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Chuck

Publié le par lesdiagonalesdutemps

j'aimerais bien connaitre l'auteur de cette image. Si quelqu'un à une idée...

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Love is strange, un film d'Ira Sachs (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

Love is strange, un film d'Ira Sachs

On découvre Ben (John Lithgow), 71 ans et George (Alfred Molina), une dizaine d'années de moins, le jour de leur mariage. Ils ont du attendre 40 ans de vie commune pour que l'état de New-York autorise deux hommes à se marier. Après la cérémonie les deux jeunes mariés réunissent famille et amis pour une petite fête dans leur chaleureux appartement de Manhattan. Mais le bonheur sans nuage est de courte durée. George, professeur de musique dans un lycée catholique chic, est licencié. Sa hiérarchie s'offusquant de son mariage alors qu'elle savait depuis plus de dix ans qu'il était dans l'établissement qu'il vivait avec un autre homme. Cette brusque perte de revenu contraint le couple à vendre leur appartement tant aimé. Ils doivent déménager car il ne peuvent plus payer le prêt pour leur nid. En attendant d'en trouver un autre plus dans leurs moyens, ce qui n'est pas facile à Manhattan, ils sont hébergés séparément chez des proches. 

Love is strange, un film d'Ira Sachs

George trouve refuge chez leur anciens voisins du dessous, deux flics gays et latinosRoberto et Ted, fans de « Game of Thrones » et qui aiment la fête et les nuits courtes; ce qui n'est pas vraiment le rythme du professeur de musique.

Ben quant à lui est contraint de vivre chez son neveu Elliot (Darren Burrows) qu'il a en parti élevé. Elliott est devenu un cinéaste très occupé. Il est marié à Kate (Marisa Tomei), une romancière à succès. Joey (Charlie Tahan), leur fils de 15 ans apprécie peu de partager sa chambre avec son grand oncle. Si Georges se trouve gêné par les habitudes de ses hôtes, la famille de Ben qui le reçoit semble être mal à l’aise de sa présence. 

Love is strange, un film d'Ira Sachs

Ce que j'aime beaucoup dans ce film, et ce qui est rare dans le cinéma, le français en particulier, c'est que les personnages ont des problèmes d'argent, de santé, relationnels, de travail et que tout cela est concomitant; qu'ils ont une poisse noire ou de la chance, que le malheur ou la veine arrive sans crier gare, qu'ils voudraient être plus jeune, plus vieux, être ailleurs tout en aimant être là, qu'ils s'aperçoivent du bonheur quand celui-ci est parti. Tout cela est montré avec beaucoup de tact et de légèreté.

Ils sont plutôt tous sympathiques les protagonistes de cette histoire. Oh ce ne sont pas des saints, sauf peut être George qui lui à coup sûr méritera bien sa place au paradis auquel il croit. Les autres, et bien ils se débattent avec les soucis ordinaires ou extraordinaires de la vie. Ils font ce qu'ils peuvent. Ils sont généreux mais aussi un peu égoïstes et surtout égocentriques. L'autre, l'amour, c'est étrange. C'est compliqué. Aucun amour n'est simple, celui entre des parents et leur fils, entre deux garçons qui découvrent leur sexualité, entre un mari et sa femme, entre deux hommes... Maiscomment vivre sans amour?

Love is strange, un film d'Ira Sachs

Le film laisse beaucoup de place à l'imagination des spectateurs. On saura somme toute assez peu de choses de bien de ces personnages dont on a partagé la vie durant un peu plus d'une heure trente. Ben est à la retraite mais que faisait-il? On se doute que la vente de sa peinture n'était pas suffisante pour faire bouillir la marmite. Il était peut être prof de dessin? Alors il aurait connu Bob dans l'école où tous deux travaillaient?.. On n'aura pas de détails sur le film qu'est en train de tourner Elliot? Pas plus sur ce que raconte le roman que Kate est en train d'écrire? On ne saura pas vraiment ce qu'il y a entre Joey et son ami Vlad (Eric Tabach). Les deux adolescents sont très mignons tous les deux, chacun dans des genres différents; On n'aura pas l'explication pourquoi Joey et Vlad ont volé des livres français... Ces ellipses ne font que renforcer l'empathie que le spectateur éprouve pour les protagonistes car longtemps après le mot fin, il s'interrogera encore sur ben, George, Vlad ou Joey...

Love is strange, un film d'Ira Sachs
Love is strange, un film d'Ira Sachs
Love is strange, un film d'Ira Sachs

De même que l'on n'apercevra que fugitivement les tableaux qu'a peint Ben, qui ne semble pas mal du tout d'ailleurs; quand à Manhattan cher à Ben et à George on le verra assez peu également, la plupart des scènes étant des scènes d'intérieur. On ne sait pas où sont situés les deux appartements où on trouvé respectivement refuge Ben et George sinon qu'ils sont éloignés l'un de l'autre. Je dirais que l'ancien appartement du couple est situé à Soho alors que le logis d'Elliot pourrait se situer vers le Cloister.

