Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Hernan Bas, Fruits and flowers à la galerie Perrotin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Hernan Bas, Fruits and flowers à la galerie Perrotin
The unlikely winner, 2015

The unlikely winner, 2015

Hernan Bas cette fois en appel aux manes de Huysmans et de son antihéros Jean des Esseintes, qui incarne par excellence la figure de l'esthète reclus. Ce parainage v'est pas évident à la visite de "Fruits and flowers". Si certains tableaux, les meilleurs comme "The rare orchid collector", "Wiltig" ou encore mon préféré "The sunday snail race" d'autres sont plutôt de pimpantes scènes de genre ou d'élégantes natures mortes. Il ne faudrait pas que cet encore jeune artiste, il est né en 1978, s'éloigne par trop de la manière qui a fait immédiatement sa juste notoriété: sa relecture fantasmée de la peinture classique.

William won't tell, 2015

William won't tell, 2015

young man practicing for the cherry pit spitting contest, 2015

young man practicing for the cherry pit spitting contest, 2015

private bouquet, 2015

private bouquet, 2015

Hernan Bas, Fruits and flowers à la galerie Perrotin
odd fruit, 2015

odd fruit, 2015

The rare orchid collector

The rare orchid collector

Bobbing, 2015

Bobbing, 2015

William Won't Tell, 2015

William Won't Tell, 2015

Hernan Bas, Fruits and flowers à la galerie Perrotin
Two fruits, 2015

Two fruits, 2015

Private bouquet (suite of 8)

Private bouquet (suite of 8)

Private bouquet, 2015

Private bouquet, 2015

The sunday snail race, 2015

The sunday snail race, 2015

semi private bouquet, 2015

semi private bouquet, 2015

Hernan Bas, Fruits and flowers à la galerie Perrotin
Paris, octobre 2015

Paris, octobre 2015

Publié dans peinture

Partager cet article

Repost 0

Sophie Mayanne photographie Dylan Gunner

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

 

 

 

 

Publié dans photographe

Partager cet article

Repost 0

des garçons et des chats

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Boy and cat in basket painting
Boy and cat sleeping painting
Picture of a boy and his cat
Picture of a young boy and kitten
Picture of a young boy and his cat
Vintage picture of a boy and his cat

Le temps passé avec un chat n’est jamais perdu.
Sidonie-Gabrielle Colette

Picture of a boy and a cat

Si je préfère les chats aux chiens, c’est parce qu’il n’y a pas de chat policier.
Jean Cocteau

Picture of a boy and his cat
Illustration by William Nicholson from The Square Book of Animals 1900
 William Nicholson
cat and moon

parfois il n'y a pas de garçon...

Die Katze Abendfrieden
 Hans Thoma (1839-1924)

 

Young Boy With A Cat
 Pierre Auguste Renoir – 1868 – Musée D’Orsay

 

photography of a cat by Edward Quigley
Edward Quigley
cat on roof
 
souls of the home
Black Cat in Window
The Real Boy artwork
Erin McGuire

 

Young Harlequin with a Cat
Soungouroff

 

Partager cet article

Repost 0

Karl Maria Schuster (1871-1953) – A Summer Afternoon – 1903

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 Karl Maria Schuster (1871-1953) – A Summer Afternoon – 1903

Publié dans peinture

Partager cet article

Repost 0

Elmgreen & Dragset, Home is the place you left, 2008 à la galerie Perrotin

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Partager cet article

Repost 0

Sur le marché d'Arékipa

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Sur le marché d'Arékipa
Arékipa, Pérou, septembre 2015

Arékipa, Pérou, septembre 2015

pour faire ses dévotions avant ou après son marché

pour faire ses dévotions avant ou après son marché

Partager cet article

Repost 0

Que la jeunesse...

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...
Que la jeunesse...

