Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le voilà,Perret

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Il y a tout de même encore des esprits libres, même si parfois ceux-ci sont quelques fois horripilants comme peut l'être Assouline dans son blog, ses livres ou ses chroniques, mais ils sont tellement rares dans nos contrées, que néanmoins il ne faut pas manquer de les saluer. Alors chapeau bas monsieur Assouline pour ce bel hommage à Jacques Perret.

Qui lit encore Jacques Perret ? Une poignée de nostalgiques, et quand bien même, cela suffirait à maintenir vivant cet écrivain si français disparu en 1992. Mais ne vous méprenez pas : ces lecteurs-là ne regrettent pas tant une époque qu’une certaine manière de s’en sortir avec les mots, de nouer la langue commune à la langue classique pour la faire sourire. Cela a donné des récits (Le Caporal épinglé), des romans (Le Vent dans les voiles, Les Biffins de Gonesse, Mutinerie à bord), des chroniques (Objets perdus), des souvenirs (Raisons de famille) et un Bande à part qui fut couronné du prix  Interallié  1951, cérémonie à laquelle l’auteur arriva en retard, ce qui lui valut d’être accueilli par son complice Antoine Blondin sur un tonitruant : « Le voilà, Perret ! ».

Dernier en date, Dans la musette du caporal (126 pages, 15 euros, Le Dilettante), une sorte d’inédit rassemblant sept textes jusqu’alors dispersés dans différentes revues qui les publièrent entre 1945 et 1964. L’armée, la guerre, le camp. Et au-delà de cette ligne d’horizon, ce qui dépasse l’homme et le pousse plus loin que lui-même : la fraternité des clandestins, le champ d’honneur, l’amour de la patrie et, comme il dirait, autres valeurs qui ne plus parlent qu’aux dinosaures tricolores. Car Jacques Perret était de ces rares écrivains qui s’était fait une idée de son pays et s’y était tenu contre tous les vents et nombre de marées ; ses nombreux articles des années 50 et 60 dans Aspects de la France, Arts, Combat et Itinéraires en témoignent. Il ne cessait pas d’aimer sa patrie quand elle cessait d’être aimable. Perret était pour le trône et l’autel, tranquillement, sans agressivité, mais fermement, ainsi qu’il le rappela devant l’assistance médusée dans les tous premiers temps d’Apostrophes. Catholique et monarchiste de toujours et pour toujours. Ce qui ne l’empêcha pas, juste après sa quatrième tentative d’évasion réussie du stalag, de prendre le maquis et de rejoindre aussitôt l’ORA (Organisation de Résistance de l’Armée) tenue par des officiers de carrière pas très communistes. La moindre des choses pour celui qui se présente comme « Français, c’est à dire contribuable et mobilisable ». Il choisit la mitraillette car il ne croit qu’à la guerre à portée d’injures, et que les porte-parole sont rarement les porte-fusils. Maquisard non par idéologie mais par pure et instinctive réaction d’honneur : comme il est des circonstances où il serait déshonorant de ne pas s’engager, il n’a même pas réfléchi tant cela lui paraissait naturel. Porté par un même élan, en pleine guerre d’Algérie, il prit fait et cause pour son fils, un parachutiste OAS de 24 ans qui risquait gros pour avoir voulu supprimer un ennemi de l’intérieur. Cela lui valut quatre condamnations pour offense au chef de l’Etat (le général, par lui surnommé « célèbre diplodocque aléatoire ») et le retrait de sa médaille militaire.

La mosaïque de ces articles aux allures de nouvelles reflète bien son image de réfractaire, franc-tieur et marginal. En prime, on trouve quelques curiosités, comme les pages de « Scarlett derrière les barbelés », où l’ancien prisonnier de guerre rend hommage à Margaret Mitchell pour son Autant en emporte le vent : grâce à ce roman, tout le camp fut pris de scarlettine :

 « L’ombre de cette fille émouvante nous suivait partout, elle nous parlait, nous encourageait, nous versait l’espoir et nous rendait la fierté. Les sentinelles devenaient les carpetbaggers, la faim, la misère et l’amour de Scarlett étaient les nôtres, la France était le Sud, et nous faisions le coup de feu avec le général Lee pour sauver l’honneur d’une société qui fut la nôtre, son idéal, ses fanfreluches et sa foi. Bénie soit Scarlett qui nous a susurré sous l’œil des barbares la merveilleuse histoire d’une civilisation dont nous voici les fragiles et derniers champions (…) Scarlett, agent secret de la civilisation dans les barbelés, nous a dit : « Soyez sudistes ! »

