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Le jardin national Shinjuku-Gyoen, Tokyo, Japon

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pour se souvenir de L'affaire de la rue de Lourcine

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

où 'inconvénient d'être un vieux spectateur
 
C'est d'abord un souvenir d'enfance qui m'a conduit hier soir au théâtre de la pépinière, curieusement un souvenir de radio. J'ai entendu cette pièce il y a très longtemps sur radio Luxembourg et pour la première fois, après les explications de ma mère, j'eus une vague conscience de ce qu'était le théâtre. Conscience qui allait être renforcée à la rentrée scolaire de cette année là, en troisième année de grande école, la deuxième pour moi car j'avais "sauté", comme on disait, le cours préparatoire, sachant lire depuis au moins six mois lorsqu'en septembre 1957 j'entrais à la grande école, où j'eus la chance d'avoir un instituteur, monsieur Roger Grelet (je ne sus son prénom que plus tard, quand je découvris qu'il était aussi un bon peintre...) que grâces lui soit rendu, qui s'était mis en tête de nous faire lire à haute voix du théâtre, sans doute qu'il était plus facile avec des textes de cette forme, pour les élèves de "mettre le ton" Ces lectures et cette écoute furent suivies d'une passion pour Labiche dont le gamin que j'étais ne savais rien. Concomitamment à ces petits évènements de ma minuscule vie, Le livre de poche faisait paraître deux tomes, aux couvertures l' un rose et l' autre bleu layette du théâtre de Labiche. Je possède toujours ces volumes que j'ai dévorés étant enfant. Et bientôt comme la pièce se jouait à Paris on m'emmena la voir. Il me semble qu'elle était donnée avec une autre oeuvre de Labiche "Feu la mère de madame" qui est également une pièce à chute, toutes deux étaient jouées par Jacques Charon et le bonheur d'hier fit mon malheur d'aujourd'hui. Car même lorsque l'on a plus que de vagues souvenirs de cette représentation d'il y a près de 50 ans, ces quelques images floues sont cruelles pour les acteurs actuels. Il est triste d'admettre que les interprètes des deux rôles principaux,  Yann Collette  pour  Lenglumé et Pierre Berriau pour Mistingue n'ont aucune présence physique, ils ont beau s'agiter et vociférer sur scène, ils ne parviennent pas à donner de la consistance à leur personnage. Le troisième larron mâle de la distribution, Alexandre Michel qui joue à la fois le valet Justin et le cousin Potard n'en a pas d'avantage, ce qui est tout de même embêtant. Seul l'élément féminin ressort de la distribution, Jérémie Lippmann, le metteur en scène, sur lequel je reviendrai, a eu la bonne et curieuse idée de transformer la très enveloppée Christine Pignet en une grosse petite fille 1925, sorte de Betty Boop gonflée à l'hélium.
L'une des raisons qui  m'ont aussi fait découvrir ce théâtre, un des très rares  théâtre parisien où je n'étais jamais encore allé, est que la pièce est mise en scène par Jérémie Lippmann que j'avais connu comme sémillant acteur dans le beau téléfilm "Le bon fils" que j'ai eu le plaisir d'éditer en dvd. Je pensais qu'il n'était qu'une de ces belles étoiles filantes qui nous enchantent et traversent les écrans au mieux que quelques saisons pour ensuite disparaître dans je ne sais quelles limbes... Et puis voilà que je redécouvre son nom en tant que metteur en scène d'une de mes pièces de prédilection.
Malheureusement il a traité "L'affaire de la rue de Lourcine" au raz des pâquerettes sans aucun second degré pourtant cette histoire d'un bourgeois, Lenglumé qui se réveille un beau matin avec une sévère gueule de bois et un inconnu dans son lit et  bientôt dans  se soupçonne "sa lacune" d'avoir commis un crime atroce dont il va devoir éliminé les témoins embarrassants est propice à une lecture particulièrement noire ou / et déjantée, rien de tel ici tout est sage et l'arrière plan social pourtant très présent dans la pièce est gommé. Lippmann ne profite pas non plus des sonorités décalées de certaines répliques et des noms propres des protagonistes qu'il faut faire sonner faisant ressortir ainsi le coté pré -surréaliste qu'ont parfois les pièces de Labiche.
Il aurait également en supprimant une réplique du valet transformé la pièce en un véritable suspense hitchcockienhitchcockien, je l'ai déjà vue montée ainsi et c'était très bien. Il faut parfois savoir être infidèle.   Seule audace avoir maintenu les couplets, propres au vaudeville, mais qui sont souvent supprimés dans les relectures modernes et de les avoir fait jazzés avec bonheur.
Il aurait aussi fallu un décor plus riche et naturaliste tout en fanfreluches  et bibelots pour faire ressortir par contraste la noirceur des âmes des individus médiocre et cynique qui s'agitent devant nous.
Ceci dit, il y avait dans la salle plusieurs enfants d'une dizaine d'années, et même moins qui riaient à gorge déployée. Le spectacle ne se terminant pas tard c'est une excellente initiation au théâtre pour des gamins et les adultes ne s'y ennuieront point.