Publié dans adolescent

Partager cet article

Repost 0

Samuel enseigne à David enfant à jouer de la harpe de Giovanni Gaibazzi (1808 – 1888)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

J'ai trouvé cette surprenante peinture ainsi que l'article qui l'accompagne sur boywiky:

 

Samuele insegna a Davide fanciullo a suonare l’arpa (« Samuel enseigne à David enfant à jouer de la harpe ») est un tableau du peintre italien Giovanni Gaibazzi(1808 – 1888).

Alors que le reste de son œuvre, peu originale malgré une certaine virtuosité, n’a pas sauvé Gaibazzi de l’obscurité où tombent les artistes de seconde zone, on peut considérer qu’il a signé, avec ce tableau particulièrement audacieux, une œuvre unique dans l’histoire de l’art pédérastique.

Cette représentation grandeur nature (95 sur 80 cm) est visible à la Pinacothèque Stuard de Parme.

GAIBAZZI Giovanni - Samuele insegna a Davide fanciullo a suonare l'arpa 1506x1772.jpg

Samuel enseigne à David enfant à jouer de la harpe 
Huile sur toile, 95 × 80 cm 
Parme, Pinacothèque Stuard

David est ici un jeune garçon potelé d’une douzaine d’années, presque nu, positionné entre les cuisses du prophète hébreu Samuel. Les deux personnages sont seuls devant un paysage de montagne. L’artiste les a représentés plus ou moins en taille réelle, les jambes étant coupées par la limite inférieure du tableau.

Samuel apparaît comme un homme vigoureux, chevelu et barbu, donc loin encore du vieillard qui sur l’injonction divine désignera Saül, puis David, comme rois des Hébreux. Torse nu, il a le bas du corps dissimulé par les plis d’une sorte de tunique verte. Quant au garçon, son vêtement bleu est presque complètement détaché et flottant, ne couvrant opportunément que le bas-ventre.

Les yeux au ciel, David joue d’une harpe que Samuel tient de la main gauche. Mais le point crucial de l’œuvre réside dans l’autre main du prophète, posée en une large caresse sur la hanche nue du garçon, et l’enserrant délicatement : le geste est si caractérisé, confirmé par le regard passionné de Samuel vers le visage de l’enfant, qu’on ne peut éviter ni évacuer une interprétation érotique. Le mouvement des deux corps, inclinés l’un vers l’autre, accentue cette perception d’une étreinte voluptueuse.

Puisque celle-ci s’impose, on est ensuite fondé à l’approfondir par l’observation de détails d’abord moins visibles, et par un questionnement qui accompagne l’intention manifeste de l’artiste. Pourquoi avoir mis en relief, par ces cheveux et cette barbe drus et noirs aux reflets roux, la virilité de l’homme ? Pourquoi et comment la tunique des deux protagonistes est-elle tombée de leurs épaules ? La jeune hanche dénudée peut-elle avoir une autre signification que sensuelle ? Quels gestes suggèrent la main droite de David, la main gauche de Samuel ? Et finalement, quelle initiation symbolise ce tendre « enseignement » d’un homme à un garçon ?

La pointe finale, bien sûr, est dans le titre. Si le tableau représentait Apollon enseignant l’un de ses jeunes amants, ou Phénix éduquant le petit Achille, la représentation aussi clairement sensuelle d’un couple homme-garçon aurait déjà été remarquable. Mais il s’agit là de deux personnages parmi les plus sacrés desreligions monothéistes : imaginer entre eux une relation amoureuse relève dès lors, pour bon nombre de fidèles, d’une forme de sacrilège. Alors que pour des esprits plus ouverts, voyant la sexualité d’une façon plus positive, cette interprétation paraîtra au contraire pleinement humaine et respectable.

Dans des notes de voyage publiées sur l’internet en 2013, l’auteur britannique Janine Ashbless donne un bref compte rendu qui exprime avec lucidité et franchise l’étonnement du spectateur devant une telle œuvre :

We went to another gallery, the Pinacoteca Stuard, where I found one of the most inappropriate and cringingly embarrassing paintings of biblical heroes ever wrought by the hand of man. How I laughed...