Rarement un roman populaire aura eu droit à une telle reconnaissance, en prise directe non avec ses qualités littéraires ou artistiques mais avec son cœur battant et son âme. Deux autres textes rapportent avec finesse et émotion le pèlerinage de Perret sur ses lieux de captivité en Allemagne, huit ans après la guerre. « Pour Ramos », éloge du maquisard inconnu et petit traité de fraternité, est tout aussi vibrant, dans sa manière, toute de pudeur et de discrétion. Mais le plus personnel de ces récits, et le plus inoubliable, celui qui ouvre le recueil, n’est pas consacré à la seconde guerre mondiale mais à la précédente : « La mort de mon grand frère » nous transporte dans la France d’avant où l’on comprenait « quelle institution miraculeuse était la famille où sans être d’accord sur rien on peut s’embrasser à propos de tout (…) Sur Dreyfus, déchirons-nous, mais sur Fachoda, holà ! ». Si une nostalgie perce dans ces pages bouleversantes, c’est bien celle d’une harmonie perdue. De son propre aveu, dans la sienne, on cultivait depuis 1870 l’amour de la patrie comme « un sentiment dramatique, obligatoire et satisfaisant ». Avec le culte primitif de l’honneur, il convient (lorsqu’il publie ce texte dans la Revue des deux mondes, en 1964) que ce sont là des traits de mœurs tombés en suspicion et désuétude. Qu’en dirait-on aujourd’hui…En août 1914, Jacques Perret a 13 ans. Il voit son père et son frère partir à la guerre. Le premier est fait prisonnier ; quant au second, tireur, il savait que tout boutefeu doit s’attendre à des retours de flamme. Les casquapointes le lui ont rappelé cruellement. Leur mère se replia dignement « dans les larmes et sous les armes » ; écrasée de chagrin, elle n’en continua pas moins jusqu’au bout à « surveiller la France en veillant son enfant », s’abîmant dans la désolation jusqu’à ce qu’elle fut recrue de jours. Les lignes rapportant le voyage du père et du frère avec des déterreurs de cadavres, sur le champ de bataille, dans une Picardie transformée en « plaine figée dans son apocalypse », forment une page d’anthologie. Dans ce In memoriam comme dans ses récits de mer, il écrit si bien le français qu’on se demande parfois dans quelle langue il écrit.

Jacques Perret était un homme contre, un homme du refus. Rien de ce qui était français ne lui était étranger. Folliculaire de la réaction, écrivain du transcourant « plume Sergent-Major », styliste hors-pair qui buvait avec soin afin d’éviter tout faux-pli dans le jugement, il eut la faiblesse de ne jamais dire non à l’aventure et au voyage. Il tenait la littérature pour un art d’agrément qui aurait pris tournure de gagne-pain. Il aimait Aymé et aussi Bloy, Blondin, Conrad, Dos Passos; il en tenait pour le duc d’Anjou et la dimension sacrificielle de la messe selon saint Pie V. J’avais été à sa rencontre à la fin de ses jours, dans son appartement près du Jardin des Plantes où il cachait son bonheur d’être Français. Il avait quelque chose du Jacques Dufilho de Milady et du Crabe-tambour, les traits comme les idées, mais en moins âpre, plus doux. Dans sa chambre, il y avait deux cadres : dans l’un, le grand Turenne ; dans l’autre, son grand frère.

Publié dans livre

Partager cet article

Repost 0

Kobayashi Kiyochika (1847-1915)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-10.19.10.jpg

 

Kiyochika est surtout connu pour ses gravures représentant Tokyo et ses alentours, qui reflètent les transformations de la modernité. Elle montre une ville à jamais disparue, détruite d'abord par le grand tremblement de terre de 1923 puis par les bombes américaines en 1945. Il a été décrit comme «le dernier grand maître de l'ukiyo-e et le premier artistequi a représenté le Japon moderne. On peut dire aussi qu'il a tenté d' adapter l'ukiyo-e au nouveau Japon de l'ère Meiji. 