Une des grandes forces du film est de faire passer avec légèreté dans cette histoire très intimes des sujets graves et universels comme la transmission des valeurs, ce qui définit une famille quand on n’a pas d’enfants mais des partenaires et des amis que l’on côtoie depuis plusieurs décennies, la tolérance... A ce propos, il est amusant de voir que même chez un couple d'intellectuels libéraux new-yorkais, le fait que leur fils puisse être gay ne les transporte pas de joie...

Love is strange, un film d'Ira Sachs

La photographie est très belles dommage toutefois que le montage fasse durer les plans un peu trop longtemps.

Le cinéaste, Ira Sachs n'est pas un inconnu pour qui s'intéresse au cinéma gay. Il est est né à Memphis dans le Tennessee en 1965, il étudie la littérature à Yale (ce qui l'a sans doute aidé pour co-écrire, avec Mauricio Zacharias, le scénario de ce film), passe trois mois à Paris puis s’installe à New York où il devient lecteur de scripts pour Martin Scorsese. lors de la sortie française de « Forty Shades » of Blue, le long métrage qui lui avait valu quelques mois auparavant le grand prix du jury à Sundance il déclarait: «Je suis né gay dans une ville de l’Amérique profonde. La question qui me hante, c’est : quel chemin doit-on prendre pour se découvrir soi-même ?» En 2012, dans « Keep the Lights » On, le cinéaste décrivait sur dix ans la relation entre un documentariste danois et un avocat drogué. Il s’agissait alors de donner sa version comme en contrechamp au récit autobiographique de son ex-compagnon, un agent littéraire new-yorkais toxico, Bill Clegg, dans le livre « Portrait d’un fumeur de crack en jeune homme »...

Love is strange, un film d'Ira Sachs

Dans Love is strange les comédiens sont tous épatants. Cette qualité du casting et des dialogues rendent leur quotidien incroyablement plus vivant que dans bien des films romantiques, comédies ou non. Le couple que forme Ben et George crève l'écran dès la scène d'ouverture. Longtemps après que la lumière se soit rallumée dans la salle, on pensera à eux, à leur belle histoire. Un des film gay les plus émouvant et optimiste en fin de compte depuis... très longtemps. 

Love is strange, un film d'Ira Sachs
 
 
 
L'amour est étrange 1
 
 
 
L'amour est étrange, 3
 
 
L'amour est étrange, 6
 
 
 
L'amour est étrange 5
 
 
 
L'amour est étrange, 2
 
 
 
L'amour est étrange, 4
 
 
Bande annonce en version originale
 

Consulter et télécharger le film ICI
 
 

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case en exergue: Christophe Alvès

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case en exergue: Christophe Alvès

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Michael

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Dreamers de Michael Descendre
 
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Watercolors, un film de David Oliveras (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Aquarelles, le film

USA, 2009, 1h 54 mn

 

Réalisation: David Oliveras, scénario: David Olivera, image: Melissa Holt, montage: Martinos Aristidou, musique: Marcelo Cesena and Dorian Rimsin

Avec: Tye Olson, Kyle Clare, Karen Black, Greg Louganis, Ellie Araiza, Casey Kramer, Ian Rhodes, Jeffrey Lee Woods, William Charles Mitchell, Brandon Lybrand, Finlay Edward, David Schroeder,

Aquarelles, 3

Résumé

On n'oublie jamais son premier amour... C'est ce que Danny (Tye Olson) ressent lors du vernissage de sa première exposition à New York qui est pleine d'images d'adonis nageant. Lors de notre première rencontre avec Danny Wheeler, il est au milieu de son discours d'ouverture de sa première exposition personnelle dans une galerie. Son petit ami Allan est naturellement très heureux que le vernissage se déroule bien et que les peintures de son amant se vendent, mais Danny semble réticent à les voir partir. Comme il les contemple, perdu dans le passé, arrive un flash-back sur ses années de lycée, et les événements qui ont inspiré son art. Le jeune artiste peintre se rappelle ses premiers émois amoureux, quinze ans plus tôt, alors qu'il était un lycéen à la fois brillant et paria dans son école, quand sa rencontre avec Carter (Kyle Clare qui ressemble à Sean Penn dans "Fast Times dans Ridgemont High"), un jeune champion de natation rebelle et solitaire, éveilla son homosexualité et sa passion pour l'art et qui visiblement est encore sa principale source d'inspiration... Danny ne peut sauver sa relation avec Allan son amant actuel que s'il peut tenir sa promesse faite à Allan de ne plus jamais peindre le garçon qui fut son premier amour, mais parfois le seul moyen pour Danny pour surmonter ses émotions est de prendre un pinceau et laisser son art s'exprimer naturellement... Allan fait valoir qu'une personne vivante ne peut rivaliser avec un souvenir glorieux, montrant que le souvenir impérissable d'un premier amour est potentiellement toxique. La suite du film sera un retour en arrière sur cette idylle entre Danny qui est en proie aux persécutions de ses camarades en raison de sa sensibilité artistique avec Carter le beau sportif que tout oppose au jeune esthète. Carter rencontre Danny lorsque son père demande à la mère de Danny (ils se sont rencontrés aux réunions des alcooliques anonymes, d'accueillir son fils chez elle, alors qu'il doit partir pour le week-end. Une amitié naissante s'esquisse entre les deux adolescents. Elle ne tarde pas à s'épanouir dans quelque chose de plus fort. Bientôt, Carter passe de plus en plus de temps chez Danny, posant pour son ami pour des dessins de plus en plus érotiques. Carter tente de garder leur amitié secrète car il est affublé d'un père à l'homophobie endémique. Carter souffre en raison des attentes trop élevées de son père et comme échappatoire se tourne vers la drogue...

