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Expiation de Ian Mc Ewan

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Expiation de Ian Mc Ewan

 

 

Lorsque l'on referme un roman aussi magistral, encore ébloui par son audacieuse construction, et ému par la destiné de ses personnages, on peut avoir cette interrogation qui paraitra à certains étroitement nationaliste, pourquoi aucun écrivain de ce coté ci de la Manche est capable d'une telle prouesse; ne parvenant pas à mêler recherche formelle et la forte incarnation d'un récit passionnant, qui à la fois a pour décor une page d'Histoire et met en question la société dans laquelle le drame se déroule. Certes Ian Mc Ewan s'appuie sur des prédécesseurs, j'y reviendrais, (c'est peut être là la faille des lettres françaises qui n'a plus de grands écrivains depuis près de cinquante ans... Sur quelle référent peut s'appuyer un jeune auteur français?) citant à la fois Walter Lord et Virginia Woolf mais pas Evelyn Waught auquel il me paraît grandement redevable par le biais de « Retour à Brideshead » ( pour consulter ma critique de ce livre: http://www.lesdiagonalesdutemps.com/article-retour-a-brideshead-d-evelyn-waugh-123473400.html). C'est un peu comme ci, un de nos plumitifs se référait à la fois à Pierre Closterman et à Georges Pérec ou à Bordonove et Claude Simon, un grand écart qui paraît inimaginable pour un romancier français.

Novateur, du moins en regard à notre production nationale, « Expiation », l'est par une très habile construction, presque policière, avec un roman dans le roman, figure dont le lecteur n'aura la révélation qu'à la toute fin du volume. Dans un court épilogue la romancière qui est censée avoir écrit ce que nous venons de lire confesse qu'elle est à la fois restée au plus près de faits réels qui ont bouleversé sa vie et qu'elle s'est interrogée sur la destinée de ses héros, laissant ainsi le lecteur entre deux fins possibles (il n'est pas facile d'exposer la subtilité de la construction du livre, sans en déflorer l'intrigue...). Par cet intrigant subterfuge littéraire Ian Mc Ewan s'interroge sur le pouvoir de manipulation des écrivains.

Le titre pourrait faire croire qu'Expiation, comme «  Retour à Brideshead » et « Graveney Hal » de Linda Newbery (paru un an après « Expiation »), deux romans cousins de celui-ci, est, comme eux, encombré de religion; il n'en est rien. Néanmoins, il me semble que ce titre demande quelques précisions théologiques: L' expiation est une doctrine rencontrée au sein du christianisme et du judaïsme. Elle décrit la façon dont le péché peut être pardonné par Dieu. Dans le judaïsme, l'expiation est le processus de pardon des transgressions. Elle était à l'origine accomplie à travers des rituels exécutés par un Grand Prêtre ( Kohen Gadol ), le jour le plus saint de l' année juive, Yom Kippour (le Jour de l'Expiation ou du Grand Pardon). Dans la théologie chrétienne, l'expiation fait référence au pardon des péchés à travers la mort de Jésus-Christ par la Crucifixion, laquelle a rendu possible la réconciliation entre Dieu et la création. Au sein du christianisme, trois théories principales existent à propos de la façon dont une telle expiation fonctionne: la théorie de la rançon, la théorie de la satisfaction et la théorie de l'influence morale.

Le livre est divisé en quatre parties de longueur très inégale. Elles même sont sous divisées en chapitres. Dans la première, nous sommes en 1935, dans ce que j'appellerais un roman de château, genre à part entière dans la littérature anglaise. L'héroïne ou tout du moins celle que l'on peut considérer comme telle, Briony a 13 ans. C'est d'abord à travers son regard que nous allons faire la connaissance de la famille Tallis. Elle se compose des parents, la mère Emily, grande migraineuse à la cervelle de moineau (je précise que j'aime beaucoup ces passereaux que la vox populi considère comme peu intelligents), Jack, le père, un haut fonctionnaire, véritable arlésienne du récit où il n'apparait que par ce qu'en dit sa femme et ses enfants. Le couple a eu trois, outre Briony déjà cité, il y a sa soeur Célia qui a 23 ans vient de terminer des études de lettres à Cambridge un peu décevante en regard de ses espérances et Leon, son ainé de 25 ans, un falot employé de banque malgré sa belle stature.

