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Markus Bolingmo (2)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Markus Bolingmo (2)
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sur les pas d'Alix au Machu Pichu

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sur les pas d'Alix au Machu Pichu
sur les pas d'Alix au Machu Pichu
sur les pas d'Alix au Machu Pichu

Je ne suis pas peu ému d'avoir mis, il y a quelques semaines, mes pas dans ceux d'Alix. 

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JEUNESSE hustler de PHILIP-LORCA DI Corcia

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 
Philip Lorca di-Corcia (1951) est un photographe américain vivant à New York et professeur à l'Université de Yale, au Connecticut. En 1993, il a présenté Husler son exposition au MoMA Huslers. 
 
 
 
 
Formé à l'école du Musée des Beaux-Arts de Boston, où il a obtenu en 1975 son diplome en art.
 
Dans les années 1990, lorsque les groupes les plus conservatrices américain ont attaqué le gouvernement américain qu'ils accusaient de financer des expositions qu'ils considéraient pornographiques comme celles de Robert Mapplethrope, Philip Lorca a obtenu une subvention de la National Endowment for the Arts.Avec laquelle il est allé à Los Angeles, Santa Monica Boulevard, il chercha jeunes prostituées à qui il a proposé de payer, mais de ne pas avoir des relations sexuelles, mais d'aller faire une séance photo.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


 
 
 
Le Musée d'Art Moderne MOMA exposé 25 de ces photographies en 1993 sous le titre "Hustlers".  Chacune était accompagnée du nom du jeune homme, de celui de sa ville natale, de son âge, et combien il avait payé pour ses services. Entre 20 et 30 $. "Si vous obtenez quelque chose, vous donnez quelque chose enretour», at-il dit lors de la présentation de l'exposition.
 
 
Philip Lorda a exposé dans les plus prestigieux musées du monde ou galeries d'art, dont le MoMA à New York, le Reina Sofia à Madrid, le Centre National de la Photographie à Paris et la Whitechapel Art Gallery, Londres.
 
 
 
 
 
 
 
 

Plus d'informations sur le photographe Philip Lorca diCorcia:     http://www.davidzwirner.com/artists/philip-lorca-dicorcia/

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Otto Rethel

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Otto Rethel, 1877 - 1949, Knabe mit Schaf (Boy with Sheep) 1903

Otto Rethel, 1877 - 1949, Knabe mit Schaf (Boy with Sheep) 1903

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Quand Cabu faisait de la pub

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Une Pub pour les sous-vêtements Jil  dessinée par Cabu parue dans Pilote # 624 en 1971.

Une Pub pour les sous-vêtements Jil dessinée par Cabu parue dans Pilote # 624 en 1971.

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Repos sur la plage

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Repos sur la plage
Repos sur la plage
Repos sur la plage
Repos sur la plage
Sanary, septembre 2015

Sanary, septembre 2015

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garçon inconnu peint par un inconnu

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garçon inconnu peint par un inconnu

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Le baton de Plutarque de Juillard et Yves Sente (réédition complétée)

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Le baton de Plutarque de Juillard et Yves Sente

Sous le titre énigmatique « Le bâton de Plutarque », pas très bon ce titre malgré sa caution historique, Yves Sente, scénariste de la nouvelle aventure de Blake et Mortimer, a eu l'ingénieuse et courageuse idée de concocter une préquelle à la Saga jacobsienne. Il l'a située chronologiquement immédiatement avant « Le secret de l'espadon ». Le bâton de Plutarque commence très précisément au printemps 1944 (avant le débarquement allié). Nous sommes donc à la fin de la deuxième guerre mondiale, avant la troisième qui verra nos héros se mesurer au redoutable tyran asiate qu'est Basam Damdu. Ce nouvel album se termine 90 minutes à peine avant le début du "Secret de l'Espadon". Il devient ainsi le premier à lire si l'on veut respecter la chronologie de la geste jacobsienne. L'idée de cette gageure est venue à Yves Sente, redoutable analyste et connaisseur de l'univers de Jacobs, quand il s'est aperçu qu'il y avait des incohérences dans la saga des deux héros, en particulier dans « Le secret de l'espadon » diptyque dessiné dans l'urgence. Sente a remarqué par exemple qu'il n'y est pas expliqué pourquoi Olrik identifie immédiatement l'Espadon dès qu'il le voit. De même, plus loin dans le récit, on découvre qu'Olrik connait déjà Blake mais on ne sait pas dans quelles conditions ils se sont rencontrés. Pas plus qu'on ne sait d'où vient le capitaine Asso qui espionne Olrik pour le compte de Blake et Mortimer? On en apprendra aussi plus sur les origines d'Olrik, le méchant récurrent. Les interrogations d'Yves Sente sont allées très loin ainsi d'après ses déclarations il s'est toujours demandé comment avec leur salaire les deux compères pouvaient vivre à Hyde Park (je me demande si dans cette question ne se glisse pas un peu de jalousie de la part d'Yves Sente, pourtant avec les royalties que lui procurent ses albums de Blake et Mortimer, il pourrait dorénavant y loger sans peine...). Et bien la réponse est dans le bâton... Vous que ces questions tarabustaient, que dis-je angoissaient depuis la parution du « Secret de l'Espadon », soit depuis 1946, vous allez enfin avoir les réponses dans ce nouvel opus des pérégrinations du duo so british et... pouvoir mourir tranquille. Cet album quasiment ordonne qu'immédiatement après avoir dévoré « Le bâton de Plutarque » vous êtes mis en demeure de redécouvrir « Le secret de l'espadon » à la lumière de toutes ces révélations. 