Aquarelles 5

L'avis critique

Le cinéaste affiche le programme de son film et son ambition dès la première image. On n'oublie jamais son premier amour comme nous le rappelle les mots qui apparaissent à l'écran dés le début du film : «L'amour est si court et l'oubli est si long» citation d'un poème de Pablo Neruda et comme le texte sur l'affiche du film nous le rappelle: << Seul l'art peut transformer la douleur en beauté>>.

La réalisation de David Oliveras est un peu en deçà de ce programme ambitieux et imprudent pour un premier long métrage. Tout d'abord le scénario est trop standard et ne ménage pas assez de surprises mais surtout la réalisation est inégale. Ce qui élève Water colors, aquarelles en français, au dessus de la production habituelle du cinéma gay américain est d'abord l'excellence de son interprétation (mais pas toute), en particulier de la part de Tye Olson qui en toute logique devrait faire reparler de lui; et ensuite la justesse avec laquelle, le film dépeint l'angoisse de ces deux adolescents lorsqu'ils s'aperçoivent qu'ils sont amoureux l'un de l'autre tout en ne sachant pas mettre les mots sur le sentiment qu'ils découvrent. Carter est encore plus troublé que Danny qui lui se vivait déjà comme gay.

Aquarelles, 6

Oliveras traite son sujet avec beaucoup de tendresse, et il est difficile de ne pas se laisser prendre à cette histoire. Malheureusement David Oliveiras, scénariste et réalisateur de Watercolors ne s'épargne aucune des scènes obligées de ce type de film, premier baiser, baignade nu, scène d'amour en vêtements mouillés, tabassage de Danny quand ses camarades se rendent compte qu'il est gay... On aurait aimé, pour être un peu surpris que le réalisateur saute quelques unes de ces stations attendues. Mais l'indéniable talent du cinéaste pour les dialogues lui sauvent souvent la mise. Mais ce brio a un revers, Oliveras fait beaucoup plus progresser sa narration par le verbe que par l'image. Trop scolairement le flm n'est composé que de confrontations entre deux personnages; ce qui rend le film très bavard; il n'y a presque pas de scènes de groupe. Je regrette qu'il n'est pas supprimer au montage de la scène d'ouverture, le film aurait été alors débarrassé de son prétexte encombrant, car si Aquarelles se déroule principalement dans le passé, on a, avant d'être heureusement capter par l'histoire d'amour entre les deux adolescents une séquence assez maladroite se déroulant de nos jours, qui ne sert qu'à expliquer pourquoi un artiste à succès, Danny (Ian Rhodes, jouant Danny adulte) a des problèmes avec son compagnon actuel et ne peut oublier son premier amant, un nageur nommé Carter qui hante ses toiles. Les quelques retours dans le présent paraissent totalement étrangers à l'histoire d'amour entre les deux garçons et ne font qu'affaiblir la puissance du scénario.

Aquarelles 1

Les personnages sont bien campés et parviennent à exister dès leur apparition à l'écran; si l'on excepte le père de Carter auquel le scénario ne donne pas assez d'épaisseur pour que son attitude, d'abord trop négative envers son fils puis franchement indifférente soit crédible. Watercolors réussit intelligemment a créer un univers complet et complexe pour ses personnages principaux, évoquant un parent mort, une mère en prison, le travail scolaire, les autres amis de Carter de l'équipe de natation... Cet aspect est assez réussi. Mais parfois on se demande quel est l'enjeu de cette démarche? Pour y répondre je pense que le film est tout simplement trop court pour étoffer l'ensemble des lignes narrative qui le traversent; encore une fois on ne peut que constater avec « Watercolors » que le format du cinéma n'est peut être pas le bon pour raconter une histoire complexe ou pour faire vivre de nombreux protagonistes. A la décharge du scénariste j'ajouterais que le spectateur est victime de ses conventions, car si on accepte mal au cinéma qu'un personnage ne fasse que passer, il faudrait se souvenir que dans la vraie vie, nous ne sommes pas entourés toujours par les mêmes personnes tous les jours; donc on peut admettre que faire entrer des caractères dans un film juste pour les introduire plus tôt serait intellectuellement malhonnête... Le divorce entre le temps réel et le temps du cinéma est flagrant dans la rapidité sur l'écran avec laquelle l'idylle entre deux garçons qu'apparemment tout oppose, se développe.

