grecs étaient menés par le général athénien Thémistocle. Les deux batailles se déroulèrent à la même époque (- 480 avant JC).


 


Dans « 300 » de où l'on avait vu la phalange des amis des vaillant spartiate massacré par les odieux perses qui n'avait du leur victoire qu'à la traitrise d'un scrofuleux spartiate qui aurait du par bon sens esthétique être éliminé dès sa naissance. Cette fois ces barbares de perses (qui ont tout de même une bien belle capitale tout en ayant un goût sur question mobilier, je suis très envieux du page de Darius) veulent débarquer, façon Normandie 44, à Athènes pour réduire les athéniens en esclavage et détruire la perle de l'occident. Heureusement Thémistocle (Sullivan Stapleton) à la tête d'une poignée de trirènes va dans une colossale bataille navale à Salamine réduire en buchettes l'armada perse conduite pourtant par la courageuse et très cruelle Artémise (Eva Green) qui si j'ai bien compris n'était pas tout à fait perse mais avait du sang grec, bon sang ne saurait mentir... Néanmoins les perses emmenée par le dieu-roi Xerxès réussissent à détruire Athènes.

Je suis sortie de cette boucherie en 3 D comblé. Tout d'abord j'ai eu mon compte d'enslipés musculeux et glabres. Je vous recommande particulièrement le jeune Calisto, joué Jack O'Connell qui a dix sept ans (dans le film) arbore des bras qui ressemblent aux cuisses d'un sprinter du tour de France et des abdos en barres de chocolat qui devraient repaitre jusqu'à satiété les plus gourmands en la matière. C'est la plus grosse surprise de la distribution car il y a quelques années dans la série Skins, dans le rôle de James Cook, il ne laissait pas augurer une telle métamorphose. Sa plastique m'a ravi jusqu'à la dernière image, car, bonheur, la jeune belle plante survit au carnage. Autre motif de satisfaction voir ces enturbannés de perses (qui allez savoir pourquoi m'ont rappelé nos perfides irakiens ou afghans de nos actualités télévisées) prendre une palanquée de talmouses dans le burnous. Je sors de ces représentations de roustées de bistres, repu, et ainsi, je n'ai pas besoin de voter Front National le lendemain, d'où l'intérêt républicain d'un tel film; ce qui n'a peut être pas sauté aux yeux de nos critiques circonscrits dans le centre de la capitale. Et puis pour les amateurs de péplums dont vous avez du comprendre que je suis du nombre, « 300, la naissance d'un empire » est une immense nouveauté, nous avons là le premier péplum maritime (si un spécialiste peut m'en indiquer d'autres je suis preneur) car à part la scène des galériens dans « Ben-hur » je ne me souviens pas d'avoir vu de batailles ou de séquences maritime se déroulant dans l'antiquité sur un écran.

 

300-la-naissance-d-un-empire-premiere-affiche


Ce deuxième volet des 300 s'inscrit dans le nouveau courant du péplum gore lancer par la série Spartacus.

Les acteurs qui ne sont pas que des gros bras tiennent très correctement leur partition. C'est d'autant plus méritoire qu'en raison des effets spéciaux, ils jouent le plus souvent sur fond de toiles vertes pour permettre les incrustations des décors antiques à l'image. Les personnages manquent un peu d'épaisseur d'ou une difficulté à s'identifier à eux et à vibrer à leurs malheurs. Clairement la psychologie est sacrifiée au profit du spectaculaire guerrier. Si Eva Green est parfaite, Sullivan Stapleton manque un peu de Charisme pour incarner Thémistocle.

 

Capture-d-ecran-2014-03-23-a-09.44.01.jpg


Cinématographiquement la continuité avec « 300 » est parfaite. On retrouve dans « 300, La naissance d'un empire » tout ce qui a fait le succès du premier, sa photographie si particulière, ses ralentis et accélérations.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser de prime abord le film n'est pas si éloigné de la réalité historique. La seule grosse entorse par rapport à la réalité est que Thémistocle n'a pas tué Artémise (et ne l'a probablement pas sodomisée comme on le voit dans le film!). Elle a survécu bien des années à la bataille de Salamine. Bon le scénario du à Zack Snyder et Kurt Johnstad fait de Thémistocle un chantre de la démocratie alors qu'il est plutôt connu historiquement pour ses penchants tyranniques et son absence total de scrupule mais ses talents de stratège sont bien mis en valeur.

Les amoureux des bateaux et de l'antiquité seront subjugués par toutes les séquences de batailles navales. L'apparition de l'armada perse au somment de la vague est un grand moment de cinéma.

 

Du péplum sur le blog:  Agora,  L'aigle de la neuvième légion,  Pompéi, un film de Paul W. S. Anderson,  Spartacus: Blood and sand (saison 1) réédition complétée300, naissance d'un empire, un film de Noam Murro    

Commenter cet article

Film streaming 14/05/2014 20:47

A une telle question, il est pourtant crucial de rappeler que le terme tyran n'avait pas de connotation négative à l'époque (le tyran était alors un monarque dont l'autorité reposait sur une
approbation populaire - une sorte de démagogue, là encore sans connotation).

lesdiagonalesdutemps 17/05/2014 15:59



Vous avez parfaitement raison.