1940 - 1945 Années érotique de Patrick Buisson (réédition augmentée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Habituellement, comme l’écrit très justement Patrick Buisson, les historiens patentés jettent un voile pudique sur les galipettes sexuelles des masses et des grands: << Eprise de “causes générales”, l’histoire savante a coutume de s’ arrêter au seuil des alcôves, jetant un voile pudique sur la psychologie des individus, les accidents de leur biographie et les métastases publiques de leur intimité. La bienséance pincée et l’ignorance volontaire se donnent volontiers la main pour enjamber le cloaque de l’anecdotique. >>. Buisson prenant le contre pied exacte de cette posture semble vouloir expliquer la période vue des caleçons, ce qui me parait un peu court. Sa démarche me rappelle celle juteuse de Roger Peyrefitte qui, dans ses livres tardifs, paradoxalement, expliquait la déliquescence de l’ occident par la pédérastie des grands de ce monde. La démarche de Buisson par son parti pris furieux de l’anecdote grivoise comme prisme pour étudier l’histoire, ici pour faire vite de l’occupation, n’en demeure pas moins à explorer tant elle nous donne un éclairage inédit sur la période.
Si la démarche est inédite, les sources le sont beaucoup moins. on peut se réjouir que notre auteur, exploitant à fond sa bibliothèque, ramène à la surface de nos mémoire des écrivains de mérite, injustement déjà presque oubliés, du moins de la vulgate, tels que Jean Cau, Alphonse Boudard et surtout Jacques Perret. On peut surtout regretter que Patrick Buisson ne puise pas ses informations ailleurs et par exemple, délaisse la masse des écrits intimes non publiés; ce qui aurait rendu son travail bien évidemment beaucoup moins confortable et qui aurait demandé à l’auteur une véritable démarche de chercheur, ce que ne semble pas complètement avoir Buisson. Il y a donc assez peu de révélations inédites à attendre sur la période malgré l’originalité de l’angle pris par l’essayiste pour l’aborder. L’ouvrage est néanmoins un remarquable travail de synthèse, écrit avec verve et quelques partis pris qui m’ont paru pas toujours très cohérents.
“1940-1945, années érotiques” est un  livre intéressant mais de seconde main.  Si Buisson débusque très peu de sources nouvelles, il a en revanche presque tout lu de ce qui est paru en français (il ne semble pas avoir cherché en Allemagne, mis à par chez Junger qui a été largement traduit, pays où sur le Paris de l’occupation on doit bien trouver quelques écrits) sur le sujet et ses parages. Parages parfois un peu trop éloignés car dans certains chapitres on a un peu l’impression de lire une nouvelle mouture de la vie quotidienne des français sous l’occupation d’Amouroux...
Il est également dommage que Buisson, en même temps qu’il parcourait la montagne d’écrit sur cette période, un véritable Everest qu’il fallait être bien courageux pour le gravir, ait semble-t-il ingurgité toute une littérature psychologisante. Ce qui donne parfois à son essai, un coté, le petit Freud en dix leçons appliquées au nazisme.
Il revient lourdement tout au long de ses deux volumes sur la thèse que la France est en 1939 est une nation féminine, ses mâles ayant été dévirilisés (sous entendu par le Front populaire),  qui s’est donnée à l’occupant d’où l’importance de la collaboration horizontale. Puis la sauvagerie de l’épuration, frappant avec plus de rigueur la collaboration sexuelle que tout les autres actes d’intelligence avec l’ ennemi qui s’expliquerait par la revanche des mâles frustrés...
Dans la dernière partie de l’ouvrage assez curieusement intitulé pour un essai, épilogue, Buisson se livre à une dense analyse assez ébouriffante et brillante de l’état de la virilité en France de 1940 à nos jours. Pour cela il n’hésite pas à en appeler à Lacan, Elisabeth Badinter, Philippe Muray, les situationnistes et j’en passe... Le bougre n’est pas timide question références.
L’homosexualité se taille une part raisonnable dans l’évocation par Buisson de la sexualité durant ces sombres années. Elle est traitée principalement en deux chapitres, le découpages du sujet, comme des autres est discutable, “Beauté du mâle, beauté du mal” pour le premier tome et la “florissante église de la pédérastie” dans le second. Reconnaissons que Patrick Buisson a un certain sens du titre. Mais l’exercice compilatoire pour l’homosexualité montre ses limites. Le problème pour un ouvrage de seconde main est crucial lorsqu’il n’y a pas, ou peu de première main. L’auteur tourne autour d’une demi douzaine d’ouvrages dont il malaxe et remalaxe la matière que seraient ces chapitres sans la correspondance Henry de Montherlant / Roger Peyrefitte (éditions Robert Laffont, 1983) établie par Pierre Sipriot que Buisson ne cite pas une seule fois! Sans mésestimer les talents conjugués de Montherlant et de Peyrefitte en la matière, ils ne représentaient tout de même pas à eux deux  toute la pédérastie française.