Aquarelles, 4

Water colors ne sera pas sans évoquer de nombreux autres films aux spectateur férus de cinéma gay.  Get real  (Comme un garçon) pour l'histoire d'amour entre les deux garçons, Pour un soldat perdu quant à la construction du scénario, To play or to day pour la noirceur de l'atmosphère, Beautifull think pour l'intensité des sentiments... À certains moments, watercolors semble vouloir être une version homosexuelle de "Roméo & Juliette"!

La principale caractéristique cinématographique de Watercolors est l' inégalité de la qualité de ses images; si souvent les images de Melissa Holt aux couleurs saturées sont très belles, en particulier dans les scènes de piscine. D'autres séquences sont assez maladroites. Les nombreuses scènes de dialogue s'évadent rarement du sempiternel champ- contre champ. Elles sont d'ailleurs plus convaincante lorsqu'elles se déroulent entre jeunes que lorsqu'un adulte est de la partie. Chose malheureusement assez rare pour un premier film l'éclairage des plans est presque toujours parfait malheureusement Oliveras comme presque tous les cinéastes (pourquoi?) use et abuse des atmosphères sombres.

Aquarelles, 2

Il ne serait pas honnête de ne pas avouer qu'un des intérêts du film est aussi la beauté du corps de Kyle Clare et de la franchise avec laquelle cette beauté est mise en scène dans l'obligée scène de sexe du film.

Pour son premier film, Oliveras a confié qu'il avait fait beaucoup participé ses acteurs à l'élaboration du scénario.

Watercolors a reçu de nombreux prix lors de festivals, dont celui du meilleur acteur pour Tye Olson à l'OutFest de Los Angeles. Karen Black, qui joue son professeur d'art a elle obtenu pour ce rôle un Golden Globe. On retrouve dans le rôle du coach sportif et moustachu, Greg Louganis, l'ancien plongeur américain, quadruple médaillé d'or aux Jeux Olympiques de 1984 et 1988, qui annonça publiquement son homosexualité et sa séropositivité dans les années 90. Louganis a écrit sa biographie "Breaking the surface" dans laquelle Il revient avec sincérité sur sa vie et donc sur son homosexualité et ses difficultés qu'elle a occasionnée dans le milieu sportif qui était le sien. Casey Kramer, déjà vue entre autres dans Easy Rider et Five Easy Pieces, fait une impression indélébile en tant que mère de Danny, surtout dans la scène où elle exprime son amour inconditionnel pour son fils. C'est d'ailleurs seulement dans cette scène que le cinéaste ose des petits plans-séquences. Le jeu de Kyle Clare interprétant Carter n'est pas tout à fait à la hauteur de celui de ses partenaires, qui à sa décharge sont particulièrement brillants et chevronnés. Il fait passer plus ses sentiments par ses mimiques faciale ce qui est assez vulgaire que par ses yeux. En outre avec son visage un peu marqué pas tout à fait à l'unisson de son corps admirable on a un peu de peine à le considérer comme l'exact contemporain de Danny qui dans son genre n'est pas non plus désagréable à regarder. Le fait que Kyle Clare fasse un peu trop vieux pour le rôle de Carter rend encore plus improbable les rapports qu'a le personnage avec son père. A une interview le jeune acteur a déclaré: «Je voulais tout savoir sur Carter pour être crédible et pour que le public puisse se connecter avec l'âme tourmentée du garçon, typique de celle d'un adolescent qui essaie de se définir lui-même et de découvrir son identité sexuelle.>>.

Water color qui ne manque ni de qualités, ni de défauts est typiquement un film qui a manqué d'un producteur fort et probablement d'un co-scénariste pour être un film plus accompli.

Watercolors est une histoire romantique servit par un film ambitieux où l'homosexualité n'est qu'une facette des personnages et non pas ce qui les définit uniquement.

 

La bande annonce

 

 

le film

 



Voir le film en plus grand et le télécharger ICI

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Late news, 1953, Henry Lamb

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Late news, 1953, Henry Lamb

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Yves Saint-Laurent, un film de Jalil Lespert (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Yves Saint Laurent 600x797