Nous découvront également leur château, personnage à part entière comme dans nombre de romans anglais. La demeure n'est pas ancestral car la richesse de la famille est récente; elle provient du grand père qui, génial inventeur, a su faire fructifier les brevets qu'il a déposé. C'est une de ces demeures que les films de James Ivory, ou, plus récemment le film « Gosford Park » de Robert Altman, nous ont fait connaitre. Nous y arrivons lors d'une journée particulière. La campagne anglaise est sous la canicule et la maison reçoit à la fois les trois enfants de la soeur d'Emily qui est en pleine procédure de divorce. Il y a Lola, 15 ans et ses frères jumeaux âgés de neuf ans. Est attendu également un ami de Leon, Paul Marshall, un jeune magnat du chocolat. La journée doit se terminer par un repas de fête où est également convié Robbie, le fils d'une servante, mais qui a été élevé presque comme un fils de la maison. Il vient de terminer brillamment ses études de paysagiste mais envisage d'en attaquer d'autres pour devenir médecin (études financées par les Tallis). Un événement dramatique dont Briony est la malheureuse cheville ouvrière va bouleverser la vie de tous ces personnages.

Cette première partie qui s'étale sur près de 250 pages, soit environ la moitié de la pagination du volume, se déroule en une seule journée en un procédé proche du « Mrs. Dalloway » de Virginia Woolf, auteur cité dans le roman. On peut également en appeler à une autre référence prestigieuse, celle d'André Gide qui à l'instar de la première moitié d' « Expiation » suit dans « Les Faux Monnayeurs » plusieurs points de vue, plusieurs récits, plusieurs personnages. Sans oublier le clin d‘œil à Jane Austen vers la fin du livre, il y a sans doute de subtiles autres allusions littéraires mais je ne les ai pas débusqué en raison de mon ignorance...

Cette réunion de famille est décrite dans les moindres détails. Bien qu'elle soit la matrice de tout le livre, son exposition est tout de même trop longue. C'est à mon sens le seul défaut du roman. Même si je comprend bien que le changement du rythme narratif, qui s'accélère de partie en partie, elles sont de plus en plus courte, est une des prouesses réussies par le romancier. Mais que le lecteur ne se décourage pas, la suite le récompensera de sa pugnacité...

La deuxième partie du roman, nous propulse au coeur de la déroute des troupes anglaises dans le nord de la France. Nous sommes donc cinq ans plus tard. Contrairement à la première partie dans laquelle il y avait plusieurs narrateurs, Ian McEwan y alterne les points de vue au cours des quatorze chapitres, nous avons d'abord celui de Briony, puis de Cecilia ensuite de leur mère, puis de Robbie et enfin retour à Briony; cette fois nous vivons de manière trépidante la déroute des alliés à travers les seules réflexions de Robbie qui cherche à se rembarquer à Dunkerque, avec comme seule idée en tête celle de retrouver Cecilia. Le récit de ces soldats jetés sur les routes, honteux de devoir reculer, touchés par le mépris de la population locale qui les prend pour des lâches, alors qu'ils vivent dans la tension permanente qu'occasionnent les raids aériens de l'aviation allemande, est fait sans fausses pudeurs; c'est la guerre dans toute sa brutalité et sa cruauté aveugle que décrit magistralement l'auteur. C'est « Week-end à Zuydcoote de Robert Merle.


La troisième partie nous fait revenir à Briony. La pimbêche égotiste et écervelée de la première moitié du récit est maintenant une élève infirmière, qui porte le poids de sa faute, et décide de mettre tout en oeuvre pour pouvoir la réparer. Là encore Ian Mc Ewen, cette fois à travers le regard de Briony, nous montre la réalité la plus crue de l'horreur de la guerre par le biais de la description d'un hôpital de Londres dans lequel exerce l'héroïne. L'établissement est submergé par l'afflux des blessés qui ont réussi à s'extraire du piège de Dunkerque. Dans ce passage qui décrit un Londres dans l'attente de l'envahisseur teuton, juste avant le blitz, j'ai songer à « Blitz » le beau livre de Connie Willis qui est un palpitant roman tout en étant une émouvante description du courage quotidien des britanniques durant cette terrible épreuve.

On retrouve ensuite Briony dans la dernière partie du roman. Elle en est la narratrice unique. Nous sommes maintenant en 1999. Elle est âgée de 77 ans. Devenue romancière, comme vous pouvez le constater à mon laborieux essai de résumé, d'autant plus laborieux qu'il essaye de ne pas dévoiler les rebondissements de récit, l'auteur n'est pas avare d'ellipses narratives, Briony nous nargue d'une pirouette, en véritable romancière de sa vie. Cette quatrième partie est bien plus courte que les autres. Elle est cependant essentielle et conclue en apothéose ce roman.