Là encore peu de révélations pour ceux qui ont, comme l’auteur arpenté la littérature traitant de ces années de guerre, mais on découvre un bon topo sur le sujet qui vous évite moult recherches dans votre bibliothèque, avec tout de même, grâce à l’indéniable esprit de synthèse de l’auteur, des mises en perspective nouvelles. Par exemple sur le scoutisme d’alors, thème sur lequel j’ai quelques lumières et où je suis plus à même de juger le sérieux et la profondeur de pénétration du travail de l’auteur que sur les maisons closes par exemple... Or donc, voilà quelques lignes sur la marotte de Baden Powell et ses alentours qui me paraissent fort justes: << L’histoire (du prince Eric) séduit par la nouveauté du ton, mais ce sont les illustrations qui fascinent. Pureté des formes, prodige graphique qui saisissent la grâce adolescente dans le naturel de son impudente beauté, les personnages de Joubert accèdent à l’intemporalité. A les regarder, on s’aperçoit cependant que ces visages d’archange à missel, ces corps d’éphèbes graciles qui plaident pour la vie de plein air, la culture physique et l’exposition au soleil contre la crasse et la décrépitude sordide des grandes concentrations urbaines ne surgissent pas du néant. Ils évoquent irrésistiblement ce modèle de beauté androgyne si prisé et si en vogue dans les milieux homosexuels allemands mais aussi anglais et français de l’entre deux guerres. Sans que l’auteur y ait pris garde, Eric et Christian apparaissent comme l’incarnation parfaite de l’idéal érotique homosexuel des années trente...>>. Ce beau morceau de prose m’amène néanmoins à quelques réflexions. Celle tout d’abord que Patrick Buisson n’est peut être pas insensible aux corps des éphèbes graciles (ce qui est son droit le plus strict). Puis qu’il est tout de même un peu naïf, de penser que l’auteur du “Prince Eric”, donc Serge Dalens, l’ait été autant que lui “sans que l’auteur y ait pris garde”! Ayant un peu connu Serge Dalens, je suis sûr que cette considération a du beaucoup le fait rire dans le chaudron où il mijote pour l’éternité. Par contre dans la marmite voisine où rissole le brave Foncine, ce dernier n’a pas du, apprécier d’avoir été oublié. Il s’est dit que ce n’était pas la peine avoir écrit “Les forts et les purs” et “Le glaive de Cologne”. Si Patrick Buisson avait moins fait confiance à ses prédécesseurs et plongé dans la lecture délicieuse des vieux volumes de la collection “Signe de Piste”, il n’aurait pu que constater que Jean-Louis Foncine était beaucoup plus proche du National socialisme que Serge Dalens ( je subodore que, ce que j’écris là va froisser quelques susceptibilités...). Enfin j’en conclus que Buisson a bien lu Florence Tamagne qu’il cite d’ailleurs. Il faut à ce propos louer la grande et exceptionnelle honnêteté en cela de l’auteur qui cite toutes ses sources. Cela devient si rare qu’il faut le saluer bien bas.
Le livre n’est pas exempt de petites erreurs telles que bombarder Paul Geraldy romancier alors qu’il doit son renom passé à ses poèmes <<... Baisse un peu l’abat jour...>>. Il pâtit également de formules qui littérairement sont souvent cocasses mais qui historiquement son discutables comme de faire le portrait de Laubreau suivant: << Ce qu’il éprouve à l’égard de Marais est un sentiment complexe qui mêle les aigreurs d’un hétérosexuel complexé par son physique de Falstaff impotent et une réelle aversion idéologique pour un acteur qui symbolise à ses yeux la “dévirilisation décadente”>>. Il me semble qu’il aurait été judicieux pour le sérieux de l’ouvrage que l’auteur ne s’y livre pas à de semblables psychanalyses de pacotille. Sur quoi peut il s’appuyer pour écrire que Laubreau était complexé? Rien de tel m’est apparu lorsque jadis, j’ai parlé de Laubreau avec Rebatet, qui pourtant n’avait pas de tendresse particulière, à la fin de sa vie, pour son ancien collègue de “Je suis partout”. Autre allégation très discutable celle d’ affubler Brasillach du syndrome de Peter Pan...
Mais soyons juste, Patrick Buisson soulève quelques lièvres jusqu’ici fort peu pourchassés comme l’homophobie de Sartre qui à la Libération fit de tout pédéraste un collaborateur et vice et versa ce que Klauss Mann dénonçait déjà en 1933 par cette tragique remarque: <<
 On est en train de faire de l’homosexuel le juif de l’antifascisme». A cette occasion Sartre n’était que fidèle à lui même que l’on se souvienne de “L’enfance d’un chef” et mettait ses pas dans ceux du Parti communiste qui avait fait sienne la phrase de Gorki dans la Pravda du 23 mai 1934: << Extirpez l’homosexualité et le fascisme disparaîtra.>>. Patrick Buisson résume  avec efficacité cette attitude: << ... l’idée selon laquelle les comportements pendant l’occupation auraient obéi à certaines lois sociales ou psychologiques s’est insinuée dans bien des esprits. Une lecture manichéenne affecte alors aux collaborateurs un certain type de conduite, entre séduction et soumission, marqué par la féminité, tandis que par contraste, les résistants se voient gratifiés de toutes les vertus réputés viriles. Un autre biais s’interpose pour faire prospérer dans l’opinion l’idée d’un lien avec le comportement “inverti”. Autant les homosexuels enrôlés dans la collaboration politique et mondaine ont tenu les avants postes durant les quatre années donnant ainsi à leurs personnages une extrême visibilité, autant ceux qui s’engagent dans la résistance se sont appliqués à dissimuler leur orientation avec plus de soin encore qu’il n’en mettaient à le faire dans la vie sociale aux yeux de leur entourage.>>.
