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L'ile des téméraires de Syuho Sato

Publié le par lesdiagonalesdutemps

L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato

Beaucoup moins connu que les attaques suicides par avion lors de la deuxième guerre mondiale, sont les raids suicides au moyen de torpilles pilotées, les kaiten, par un soldat qui tout comme dans les avions ne peut (et ne doit) pas survivre à l'opération.  Le principe est simple : une torpille avec un siège passager. Le pilote utilisant l'engin doit se précipiter sur les sous-marins ennemi pour les couler, sans aucune chance de survie. Et en ajoutant à cela les faibles chances de réussites ( aucune visibilité lors des manœuvres et capacité de plongée inférieure à celle d'un sous-marin ). On a donc un questionnement de l'auteur via le héros sur la légitimité de ces armes, sur le fait d'utiliser littéralement de jeunes soldats comme de la chair à canon. C'est un patriotisme utilisé dans son côté le plus extrême qui est présenté. Le manga de Syuho Sato suit cette opération Du recrutement jusqu'à la fin inéluctable de la  mission par l'intermédiaire d'un de ses hommes, Yuzo Wanatabe dans une petite ile secrète. Le jeune homme va être entrainé et conditionné à se sacrifier pour son pays et l'empereur. L’ambiance, pesante, est renforcée, par le choix de l'auteur de prendre un héros, Watanabe qui en d'autres temps aurait eu un autre destin, peut-être celui de mangaka, car il dessine dès qu’il le peut. 

Nous sommes à la fin de 1944, le Japon est dans une phase cruciale dans la guerre qui l'oppose aux États-Unis. Les villes japonaises sont détruites les unes après les autres par les bombes américaines. En partie, grâce à leurs 230 sous-marins, les Américains ont pris le contrôle du Pacifique mais les Japonais ne s'avouent pas vaincu, ils doivent coûte que coûte freiner l'avancée de l'ennemi. Des essais d'une nouvelle arme mise au point récemment ont été concluants: la Kaiten, une torpille-suicide à laquelle on a intégré un poste de pilotage, est prête.

Le manga détaille avec grand soin aussi bien les problèmes techniques et stratégiques que posait cette opération que les affres dans lesquels se trouvaient les jeunes hommes qui se préparaient à une mort prochaine et certaine.

 

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L'ile des téméraires devait, d'après mes informations bien lacunaires, être un one-shot, ce qui n'est vraiment pas évident à la lecture de ce qui est désormais le tome 1 de la série, mais devant le succès rencontré, je reviendrais sur ce point, une suite a été demandée à l'auteur. Nous en sommes aujourd'hui au numéro 8 qui devrait être le dernier même si la saga se termine d'une façon certes attendue mais présentée assez curieusement...

La qualité du dessin de Syuho Sato est remarquable ( mais pourquoi avoir fait souvent réaliser les jaquettes, qui ne sont pas toujours réussies par un autre dessinateur alors qu'il y a de magnifiques dessins à l'intérieur?). Syuho Sato, l'auteur de "Say hello to BlackJack" possède un dessin à la fois très nerveux et très hachuré. Le dessinateur sait insuffler de la tension dans les pages de son manga avec cette impression de "raturage", comme si il s'était acharné sur les planches. En ajoutant à cela les jeux d'ombres et de lumière on a un résultat très immersif, les moments d'angoisse ( comme la première fois que le héros se retrouve dans une Kaiten ) sont très bien retranscrits. On voit aussi qu'il s'appuie sur des photos d'époque, qui doivent cependant être rares en raison de l'absolu secret qui entourait cette stratégie.

 

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A la fin des volumes, il est indiqué que le mangaka a bénéficié de la documentation du sanctuaire Yasukuni dont je recommande la visite, comme je l'ai fait moi même, (j'ai consacré un billet à ce lieu: Le sanctuaire de Yasukuni-jinja, Tokyo, Japon) à tous ceux qui s'intéressent à la seconde guerre mondiale et plus largement aux opérations militaires montées par la Japon de la fin du XIX ème siècle à la fin de la dernière guerre.

Dans un billet précédent, un de mes lecteurs trouvait que cette recommandation n'était pas forcément judicieuse alléguant que cet endroit était un lieu de propagande pour les révisionnistes japonais, ce qui n'est pas faux mais il n'est pas principalement cela; c'est surtout une mine d'informations pour qui s'intéresse à la chose militaire. C'est aussi une sorte de gigantesque monument aux morts pour tous les soldats japonais morts pour leur patrie. Faut-il considérer les monuments aux morts de nos villes et villages, comme des marques de propagande? Il est néanmoins opportun de réfléchir sur leurs significations... Il faut être donc vigilant lorsque l'on visite le sanctuaire de Yasukuni, tout comme il faut l'être lorsque nous voyons un film sur la guerre du Pacifique, presque tous réalisés par des américains. N'oublions jamais que les guerres sont presque toujours racontées par les vainqueurs et même si c'est l'argument que met toujours en avant les révisionnistes japonais ce n'est pas pour cela qu'il est faux.