Le baton de Plutarque de Juillard et Yves Sente

Aventure échevelée ne veut pas dire aberration historique. C'est dans les lieux les plus mythiques de la résistance britannique au Troisième Reich que nous entraine ce bâton de Plutarque, à commencer par la Station X, la fameuse base secrète située à Bletchley Park dans le Buckinghamshire où travaillaient les casseurs de code dont le fameux Turing (qui malheureusement ne passe pas dans l'album) chargés de décrypter les messages échangés par les allemands grâce à leur machine Enigma. On visite également le fameux Cabinet of War de Winston Churchill). Bletchley Park, ce lieu crucial pour l'issue de la seconde guerre mondiale (ici la deuxième) est très bien décrit dans cet énorme roman qui ne ressemble à aucun autre qu'est « Blitz » de Connie Willis. Par ailleurs Turing a inspiré une formidable bande dessinée méconnue: « Le théorème de Morcom » de Goffin et Peeters, parue en 1992 aux Humanoïdes Associés... Lors de la visite de Blake à Bletchley Park on apprend ainsi que les alliés on sciemmentlaisser certains de leurs bateaux être coulés par les sous-marins ennemis pour que les allemands ne s'aperçoivent pas que les anglais avaient décrypté leur code. Yves Sente brouille constamment les pistes mêlant les faits des lieux et des personnages historiques (Churchill) à de la pure fiction ainsi, si le prototype allemand a bien existé en revanche l'avion de Blake qui l'affronte en un spectaculaire combat aérien au dessus de Londres est une pure invention. Juillard est devenu un maitre de la bande dessinée d'aviation depuis le remarquable « Mezek ».

Le baton de Plutarque de Juillard et Yves Sente

Quant au bâton de Plutarque du titre il vient de l'antiquité. Chez les Spartiates, le bâton de Plutarque, également connue sous le nom de scytale, était un bâton de bois utilisé pour lire ou écrire une dépêche chiffrée. Considérée comme le plus ancien dispositif de cryptographie militaire connue, elle permettait l'inscription d'un message chiffré sur une fine lanière de cuir ou de parchemin que le messager pouvait porter à sa ceinture. Après avoir enroulé la ceinture sur la scytale, le message était écrit en plaçant une lettre sur chaque circonvolution. Pour le déchiffrer, le destinataire devait posséder un bâton d'un diamètre identique à celui utilisé pour l'encodage. Il lui suffit d'enrouler la scytale autour de ce bâton pour obtenir le message en clair. Il s'agit de l'un des plus anciens chiffrements de transposition ayant été utilisé. Plutarque raconte son utilisation par Lysandre de Sparte en 404 av. J.-C.

Il est amusant de constater que dans la saga de Blake et Mortimer la Grande Bretagne semble être toujours (et pour toujours) la première puissance mondiale. On trouve cette même configuration géopolitique dans la perle de la bande dessinée britannique qu'est « Ministère de l'espace » de Warren Ellis et Chris Weston. Il n'est jamais question de l'URSS et de son bon petit père des peuples quand à l'Amérique, elle est citée une fois comme fournisseuse de Matériels. Puis à la toute fin par coupures de presse pour avoir lancé la bombe sur Hiroshima. 