Il met bien en lumière également les sympathies nazis de Genet. Il montre aussi que la résistance fut globalement plus puritaine que la collaboration. Mais pour être précis il ne faudrait plus écrire résistance ou collaboration au singulier mais toujours au pluriel tant ces deux mots recouvrent des attitudes parfois antagonistes.
Il met à mal l’idée reçue, qui n’est certes pas complètement fausse, du puritanisme du gouvernement de Vichy en particulier en détaillant sa politique sur les maisons closes.
Le livre aborde certains sujets par des angles aussi judicieux qu’originaux telle par exemple la solitudes des femmes de prisonniers par le biais des chansons en vogue à cette période.
Encore plus intéressant et insolite est le traitement de la “collaboration horizontale” (les femmes qui eurent des rapports sexuels avec les occupants): << Ce qui est mis en cause à la libération vise l’autonomie sexuelle des femmes, les comportement occasionnels ou récurrents qui défient les normes communément admises...>>. Le livre bat aussi en brèche les idées reçues sur les femmes tondues pour collaboration à la libération: << Avec le recul et l’exploration progressive de ce qui fut longtemps une friche historique et un angle mort de la littérature mémorielle, le caractère méthodique, officiel et quasiment institutionnel des tontes l’emporte sur la version originelle qui en faisait l’expression spontanée de la colère d’une foule aux instincts primitifs et incontrôlables.>>.
Le style d’écriture de Patrick Buisson n’est pas celui que l’on rencontre habituellement dans les essais d’histoire. Il procure un intérêt de lecture continu durant les environ 1000 pages qui constituent des deux tomes de “1940-1945, années érotique”. Mais il devrait le surprendre à bien des égards par sa recherche du mot rare (et juste), par son ton parfois badin, qui peut sembler assez incongru quand il évoque les prisonniers ou la solitude de leurs femmes. Autre curiosité l’emploi dans plusieurs chapitres d’une écriture qui rappelle celle des brillants polémistes d’extrème droite!
D’autres chapitres par ailleurs toujours bien documentés sont abîmés par l’ emploi abusif d’adjectifs qui sentent plus le journaleux que l’historien. Etait il vraiment utile de qualifier George Guétary de nasillard et André Claveau de pleurnichard? Mais ce ne sont là que vétilles car on tombe dans l’abject lorsque l’auteur compare les échanges sexuels ayant cour dans la petite tribu Sartre-Beauvoir avec les orgies de Bonny, le chef de la gestapo française. Mettre sur le même plan un tortionnaire gestapiste et Sartre (qu’il n’est pas question de canoniser pour autant et qui a fait des choses plus répréhensibles que ses coucheries avec les élèves de sa muse) suffit a déconsidérer le livre. A croire qu’à trop lire la collection de “Au Pilori”, sans doute le journal le plus abject du Paris occupé, Buisson en a été contaminé car ses dénonciations sont parfois dans le ton et l’esprit de ce torchon, comme celle de Charles Trenet retardant ses soirées d’après gala pour piéger des jeunes gens ne pouvant plus rentrer chez eux à cause du couvre feu. Le chanteur pouvant ainsi les inviter dans sa chambre près du music hall, où chaque soir il connaît un triomphe, dans l’idée de profiter de leurs charmes. Ce qui donne sous la plume de Buisson: << Pour les garçons piégés par le couvre feu, il n’y a guère alors que d’accepter l’hospitalité que le fou chantant leur propose aimablement dans l’une des chambres qu’il a réservées à l’hotel Doré, sis à l’angle du boulevard Poissonnière et de la rue du faubourg-Montmartre, où il s’est lui même installé pour le temps du récital. A deux pas du théâtre. C’est la que le soleil à rendez-vous avec la lune pour une représentation strictement privée.>>. Les lecteurs délicats apprécieront...
Plus haut je parlais de cohérence et je ne vois pas laquelle préside aux portraits à charge d’un coté de Sartre, Luchaire, Trenet, Roger Stéphane, Piaf et d’un autre coté à décharge d’Heller, Peyrefitte, Sentein, Wybot...
Un des plaisirs qu’apporte cet essais, grâce au don d’évocation de son auteur, est de faire naître dans l’imagination du lecteur une multitude de romans possibles issus des pans de vie évoqués dans l’ouvrage, quelque fois de célébrités comme Arletty, Corinne Luchaire, Danièle Darrieux... mais le plus souvent  d’inconnus et l’on se prend à se demander avec angoisse ce qu’ils sont devenus...  Ainsi dans cet essai émerge l’émotion.
Le livre est assez mal construit plusieurs chapitres sont répétitifs et auraient gagné à être fondus en un seul, en particulier ceux sur la prostitution.