"Samuel educates the young boy David to the sound of the harp" (or "Get your hand off my ass, you pervert") by Giovanni Gaibazzi (1808-1888) 
Nous sommes allés dans une autre galerie, la Pinacothèque Stuard, où j’ai trouvé une des peintures les plus inappropriées et répulsivement embarrassantes de héros bibliques jamais réalisée de main humaine. Comme j’ai ri...

« Samuel éduque le jeune David au son de la harpe » (ou « Enlève ta main de mon cul, espèce de pervers ») par Giovanni Gaibazzi (1808-1888) 

 

Les deux mêmes modèles ont posé pour le saint Marc qui orne l’un des quatre pendentifs de la concathédrale Santa Maria del Popolo à Pontremoli, en Toscane (dite encore Duomo di Pontremoli).

Le garçon prête également ses traits à l’ange de saint Matthieu. On remarque que celui-ci est torse nu, comme Samuel, et que l’ange, contrairement à ceux des autres apôtres, est nu.

GAIBAZZI Giovanni - San Marco (Duomo di Pontremoli) 296x444.jpg
  
GAIBAZZI Giovanni - San Matteo (Duomo di Pontremoli) 296x444.jpg
Saint Marc
Fresque, 400 × 350 cm
   Saint Matthieu
Fresque, 400 × 350 cm

Publié dans peinture

Partager cet article

Repost 0

Retour à Duvert de Gilles Sebhan

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Retour à Duvert de Gilles Sebhan

 

Gilles Sebhan avec ce « Retour à Duvert » a écrit d'une plume élégante une biographie de l'auteur de « Paysage de fantaisie », probe et maline. Maline car Sebhan nous fait entrer dans son atelier de biographe tout en respectant la chronologie de la vie de son modèle, rendant ainsi l'exercice biographique très vivant. Il s'y met en scène et même bat sa coulpe d'avoir été un pleutre en écrivant en 2010 son tombeau à Tony Duvert (1945-2008) qu'était « Duvert, l'enfant silencieux » (4). Il se reproche d'en avoir exclu le mot tabou entre tous de pédophilie par peur que l'on réduise Duvert à cette seule pratique.

Un livre, au delà du texte, est aussi un objet. « Retour à Duvert » est un joli parallélépipède que décore une couverture que l'on pourrait croire, si on la regarde rapidement, artisanale. Dans un style naif, presque enfantin, Gille Sebhan y a dessiné au pastel un portrait de Tony Duvert. La quatrième de couverture reproduit un petit polaroid de chambre de l'écrivain.

Le volume est divisé en deux parties que sépare un cahier de photos qui sont je crois toutes inédites. Dans les deux cents vingt premières pages Gilles Sebhan a écrit une biographie à nulle autre pareille, puis après les quelques rares images de documentant la vie de Duvert nous pouvons lire deux textes de ce dernier. Suit une très pratique et utile bio-bibliographie qui en une dizaine de pages précises et sèches offrent des repères utiles à qui veut se plonger dans l'oeuvre de l'écrivain 

La maison natale de Tony Duvert à Villeneuve le roi (91)

La maison natale de Tony Duvert à Villeneuve le roi (91)

Le lycée Jean-Baptiste Corot à Savigny sur Orge où Tony Duvert termina ses études secondaires

Le lycée Jean-Baptiste Corot à Savigny sur Orge où Tony Duvert termina ses études secondaires

 

D'emblée Sebhan nous apprend que « Retour à Duvert » est né des retombés du précédent livre qu'il avait consacré à Duvert et qui a connu un bon accueil. Cet ouvrage a fait sortir du bois des proches de Duvert, ou du moins des personnes qui ont partagé un moment de sa vie. Leurs confidences a incité Gilles Sebhan à rédiger ce nouvel livre.