Le baton de Plutarque de Juillard et Yves Sente

Plus qu'une aventure classique de notre cher duo « Le bâton de Plutarque » nous informe de leurs faits, héroïques certes, il ne pouvait en être autrement, durant la deuxième guerre mondiale. Ce qui relève proprement de l'aventure, un épisode d'espionnage, est, tout en se fondant parfaitement dans la grande Histoire, puisqu'elle se greffe fort habilement sur des faits authentiques, est très archétypale pour ne pasdire caricaturale des prouesses habituelles du duo; en outre elle n'instille aucun suspense, contrairement par exemple au serment des cinq lords par exemple.

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Le bâton de Plutarque est un véritable tournant en ce qui concerne les scénarios des albums de Blake et Mortimer. « Le secret de l'Espadon », premier album dessiné par Jacobs se situait dans un autre monde que le notre. Avec cette vingt troisième aventure on est sciemment dans notre univers ou plutôt un univers uchronique. Une des règles de l'uchronie est de présenter clairement le point de divergence avec l'Histoire que l'on connait. Ce n'est pas le cas dans le bâton de Plutarque. Alors comment expliquer l'émergence de ce dictateur asiate, certes on peut l'envisager par les troubles dans la Chine des années Trente, ce serait un seigneur de la guerre qui aurait réussi mais où sont passé Mao et Tchang. Comment imaginer que le Japon impérialiste d'alors ne se soit pas intéressé à ce tyran? En introduisant des personnages historique Yves Sente a fait entrer le facteur temps dans la saga. Ce qui me paraît très problématique ne serait-ce que pour deux raisons, la première est que le temps n'est pas élastique; la concentration sur vingt ans des prouesses du duo devrait en toute logique en limiter le nombre, la seconde est qu'il faudrait pour être cohérent faire vieillir les personnages alors que jusqu'à présent ils sont identiques de 1945 à 1967, date à laquelle Yves Sente et la rédaction de la très intéressante revue Casemate situent la fin des « 3 formules du professeur Sato ».  

Le baton de Plutarque de Juillard et Yves Sente

Le dessin de Juillard (je reviendrai sur cette attribution) est très réussi. On voit que chaque case est extrêmement soignée, qu'elle est pensée pour elle-même maisqu'aussi elle s'inscrit dans l'esthétique très géométrique de chaque double pages. La mise en couleur très recherchée aux tons subtils et cassés fait que chaque double page peut être vu comme une unité fragmentée, une sorte de cubisme appliqué à la bande dessinée. Les textes très nombreux dans l'esprit de ceux que l'on trouvait dans les albums dessinés par Jacobs équilibrent le tout. Les dialogues sont dans des philactères à fond blanc alors que les récitatifs sont posés sur des fonds colorés toujours en harmonie avec la case et la page dans lesquelles ils s'insèrent.

Le baton de Plutarque de Juillard et Yves Sente

Le choix comme couverture du combat aérien au dessus de Londres est peu représentatif du contenu réel de l’album. Il semble essentiellement guidé par la filiation voulue avec le cycle de l’Espadon, également doublement illustré par les deux appareils créés par Jacobs le Golden Rocket et l'Espadon qui illustrent couverture de chacun des albums qui compose le diptyque du « Secret de l'Espadon. La couverture de la 23 ème aventure de Blake et Mortimer n'est pas sans rappeler celle de « La grande menace » signée Jacques Martin en 1954.

Au risque d'être accusé de lèse majesté on ne peut que constater pourtant que le rendu des pages dessinées par Juillard et son équipe est supérieur à ceux dessinés par Jacobs. Quand on y réfléchit rien de plus normal à cela. Les moyens mis en oeuvre pour réaliser un album de Blake et Mortimer sont bien supérieurs à ceux dont disposait Jacobs qui travaillait seul. Si on regarde attentivement les pages de garde du « Bâton de Plutarque » outre les noms d'Yves Sente et d'André Juillard on voit apparaître ceux d'Etienne Schréder pour l'encrage des décors et de Madeleine Demille pour les couleurs, de Marie Aumont pour le lettrage... Il n'est donc pas étonnant que nous soyons en présence d'un bel ouvrage...  