Une interprétation extraordinaire, celle de Pierre Niney, d'une vie des plus romanesque parvient presque à sauver le film plombé par une mise en scène maladroite et surtout par une image frôlant l'amateurisme. Il aurait fallu que Jallil Lespert, cinéaste presque débutant, il n'a signé jusque là qu'un film qui n'a guère marqué, puisse s'appuyer sur un chef opérateur de qualité. Alors que Thomas Hardmeier, pourtant bénéficiant d'un matériau exceptionnel, Pierre Bergé soutenant le film a prêté les dessins et les robes du couturier et a permis de filmer dans les lieux où a travaillé et vécu Yves Saint Laurent, fournit des images indignes d'un professionnel où l'on ne compte plus les reflets parasites et les bords de cadre squattés par des premiers plans indésirables. L'incompétence maximum étant atteinte dans les filmages des défilés (le cinéaste ne sait pas ou mettre sa caméra) auxquels on a l'impression d'assister assis au troisième rang, gêné que nous sommes par les têtes flous des spectateurs mieux placés qui nous masquent partiellement les superbes modèles créés par le couturier. C'est d'ailleurs le seul justificatif à ce film que de faire revivre ces merveilleuses créations car autrement, il ne nous apprend pas grand chose de plus par rapport à «YVES SAINT LAURENT - PIERRE BERGÉ, L'AMOUR FOU », le documentaire de Pierre Thorreton (dans une interview Jalil Lespert dit que c'est la vision de l'amour fou qui a déclenché en lui l'envie de faire son film), dont il reprend plus ou moins la construction. L'interview du film de Pierre Thorreton étant remplacé par la voix off de Pierre bergé, magistralement interprété par Guillaume Gallienne.

 

 

 

Le film retrace la vie d'Yves Saint-Laurent de sa montée à Paris de son Algérie natale, au milieu des années 50, jusqu'à 1976, si l'on excepte les deux dernières scènes, symbolisant la dernière collection du couturier puis sa mort. C'est une grande sagesse de n'avoir traité que vingt ans de la vie de l'artiste. Les scénaristes de biopics devraient toujours avoir en mémoire que la vie c'est long et qu'un film, en moyenne de deux heures, c'est bien court pour en témoigner. Le film est une suite de scènettes presque toutes montrées dans l'ordre chronologique, les rares exceptions n'étant d'ailleurs peu heureuses. Certaines sont réussies, toutes celles mettant en scène l'intimité des deux hommes, c'est leur histoire d'amour qui est mise en avant plus que le travail artistique du couturier, pourtant les trop rares qui montrent l'atelier sont convaincantes, beaucoup des petites mains qui travaillaient dans la maison de couture font de la figuration dans le film. Malheureusement d'autres séquences sont ridicules comme la scène de drague sur les bords de Seine ou celles des soirées orgiaques des années 70 et que dire de la grotesque scène dans les backrooms. La durée d'un film ne permet que de survoler une vie aussi riche.

 

Jacques de Bascher par David Hockney (1973)

 

Le scénario (il est amusant de noter qu'un des scénaristes, Jacques Fiechi est l'un des personnages du beau roman autobiographique de Claude Arnaud « Brèves saisons au paradis de Claude Arnaud »), basé sur la biographie de Saint Laurent écrite par Laurence Benaïm, s'il montre les nombreux proches dont était entourés ce solitaire, aussi bien dans le travail que dans les plaisirs, ne leur laisse pas leur chance d'exister réellement sur l'écran alors qu'ils sont pourtant presque tous choisis avec justesse, saufJoakim Latzkoqui qui interprète un Buffet beaucoup trop viril pour incarner le peintre jeune alors que dans la réalité, il était beaucoup plus mou et évanescent. En revanche Marianne Basler en mère de l'artiste, Gérard Lartigau en Boussac, ainsi que le beau Xavier Lafitte dans le rôle du sulfureux Jacques de Bascher (dont karl Lagerfield parlait ainsi dans une récente interview:  « Jacques de Bascher jeune, c’était le diable fait homme avec une tête de Garbo. Il avait un chic absolu. Il s’habillait comme personne, avant tout le monde. C’est la personne qui m’amusait le plus, il était mon opposé. Il était aussi impossible, odieux. Il était parfait. Il a inspiré des jalousies effroyables. Ce n’est pas ma faute si Yves est tombé amoureux de lui ! ») parviennent à convaincre dans le peu d'espace qui leurs sont impartis.

 

 

Certaines figures importantes de la vie d'Yves Saint-Laurent sont complètement sacrifiées ainsi Laura Smet en Loulou de la falaise n'est guère plus qu'une Silhouette. Charlotte Le Bon qui interprète Victoire Doutreleau, la première muse d'Yves Saint Laurent, a plus de chance, son rôle est plus développé. Il offre même le seul scoop du film puisqu'elle se fait sodomiser par Pierre Bergé! Nicolai Kinski prête ses traits à Karl LagerfeldPour une fois le casting c'est soucié de la ressemblance, même pour des apparitions comme celles de Christian Dior. De même Marie de Villepin est également troublante de ressemblance avec Betty Catroux.

 

Pierre Niney et Guillaume Gallienne dans Yves Saint Laurent

 

Mais le clou du film c'est la fabuleuse interprétation de Pierre Niney qui est Yves Saint-Laurent jusqu'à un troublant mimétisme. Il suffit de comparer les photogrammes du film avec les nombreuses images d'archive représentant le couturier. La ressemblance est stupéfiante jusque dans le moindre geste et surtout la voix est presque identique. Pierre Bergé a du être très troublé de voir son ami ainsi ressuscité.