Il me semble; qu'encore une fois, il est bon, pour ne pas se rendre coupable d'anachronismes, lors de la lecture de l'essai de Sebhan, de replacer les écrits de Duvert dans le contexte de leur époque, pas si lointaine mais déjà si différente de la notre. Son premier livre, « Récidive », paraît en 1967; le dernier, « Abécédaire malveillant », en 1989, cela après un silence de sept ans « Un anneau d'argent à l'oreille » datait de 1982. Ce n'est pas faire preuve de lèse mémoire que de dire que son dernier livre important est « L'ile atlantique » qui a pour millésime 1979. La parution de l'essentiel de l'oeuvre s'étend donc sur douze ans. Dans cette période on peut avancer, fait presque inaudible aujourd'hui, que la pédophilie était devenue un « Sujet ». Les libraires voyaient arriver par exemple sur leurs tables, en 1974 « Les moins de seize ans » de Gabriel Matzneff (1), en 1982 « Voyage avec deux enfants » d'Hervé Guibert, toujours en 1982, une sorte de pastiche des livres de Duvert, « Nos plaisirs » (2) d'un certain Pierre-Sébastien Heudaux, qui est en fait Mathieu Lindon, fils de Jérôme Lindon. Tous ces titres sont parus aux éditions de Minuit. Dans ces année là, en 1977, même Yves Navarre, pourtant amateur des « culs moustachus » (je ne sais plus si cette expression est de lui ou de Renaud Camus) s'y mettait aussi avec « Les petit galopins de nos corps ». En 1980 un album mêlant texte et photos, signé d'un mystérieux G.F. (en fait le suisse Guido Franco) prônait ce que l'on n'appelait pas encore le tourisme sexuel, dont l'enjeu était ici les jeunes garçons philippins de Manille. J'oublie certainement nombre d'ouvrages que les lecteurs, j'en suis sûr ne manqueront pas de me signaler.

Le rapprochement de Duvert avec ces auteurs me paraît assez oiseux car contrairement à lui, ils ne sont en rien politique. Duvert me parait beaucoup plus proche dans ses essais du philosophe René Shérer (à qui il dédit en 1979, le premier article qu'il signe dans Gai Pied). Shérer développait une pensée dans la lignée du concept de « devenir-enfant » cher à Gilles Deleuze : l'enfant et l'adulte s'enrichiraient mutuellement dans une « compénétration ». Ce qui pourrait être une alternative à l'éducation héritée de Rousseau. Selon cette théorie l'enfant serait autant formateur de l'adulte que l'adulte est formateur, d'autre part Shérer concevait, l'homosexualité dans la lignée Gilles Deleuze comme une pratique subversive, dans un cadre révolutionnaire. Cette conception donnera naissance au F.H.A.R.. En 1972 René Shérer fait paraître « Émile perverti ou Des rapports entre l’éducation et la sexualité ». En 1976, il dirige l'album « Co-Ire : album systématique de l’enfance », puis en 1978, il publie l'essai « Une érotique puérile ». Dans ces années là une revue « Possible » popularise ses thèses.

« Émile perverti » est réédité en 2006 : dans la préface de la nouvelle édition, René Schérer reconnaît que: « L'illusion d'un éden érotique élargi à l'enfance n'a plus aujourd'hui la faveur du public. Sa cote est à zéro. (...) Naguère doté d'une sexualité polymorphe et perverse, le rejeton encore immature est déclaré tout simplement asexué et innocent.(...) Il ne s'agit plus d'ouvrir les jeunes corps au contact des autres, à la chaleur affective des étreintes, mais de les tenir à distance, de les isoler. ». Il ajoute cependant : « L'Histoire procède en zigzag, non par accumulation dialectique. Un fait propre à consoler ceux qui désespèrent. On pourrait espérer une route plus droite! A ce propos l'essais de Sebhan pose en filigrane la question du comment on est passé des délires fourieristes sur l'éducation au lynchage médiatique de pédophiles? Ce qui s'accompagne d'un dénie illusoire, celui de l'éradication de ces gouts. On voit bien que dans ses écrits, au delà de ses propres désirs, Duvert questionnait la place de l'enfant dans la société occidentale.