On ne peut avoir qu’un avis contrasté sur le travail de Patrick Buisson, qui, s’il n’apprendra pas grand chose aux lecteurs qui connaissent bien l’histoire de l’occupation, peut être une vraie mine de renseignements sur la vie quotidienne des français durant cette époque, bien au delà des seules questions sexuelles, pour ceux peu férus de cette période; car le livre, en contrebande, aborde à peu près tous les aspects de la vie quotidienne des différents groupes constituant la population de la France métropolitaine entre 1940 et 1945. Il a aussi le grand mérite de traiter certaines questions sous des angles nouveaux ainsi que démasquer quelques idées reçues sur la collaboration et la résistance. Mais malheureusement l’auteur se laisse aussi aller à des facilités de style et surtout à des considérations qui vont du mauvais goût à l’ignoble rendant certains chapitres carrément nauséabonds.

Nota: Je précise que j’ai rédigé cette critique ignorant absolument qui était l’auteur. Ce qui en étonnera plus d’un peut être. Mais je ne regarde que très peu la télévision et ne m’intéresse absolument plus au marigot de la politique politicienne française. Pour en savoir plus sur Patrick Buisson, il suffit de se reporter a sa biographie sur Wikipédia  (qui n’est certes pas parole d’évangile). Après l’avoir lu, j’ai compris beaucoup mieux l’éclairage qu’il donne de certains événements, rompant avec la doxa bien pensante de “gôche”. Néanmoins il me parait peu scrupuleux et pas honnête de sa part, de n’avoir pas, dans une préface, informé son lecteur d’où il venait et d’où il parlait. Il aurait pu en outre nous éclairer sur sa méthode de travail que je trouve très discutable. Enfin je voudrais dire que j’ai partagé de nombreux engagements de l’auteur et ayant pendant plusieurs années été proche du Parti des Forces Nouvelles et de Minute j’ai du le croiser plusieurs fois. Je ne fais pas comme Patrick Buisson, j’ai à coeur de ne rien dissimuler de mes engagements.