Un deuxième film sur Yves Saint Laurent, celui de Bertrand Bonello, tourné cet automne, est actuellement en cours de montage. Il devrait sortir à l’automne 2014 (avec Gaspard Ulliel dans le rôle titre). L’annonce du tournage de Bonello a mis fort en colère Pierre Bergé, qui n’avait pas été consulté au préalable. Si bien qu'il a poussé le projet de Lespert, centré sur sa vie aux cotés de Saint Laurent.

 

 

Le film de Jalil Lespert reste à voir pour Pierre Niney (je me demande déjà comment il pourrait rater un César), pour les robes de Saint Laurent et la poignante histoire d'amour entre deux hommes exceptionnels.

 
 
Yves Saint Laurent, le film

 

 

Yves Saint Laurent 1

 

 
Yves Saint Laurent, 2

 

Yves Saint Laurent, 3

 

Yves Saint Laurent 5

 

Yves Saint Laurent, 6

 

bande annonce

 

 

Voir film et le télécharger  ICI

Commentaires lors de la première édition de ce billet

Kinopoivre08/12/2015 11:57

"Il aurait fallu que Jallil Lespert, cinéaste presque débutant, il n'a signé jusque là qu'un film qui n'a guère marqué", etc.

Non. Il avait fait deux courts métrages auparavant, puis deux longs, "24 mesures" et "Des vents contraires". Mais il est vrai que, bon acteur, il est mauvais réalisateur !

 

lesdiagonalesdutemps08/12/2015 12:52

Vous avez raison merci de cette rectification mon erreur confirme que ces films n'étaient guère marquant et ce n'est pas la réalisation de la série Versailles qui va redorer sa réputation de réalisateur car pourquoi par exemple utiliser les longues focales pour filmer des personnages, ce qui a pour conséquence de diminuer la profondeur de champ donc de rendre le décor flou alors que le dit décor, en l'occurrence le château de Versailles, est le pivot de l'histoire que l'on filme.

Publié dans cinéma gay

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case en exergue: Mittéï

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Mikel Marton

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Mikel Marton
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SUNDAY, BLOODY SUNDAY (UN DIMANCHE COMME LES AUTRES), un film de John Schlesinger

Publié le par lesdiagonalesdutemps

SUNDAY, BLOODY SUNDAY (UN DIMANCHE COMME LES AUTRES), un film de John Schlesinger

 

   

Fiche technique :


Avec Peter Finch, Glenda Jackson, Murray Head, Peggy Ashcroft, Tony Britton, Maurice Denham, Bessie Love, Vivian Pickles, Frank Windsor et Thomas Baptiste.

 

Réalisation : John Schlesinger. Scénario : John Schlesinger et Penelope Gilliat. Images : Billy Williams. Montage : Richard Marden. Musique originale : Ron Geesing.


Grande Bretagne, 1971,Durée : 110 mn. Disponible en VO.


Résumé :


Lui, Daniel Hirsh dit Dany (Peter Finch), médecin prospère, la cinquantaine argentée, membre influent et estimé de la communauté juive à laquelle il appartient ; elle, Alex (Glenda Jackson), d’une très bonne famille de la bourgeoisie fortunée qui s’occupe à recycler ceux que l’âge condamne au « Bloody Sunday » du chômage. Elle et lui pourraient entretenir une liaison qui serait confortable si chacun n’avait pas une faille pour ces bonnes sociétés, du Londres de 1970, auxquelles ils appartiennent. Lui est homosexuel, elle est divorcée. Et puis il y a l’autre (Murray Head). Il se doit d’y avoir un autre pour qu’existe une histoire. Cet autre est un jeune homme qui partage tour à tour leur lit. Un téléphone omniprésent assure la liaison entre ces trois personnages. Un Dimanche comme les autres n'est pas une histoire d'amour triangulaire, mais plutôt deux histoires d'amour parallèles que nous suivons durant les dix derniers jours de ces relations. Daniel et Alex ne se connaissent pas, mais ils n’ignorent pas leur existence respective. Bob est tendu vers un espoir, le départ vers l’Amérique. Il abandonnera elle et lui à la solitude des dimanches où il ne se passe rien, sinon la mort d’un chien...


L’avis critique


Il nous a fait courir ce film, il nous a ému. On en a parlé et reparlé. Beaucoup de jeune gays (le mot existait-il en France alors ? Je ne crois pas…) se sont identifiés à Bob. Ils voulaient eux aussi partir, même si l’Amérique d’alors faisait moins rêver les français que les jeunes anglais, mais ils sont restés et avec beaucoup de chance, ils ressemblent aujourd’hui à Daniel. Une vie est passée.