 

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sur le pear 41 à San-Francisco

Publié le par lesdiagonalesdutemps

San-Francisco, USA, aout 1988

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que la jeunesse était jolie en noir et blanc

Publié le par lesdiagonalesdutemps

bleuveins: Acne S/S12 BS.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

fukyeabluenosebois: discretion

 

 

deadmanwalkinginlove: Incomplete

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

boysbygirls: Rich Morris at Select by Georgie Wileman in this exclusive online editorial for Boys by Girls. Styled by Mara Palena. More images here.

 

 

 

 

 

 

 

getyourbran3: “Steady as she goes, Scotty.” “Aye, aye Captain!”

 

 

superpretty: antero22: Johan Lantz. he is amazing

 

 

 


Publié dans adolescent

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A propos de Premier bilan après l'apocalypse de Frédéric Beigbeder

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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La lecture de "Premier bilan après l'apocalypse" de Frédéric Beigbeder m'a donné l'envie de faire ma propre liste des livres qui ont fait, en grande partie ce que je suis. Il me semble que la fréquentation des êtres de papier que j'y ai rencontrés m'a plus apporté que celle de chair et de sang qui ont encombrés ma vie, même si à certains je dois beaucoup, entre autres de m'avoir fait connaitre quelques un des ouvrages qui se trouvent dans mon énumération.Ma liste est sans doute moins brillante que celle de Beigbeder, plus libre aussi, je ne connais aucun des auteurs des ouvrages que je cite et puis je n'éprouve pas le besoin de prendre la pose, ce que ne peut s'empécher de faire Beigbeder ne pouvant éviter de se camper en rebelle, ce qui est assez facile, lorsque comme lui on est né une cuillère d'argent dans la bouche... Les deux énumérations diffèrent aussi du fait que contrairement à lui je préfère les bites aux fentes et que je suis peut être moins fainéant que l'illustre écrivain, privilégiant plutôt les gros livres par rapport aux minces plaquettes même si je ne me suis absolument pas préoccupé de la longueur des ouvrages dont les titres me sont venus à l'esprit lorsque j'ai décidé de me soumettre à ce petit exercice. Pas plus, contrairement à Beigbeder, c'est du moins ce qu'il prétend, que je me suis soucié du physique des auteurs d'abord je ne vois pas en quoi cela peut interférer avec leurs écrits et qu'ensuite pour la plupart d'entre eux, je n'en ai aucune idée et en suis bien peu curieux. Quand à leur périple sur la terre, il ne m'intéresse pas toujours. A ce sujet Beigbeder parvient pour chacun des auteurs des livres qu'il choisit, en quelques lignes à en tracer une virtuose biographie.

Pour élaborer cette liste, j'ai laissé remonter à la surface de ma mémoire les titres des livres qui m'ont formé, peut être déformé, m'ont ému et qui surtout m'ont donné du plaisir, un plaisir souvent différent de l'un à l'autre. Cette émergence du magma de mes souvenirs a eu lieu alors que j'étais coincé dans un gros bazar, un Airbus 380, quelque part entre Paris et Tokyo.