Le lecteur verra ses sentiments évoluer vis à vis des personnages au fil de sa lecture et en particulier en ce qui concerne Briony qui est finalement le personnage le plus intéressant, et le plus complexe, mais pas le plus aimable, du livre. Robbie et Cecilia ne sont que des figures comme le suggère l'auteur lui même avec "Two Figures by the Fountain" qui est le titre du premier/dernier roman de Briony et qui évoque l'histoire de Robbie et Cecilia. Il est probable que sa petite personne infatuée et égocentrique, en exaspérera plus d'un avec ses prétentions à devenir écrivain, aveugle aux conséquences de ses actes qu'elle mettra une vie à expier; mais est il de saison d'expier un crime d'enfance quand le monde s'embrase dans ce début de la seconde guerre mondiale? Il est tout aussi probable qu'il aura de l'empathie pour la Briony devenue vieille... Même si en fait l’expiation à laquelle Briony vouera le reste de ses jours (ou plutôt pense qu'elle a vouée son existence n’en est pas vraiment une. Car si elle a soigné avec abnégation les blessés de la guerre, elle est retournée, une fois la paix revenue, à sa plume, sans doute, pour elle, la seule réalité. Comme pour probablement la plupart des écrivains qui, souvent, ne voient du monde que ce qu’ils font surgir de leur plume ou de leur ordinateur?

Par le biais de symboles tracés à l'encre sur une page, elle était capable de faire passer réflexions et sentiments de son esprit à celui du lecteur. C'était un processus magique, tellement banal que personne ne s'en étonnait plus. Lire une phrase et la comprendre revenaient au même; comme lorsqu'on recourbait un doigt, rien ne s'interposait. Nul intervalle où s'élucideraient les symboles. On voyait le mot château et voilà qu'il était là, dessiné au loin, avec des bois qui s'étendaient devant lui au coeur de l'été, dans l'air bleuté, plein de douceur, une fumée s'élevant de l'antre du forgeron et une route pavée qui serpentait dans l'ombre verte...

Il est évident que l'auteur n'esquive pas les références aux classiques du roman moderne anglais, à commencer par « Retour à Brideshead » d'Evelyn Waugh. Il a même été accusé d'avoir en partie plagié l'autobiographie de Lucilla Andrews, « No Time For Romance » (je n'ai pas lu cet ouvrage), ce que le romancier réfute. Mais si « Expiation » est redevable à d'autres romans anglais, il a également fécondé au moins un autre chef d'oeuvre du roman anglais contemporain, « L'enfant de l'étranger » d'Hollinghurst (on peut aller voir le billet que j'ai consacré à ce grand roman: http://www.lesdiagonalesdutemps.com/article-l-enfant-de-l-etranger-d-alan-hollinghurst-122200262.html. Amusons nous à une esquisse de lecture comparée. Dans la première partie du roman d'Hollighurst (qui est la seule à avoir de grands liens de parenté avec le récit de Mc Ewan) nous somme également dans une grande demeure de la campagne anglaise (je conseille vivement à tous les amoureux des belles résidences anglaises et encore plus de leurs jardins de se rendre sur ce site: http://parksandgardensuk.wordpress.com/), mais cette fois juste avant la Grande Guerre, en présence d'une famille dont le père a disparu (mais il est si peu présent dans « Expiation ») et ayant comme chez les Tallis trois enfants, avec également un fils ainé falot et une jeune fille qui lors d'une soirée également torride sera le déclencheur de tout le reste de l'histoire – similitude troublante – même si le développement des deux histoires est totalement différente. Lors des soirées cruciales dans les deux romans, il y a également un richissime jeune invité, mais dont certes la concupiscence n'a pas le même objet dans les deux livres... A noter aussi une certaine similitude du traitement littéraire avec dans les deux romans, une utilisation audacieuse de l'ellipse.

Mc Ewan n'a pas essaimé que chez Hollinghurst, il y a également quelque chose d' « Expiation » dans « Graveney Hal » de Linda Newbery (critique de ce roman dans le blog: http://www.lesdiagonalesdutemps.com/article-graveney-hall-de-linda-newbery-122983759.html) mais cette fois c'est plus architectural que littéraire. Dans les deux demeures qui sont au centre de chaque roman, il y a quasiment la même dépendance, sorte de temple au bord d'une pièce d'eau dans laquelle se déroule un des épisodes important de chaque histoire... Plus inattendu on retrouve des traces de la relation entre la famille Tallis et Robbie dans une excellente bande dessinée parue très récemment où là encore une demeure de maitre joue un rôle important, il s'agit de Choc - tome 1 - Les fantômes de Knightgrave de Stéphane Colman et Éric Maltaite

Par ailleurs l'écriture de Mc Ewan, restituée par la traduction de Guillemette Beleteste est agréable à lire, tout en longues phrases souples. Chose extrêmement rare (et pour moi très satisfaisante), en particulier dans le roman anglo-saxon, est la rareté des dialogues. Ce qui fait que, surtout dans la première partie, on ressent l'approche du drame tout en étant englué dans une sorte de torpeur créée par la narration, pratiquement en continu, des états d’âmes des principaux protagonistes. Le lecteur a ainsi le sentiment d'être englouti dans la torpeur de cette journée caniculaire et moite.