 


C’était sans doute la première fois que l’on voyait deux hommes nus s’embrasser dans un lit. L’un aurait pu être le fils de l’autre et ils s’aimaient ; ça, on ne l’a pas beaucoup revu depuis. Il est étonnant de voir combien le cinéma gay comporte peu d’histoires d’amour intergénérationnelles, comme on dit maintenant. Est-ce l’un des derniers tabous ? 
Ce film, célèbre en son temps, a disparu des écrans. Pourquoi ? Est-il devenu obsolète ou dérangeant ? Il n’existe qu’un DVD américain maisdépourvu de sous-titres français.
Il se passe en un temps qui me parait si ancien, si différent de nos jours. La libération sexuelle balbutiait. Sida était quatre lettres dénuées de sens. Dans une Angleterre d’avant Margaret Thatcher et Tony Blair qui venait d’à peine prendre conscience que sa grandeur lui avait échappé et que son empire s’était évanoui, mais où pourtant on pouvait avoir le sentiment que s’inventaient les prémisses de la civilisation du lendemain. Mais le royaume se sentait surtout menacé par la grisaille de ce fameux dimanche britannique avec sa tacite loi qui voulait que le repos soit associé à l’ennui.
Le film a mûri de longues années et son tournage ne fut pas simple comme l’expliquait John Schlesinger à sa sortie : « L’histoire du film a commencé il y a presque dix ans, au moment où je venais d’achever Billy Liar, Penelope Gilliat m’avait apporté un scénario intéressant, que je n’ai pas retenu à l’époque mais dont les éléments de base m’ont amené beaucoup plus tard, à tourner Sunday Bloody Sunday. Aussi en 1967 j’ai demandé à Penelope Gilliat de préparer un nouveau script. Je voulais faire un film sur l’amour avec un homme et une femme d’un certain âge, ayant des racines dans une société stricte, lui parce qu’il était juif, elle parce que son père était banquier, et se trouvant chacun confronté à un garçon d’une vingtaine d’années, très moderne, sans attaches et psychologiquement disponible... Il était important pour moi que ce garçon rêve d’Amérique... J’ai travaillé en étroite collaboration avec Penelope Gilliat et nous avons fait ensemble quatre scénarios avant la version définitive. Dès le début néanmoins, nous étions d’accord pour montrer les dix dernières journées d’une crise et pour respecter l’unité de temps et de lieu... Après le tournage, lorsque nous avons vu le film bout à bout, ça n’allait plus. Le jeu de Glenda était trop fort et celui de Murray trop faible. Étant responsable de ce déséquilibre, j’ai coupé mais ce n’était pas suffisant et j’ai eu l’idée de donner du papier collant à Murray. Avec ce scotch enroulé autour de la main, il créait un objet, il pouvait ainsi montrer ce goût de la manipulation, des gadgets, en accord avec le métier de sculpteur qu’il incarne dans le film... 

Je suis fatigué de voir des films où les homosexuels sont des hommes malheureux, hystériques et dont le public peut et doit penser qu’ils sont des monstres. Je crois qu’il était temps de montrer sans tricher un fait naturel de la vie...
C’est un film optimiste. Alex décide de rester seule, et c’est en définitive un choix. Quand au médecin, il sait que le garçon ne l’accompagnera pas en Italie, mais malgré tout, il apprend l’italien et il fera le voyage. À la fin du film, il s’adresse au spectateur et lui dit en substance : “Ne me jugez pas, ce n’était pas grand-chose.” et il ajoute : “Je suis seulement venu pour ma toux.” Cela parce que c’est lui qui est devenu le malade, mais sa maladie n’est pas bien grave. Seuls, nous le sommes tous, l’essentiel est de chercher, de trouver un compromis pour supporter cette condition.
 »


Plus que par l’intrigue, fort mince, le film est remarquable par sa plongée dans des milieux bien particuliers du Londres de 1970 : les drogués, la bohème artistique, la bourgeoisie la plus compassée... On constate alors que John Schlesinger est dans la droite ligne de la prestigieuse école du documentaire anglais qui doit tant à Robert Flahertie et qui a donné David Lean, John Grieson, Pat Jackson, Thorold Dickinson qui ont engendré le free cinéma des Tony Richardson, Richard Lester, Clive Donner dont John Schlesinger est l’héritier direct. Avant d’être un raconteur d’histoire, il est un observateur des mœurs et cela dès son premier film Terminus, un documentaire sur la gare de Waterloo à Londres qui lui valut un Lion d'Or à Venise en 1961, et plus encore avec Billy Laird qui racontait la découverte de Londres par un jeune provincial. Lorsque le réalisateur présente Un Dimanche comme les autres, il est auréolé de l’immense succès remporté l’année précédente par son Macadam Cowboy pour lequel il remporta trois Oscars, celui du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure adaptation. Il lui aura fallu aller aux USA pour instiller l’homosexualité dans un de ses films. Elle sera aussi présente, mais plus discrète dans Marathon man.
À son talent de cinéaste, Schlesinger ajoute celui de découvreur de talents ; Daniel Day-Lewis, âgé de treize ans fait sa première apparition à l’écran dans Un Dimanche comme les autres,c’est le garçon dont on célèbre la bar-mitsva. Julie Christie, Alan Bates, Tom Courtenay, Rita Tushingham lui doivent beaucoup, sans oublier Terence Stamp qui aurait sans doute été plus convaincant que Murray Head dans le rôle de Bob, l’objet de tous les désirs qui, en outre, parait un peu trop âgé pour incarner la légèreté de la jeunesse. 