Comme Beigbeder, je me suis fixé plusieurs règles, que, comme lui il me semble, j'ai enfreint quelques fois, mais dans des limites qui me paraissent raisonables. Celle d'abord de me limiter à cent titres (tant pis pour ceux arrivé "après les délais" comme on dirait pour une arrivée d'étape du tour de France, ainsi n'ont pas été retenu un beau ténébreux de Julien Gracq, Les minutes d'un libertin de François Sentein ou encore Sans parler du chien de Connie Willis après ce dernier attardé j'ai définitivement fermé le robinet de mes souvenirs de lecture), à l'imitation de mon modèle, de ne mentionner un auteur qu'une seule fois, sinon cela aurait pu tourner à la bibliographie de certains romanciers comme Modiano, Rinaldi, Céline, Yourcenar... de ne considérer que les ouvrages de fiction, mais pour moi les journaux intimes et les mémoires relèvent plus du roman que du reportage ou de l'essai, c'est pour cela que vous en trouverez dans ma litanie, ne fait on pas que fictionner sa vie? Et je considère que nombre de poèmes de Cavafy sont de petites nouvelles. J'ai donc écarté les essais, les reportages et les biographies. De même, je n'ai pas retenu les bandes dessinées, qui pourtant ont eu, et ont toujours, une grande importance pour moi, ne voulant que considérer que les rêves et les songes émanant des seuls mots; c'est pour cela également que j'ai écarté le théâtre dont je fus un grand lecteur durant mon adolescence, trop dépendant de son interprétation. J'ai ignoré le découpage par genre, trouvant que ces classifications étaient de la foutaise. Je me suis limité aux auteurs du XX ème siècle en faisant sans doute une ou deux entorses à cette résolution en gardant un ou deux titres de la toute fin du XIX ème et peut être une demi douzaine appartenant à notre début du XXI ème. Il ne faut pas chercher dans l'ordre dans lequel les ouvrages arrivent un quelconque classement. J'ai lu certains de ces livres il y a très longtemps (à l'aune de ma vie, pour ceux là, je m'aperçois parfois que je me souviens plus de la ferveur avec laquelle je les ai lus que du roman lui-même et toujours des lieux ou eurent lieu ces lectures) ou hier. Certains ont été relus d'autres jamais réouverts... Avec Beigbeder j'ai plusieurs auteurs en commun mais très peu de livres... Les auteurs ou titres en commun apparaissent soulignés dans ma liste.

 