photo de classe, première littéraire 1961-1962, lycée Jean-Baptiste Corot à Savigny/Orge (91)

photo de classe, première littéraire 1961-1962, lycée Jean-Baptiste Corot à Savigny/Orge (91)

agrandissement de la photo précédente, Tony Duvert à 16 ans

agrandissement de la photo précédente, Tony Duvert à 16 ans

une promenade à Fontainebleau en 1964

une promenade à Fontainebleau en 1964

 

Sebhan nous livre d'émouvants témoignages sur le parcours de cet homme à la personnalité largement méconnue. Ceci en particulier grâce à des lettres que Duvert adressait à une camarade de Lycée. On y découvre un garçon brillant intellectuellement, plein d'entrain qui cultive aussi son corps en faisant des courses en montage. Dans l'une d'elles on voit qu'à 19 ans, Duvert hésitait entre des études scientifiques ou littéraires, il songeait même éventuellement à embrasser la carrière de guide de haute montagne. Cette lettre est particulièrement bouleversante pour nous qui savons qu'elle fut la destiné de ce jeune homme.

Il y a un mystère que met en lumière la correspondance avec cette jeune fille. Environ un an après que le jeune Tony dans la lettre que je mentionne précédemment, lui ait fait le catalogue de tous les possibles qui s'ouvraient à lui, il écrit à son amie, après un long silence, une lettre obscure dans laquelle il dit être occuper à une tâche unique; on sait depuis que c'est l'écriture de ce qui deviendra « Récidive ». Sébhan met d'ailleurs à jour la partie autobiographique de ce premier livre. Duvert annonce que cette occupation, qu'il veut mystérieuse, lui interdit toutes distractions et même toutes relations avec autrui car elles l'éloigneraient de sa tâche. Qu'est ce qui à transformé le jeune homme enthousiaste devant l'avenir en un reclus obsédé par une seule activité? C'est pour moi le plus grand mystère de Duvert. Malheureusement Sébhan ne l'explicite pas. Il doit s'agir d'un choc existentiel, mais de quel ordre? Pas pédophilique en tous cas puisque chez Duvert la pratique pédophile est tardive. Elle aurait commencé qu'en 1975 lors de son premier séjour au Maroc. On apprend qu'en dehors de ces séjours marocains qui s'étendent seulement sur deux ans 1975 et 1976, la sexualité de l'écrivain aurait été uniquement de l'ordre du fantasme sans passage à l'acte. Avant ces voyages il s'adonnait à des pratiques homosexuelles classiques si je puis dire, essentiellement de dragues dans les parcs publics. La cause de la brusque métamorphose d'un jeune homme avide devant la vie en un reclus est peut être même un événement extérieur à sa vie. Comme ce fut le cas dans la deuxième rupture dans l'existence de l'écrivain qui provoqua sa stérilité littéraire. René Shérer explique par exemple que c'est l'affaire du Coral (1982), dans laquelle Duvert n'a jamais été cité, qui aurait chez lui déclenché l'assèchement de son inspiration d'écrivain alors qu'il était jusque là un auteur prolixe. On peut aussi avancer que c'est peut être aussi la mort tragique, en cette même année 1982, du garçon qui lui avait inspiré le personnage de Serge dans « Quand mourut Jonathan » qui aurait tari son envie d'écrire. Dans une interview, Michel Longuet (3), qui est l'auteur du dessin de couverture d' « Un anneau d'argent à l'oreille », donne une autre hypothèse à la panne d'écriture de son ami: <<  la pédophilie dont parle Tony dans ses livres est une pédophilie totalement sublimée. Lewis Carroll, dont il parle dans « L'Enfant au masculin », pouvait sublimer totalement sa pédophilie. Paradoxalement, Lewis Carroll était protégé par le puritanisme. Il n’y avait pas la possibilité d’avoir une relation avec un enfant à cette époque-là. On s’imagine que Lewis Carroll roulait les mères mais pas du tout, il était lui-même pétri de puritanisme, il avait un amour fou pour ces petites filles, passer à l’acte lui paraissait impensable. Tony, lui, a vécu la libéralisation des mœurs, il y a vu une ouverture, une sorte d’espoir de voir le désir pour les enfants accepté. Et puis avec le retour d’un certain ordre, tout ça s’est écroulé. Moi je donne cette explication, il y a sans doute d’autres raisons de son retrait. Les difficultés matérielles vraisemblablement, et puis peut-être quelque chose dont nous n’avons pas du tout idée.>>. Je pense qu'il ne faudrait pas non plus écarter le fait que Duvert aimait un peu trop le jaja. Sa fin est assez semblable à celle de Jean-Pierre Martinet, autre auteur vitupérant et talentueux mais qui aimait un peu trop le gros rouge qui tache...