Le baton de Plutarque de Juillard et Yves Sente
 
où l'on assiste à la première rencontre entre Blake et Olrik HISTORIQUE

où l'on assiste à la première rencontre entre Blake et Olrik HISTORIQUE

Commentaires à la première édition du billet

Andrée07/01/2015 17:21

Cet album fait oublier le consternant "L'onde Septimus", tant au point de vue sujet que dessin, Aubin n'ayant pas eu assez de temps pour le dessiner seul. Pour "Le Bâton de Plutarque", il est vrai que dater trop précisément les aventures de Blake et Mortimer provoque des enchaînements risqués ; voir à ce sujet les discussions et analyses très pointues des membres du site www.centaurclub.com, dédié à E.P.Jacobs.
Pour les amateurs de beaux livres, je conseille la petite maison d'édition Ludovic Gombert qui édite tous les albums des repreneurs de B&M en toilé rouge, quantité limitée, numérotés, avec bonus et ex-libris signés des auteurs. Superbe (voir www.boutique.ludovicgombert.com).
Cordialement

 

B.A.08/01/2015 17:56

Je vous remercie de votre témoignage.

 
 

Andrée08/01/2015 17:39

Pour discuter avec de nombreux petits éditeurs dans les Salons et commencer à comprendre leurs problèmes et (nombreux) soucis, je voudrais prendre leur défense et expliquer qu'ils ont à payer une licence aux grosses maisons d'édition, payer les imprimeurs, payer les signatures des auteurs sur les ex-libris, ex-libris eux-mêmes imprimés donc là aussi payés, parfois une couverture inédite redessinée par l'auteur est également à régler, les bonus et le toilé des beaux albums ont un coût...sans compter les heures passées à revoir, nettoyer, chaque vignette d'un album avant envoi à l'imprimeur ; tout ceci explique qu'ils ne peuvent absolument pas, surtout pour des quantités limitées et numérotées, vendre des albums de collection au prix d'un album "ordinaire".
Quant aux albums d'autres maisons d'édition qu'ils revendent, il s'agit souvent d'albums devenus rares ou très cotés.
Vouloir faire du "beau" est devenu un pari très difficile pour ces petites structures et d'ailleurs de plus en plus disparaissent, hélàs (dans ma région, "L'Apart" à Turquant (49) a fermé à son tour comme bien d'autres).
Cordialement

 
 

B.A.07/01/2015 17:43

Vous êtes bien sévère pour L'onde Septimus que je vais relire. En cherchant vous trouverez ma critique sur le blog. En effet le bâton de Plutarque est supérieur mais mon Blake et Mortimer préféré (post-Jacobs) est le serment des cinq lords (critique également sur le blog). Les liens que vous indiquez sont très recommandables en particulier celui des érudits du centaure club. 
Quant aux éditions Ludovic Gombert ils font du beau travail mais si leurs belles affiches sont à un prix très raisonnable leurs livres sont tout de même d'un cout prohibitif.

 
 

xristophe13/12/2014 15:01

Au moins le plaisir de lire votre recension d'amateur passionné méticuleuse, cher BA, et d'admirer quelques images - car pour moi je n'ai jamais été trop féru de ces aventures dépourvus d'humour (sinon parfois involontaire) des amis Blake et Mortimer et me suis si ennuyé l'an dernier dans le fameux nouvel album que j'ai mis à peu près six mois à lire... que je ne recommencerai pas cette année...

 

B.A.14/12/2014 08:52

Je suis toujours resté premier dégré je crois que j'en suis même un militant; voyant dans la recherche effréné du second degré une des causes de la décadence de l'occident européen.
Votre idée oulipienne est excellente (oulipo appliqué à la bande dessinée se nomme l'oubapo). Burns l'a fait pour un de ses albums.

 
 

xristophe13/12/2014 19:34

Je les ai rencontrés trop tard : le premier degré de l'enfance magique me manque. Le hiatus est si grand, pourtant (un déchirement !) entre la qualité du dessin et le reste - à mes yeux d'aujourd'hui - que je songeais à une époque récente à cet exercice (oulipien?), dure contrainte, de refabriquer les dialogues - et toute l'histoire ! - sur le luxueux canevas iconique ! (Mais je n'ai même pas commencé...)

 
 

B.A.13/12/2014 17:09

Tout de même la marque jaune lu enfant c'est quelque chosemais même à un âge respectable il me semble que le serment des cinq lords est une judicieuse lecture, j'ai du le chroniquer sur le blog.