La recherche du temps perdu, Marcel Proust

Le mur, Jean-Paul Sartre

contrepoint, Aldous Huxley 

Mort à crédit, Céline

La pierre angulaire, Zoé Oldenbourg

Un jour cette douleur te servira, Peter Cameron

Un homme mariè, Edmund White

La peste, Albert Camus

La conjuration des imbéciles, Kennedy Toole

Le chat qui venait du ciel, Hairaide Takashi

La citadelle, A. J. Cronin

Terre chinoise, Pearl Buck

La vie mode d'emploi, Pérec 

Le prince dénaturé, Didier Martin

Voyage en France, Renaud Camus

Les dames de France, Angelo Rinaldi

Journal, Matthieu Galey

Le maitre des illusions, Donna Tartt

Les Thibault, Roger Martin du Gard

L'usine à rêve, François Rivière

L'homme qui meurt, James Baldwin

Autant en emporte le vent, Margaret Mitchell

La ligne de beauté, Alan Hollinghurst

Le comptable indien, David Leavitt

Un soir d'aquarium, Patrice Delbourg

Le fil du rasoir, somerset Maugham

La gloire du traitre, Bernard Sichère

Journaux de guerre, Ernst Junger

1984, Orwell

Notre avant guerre, Robert Brasillach

Les mémoires d'une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir

L'écume des jours, Boris Vian

Le monde vert, Brian Aldiss

Notre amour, Roger Peyrefitte

Ravage, René Barjavel

Les poneys sauvages, Michel Déon

Rue des boutiques obscures, Patrick Modiano

Danseur, Colum McCann

L'été grec, Jacques Lacarrière

L'usage du monde, Nicolas Bouvier

Journal, André Gide

L'oeuvre au noir, Margueritte Yourcenar

L'empire du soleil, Ballard

La taupe, John Le Carré

Pas d'orchidée pour miss Blandish, James Hadley Chase

Le docteur Jivago, Boris Pasternak

Tanguy, Michel Del Castillo

Les célibataires, Henry de Montherlant

Conrad, Pierre Boulle

Les atlantes, Georges Bordonove

Sa majesté des mouches, Golding

Et qui va promener le chien, Stephen McCauley

Le péril vient de la mer, Wyndham

A défaut de génie, Nourissier

 

 

Arts & Spectacles

15.10.2011 - Une vie, une oeuvre
François Nourissier 58 minutes Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

par Bruno Tessarech réalisation : Anne-Pascale Desvignes

 

 

 

 

 

 

 

Le voleur dans la maison vide, Jean-François Revel

La danse du coucou, Chambers

Mer cruelle, Nichola Montserra

Les nus et les morts, Norman Mailer

De sang froid, Truman Capote

La vie mode d'emploi, Pérec

Malevil, Robert Merle

Sinouhé l'égyptien, Waltari

Moi Claude empereur, Robert Graves

A l'ouest rien de nouveau, Remarque

La carte et le territoire, Houellebecq

Bande à part, Jacques Perret

Les combattant du petit bonheur, Alphonse Boudard

Le baron perché, Calvino

Au nom de la rose, Umberto Ecco

Voulez vous me préter votre mari, Graham Greene

Bizarre bizarre, Roal Dahl

La reine des pommes, Chester Himes

Le pavillon des cancéreux, Soljenitsyne

Les croix de bois, Roland Dorgeles

Le complot contre l'Amérique, Philip Roth

Les antimémoires, Malraux

Une extrême amitié, Henri Troyat

La ferme africaine, Blixen

Quand mourut Jonathan, Tony Duvert

Printemps au parking, Christiane Rochefort

Tableaux d'une exposition, Patrick Gale

Le camp des saints, Jean Raspail

La route, Cormac McCarthy

Narcisse et Goldmund/ Hermann Hesse

Cette camisole de flammes, Matzneff

La peau des zèbres, Jean-Louis Bory

Courir avec des ciseaux, Augusten Burroughs

Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède, Selma Lagerlof

La dynastie des Forsyte, John Galsworthy

Un long dimanche de fiançaille, Sébastien Japrisot

Des voix dans la nuit, Frederic Prokosch

Les iles du soleil, Ian R. MacLeod

La gloire de l'empire, Jean d'Ormesson

Le roi des Aulnes, Michel Tournier

Poèmes, Cavafy

Le temps des grandes chasses, J.P Andrevon

Adios, Kleber Haedens

Venise, Paul Morand

Pour tout dire, Merle Miller

En haut des marches, Joseph Hansen

C'était le Pérou, Patrick Cauvin

L'enfant perse, Mary Renault

Garçons de cristal, Bai Xiangyong

L'ile aux trente cercueils, Maurice Leblanc

 

Bien sûr cette liste est hétéroclite, mais elle est sans pose et n'est que le fruit d'un jeu, d'un passe temps qui m'a donné beaucoup de plaisir, comme m'en a donné la lecture de tous ces livres. Il serait vain d'y chercher une quelconque cohérence, sans doute les plus perspicace pourront y trouver des courants souterrains qui nourricent aussi plusieurs des articles que l'on peut trouver sur ce blog. J'espère qu'elle incitera quelques curieux à s'adonner à cet exercice ludique et surtout que ce billet donnera envie de lire les ouvrage de cette liste, comme le fait l'essai de Beigbeder pour son choix, ce qui n'est pas un mince mérite. 