jeunes marocains peint par Gilles Sebhan

jeunes marocains peint par Gilles Sebhan

Tous les acteurs de la vie de Tony Duvert ne sont pas aussi enthousiastes à témoigner que l'est son ancienne amie de lycée; ainsi son frère, Alain Duvert et son « meilleur ami », Jean-Pierre Tison ne se livrent qu'à mots comptés. Ce sont les deux personnalités les plus troubles du livre. Leur frilosité viendrait elle du fait qu'ils soient tous les deux homosexuels? On peut même dire qu'ils font barrage à la connaissance et à la reconnaissance de l'écrivain comme le constate avec amertume Gilles Sebhan: << Duvert est peut être le dernier des maudits. Puisque ce sont ses proches qui se chargent encore d'enfouir une partie de son oeuvre. On n'a plus l'habitude d'autant d'ombre dans les vies de nos contemporains, autant de mystères autour des créateurs.>>.

Si Sebhan ose dans son essais biographique le mot interdit entre tous, celui de pédophilie, le nom du crime des crimes, heureusement il ne réduit pas Duvert à ce mot; ce que font bien nombre de ces admirateurs comme de ses farouches détracteurs. Il fait ressurgir tout un pan de l'oeuvre de l'écrivain trop souvent passé sous silence: ses articles de polémiste. L'ignorance de cette partie de l'oeuvre est due en grande partie à la difficulté actuelle d'y accéder, puisque elle est parue dans des journaux (Gai pied) ou dans des revues (Minuit, Masque). On y découvrirait qu'est fausse l'image trop souvent propagée de l'auteur retranché dans sa tour d'ivoire, en fait un galetas tourangeau, et absent de son époque. << S'il travaille dans son coin, il n'y a rien de narcissique dans son étude. Duvert est avant tout un moraliste. Et son écriture peut être qualifier à maint des égards de politique. Sans doute est-ce cela qui frappera Jérôme Lindon dès le début. L'éditeur souhaitait trouver un nouveau terrain de résistance, après mai 68, et il verra en Duvert un potentiel de contestation qui renouvelle l'engagement des éditions de Minuit.>>.

Tony Duvert en compagnie de Jérôme Lindon et de Michel Longuet

Tony Duvert en compagnie de Jérôme Lindon et de Michel Longuet

Dans ce court extrait l'auteur met en lumière un autre gauchissement de l'Histoire littéraire de la deuxième moitié du XX ème siècle en France, qui veut retenir des éditions de Minuit qu'elles furent uniquement la maison mère du Nouveau Roman. C'est oublier que cet éditeur est issu directement de la Résistance, que ce sont les éditions de Minuit, qui ensuite, publièrent des brulots contre la guerre d'Algérie. Il y avait une sorte de devoir d'insoumission dans cette maison. Jérôme Lindon qui l'incarna durant un demi siècle était un formidable manipulateur, un discret archonte de la République des lettres; il batailla contre le livre de poche et pour le prix unique du livre...