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Jack Wilson et Henry Owen pour iD

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Jack Wilson et Henry Owen pour iD
Jack Wilson et Henry Owen pour iD

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Sparte tome III, Ne pas craindre la mort de Christophe Simon & Patrick Weber

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Sparte tome III, Ne pas craindre la mort  de Christophe Simon & Patrick Weber

Je suis ébahi qu'une oeuvre de cette qualité sorte en quasi catimini alors que d'autres, de moindre envergure apparaissent avec fanfares et trompettes. Mais visiblement comme le dit le cher Michel Ciment, Christophe Simon n'a pas "la carte". C'est grâce à mes baguenaudages sur la toile que j'ai appris que la suite (et la fin) de série Sparte était parue.

Dans ce billet, je ne vais pas répéter ce que j'ai déjà écrit dans les recensions des deux premiers tomes (1), vous pourrez utilement vous y reporter mais m'intéresser aux spécificités de cette ultime livraison et appréhender l'oeuvre dans son ensemble maintenant que nous pouvons la lire dans sa totalité.

Il faut vraiment lire les trois ensemble en raison de la complexité de l'intrigues ou plutôt des intrigues entremêlées et du défaut majeur de la narration, son manque de fluidité. Si le récit se tient bien et que ces trois albums se suffisent en eux même on peut néanmoins penser que la fin du dernier album ne conclut pas la geste puisqu'il se termine  par exemple avec la promesse d'Agésilas de se venger de son frère (voir case immédiatement ci-dessous).




Ou avec le départ du jeune Icare à la poursuite de Dorkis. Lui aussi veut se venger (case immédiatement ci-dessous). En outre la toute dernière case est assez énigmatique.

Cela laisserait-il espérer une deuxième époque; la première étant close avec ce troisième album. Mais si c'est ce que les auteurs ont dans la tête, il faudra être patient puisque actuellement Simon est attelé à la reprise de Corentin, la sortie de cet album reprise ne devrait pas trop tarder.

Voyons maintenant le résumé du scénario de "Ne pas craindre la mort" qui ne simplifie pas l'intrigue bien au contraire. J'ai mauvaise grâce à me plaindre d'un scénario riche pour ne pas dire obèse à l'indéniable ambition dramatique et historique, alors que j'ai regretté que certains scripts d'Alix par exemple soient étiques ou que Murena ne fasse pas assez d'embardées fictionnelles par rapport à l'Histoire, mais là Wéber y va tout de même un peu fort rajoutant sans cesse de nouveaux personnages, heureusement il en fait mourir quelques uns...

Sparte tome III, Ne pas craindre la mort  de Christophe Simon & Patrick Weber

Grace au chasseur de primes Diodore, le roi de Sparte Nabis a fait arrêter son ennemi Agésilas, qui menait la tête d’un groupe de frondeurs à son autorité. Il a ainsi découvert qu’Agésilas était une femme… et il entend bien la reléguer au rang de servante pour l’humilier plus encore. Il la rebaptise Athanasia et montre sa vraie nature à l’un de ses lieutenants… qui préfère la mort plutôt que d’endurer la honte d’avoir été dirigé par un vagin ! En marge de cette machiavélique vengeance, Nabis reçoit une proposition d'alliance du roi de Macédoine. En échange, il lui offre la garde de la ville d’Argos. Nabis accepte, évidemment, et y place son général Alexandros en tant que gouverneur. Pendant ce temps, Diodore comprend qu’en trahissant Agésilas, il a été roulé dans la farine. Car Dorkis, le fils d’Hélène kidnappé, ne lui a pas été rendu pour autant. Dorkis a intégré le redoutable centre de formation des guerriers spartiates. Désormais, il apprend à combattre jusqu’à la mort, et il se révèle progressivement doué pour cette vie d’abnégation…

Sparte tome III, Ne pas craindre la mort  de Christophe Simon & Patrick Weber
Sparte tome III, Ne pas craindre la mort  de Christophe Simon & Patrick Weber
Sparte tome III, Ne pas craindre la mort  de Christophe Simon & Patrick Weber

 

 

Le dessin de Simon est toujours aussi somptueux aussi bien en ce qui concerne les décors que les anatomies. A propos de ces dernière il me semble que Simon a tendance à faire les torse un peu trop long ou les jambes un peu trop courtes. Toujours à propos des corps, les ligues de vertus ont du souffler. Le dessinateur a rhabillé ses spartiate, plus de bites, pardon plus de nudité frontales, alors que dans le premier tome, elles se comptaient par dizaines (ci dessus une case du tome III et ci-dessous du tome I).