Le seul (peut-être) point faible du film est que nous avons un peu de mal à nous convaincre que Murray Head puisse provoquer une telle passion chez un homme et une femme de cette qualité, qu’il bouleverse la vie de l’un et de l’autre. Mais ne nous sommes nous jamais dit que l’objet de notre amour ne nous méritait pas ? Ainsi l’histoire d’amour passe au second plan derrière la subtile peinture de mœurs même si nous voyons bien que c’est pour échapper à la pesanteur de l’establishment que Alex et Dany s’entichent de ce médiocre gigolo.
Mais Bob est-il ce médiocre gigolo ? Se vit-il ainsi ? Ses velléités artistiques sont-elles sincères ou sont-elles des leurres pour se mentir comme pour mentir à ceux qui l’aiment ? Le film ne répond pas à ces questions et laisse le spectateur libre de son intime conviction. À la fin, il semble que Daniel, apaisé, se soit convaincu que la beauté de son amour résidait dans le pari qu’il avait fait sur le jeune homme. À ce moment, le film est aussi audacieux dans la forme que dans le fond puisque c’est en regardant la caméra que Daniel exprime la leçon de vie qu’il tire de cette aventure : « Les gens me disent : il ne t’a jamais rendu heureux. Moi je leur dit : mais je suis heureux. Excepté qu’il me manque. Toute ma vie j’ai cherché quelqu’un de courageux et de débrouillard. Il n’était pas ce quelqu’un. Mais il a quelque chose. Nous avions quelque chose. »
Peut-être plus que l’amour, le sujet profond du film est la solitude, la solitude des dimanches anglais d’alors. Bob, lui est à l’âge d’être hors dimanche. Pour lui cette solitude est une fête. Il est la disponibilité même, allant de Daniel à Alex, sans mensonge, en donnant ce qu’il appelle l’amour. Il donne ce qu’il peut donner, bien trop peu, par rapport à ce que Daniel et Alex espèrent...
L’intelligence du cinéaste est d’avoir réussi à personnifier cette solitude par le téléphone en en faisant un personnage à part entière, à la fois technologique mais surtout humain par l’intermédiaire de la standardiste (Bessie Love) des abonnés absents.
Le film nous suggère que la solitude serait le prix à payer pour la lucidité, pour la vérité... Pourtant Daniel dit : « Tout est préférable à l’absence d’amour. » Mais de quel amour parle-t-il ?
Schlesinger a l’art de nous en dire beaucoup par le seul truchement de l’image, comme dans cette scène où un prostitué arrête la voiture du docteur, bloquée à un feu rouge, la gêne de celui-ci, son geste impatient pour le faire monter quand l’arrivée d’un policeman risque de provoquer un scandale, son lâche soulagement quand il constate que le garçon s’est enfui... Nous en apprenons ainsi plus sur la psychologie de Dany et sur la société anglaise que par bien des dialogues.

Un Dimanche comme les autres est un film qui supporte de nombreuses visions sans en perdre complètement ses mystères comme celui, par exemple, de son titre original l’énigmatique : Bloody Sunday, soit « dimanche sanglant ». Il serait erroné d’y voir une allusion au tristement célèbre dimanche sanglant d’Irlande du nord, celui-ci s’étant déroulé en 1972, un an après la sortie du film. On ne voit pas bien ce qui le rapproche de l’autre célèbre dimanche sanglant de l’histoire celui du 22 janvier 1905 lorsque à Saint-Pétersbourg la troupe ouvrit le feu, faisant de nombreux morts parmi les ouvriers qui manifestaient pacifiquement, marchant vers le Palais d’hiver du tsar Nicolas II pour lui demander des réformes. Sinon qu’il pourrait arriver la même chose en Grande-Bretagne, frappée à ce moment-là par une grave récession économique, présente dans le film par des bulletins d’information de la radio et de la télévision, traitant de ce sujet, que l’on entend plusieurs fois en fond sonore.
Un Dimanche comme les autres est un film extrêmement ouvert qui ne juge pas et encore moins condamne, invitant ses spectateurs à considérer ces trois protagonistes à la recherche du bonheur (empêtrés dans les paradoxes, parfois drôles, parfois déchirants) de leur vie, selon leurs propres critères et leur propre histoire.
C’est l’œuvre la plus personnelle du cinéaste, d’ailleurs c’est ainsi qu’il le considérait. Le personnage de Daniel ressemble beaucoup au réalisateur, comme lui il est juif et homosexuel, comme lui il a une passion pour la musique classique et en particulier l’opéra. La musique de Mozart est très présente dans le film.
Plus de trente-cinq ans après sa sortie, alors que John Schlesinger, décédé en 2003, connaît un immérité purgatoire artistique, ce qui frappe en revoyant Un Dimanche comme les autres c’est que outre sa grande qualité, il n’a rien perdu de sa singularité cinématographique.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La Bande annonce
 

 

Le film

 

 

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Publié dans cinéma gay

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