Sebhan met bien en évidence l'influence de Lindon sur la destiné de Tony Duvert. Il dénonce aussi le refus des éditions de Minuit de lui ouvrir leurs archives. Peut être par peur que les documents confirment la ladrerie de leur ancien patron et ses scrupules à géométries variables.

On voit dans les extraits de la correspondance de Duvert (la publication de son intégralité serait intéressante, mais il est fort douteux que Tison y consente.) qui parsème cet essai que l'on est bien loin de la légende dorée des éditions de Minuit propagée par exemple par « Minuit », la belle pièce de Christophe Honoré. En 1979 Duvert écrit à l'un de ses amis: <<... Je ne voulais pas qu'on me refasse le coup de la jaquette de Jonathan. Un sabotage que je ne digèrerai pas de ma vie. Ah l'édition en famille. J'ai vu aussi que le petit Mathieu dont le Nouvel Obs publie imperturbablement les couches-culottes d'essais s'intitule désormais directeur de Minuit (la revue). Je finirais par croire que le papa s'épuise tellement les yeux à chercher les puces aux gens de talent qu'il n'a plus ensuite qu'un regard fatigué, complaisant et chassieux à porter sur sa progéniture.>>. 

Tony Duvert au Maroc en 1976

Tony Duvert au Maroc en 1976

Le portrait qui se dessine de Tony Duvert au fil de la lecture de cet original essais biographique, est à la fois celui d'un homme plus sympathique que ce que l'on pouvait imaginer à la lecture du précédent livre que Sebhan avait consacré à l'écrivain, ce dernier est rendu un peu caduque par ce nouvel opus, et assez conforme à celui du pédophile lambda que j'ai pu croiser. C'est à dire un être partiellement immature et naïf sur bien des points; je n'ai jamais pu savoir si cette immaturité du pédophile venait de sa fréquentation des enfants ou si c'est cette immaturité qui lui donnait le gout des enfants. Dans le cas de Duvert c'est la deuxième hypothèse qu'il faut envisager. Je rappelle qu'hormis sa courte période marocaine, la pédophilie de Duvert était toute virtuelle. J'ai pu constater, par mes rencontres, même s'il faut se méfier des généraltés qui possèdent toutes leurs exception, que le pédophile était souvent un être replié sur lui même, à l'horizon restreint et pour tout dire mono maniaque, ce que n'était pas Duvert qui s'intéressait à d'autres univers que celui de sa passion sexuelle comme la musique classique par exemple, et qu'il avait des difficultés à affronter le quotidien et ses trivialités; ce qui fut le cas de l'écrivain, toutes sa vie et encore plus dans ses tristes dernières années. L'auteur du « Bon sexe illustré » n'est pas loin d'être de mon avis. Dans une lettre qu'il adresse à René Shérer, il écrit: << Il y a chez les fous d'enfance, une complicité à coup de lieux communs cucul, une bêbêtise et, en somme, un primitivisme culturel que je n'arrive pas à partager.>>. Et puis à la différence du pédophile type, il était doué d'un talent littéraire que l'opprobre absolu de la société pour ses gouts n'est pas parvenu a dissimuler.

Il faut bien reconnaître que Duvert était totalement asocial pas seulement par misanthropie mais aussi par un j'men foutiste intégral des élémentaires règles du vivre ensemble. Par exemple Shérer avec qui il entretient des relations amicales lui prête un livre rare illustré de photos de garçons. Duvert lui rend, ce qui était déjà exceptionnel de sa part, mais amputé des photos qu'il avait découpées pour réaliser un de ses nombreux scrapbooks (Ces albums, Sebhan ne semble pas en avoir vu, aurait été brulés par Tison; une malheureuse prédestination du nom?).