 

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-09.00.03.jpg

Asakusa

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-10.18.21.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-10.17.22.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-10.16.30.jpg


Il est le fils d'un fonctionnaire du gouvernement. Kiyochika a été fortement influencé par l'art occidental. Il a étudié la peinture avec comme maitre Charles Wirgman. Il a basé une grande partie de son travail sur les gravures, lithographies et photographies , venant d'occident qui est devenu largement disponible dans le Japon dans l'ère Meiji. Pendant sa jeunesse Kiyochika a également étudié l'art japonais sous la direction de grands artistes comme Kyosai Kawanabe et Shibata Zeshin

 

 Feux d'artifice sur l'étang d'Ikenohata

 

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-10.15.37.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-10.12.40.jpg


Ses gravures sur bois se démarquent de clles de la  période d'Edo , en intégrant non seulement des styles occidentaux, mais aussi des sujets venant de cette peinture. Il représente des thèmes qui jusque là dans l'art Japonais paraissaient triviaux tels que voitures tirées par des chevaux, horloge , et les premiers chemins de fer à Tokyo.  On peut aussi voir dans ses paysages une influence considérable de ceux d'Hokusai et de Utagawa Kuniyoshi , mais l'influence occidentale est également incontestable; Les images de Kobayashi sont beaucoup plus sombres dans l'ensemble que celles des maitres japonais plus anciens, et partagent de nombreuses caractéristiques avec les lithographies et des gravures occidentales de l'époque.

 

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-10.13.07.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-10.39.10.jpg


Elles ont été produites principalement de 1876 à 1881. Kiyochika continuera néanmoins à réaliser des ukiyo-e imprime jusqu'à la fin de sa vie. Il a  aussi beaucoup travaillé dans les illustrations et croquis pour les journaux , magazines et livres. Il a également produit un certain nombre de gravures représentant des scènes de la guerre sino-japonaise et la guerre russo-japonaise (voir à la fin du billet).

 

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-10.12.40-copie-1.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-10.12.17.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-10.12.01.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-09.07.43.jpg

 

Capture-d-ecran-2011-11-30-a-09.06.45.jpg


Le merveilleux musée Ota de Tokyo possède une grande collection de gravures de Kobayashi Kiyochika. Mais comme tout l'espace de ce musée, à visiter absolument lorsque l'on est à Tokyo, est résevé pour les expositions temporaires, qui change tous les trimestres, il est difficile de voir les oeuvres de Kobayashi Kiyocha dans ce musée qui lui a déjà d'ailleurs consacré une exposition particulière. 

En revanche, on peut admirer l'aspect militaire de son oeuvre au musée Yushukan, musée du sanctuaire Yasukuni (auquel j'ai consacré un billet que vous pouvez retrouver en cliquant sur le titre du billet ci-après: Le sanctuaire de Yasukuni-jinja, Tokyo, Japon) dans les vitrines consacrées à la guerre sino-japonaise et à la guerre russo-japonaise. 
























小林清亲 

Publié dans peinture

Partager cet article

Repost 0

Horace Bristol (1908-1997)

Publié le par lesdiagonalesdutemps



















Pour voir  d'autres images de ce photographe allez sur le site qui lui est dédié en cliquant sur la ligne ci-dessous.

http://www.horacebristol.com/ 

Publié dans photographe

Partager cet article

Repost 0

Sam Way

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

 

Publié dans modèles et mannequins

Partager cet article

Repost 0

quelques images du shinkansen, le train rapide du Japon

Publié le par lesdiagonalesdutemps

DSC01948.JPG

 

DSC01949.JPG

 

DSC02107.JPG

 

DSC02108.jpg

 

DSC02109.jpg

 

DSC02110.JPG

 

DSC02114.jpg

 

DSC01584.jpg

 

zap-0523.JPG

 

zap-0527.JPG

 

zap-0528.JPG

 

zap-0529.JPG

Japon, Osaka, Tokyo, Kyoto, avril 2010, octobre 2011,

 

Le préfixe shin () signifie en japonais nouveau, pas si nouveau que cela aujourd'hui, puisque le premier shinkansen date de 1964 année des jeux olympiques de Tokyo qui marquèrent la fin de l'aprés guerre pour l'archipelle. Prendre le shinkansen ringardise immédiatement notre TGV qui pourtant l'a copié.

