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bain de soleil dans le Kent par Ashbee et Llewellyn Smith

Publié le par lesdiagonalesdutemps

bain de soleil dans le Kent par Ashbee et Llewellyn Smith

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Pause

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Une petite pause jusqu'à mercredi prochain pour un petit saut en Espagne.

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Le gouter du hérisson

Publié le par lesdiagonalesdutemps

septembre 2016

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Règne animal de Del Amo

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 Règne animal de Del Amo

 

 

Cela commence par la description d'une famille de croquants, le genre que mes ancêtres trouvaient tout juste bon à curer leurs fossés, on ne peut pas donner tort à mes aïeux en lisant ce qu'écrit l'auteur sur ces paysans, triste échantillon d'humanité. Nous sommes dans un village du Gers au tournant du XIX ème siècle. Il y a le père petit fermier que la tuberculose a commencé à ronger. Sa femme, une sèche bigote, jamais appeler par Del Amo autrement que la génitrice, pauvre génitrice en vérité puisqu'elle va réussir à enfanter, presque à son corps défendant qu'une fille, Eléonore, qui apparaît vite, comme une bien sale engeance. Le couple et leur rejeton ne vivent pas différemment de leurs ancêtres des siècles précédents, même vie routinière, sans espérance, à l'horizon bornée de leur village. Lorsque le père devient trop déliquescent la petite famille est rejoint par Marcel, tout juste sorti de l'adolescence. Ce neveu du père va remplacer ce dernier devenu grabataire. L'auteur décrit le quotidien de ces pauvres paysans. Il fait un sort à chaque tâche dans des descriptions d'un tel de vocabulaire qu'il ne faut pas trop s'éloigner de son Littré. On a parfois le sentiment de lire une suite de dictées destinées au Certificat d'étude de ces années là. C'est du Maurice Genevois, ou plutôt du Louis Pergaud (celui de « Goupil à Margot ») mais du Genevois ou du Pergaud gore. Cette suite de tableaux figés me fait penser à ces grandes images, que dans mon jeune temps fort lointain, la maitresse accrochait au tableau pour l'exercice de vocabulaire. Bien sur celles détaillées par Del Amo ne sont pas identiques à celles de mes souvenirs enfantins, mais comme dans celles qui affleurent ma vieille mémoire, rien n'y manque. Le romancier y utilise souvent un vocabulaire redondant, abusant de synonymes en cascade. Ce sont des sortes de scènes de genre, nous avons droit au retour des champs, à la veillée un soir d'été, à la sortie de la messe, aux soins aux animaux... Rien ne manque tout est juste, cela sonne vrai. Mais tout cela est décrit avec des mots morts en même temps que ce monde paysan. Le sentiment de véracité s'éloigne lorsque parfois, l'auteur se lâche et étire une scène. On peut alors se croire revenu au temps du Nouveau roman triomphant, mais un nouveau roman écrit par un écrivain saisi d'une transe érotique glauque. Je vous recommande particulièrement dans cette veine la mise en bière du père et encore plus son enterrement avec écoulement du premier sang menstruel de la fille sur le cercueil du père, au fond du trou où la petite Eléonore était descendu pour récupérer un crapaud chu là par inadvertance. Il faut oser la scène, par ailleurs parfaitement gratuite, et bien Del Amo ose.

Cette première partie, sous titrée 1898-1914, m'a conduit à me faire plusieurs réflexions. Celle d'abord que pour la plupart d'entre vous mes chers lecteurs ces fieffés crétins ce sont vos grands parents, des êtres parfaitement bornés dont la seule justification semble d'accomplir une terne routine dans l'attente impatiente de la mort. Et encore curieusement les culs-terreux mis en scène par l'écrivain ne sont pas alcooliques, ce qui est tout de même une singularité dans cette France d'alors. Ah il y a tout de même le curé du village qui est ivrogne, et pour faire bonne mesure le bougre meurt d'une attaque suite à une vision pédophile, celle d'un gracile enfant de choeur crucifié... J'aime bien les écrivains qui ne craignent pas de charger la barque... Ensuite grâce à la description que fait Del-Amo de sa petite famille gersoise, j'ai mieux compris l'attitude des officiers de la Grande Guerre vis à vis de leurs soldats, comment considérer les hommes qui nous sont décrits ici, autrement que de la chair à canon, quel autre rôle pourrait-il avoir, sinon celui de se faire tuer.

Il m'est impossible de pas comparer la scène de l'irruption de la guerre dans ce petit village du Gers avec celle qui ouvrait « 14 » de Jean Echenoz. Cet évènement était décrit chez Echenoz en phrases aussi sèches que celles de Del Amo sont grasses. Mais chez Echenoz ont sentait immédiatement le morceau de prose poli par un écrivain consacré à Saint Germain des prés, alors que Del Amo restitue la vérité de l'ébahissement et de l'incompréhension de ces gueux devant ce qui leurs arrive. Le tour de force est que Del Amo en dépit d'un style que l'on peut qualifier pour certains morceaux de pompier, réussit à être toujours juste psychologiquement. Sur l'irruption de la guerre, puis sur le vide causé par le départ des hommes, il y a des pages magistrales dans ce « Règne animal » qui évoque aussi le phénomène des « gueules cassées » mais moins frontalement que dans « La chambre des officiers » de Marc Dugain ou que dans « Au revoir la haut » de Pierre Lemaitre.