Retour à Duvert de Gilles Sebhan

 

Ce très beau livre n'est pourtant pas l'ouvrage définitif sur Duvert que l'on peut espérer de Sebhan lui même. Il reste bien des points obscurs à éclairer. La tâche du biographe est d'autant plus ardu que son modèle du fait de son caractère fréquentait peu de gens et qu'il s'épanchait rarement. Mais surtout celui qui pourrait être l'informateur principal, Tison (est il légalement l'ayant droit de Duvert?) fait preuve d'une mauvaise volonté assez inexplicable. En outre l'habile procédé qu'a choisi Sebhan, faire plus un journal de ses recherches qu'une biographie classique, l'exempt de l'obligation d'explorer tous les recoins de la vie de son sujet. Par exemple rien est dit sur le fait que Duvert ait échappé au Service Militaire, alors obligatoire; rien non plus sur ses relations avec Mathieu Lindon que Sebhan ne semble pas avoir rencontré. On eut aimé surtout que l'auteur se penche plus sur le style de l'écrivain qui ne cessa d'évoluer. Sur ce sujet, Sebhan fait néanmoins des remarques intéressantes sur la dernière manière d'écrire de Duvert car il a fugitivement eu entre les mains ce qui semble être le seul inédit d'importance de Duvert, le début d'un roman inachevé qui représenterait environ une centaine de pages imprimées.

Il reste à espérer que ce passionnant ouvrage fera émerger d'autres pièces du dossier Duvert et qu'ainsi Sebhan pourra nous donner un troisième opus sur cet écrivain important.

Retour à Duvert de Gilles Sebhan

Nota:

1- Si l'on peut lire dans « Les moins de seize ans » ces lignes: <<  Ce qui me captive, c'est moins un sexe déterminé que l'extrême jeunesse, celle qui s'étend de la dixième à la seizième année et qui me semble être — bien plus que ce que l'on entend d'ordinaire par cette formule — le véritable troisième sexe. Seize ans n'est toutefois pas un chiffre fatidique pour les femmes qui restent souvent désirables au-delà de cet âge. (..) En revanche, je ne m'imagine pas ayant une relation sensuelle avec un garçon qui aurait franchi le cap de sa dix-septième année. (...) Appelez-moi bisexuel ou, comme disaient les Anciens, ambidextre, je n'y vois pas d'inconvénient. Mais franchement je ne crois pas l'être. À mes yeux l'extrême jeunesse forme à soi seule un sexe particulier, unique. ». Il n'est jamais question dans l'oeuvre de Matzneff de pédophilie proprement dite, contrairement à ce que veulent faire croire ses farouches adversaires. Dans son journal, fort ennuyeux si l'on excepte le premier tome, l'écrivain étale ses relations sexuelles multiples avec de jeunes femmes et quelques adolescentes tardives (il n'y est presque jamais question de sa supposée et déclarée pratique homosexuelle) mais jamais avec des moins de seize ans contrairement à la proclamation dans son pamphlet.

 

2- Son incipit est: << Capo prostitue ses enfants, c'est illégal mais il gagne des million et il faut quand même être content car s'il retirait ses garçons du trottoir on devrait galoper jusqu'à Salopin pour en trouver d'autres.>>

 

3- Il ne faut pas manquer de visiter le merveilleux site de Claude Longuet. Vous y découvrirez des centaines de dessins: http://michel.longuet.free.fr/

 

4- on peut lire le billet que j'ai consacré à cet ouvrage à l''adresse suivante: http://www.lesdiagonalesdutemps.com/article-tony-duvert-l-enfant-silencieux-de-gilles-sebhan-69937607.html 

Publié dans livre

Partager cet article

Repost 0

Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
Couché de soleil sur le lac Titicaca de l'ile d'Amantani du sommet du mont Pachatata (4400 m)
ile d'Amantani, Pérou, septembre 2015

ile d'Amantani, Pérou, septembre 2015

Partager cet article

Repost 0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>