Partager cet article

Repost 0

Candido Portinari

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Candido Portinari (1942), Photo: Hart Preston

Candido Portinari, est né en 1903 dans une plantation de café à Brodowski, (État de São Paulo) au Brésil. Il est le fils d'une famille nombreuse et pauvre d'immigrés italiens. Il a grandi dans une zone rurale reçoivant seulement un enseignement primaire. Son milieu d'origine marque son travail. Sa peinture est une peinture sociale qui n'est toute fois pas dénué d'homo érotisme. Il peint des scènes liées à la production de café, de cacao ou de sucre, ainsi que les marginaux de la société Brésilienne. 

 

 

Self-Portrait 

Baile na Roca (1923-1924)
Ou Metisco (1934)

Piper (1934)


Son travail, une combinaison des traditions picturales européennes et latino-américaines. Il capte la vie quotidienne des hommes, des femmes et des enfants de sa petite ville natale, caractérisée par le métissage et l'hybridité culturelle. 

En 1961 il meure à cause d'une chute provoquée par un empoisonnement causé par les pigments avec lesquels ils travaillaient. 


Café-Labrador (1934)

Café (1935)

Chargement Café Settlers (1935)

Groupe Ménines (1940)

Chorinho (1942)

Retirantes (1944)

Menino ne Tabuleiro (1947)

Music Band (1956)

Publié dans peinture

Partager cet article

Repost 0

Simon Nessman

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

 

 

Publié dans modèles et mannequins

Partager cet article

Repost 0

pour se souvenir de Métropotamie (2)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Numeriser-copie-1.jpeg

Alain de Métropotamie

 

La postérité est souvent bien ingrate, mais en matière d'art, j'ai remarqué que cette ingratitude est souvent heureusement momentanée. Espérons qu'il en sera ainsi pour Métropotamie qui fut une des aventures artistiques les plus singulières et les plus intéressantes de la scène picturale française de la deuxième moitié .

 

Capture-d-ecran-2011-11-27-a-16.27.44.jpg

Saint Sébastien, La fabricaton des osties


Ce nom étrange recouvrait un collectif de deux peintres qui s'affublèrent de nom tout aussi bizarre. Il y avait Alain I er de Métropotamie et Saint Sébastien de Metropotamie.

 

Capture-d-ecran-2011-11-27-a-16.31.46.jpg

Saint Sébastien de Métropotamie, le retour du troupeau


Si on ne sait pas dans quelles conditions exactes ils se sont rencontrés, on peut supputer que le coup de foudre mutuel fut immédiat. La rencontre a lieu en 1979. Alain qui a alors à peine la trentaine a commencé depuis quelques temps une carrière de peintre. Il cherche un modèle pour un saint-Sébastien, il voit dans le garçon de dix sept ans qu'il vient de rencontrer un modèle idéal. Lorsque le futur saint-Sébastien rate son bac, la même année que leur rencontre, l'épreuve de français s'étant transformée en réquisitoire contre la société et ses professeurs, le lycée de Saint Germain le renvoie. L'adolescent décide de s'enfuir de chez sa mère (son père est décédé alors qu'il était encore enfant), infirmière à l'hôpital de Saint-Germain-en-Laye et surtout véritable marâtre. Il ne la reverra plus.

 

Capture-d-ecran-2011-11-27-a-16.34.01.jpg

Sain Sébastien de Métropotamie, troupeau de rombières sauvages


Le garçon trouve refuge chez son ami peintre. Un soir, après avoir travaillé un mois comme coursier au Louvre des antiquaires, avec son premier salaire, il achète le tableau sur lequel Alain l'a peint.

 

Numeriser-18.jpeg

Saint Sébastien de Métropotamie peint par Alain Ier de Métropotamie


Un jour que le jeune modèle agaçait le peintre en le regardant travailler, Alain lui flanqua pinceaux et peintures dans les mains.