Publié dans livre

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Jake Cooper

Publié le par lesdiagonalesdutemps


source: http://thebeautifulman.blogspot.com/








 

 



pour plus d'images de: Jake Cooper - the Fashion Spot http://forums.thefashionspot.com/f127/jake-cooper-101123.html#ixzz1c9Vya3v7

ou

http://jakec00per.tumblr.com/

 

-alwayssaidsnape: Jake Cooper, baby be mine. 

 

 

 

 

 

Publié dans modèles et mannequins

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un maître de la gravure: Albert Decaris

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le cuivre en plaque a été, jusque vers 1820, le seul métal sur lequel on gravait en creux, pour obtenir des gravures ou eaux-fortes. Les plaques d'acier ont d'abord été utilisées dans les années 1820 pour imprimer de grandes séries de billets de banque. Car la qualité de la gravure restait identiques pendant toute la série; finement gravée cela rendait difficile la falsification. L' acier métal plus dur que le cuivre était plus difficile de travailler, mais il permettait de faire des détails très précis. Rapidement les plaques d'acier sont devenues populaires pour graver toutes sortes de sujets, notamment les vues topographiques, qui pouvaient être imprimées en grand nombre pour les touristes. Dès les années 1850 il a été possible pour les artistes de travailler sur des plaques de cuivre sur lesquelles par électrolyse on déposait une couche mince de fer à la surface du cuivre. On prolongeait ainsi la la vie de la plaque. Les plaques d'acier sont demeurée  pour l'impression des billets et des timbres-poste. Le cuivre fut réservé pour les beaux-arts.
Ce préambule me paraissait indispensable pour présenter un artiste qui a dérogé à cette règle car un graveur important du XXe siècle, Albert Decaris (1901-1988), a toute sa vie gravé sur acier. Decaris semble avoir choisi l'acier pour la clarté de la ligne qui peut être atteint, et pour l'effet scintillant que ces lignes de produire quand elles sont gravées en parallèle. Albert Decaris a gravé plus de 500 timbres-poste pour la Françe et les  services postaux coloniaux. Il a aussi illustré également un grand nombre de livres. Il a en outre réalisé des fresques monumentales à MegèveParis et Vesoul. 


Decaris Albert, Île de la Cité
Gravure, 1950

Albert Decaris, Feux d'artifice sur la rive droite
Gravure, 1950

Albert Decaris, Feux d'artifice sur la Rive Gauche
Gravure, 1950

Decaris Albert, Montmartre et le Sacré Coeur
Gravure, 1950

Albert Decaris, rue Drevet à Montmartre
Gravure, 1950

Decaris Albert, rue Broca
Gravure, 1950

L'atelier de Decaris  était sur la rive gauche de la Seine, avec vue sur le fleuve et le Louvre. Le graveur sur bois Mark Severin lui rendit visite en 1950, et a écrit dans son essai "Decaris, graveur" , "la première impression d'une visite à l'atelier de Decaris est une constellations de petits éclats de métal blanc, scintillant comme des étoiles sur le sol sombre, puis la vue que l'on a par la fenêtre sur la Seine et le Louvre. " 


Albert Decaris, Notre-Dame et la Rive Gauche
Gravure, 1950
Albert Decaris, La rive droite et le Louvre
Gravure, 1950

Ces magnifiques vues de Paris ont été faites pour le livre sur Paris d'André Suarès. Il a été publié en 1950 dans une édition de 250 exemplaires, tous imprimés sur du papier Montval. En outre, il y avait 50 suites séparées des gravures, imprimées sur du papier Auvergne, et 25 albums de gravures.Les gravures ont été imprimées par Georges Visat.
 

Albert Decaris, Florence
Gravure, 1930
Decaris Albert, Pise
Gravure, 1930
Decaris Albert, rue de Sienne
Gravure, 1930

Paris n'est pas la seule ville à jouer un rôle important dans la vie d'Albert Decaris. En 1919 à l'âge de seulement 18 ans, il    remporte le prestigieux Grand Prix de Rome de gravure, qui  autorisait alors les lauréats à résider pour une longue période à la Villa Médicis à Rome pour poursuivre leurs études. Decaris demeure quelques temps à Rome, mais son séjour est d'abord interrompue par une maladie, puis par le service militaire. Cet épisode a été d'une importance cruciale pour la suite de sa carrière.  Les sujets italiens semblent s'être imposé immédiatement à lui. Il illustre le livre de Voyage Du Sang, de la Volupté, et de la Mort de Maurice Barrès, qui est se déroule en grande partie en Italie et en Espagne, un choix parfait pour Decaris. Cet ouvrage a été publié en 1930 dans une édition de 316 exemplaires, dont 85 suites séparées des gravures imprimées sur BFK Rives par Edmond Rigal.