 

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La vision de Syuho Saito sur les kamikazes me paraît moins critique que celles développée dans d'autres mangas comme Zéro pour l'éternité ou Tsubasa par exemple. Son point de vue est assez semblable à celui de Kawaguchi dans Zipang mais alors que dans ce dernier manga Kawagachi met en avant les faits militaires, c'est l'homme que Syuho Saito a placé au centre de son histoire. Si Syuho Saito met bien en avant l'héroïsme de ces tout jeunes hommes, il montre bien aussi leurs doutes, leurs peurs et la crainte que leur sacrifice soit inutile, sans oublier de mettre en évidence le conditionnement de ces presque encore adolescent. Leurs recruteurs pour ces missions sans lendemain faisait vibrer leurs fibres patriotiques en leur disant que le destin du Japon reposait sur leurs épaules, 

Il est très important en lisant ce type de manga de ne jamais oublier le contexte dans lequel se déroule l'action qui nous est racontée. Par exemple ce n'est pas la même chose de faire une action kamikaze en janvier 1945 ou quelques mois plus tard.

 

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Sato donne de plus de plus d'épaisseur à son héros au fil des tomes. Petit à petit on voit que le doute s'installe dans l'esprit de Watanabe. De patriotique, le motif de son sacrifice évolue vers le désir de venger un des ses amis mort dans une mission suicide. Son opinion évolue sur la question de sa mort, notamment lorsqu'il retrouvera sa famille (les Kamikazes avaient une courte permission pour dire adieu à leur famille avant leur mission suicide). Il faut rappeler que Yuso Wanatabe s’est engagé pour aider sa famille et leur retirer l’image de mauvais japonais qui leur colle à la peau. L'auteur développe sa réflexion sur ce qui peut pousser un jeune homme doué, c'est un bon dessinateur et il est passionné de peinture, à s'immoler pour une cause. La pression sociale n'est pas pour rien dans la décision de Wanatabe

 

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Pour ceux qui douteraient encore que les différents billets de ce blog n'entretiennent pas de liens, j'indique que les terrains des opérations où se déroule cette histoire sont les mêmes lieux où moins de quinze auparavant ce qui nous est raconté ici, Paul Jacoulet peignait de beaux jeunes gens...

Beaucoup des personnages qui apparaissent dans le manga sont des personnages réels comme le lieutenant Nishina, l'un des concepteurs des kaiten.

Tout comme la parution de  "Silver spoon" d'Hiromu Arakawa était à mon avis en phase avec l'actualité japonaise, le succès au Japon de "L'ile des téméraires" comme celui de "Zipang" et l'émergence de "Zéro pour l'éternité" de Naoki Hyakuta dessiné par Souichi Sumoto sont raccord avec le retour du nationalisme dans le pays.

Il faut féliciter l'éditeur, Kana, qui a eu la bonne idée d'ajouter en fin de volume un petit précis sur la guerre du Pacifique. Il est signé par Patrick Souty qui réussit là une remarquable vulgarisation historique. Est-ce l'influence de Bakuman on trouve aussi à la fin du livre les noms des assistants du mangaka ainsi que ses sources.

L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
L'ile des téméraires de Syuho Sato
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L'ile des téméraires de Syuho Sato

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Tiégo au Palais de Tokyo

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Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Tiégo au Palais de Tokyo
Paris, février 1990

Paris, février 1990

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Karl Hofer, Cinq figures, 1944

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Karl Hofer, Cinq figures, 1944

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Que la jeunesse...

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Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Ph. Benjamin Frederickson - Kysa 2008 (Polaroid)

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Ph Larry Fink -. Les Beats - The New Yorker (1950)

Ph Larry Fink -. Les Beats - The New Yorker (1950)

Ph. Louise Binder-Mestro

Ph. Louise Binder-Mestro

Que la jeunesse...
Ph. Alex Bergstrom

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Ph William James - de vélo à côté de la rivière Don (1912) Ville de Toronto Archives.

Ph William James - de vélo à côté de la rivière Don (1912) Ville de Toronto Archives.