 

La géographie de la page est toujours aussi inventive et généralement très réussie avec ces cases qui servent de fond à d'autres cases; ceci n'est pas sans rappeler un procédé cher aux comics américain, appliqué à une histoire antique comme Sparte, où les scènes d'action ne manquent pas c'est très efficace et de surcroit plaisant à l'oeil, toutefois le dessinateur aurait pu éviter la case ronde en milieu de planche. Ce n'est guère heureux. On n'avait pas vu cela depuis Bécassine!

Il est dommage qu'a l'instar de son mentor, Jacques Martin, le duo Simon Weber n'est pas vu les bienfaits de la pose dans l'action, car si l'intrigue est bien ficelé, avec dilemme cornélien, fils cachés, lourd secret de familles, félons à la pelle et sang en flot contrairement au modèle martinien, la lenteur n'y a pas sa place. Les dialogues des fondateurs de l'école belge étaient certes ampoulés et abondants mais écrit dans un bien plus beau français que ceux proposés ici par Weber mais il avait le mérite de faire s'attarder le lecteur sur l'image dans laquelle le dessinateur pouvait faire abonder le détail.

Les couleurs, qui ont été vraisemblablement appliquées grâce à un programme informatique par Simon lui même, sont réussies, à la fois cassées et claires, très agréables pour les yeux.

chistophe simon

Christophe Simon : autoportrait à gauche dans le premier tome de la série

Historiquement non seulement situer une bande dessinée au deuxième siècle avant J.C est original mais en plus relativement tranquille pour le dessinateur car si je ne m'abuse, on ne sait pas grand chose à quoi pouvait ressembler la cité lacédémonienne en ce temps là. Il reste que la reconstitution de Sparte proposé par Simon est très crédible.  Les colonne rouge, que l'on rencontre au début du tome 1, sont tout de même un peu curieuses et font penser au cités minoènnes...

Pour continuer sur l'aspect historique le seul reproche que l'on peut faire aux auteurs est de ne pas avoir cherché à contextualiser leur histoire. Il aurait suffit d'ajouter 15 ou 20 lignes explicatives par-ci par-là ou un petit mémo historique en fin de volume car nous avons à faire à une période assez méconnue du grand public et même du public éclairé (pour être tout à fait informé sur la question, lire: Edmond Levy, Sparte : Histoire politique et sociale jusqu’à la conquête romaine, Éditions du Seuil. juin 2003. et/ou  le n° 56 de la Revue d'Histoire antique et médiévale, paru en juillet 2011, justement consacré à Sparte), une période de décadence pour Sparte qui vit ses dernière heures de liberté avant de tomber sous la coupe de son allié romain. Les hilotes n'ont plus du tout le même statut qu'à l'époque classique : l'armée de Nabis était constituée d'hilotes et le mercenaires étrangers. En cause : le déclin démographique des Egaux! Nombre d'entre eux avaient perdu leur citoyenneté en raison de leurs dettes, et les réformes des rois Agis et Cléomène n'avaient pas rencontré le succès espéré.

A propos du dernier monarque cité il me semble que le moment est venu d'en parler quelque peu car un des héros de "Sparte" est le petit fils de ce Cléomène que l'on peut considérer comme le dernier grand homme de Sparte.

Cléomène III (en grec ancien Κλεομένης / Kleoménês) a été roi de Sparte de 235 à 222 av. J.-C. Issu de la famille des Agiades, c'est le fils de Léonidas II. On peut considérer Cléomène III comme le dernier roi d'envergure de Sparte. Acquis à l'idée d'une réforme radicale de la société lacédémonienne, il s'est efforcé de lui rendre sa grandeur passée en cherchant à restaurer le projet social et politique de Lycurgue. Dans un premier temps, Cléomène cherche à obtenir des succès militaires face à la ligue achéenne pour que dans un deuxième temps, il puisse bénéficier d’un prestige suffisant afin de mettre en place sa politique de réformes. 