 l'embarquement pour la Tendresse " (1982), Alain 1er de Métropotamie


Alain, qui était autodidacte, apprit au garçon ce qu'il savait; ainsi le modèle qui avait servi à la création du tableau d'un martyr de Saint Sébastien sortit de ce tableau en quelque sorte pour devenir à son tour peintre. Il choisit de s'appeler Saint Sébastien de Métropotamie. Ainsi commença une aventure picturale qui devait durer treize ans et n'être interrompu que le 31 juillet 1992 à la mort de Saint Sébastien de Métropotamie. Ils partagèrent tout ce temps un même atelier de 12 m2. Ils s'influencèrent mutuellement, s'encourageant à s'inspirer l'un de l'autre. Pourtant, même s'il y a une indéniable parenté entre les tableaux d'Alain et ceux de Sébastien, il est facile de repérer qui des deux est l'auteur de tel ou tel tableau. La facture des toiles de Sébastien, qui utilise le plus souvent l'acrylique, est plus léchée, plus précise que celle d'Alain. On peut y reconnaitre les influences directes de Courme, de Clovis Trouille et aussi celle d'Erro, avec de fréquentes incursions dans ses toiles de personnages historiques ou de figures et d'évènements contemporains à l'élaboration du tableau. S'y invitent également de nombreuses références autobiographiques. N'écrivait-il pas: << Nos images crient nos angoisses, nos désirs, nos fantasmes, la dérision de cette vie que l'on ne peut supporté que dans la liberté.>>. On y reconnaît sa mère, sa soeur, ses perroquets, ses chiens et son ami Joaquim Ferreira qui lui a fait connaître les lumières du portugal qui devint son pays d'adoption. La peinture d'Alain est plus originale, plus surréaliste, moins habile que celle de Sébastien. Elle a parfois la maladresse des tableaux de Magritte. Alain de Métropotamie a produit plus que Sébastien qui n'eut le temps que de peindre une soixantaine de toiles. Alain, quant à lui, doit être l'auteur du double; quelques rares oeuvres furent exécutées à quatre mains. Les images d'Alain sont hantées à la fois par l'antiquité romaine et par le paysage du métro parisien.

 

Numeriser-9.jpeg


En 1983 aux éditions Loris Talmart, ils font paraitre un manifeste illustré ayant pour titre leurs deux noms. Ils y attaquent à la fois la peinture figurative classique et l'art abstrait. On peut y lire des saillies que ne désapprouverait pas aujourd'hui un Jean Clair, telles que: << Les deux grands courants de peintures chiantes de notre temps: le premier est une mosaique de peinture ringarde à base de pots de fleurs, de marines, de portraits d'idiotes, de biche égarée dans un sous bois, de nature crevées, ect. Ce style figuratif n'évoque rien de précis. Il résulte d'un enseignement dispensé par des fonctionaires de l'art dans des conservatoires bidons; la personalité y est mal vue et l'imagination interdite. Ces tableaux sont un panachage de fauvisme, d'impressionisme. Ils peuvent pourtant être jiliment conçus et faire très chic accrochés au-dessus du buffet (...) Une classe sociale peureuse et dénuée d'imagination se reconnaît dans ces images: c'est une rengaine picturale qui rassure et berce les digestions du repas familial. Le deuxième, tourné vers un avant-gardisme dont les agents culturels nous inondent, n'évolue plus depuis belle lurette: Ses exécutants sont devenus des avant gardistes conservateurs. Ce sont des individus creux, paresseux, sans volonté, qui, un jour, lors d'une exposition, ou au travers de reproductions entrevirent là, le moyen d'exister avec le moindre effort.>> et plus loin: << Parce que les amateurs et les collectionneurs la considèrent trop souvent comme un simple investissement, la peinture d'aujourd'hui se trouve liée à l'idée de préciosité, et perd son sens primitif, celui d'être vue par tout le monde.>> 

 

Numeriser-10.jpeg

souriez avec Wharol, acrylique 116x89

(ce tableau a été volé en juin 1993 à Paris. Il fut aperçu quelques jours plus tard exposé à la vitrine d'un antiquaire du quartier Montparnasse. Un client non averti, a acheté cette peinture avant qu'il soit possible de la récupérer. A ce jour le tableau n'est toujours pas retrouvé. Une enquête judiciaire est ouverte. Pour toute information vous pouvez contacter le blog)


Saint Sébastien s'il était autodidacte en peinture était un fin lettré et connaisseur de l'histoire de la peinture tout comme Alain. Il y a de nombreuses allusions à des peintres célèbres dans leurs oeuvres, Chirico, Dali pour alain, Warhol Picasso chez Sébastien, chez qui en outre Mona Lisa était un personnage récurrent de ses tableaux.

 

Numeriser-11.jpeg

Histoire de pince tétine et tétine pincée, enfin déridée, huile 33x24, 1987, Saint Sébastien de Métropotamie


Il faut êtrez extrêmement attentif devant les toiles de Métropotamie pour en décrypter toutes les arcanes, car les citations, entre autres picturales, y sont nombreuses. J'ai cru par exemple, dans "l'embarquement pour la tendresse reconnaitre dans le garçon roux et fessu à l'avant de la barque un des choupinets peints jadis par Elisarion von Kupffer...