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Pour retrouver des billets sur le blog à propos de l'occupation:  1940 - 1945 Années érotique de Patrick Buisson (réédition augmentée)Trois coupes de champagne d’Yves Pourcher , L'honneur d'un homme d'Allan Massie,  André Zucca, photos de Paris sous l’occupation,  L'homosexualité et l'occupation Archives de la vie littéraire sous l'occupationFontenoy ne reviendra plus de Gérard Guégan

 

Commentaires lors de la première édition du billet

J'hésitais un peu à me procurer ces ouvrages, ayant entendu et lu à leur propos des opinions ressemblant plutôt à celle-ci : http://360.ch/blog/2008/10/tous_collabos_l/
Malgré les réserves que vous argumentez, je crois que je vais me laisser tenter...
(Autre critique, franchement cocasse par son caractère "outragé", celle du site de "Signe de Piste" : http://pierre-joubert.typepad.fr/carnet2bord/2009/04/une-r%C3%A9ponse-%C3%A0-patrick-buisson.html)

 

Posté par BBjane, 30 novembre 2009 à 12:50

réponse à BBJane

Je crois que j'ai fait une critique assez objective de cet essais qui a des qualités mais aussi des défauts comme je le signale. Le plus curieux c'est qu'il est difficile de situer par ce livre, idéologiquement l'auteur qui semble réagir plus a des inimitiés ou des admirations personnelles qu'à une quelconque philosophie politique, c'est paradoxalement ce qui fait peut être l'intérèt de l'ouvrage.
Je connais la réaction du site signe de piste qui me parait émaner de faux culs assez grandioses. Sur l'époque j'ai eu plus de plaisir à lire dernièrement le roman de Yves Pourcher, "Trois coupes de champagne" que j'ai chroniqué il y a quelques jours.
J'espère que lorsque vous aurez lu les livres vous ferez part en commentaire de vos impressions.