Ph. Larry Schwartz

Ph. Larry Schwartz

Ph. Larry Schwartz

Ph. Larry Schwartz

Ph. Larry Schwartz

Ph. Larry Schwartz

Ph. Magdalena Lawniczak

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Ph. Cristiano Madureira et Jeff Ferrari

Ph. Cristiano Madureira et Jeff Ferrari

Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Ph. Simone Nobili

Ph. Simone Nobili

Ph. Viny Soares

Ph. Viny Soares

Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Ph. Evgeny Mokhorev

Ph. Evgeny Mokhorev

Ph. Florent Routoulp

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Ph. Michael Bidner - Oli, Heidelberg 1985

Ph. Michael Bidner - Oli, Heidelberg 1985

Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
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Ph. Herbert List

Ph. Herbert List

Ph. Jock Sturges - Thomas, Le Porge, France ', photographie 2003

Ph. Jock Sturges - Thomas, Le Porge, France ', photographie 2003

Que la jeunesse...
Ph. Morris Engel - Coney Island (1938)

Ph. Morris Engel - Coney Island (1938)

Tommy Pollock

Tommy Pollock

Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Ph Michael Bidner -. Oli & Dirk

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Ph. Nelli Palomäki - Roy à 7 ans (2013)

Ph. Nelli Palomäki - Roy à 7 ans (2013)

Ph. Stéphane Gizard

Ph. Stéphane Gizard

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Gizard

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Gizard
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James Ensor

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Hendrick ter Brugghen

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Saint Sébastien soigné par Irène et sa servante, 1625 (Allen Memorial Art Museum, Oberlin - Ohio).

Saint Sébastien soigné par Irène et sa servante, 1625 (Allen Memorial Art Museum, Oberlin - Ohio).

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Nus de Dominic dans l'appartement

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Nus de Dominic dans l'appartement
Nus de Dominic dans l'appartement
Nus de Dominic dans l'appartement
Nus de Dominic dans l'appartement
Nus de Dominic dans l'appartement
Nus de Dominic dans l'appartement
Nus de Dominic dans l'appartement
Nus de Dominic dans l'appartement
Nus de Dominic dans l'appartement
Nus de Dominic dans l'appartement
Nus de Dominic dans l'appartement
Nus de Dominic dans l'appartement
Nus de Dominic dans l'appartement
Paris, février 1990

Paris, février 1990

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Will McBride

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Will McBride
David Heineman à 15 ans, Munich 1968

David Heineman à 15 ans, Munich 1968

Will McBride
Will McBride
Ph. Luigi y Luca

Ph. Luigi y Luca

Ph. Luigi y Luca

Ph. Luigi y Luca

Ph. Daniel Lehenbauer

Ph. Daniel Lehenbauer

Ph. Jesse Laitinen

Ph. Jesse Laitinen

Ph. Markus Bollingmo

Ph. Markus Bollingmo

Will McBride
Ph. Verano

Ph. Verano

Ph. Bob Tursack

Ph. Bob Tursack

Ph. Tony Patrioli

Ph. Tony Patrioli

Ph. Joshua Trottier

Ph. Joshua Trottier

Publié dans photographe

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Rembrandt intime au musée Jacquemart André

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Rembrandt intime au musée Jacquemart André
Rembrandt intime au musée Jacquemart André
Rembrandt intime au musée Jacquemart André

Petite exposition par le nombre des oeuvres présentées mais grande par le peintre et la qualité des tableaux. L'exposition s'articule autour de quelques belles toiles qu'entourent gravures et dessins. La grande qualité de ce Rembrandt intime est de nous faire souvenir quel grand dessinateur et graveur il était. Ces quelques pôles réussissent à donner un bon panorama de sa carrière et de l'évolution de sa manière passant de tableaux très dessinés du début à des toiles dans lesquelles s'expriment une touche plus libre donnant un léger flou au rendu des figures.

L'accrochage est soigné et la mise en lumière des oeuvres est généralement bonne. Les photos sont interdite mais le gardiennage n'est pas très vigilant en la matière mais de toutes manières l'affluence et le manque de recul rend la photographie difficile d'où le peu d'images illustrant ce billet. 

La relative exiguité  des salles de beau musée Jacquemart André contraint d'être vigilant sur le choix de l'horaire de sa visite d'autant que ce Rembrandt intime semble drainer beaucoup de monde. Je conseille comme à l'habitude de privilégier la tranche horaire midi-treize heure trente et si possible en semaine.

Rembrandt intime au musée Jacquemart André
Rembrandt intime au musée Jacquemart André
Rembrandt intime au musée Jacquemart André
Rembrandt intime au musée Jacquemart André
marchande de crêpes

marchande de crêpes

émouvant portrait de Titus fils de Rembrandt qui mourra peu après que son père l'ait immortalisé sur la toile

émouvant portrait de Titus fils de Rembrandt qui mourra peu après que son père l'ait immortalisé sur la toile

Paris, janvier 2017

Paris, janvier 2017

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