La peinture de Métropotamie se veut signifiante, narrative et non décorative. 

 

Saint Sébastien de Métropotamie, Mona au bistrot, 1990 


Pour faire connaître leur production, ils eurent la géniale idée d'éditer en grandes quantités des reproductions de leurs tableaux sous forme de cartes-postales. Ils en confiaient la vente à d'accortes jeunes gens qui, parcourant les rues, proposaient leurs images aux passants. Ainsi, rapidement, en quelques années leurs tableaux et leurs noms furent connus d'un vaste public, non seulement en France, mais aussi au Canada, au Portugal et en Amérique du sud. Cette démarche audacieuse n'était que l'application concrète du précepte qu'ils édictent dans leur manifeste: << La peinture ne vit que par la masse des regards.>>.

La notoriété de Métropotamie était-elle qu'en 1990 fut éditée une télécarte avec la reproduction de deux de leurs tableaux.

 

Capture-d-ecran-2011-11-27-a-16.23.02.jpg

 

Saint Sébastien de MétropotamiePaysage gainsbardique (1987) 


Métropotamie était suivi par quelques collectionneurs fidèles qui parfois n'attendaient pas que la peinture soit sèche pour acquérir une toile.

 

Numeriser-12.jpeg

Le temps, huile 65x54, 1987, Saint Sébastien de Métropotamie


Est-ce cette reconnaissance populaire d'hier, qui déjà n'était pas du goût du microcosme de l'art parisien, que par son silence, l'intelligentsia fait payer à ces artistes à l'intégrale originalité.

 

Numeriser-14-copie-1.jpeg

Alain de Métropotamie (à gauche sur la photo) et Saint Sébastien de Métropotamie peignant dans leur atelier

Numeriser-13.jpeg

 

Numeriser-16.jpeg

Saint Sébastien de Métropotamie


Il y a longtemps qu'Alain, qui ne peindrait plus n'a pas donné de ses nouvelles... Les cendres de Saint-Sébastien furent dispersée dans les rue de Lisbonne par Joaquim. 


Numeriser-1.jpeg

Enlèvement de saint Sébastien dans de difficiles conditions (huie 100x81), Saint Sébastien de Métropotamie

 

Numeriser-2-copie-1.jpeg

Le martyre de saint Sébastien (huile 33x24), Saint Sébastien de Métropotamie)    

Numeriser-3.jpeg

Alain Ier de Métropotamie

 

Numeriser-4.jpeg

 attaués par un essaim de lunettes, 1985,Saint-Sébastien de Métropotamie

 

Numeriser-5.jpeg

Les jeux du cirques (huile 146x114), 1985, Saint-Sébastien de Métropotamie

 

Numeriser-6.jpeg

Saint-Sébastien de Métropotamie

 

Numeriser-7.jpeg

Alain de Métropotamie

 

fotofotofoto 3979

 

Pompéi vu par Alain 1er de Métropotamie

 

Nota

1- Ce billet doit beaucoup à Joaquim Ferreira qui a eu l'obligeance de répondre à mes questions et me fournir de nombreux documents.

2- Si vous êtes intéressé par l'achat de tableaux de Sébastien de Métropotamie, il y en a une douzaine de disponibles, vous pouvez me contacter par l'intermédiaire du blog.

3- Je cherche toutes images des tableaux d'Alain de Métropotamie ainsi que des renseignements biographiques sur ce dernier.

 

Pour retrouver Métropotamie sur le blog

 

 

Numeriser-19.jpeg

Le bout de la plage, acrylique 60x80, 1991, dernière toile peinte par Saint Sébastien de Métropotamie    

Publié dans peinture

Partager cet article

Repost 0

Joey Kirchner

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Publié dans modèles et mannequins

Partager cet article

Repost 0

danser nu par Yang Wang

Publié le par lesdiagonalesdutemps



Image Hosted by ImageShack.us Image Hosted by ImageShack.us Image Hosted by ImageShack.us Image Hosted by ImageShack.us Image Hosted by ImageShack.us Image Hosted by ImageShack.us Image Hosted by ImageShack.us Image Hosted by ImageShack.us

Publié dans photographe

Partager cet article

Repost 0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>