 

Posté par B A, 30 novembre 2009 à 17:10

Merci à Buisson

Bien sûr ce livre ( je n'ai lu que le 1er tome) est mal construit, parfois vulgaire, avec des répétitions, des maladresses (involontaires ?) l'impression de flatter certains personnages et d'en déniger d'autres. Mais que d'informations que le public ne connaissait pas. Une foule de détails passionnants, de notes précieuses.Où aurait on pu trouver autant d'infos sur Bernard Fay, Gueydan de Roussel, SEntein, Turlais... ou sur un mouvement comme celui des jeunes francistes, sans doute le plus étonnant et intéressant de cette période. Ils fêtaient les solstices, déchiffraient les runes et règnait parmi eux une totale liberté sexuelle. Un "ancien" de Nantes a pu me l'avait confié il y a plusieurs années ce qui confirme les infos de Buisson à ce sujet. Q'une éminence de la Sarkozie jette un regard sans complaisance sur les oeuvres des Fifis, FTP et autres ...de la même farine est assez réjouissant pour moi. Comme disait Pierre Gripari "vous savez, moi le Maréchal il ne me gêne pas du tout, il y en a d'autres qui me gênent beaucoup plus !"
Posté par frederic, 02 décembre 2009 à 19:53

réponse à Frédéric

Bien sûr que ce livre est intéressant mais il aurait pu l'être beaucoup plus avec plus de rigueur et de travail (travailler plus pour gagner plus) Sur Bernard Fay il m'a en effet appris des choses (Compagnon vient de faire paraitre un livre sur Fay chez Gallimard, je n'ai pas le titre exact. Je vais l'acheter). Mais sur Sentein il suffit de lire les tomes de son journal aux éditions du Promeneur - Gallimard qui sont très intéressant. Vous me donnez envie de faire un billet sur Gripari que j'ai jadis rencontré, très sympathique. J'étais en outre un de ses fidèles auditeurs sur France-Culture lorsque existait les "Décraqués"...
Posté par B A, 02 décembre 2009 à 20:41

gripari et d'autres

Invité à Nantes en 1983 (!) Gripari avait été interviewé par un copain sur une petite radio locale gaie. Il y justifie sa sexualité par son antijudaïsme et ses options politiques ( ou inversement) tout simplement génial. J'en ai fait un CD, si vous le voulez... Titre exact pour Faÿ: le cas Bernard Faÿ. Vient de sortir chez Pardès "4 ans de cinéma 1941-1944" de Rebatet (toutes ses critiques de JSP sauf Süss...)d'une importance majeure. Je recherche depuis longtemps et en vain tous articles (copies) de Jean Turlais.
Posté par frederic, 03 décembre 2009 à 14:10

réponse a frédéric

Je serais très heureux d'avoir cette interview. Pour cela contactez moi en cliquant sur contactez l'auteur pour que je vous communique mes coordonées à propos de coordonnée je cherche celles de Sentein si vous avez quelque chose ce serait très aimable par le même canal de m'informer. Merci pour les informations bibliographiques. Je n'ai malheureusement rien sur Jean Turlais. En ce moment je suis plongé dans la correspondance de Céline qui vient de paraître dans la Pleiade, une merveille indispensable. Les notes sont remarquables. Voilà un beau travail d'édition. Il faut que je sois moins fainéant et commette un billet au moins sur Gripari.
Posté par B A, 03 décembre 2009 à 15:50

Québec,le 11 mars 2010
Hello Bernard
Par le plus grand des hasard j'ai trouvé à Québec en livre usagé le premier tome de Patrick Buisson.Cette découverte m'a rappelé que tu m'avais annoncé la parution imminente de ton avis sur le second tome.Le contenu de cet avis m'intéresse d'autant plus puisque Francois Sentein y parle de Karel Égermeier qui fait l'objet de mes recherches depuis longtemps.Une entrevue avec le vénérable Francois Sentein serait du plus haut intérêt.Je viens de lire trois tomes de son journal.
Yves

 

Posté par Yves, 11 mars 2010 à 16:35

réponse à Yves

Bonjour
l'article traite de la totalité du livre. J'aimerais beaucoup interviewé François Sentein dont le journal est fort intéressant pour tous les amoureux des lettres malheureusement je ne parviens pas à établir le contact. Toutes les aides seront appréciées.