« Expiation » montre le savoir-faire de Ian Mc Ewan. L'émotion n'y est jamais contre l'intelligence du roman. On est touché par la colère de Cecilia, le désespoir de Robbie, la culpabilité de Briony... McEwann analyse, décortique plutôt, les caractères avec une précision chirurgicale.

En cet instant qui s'étiolait, il découvrit qu'il n'avait jamais éprouvé de haine envers quiconque jusqu'ici. C'était un sentiment aussi pur que l'amour, mais exempt de passion et d'une rationalité glacée.

Refermant le livre on a l‘impression de connaître intimement Briony bien sûr, mais aussi Cecilia, Robbie et même Emily. Cet ouvrage est à la fois, un roman de guerre, en même temps qu’une histoire de famille, un roman d'apprentissage (On y parle de grandir, du temps qui passe, des yeux des enfants sur le monde des adultes...) et une peinture de mœurs réaliste d’une certaine Angleterre. La critique de Ian McEwan se concentre en fait, plus que sur l'attitude inconsciente de Briony qui à l'aube de son adolescente a été emportée par ses rêves d'écriture, son goût de l'ordre et son impulsivité, sur la société anglaise, dont la famille Tallis est un parfait exemple. On s'y attache à ne surtout pas parler des choses qui fâchent ou qui mettent mal à l'aise. Le sexe en est l'une des premières. Mais, à la fin du livre, nous nous apercevons qu' « Expiation » est peut être surtout un roman sur l’écriture et son rapport avec la réalité, ce qui ne l'empêche pas d'être passionnant. Ian Mc Ewan interroge les possibilités démiurgiques et les conséquences du processus de fiction en termes de compréhension mais aussi de fabrication ou de remodelage du monde et de la réalité.

Comment un écrivain peut-il se racheter, alors que, doué du pouvoir absolu de décider de la fin, il est également Dieu ? Il n'a personne, ni entité ni forme supérieure à qui en appeler, avec qui se réconcilier ou qui puisse lui pardonner. Il n'existe rien en dehors de lui. En imagination, il a fixé les limites et les termes. Pas d'expiation pour Dieu ni pour les écrivains, même s'ils sont athées.

« Expiation » qui se pose déjà en chef d'oeuvre du roman du XXI ème siècle, est un acte de foi en la littérature qui passionne son lecteur.

 

 

Nota:

1- Un film a été tiré du roman. Il s'intitule Reviens-moi (Atonement). Il a été réalisé par Joe Wright. Ian Mc Ewan a fait lui même l'adaptation de son roman (avec Christopher Hampton). Le scénario est, beaucoup plus que le roman, centré sur l'histoire entre Robbie et Celia. Briony n'y est plus qu'un personnage secondaire. Le film est sorti en septembre 2007 au Royaume-Uni. Keira Knightley y joue le rôle de Cecilia et James McAvoy celui de Robbie. Le film est en tête du nombre de nominations aux Globe Awards 20085. Le film est nommé dans 7 catégories, dont "meilleur film", "meilleur acteur"", "meilleure actrice" et "meilleur réalisateur".

2- A la lecture de mon billet, je ne voudrais pas chers lecteurs que vous pensiez que je traque les plagiaires ou, disons plus exactement ceux qui s'inspire abondemment d'ouvrages précédant, au contraire il me semble naturel et judicieux que des écrivains s'inspirent de leurs paires surtout dans un livre comme celui ci dans lequel une des héroines est écrivain et une autre férue de littérature.

3- Le magazine américain Time et son concurrent anglais l’Observer ont d'ailleurs classé « Expiation » dans leur liste des cent meilleurs romans de tous les temps.

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Männlicher Rückenakt (1905) - Christian Rohlfs

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Que la jeunesse... (126)

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Cody Furguson

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Gyula Tornai (1861 - 1928)

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Gyula Tornai (Hungarian, 1861 - 1928) - Study of a Boy,

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Simon B. Mørch

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Le joueur de flute de Carrance

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Street art à Athènes (2)

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Athènes, Grèce, juin 2014

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Yann Faucher (3)

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Steven C. Corry

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