A la 208 ème page nous faisons un grand saut dans le temps. Nous quittons le début des années 20 pour être propulsé en 1981. Et là cela se gate beaucoup... Les sauts temporels semblent être de plus en plus prisés par les romanciers... Cela commence par une sorte de confession d'Eléonore à laquelle nous ne comprenons pas grand chose sinon qu'elle est donc toujours vivante. Puis nous faisons connaissance avec Jérôme*, un enfant qui paraît bien singulier et qui fait chambre commune avec ces cousins des jumeaux plus jeunes que lui. On comprend petit à petit que les parents des garçons vivent ensemble et gèrent un élevage de cochons sous la férule d'Henri que nous avions quitté nourrisson soixante ans plus tôt. Petit à petit nous faisons connaissance avec l'intégralité du clan à travers la description minutieuse qu'est la fabrique de viande qu'est cette exploitation d'élevage de porc. Ce livre est recommandé à tous ceux voulant devenir végétarien. Déjà que les personnages dans la première partie du livre n'étaient pas particulièrement brillants ni attachants mais leurs descendants sont bien pires. Disons le tout net, ils sont intégralement tarés.

A la fin c'est un peu n'importe quoi. Del Amo a du avoir une régurgitation de Moby Dick transformant la baleine en... verrat!

J'ai vérifié par moi même de la réalité du fait que la jadis belle campagne française était en effet le gite de solides crétins; la cause en étant, en partie comme dans ce livre, due aux mariages consanguins. Il suffit pour s'en instruire d'étudier n'importe quel arbre généalogique... Mais il ne faudrait d'une part pas croire que les citadins de cher pays, qui ne sont des rats des villes, le plus souvent que depuis trois générations, aient été ou soient plus brillants que les croquants, ni d'autre part que les campagnes françaises, ou autres, soient peuplées que de demi-fous.

Une fois le livre refermé, je n'ai pas compris quel a été le but de Del Amo en écrivant cet ouvrage; certainement de faire une virulente critique de l'agriculture industrielle, certes horrible sous sa plume; Il transpire de tous le texte, le dégoût de l'auteur pour une humanité qui s'obstine à détruire, dans une totale illusion du « toujours mieux, toujours plus »; mais d'abord les croquants d'antan qu'il décrit dans la première partie de son roman, supérieure à la deuxième, n'étaient pas meilleurs et n'avaient pas une vie plus facile; ensuite la singularité de la famille d'exploitants agricoles qu'il présente, enlève toute exemplarité à ce qu'il dénonce. Je ne comprend pas l'utilité de ce livre, à moins que Del Amo donne des livres comme le pommier donne des pommes. Après tout ce n'est pas plus bête d'écrire un roman que de façonner un tabouret ou de faire pousser des salades. Et puis, il y a toujours la quête du graal Goncourt; il paraît que ce prix sert surtout, pour ceux qui sont en manque d'imagination, comme cadeau de Noël! Je ne sais pas pourquoi mais je ne vois pas bien cet ouvrage grandement morbide et scatologique sous le sapin...

J'ai lu quelque part que Del Amo était un défenseur de la cause animale mais je n'ai ressenti dans son gros roman pas plus d'empathie pour les bêtes que pour les hommes. Je n'arrive pas à m'expliquer, ce qui a pu pousser un homme non dénué de talent dans sa pratique à passer des mois et sans doute des années avec l'aréopage de tarés qu'il nous décrit avec minutie. Je n'envisage que le masochisme de l'écrivain mais il est à craindre pour lui que peu de lecteurs soient disposés à le suivre dans ce vice.

Plutôt que de lire cette version glauque du « Sel » découvrez ou relisez ce beau deuxième roman de Del Amo qu'est « Le sel ». Si malgré ma mise en garde vous vous obstinez à lire ce livre morbide sachez qu'il vous faudra un effort surhumain pour réussir à vous extirper de ce roman nauséabond, à l'écriture hallucinée.

 

* Je ne saurais dire pourquoi mais très vite à propos de Jérôme, c'est le visage aux grands yeux de l'enfant de la série télévisée "Des revenant" qui s'est imposé à moi.

 

Pour retrouver Del Amo sur le blog: Une éducation libertine de Jean-Baptiste Del Amo, Le règne animal de Del Amo, Le sel de Jean-Baptiste Del Amo (réédition complétée)   

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de chair et de pierre

Publié le par lesdiagonalesdutemps

de chair et de pierre

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Alexandre Malevitch TALEEV (1924-2006)

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Alexandre Malevitch TALEEV (1924-2006)
Alexandre Malevitch TALEEV (1924-2006)

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Que la jeunesse...

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Que la jeunesse...
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