 

Posté par b a, 11 mars 2010 à 17:24

Piste

Rebonjour Bernard!
Voici l'état de ma piste!
Yves

 

Posté par Yves, 11 mars 2010 à 20:44

novelle réponse à Yves

Je connaissais également ce site mais comment aller au delà?
Posté par b a, 11 mars 2010 à 21:46

piste suite

Hello Bernard
La solution réside dans ma question et la réponse du responsable de ce site que j'espère tu as pu lire avec le lien que je t'ai fait parvenir?
Bonne journée
Yves

 

Posté par yves, 12 mars 2010 à 14:42

L'excellente émission La Fabrique de l'Histoire a proposée un émouvante et très sérieux (plus que les deux pavés de Buisson) sur un sujet assez peu traité dans le livre. Pour l'écouter il suffit de cliquer sur la flèche.      

 

La Fabrique de l'Histoire

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Syndiquer le contenupar Emmanuel LaurentinLe site de l'émission
Emission La Fabrique de l'Histoire

du lundi au vendredi de 9h06 à 10h

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Histoire des pères 2/4 2

25.06.2013 - 09:06 Ajouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

Mon père était un soldat allemand 

Un documentaire d’Elise Andrieu, realisé par Véronique Samouiloff 

Soldats allemands pendant l'occupation © COLLECTION LAURENT GUILLET

Jeanine, Josiane, Elsa, Régine et Monique sont nées pendant la seconde guerre mondiale. A cette époque, leurs mamans, françaises, ont aimé un soldat allemand.

Entre 1941 et 1949, des deux côtés de la frontière, des enfants naissent par milliers sous l’occupation ou près des camps de soldats prisonniers. Cachés. Portés dans la honte, ou opprimés. Il est difficile de chiffrer le nombre de ces enfants issus d’amours de guerre entre les deux pays ennemis : peu l’ont clamé ou ont osé avouer la vérité. Ils seraient en France entre 80.000 et 200.000; et sont aujourd’hui âgés de 64 à 72 ans.

Ils ont longtemps dissimulé leur histoire. Souvent, ils ne la connaissaient même pas. Le non-dit s’est inscrit en eux, et ils ont construit leur vie avec des trous, des secrets, des absences.

Mais à l’aube de la vieillesse, les questions réapparaissent et l’on entend de plus en plus de voix questionner les archives ou lancer des avis de recherches. Certains ont retrouvé leur père allemand avant qu’il ne meurt. D’autres cherchent encore, parfois avec un seul prénom ou quelques morceaux de réalité. Les indices disparaissent car plus personne n’est là pour leur raconter leur histoire. Des histoires qui laissent un goût amer de rendez-vous manqué, mais aussi de force et de courage.   

Avec  Jeanine Nivoix-Sevestre, Josiane Von Mierlo-Mauchauffée, Elsa Doumens, Régine Billoret et Monique Martin.

 

Filmographie :

-« Enfants de Boches »

Film de Christophe Weber et Olivier Truc

Sunset Press, France 3, 2003.

  Les enfants de la nuit »

Film de Caroline Deruas - Court métrage de 26 min

Production Les films au long cours,  2012.

 

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Bruno 12/01/2014 18:46

Actualité de L. Rebatet :
http://etudesrebatiennes.over-blog.com/

lesdiagonalesdutemps 12/01/2014 19:33



J'ai honte, je ne connaissais pas cette adresse un grand merci, voilà qui me ramène presque à l'adolescence et à mes premiers textes publiés sous la férule de Rebatet auquel je serais toujours
reconnaissant et avec lequel j'étais pleinement d'accord en 1970.