 

Sparte tome III, Ne pas craindre la mort  de Christophe Simon & Patrick Weber
Sparte tome III, Ne pas craindre la mort  de Christophe Simon & Patrick Weber

De retour à Sparte après une expédition en Arcadie, il réussit un coup d’État en 227 qui se conclut par des reformes radicales du système politique afin de restaurer la puissance spartiate. Fidèle à l’esprit réactionnaire de son époque, Cléomène cherche à revenir à la constitution originelle de Lycurgue. Pour ce faire, Cléomène supprime l'éphorat, fait exécuter les éphorestitulaires, avant d'annoncer la restauration des institutions traditionnelles spartiates comme les syssities ou l’agogè. Cléomène procède également à un partage des terres et à une abolition des dettes. Il confère la citoyenneté à 4 000 Périèques ce qui permet de renforcer les effectifs militaires qui s'étaient progressivement effondrés. Dans la continuité, il fait équiper la phalange spartiate à la macédonienne. Contrairement à Agis IV, le règne de Cléomène III est marqué par la guerre lors de la période s’étalant de 229 à 222. Dans la première phase de cette guerre qui est dite cléoménique, son armée fait subir défaite sur défaite à la ligue achéenne dont le chef, Aratos, après la prise d'Argos puis de Corinthe par Cléomène, n'a d'autre solution que de se tourner vers l’ennemi héréditaire des Grecs qui est la Macédoine. Afin de regagner de l’influence dans le Péloponnèse, d’Antigone III Doson répond favorablement à cette proposition. L'intervention de la Macédoine dans le conflit change la donne. Bien que soutenu par l'Égypte lagide de Ptolémée III Evergète, Cléomène est chassé d'Arcadie. La guerre se termine par la déroute spartiate àSellasia en juillet 222. Cette défaite provoque le déclin irrémédiable de Sparte. Cléomène s'enfuit en Égypte où il est reçu par le souverain lagide, son ancien allié. Mais après une tentative de soulever le peuple alexandrin contre le jeune Ptolémée IV en 219, il est arrêté et contraint au suicide.

Sparte tome III, Ne pas craindre la mort  de Christophe Simon & Patrick Weber

L'histoire de Cléomène est connue par Polybe qui pourtant lui est hostile. Les écrits de Polybe ont comme source les Mémoires d'Aratos. Tite-Live voit en Cléomène « le premier tyran de Lacédémone». Plutarque a écrit sa biographie dans ses Vies parallèles en même temps que celle d'Agis IV. Les deux personnages sont mis en parallèle avec les Gracques. Plutarque est favorable à Cléomène III même si cet auteur utilise Phylarque comme source principale avec une certaine prudence.

On peut dire que que les fascistes du xxe siècle ont été fasciné par l'idéal guerrier de Cléomène III ainsi que par sa capacité à régénéré un corps civique malade. Sa politique de violences notamment celle de son coup d'État en 227 a pu servir de modèle à des acteurs politiques souhaitant s'emparer du pouvoir par le force. En revanche, les théoriciens et les acteurs politiques marxistes n'ont pas su intégrer Cléomène III dans leurs corpus idéologique en raison de l'inexistence d'une universalité dans le cadre de sa politique de réformes sociales.

Sparte tome III, Ne pas craindre la mort  de Christophe Simon & Patrick Weber

Les auteurs donnent un véritable documentaire sur les mœurs et l’organisation sociale de la Sparte antique avec par exemple une explication de ce qu'était l'éducation spartiate ou une représentation du lesché, petite fête eugéniste où l’on jetait les bébés dans un précipice lorsqu’ils étaient trop frêles. Avec une variante moins spectaculaire voilà une solution à méditer  de nos jours comme remède aux surcouts sociaux...

C'est un beau tour de force dans le domaine de la bande dessinée historique qu'ont réussi Simon et Weber, à travers des personnages attachant et ayant une véritable épaisseur que de raconter, surtout par l'intermédiaire de Diodore, la fin politique de Sparte. Elle va d'ailleurs précéder de peu la chute de la Grèce, et sa conquête par l'Empire Romain. Même si ces considérations historiques me semblent trop peu valorisées, en dépit du personnage de Nabis (tyran et dernier roi de Sparte) qui reste au premier plan durant toute l'histoire. Et puis ce n'est pas tous les jours que l'on peut se mettre sous les yeux une bande dessinée crypto gay d'ailleurs assez peu crypto...

Sparte tome III, Ne pas craindre la mort  de Christophe Simon & Patrick Weber

Nota

-1 (http://www.lesdiagonalesdutemps.com/article-sparte-de-christophe-simon-et-patrick-weber-84142664.htmlhttp://www.lesdiagonalesdutemps.com/2014/08/sparte-tome-2-ignorer-toujours-la-douleur-de-simon-et-weber.html)

Publié dans Bande-dessinée

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