Decaris Albert, les femmes de Séville
Gravure, 1930
Decaris Albert, Corrida
Gravure, 1930
Albert Decaris, fiesta espagnole
Gravure, 1930

Presque quarante ans sépare les gravures ci-dessus et celles ci dessous qui proviennent d'une édition monumentale  et illustrée des Vies des hommes illustres de Plutarque.  qui a été imprimée par Serge Beaune sur papier vélin du Marais en un tirage important de  de 3600 exemplaires (dont  100 étaient sur papier Antique Bellegarde, avec une suite double de 8 "refusées planches"). 


Decaris Albert, Thésée et le Minotaure
Gravure, 1967
Albert Decaris, Cléopâtre
Gravure, 1967
Albert Decaris, Caractacus dans les chaînes 
Gravure, 1967
Albert Decaris, Les ruines d'Athènes
Gravure, 1967

Albert Decaris est né à Sotteville-les-Rouen en Seine-Maritime, et mort à Paris. Bien qu'il était très respecté en tant qu'artiste et qu'ils reçu des marques de reconnaissance de ses pairs, il est élu à l'Institut en 1943, est  nommé  "peintre de la Marine" en 1973... Il a réalisé plus de 500 timbres de 1935 à 1985. Son premier dessin pour un timbre représente le cloître de Saint-Trophisme à Arles, à la demande du ministre des Postes, Jean Mistler. sa décision de se concentrer sur des travaux de commande tels que des illustrations de livres et la création de timbres-poste fit que son talent n'a pas reçu l'attention qu'il méritait...



           
Albert Decaris, L

gouache, L'enlèvement des Sabines


Attributed To Albert Decaris, Koré
huile sur toile


Méditerranéen de cœur, il trouve dans les mythologies grecque ou romaine des sources inépuisables pour exprimer son talent. Et cette passion du soleil le mènera au Revest-les-Eaux, près de Toulon. C'est là qu'il finira sa vie.
Les Editions de la Nerthe, 1885 Route Nationale 8 à 83190 Ollioules ont publié "Decaris le Singulier". L’ouvrage, écrit par sa fille Isabel Boussard-Decaris, propose une biographie critique ainsi qu’une sélection thématique des plus belles œuvres grand format exécutées par l’artiste.
DecarisMonth002-copie-1.jpg
illustration pour Thrasylle d'Henry de Montherlant

Publié dans illustration

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Les éphèbes de Rusja

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

J'ai rencontré ces jolis garçons sortis tout droit de fantasmes antiques et croqué avec beaucoup de talent qui n'est pas sans rappeler celui de Gourlier sur un blog dont je vous conseille vivement la visite sont adresse est: http://ruslahka.blogspot.com. Vous y découvrirez d'autres jeunes guerriers affriolants. Leur créateur est bien discret et l'on ne sais rien de lui à son adresse, à moins que je n'ai pas été assez perspicace. S'il passe par là, j'aimerais beaucoup qu'il me renseigne sur sa personnalité, son inspiration et sa technique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 



Publié dans peinture

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por se souvenir de Coriolan aux Amandiers

Publié le par lesdiagonalesdutemps

cori

Avant toute chose, il me semble qu’un petit rappel historique s’impose. Il y a peu je suggérais que la myopie n’était pas souhaitable pour une bonne connaissance du cinéma, elle ne l’est pas d’avantage pour le théâtre et c’est encore plus vrai pour une pièce directement politique comme Coriolan de Shakespeare (1564-1616).
Une représentation de Coriolan fut intimement mêlé à des épisodes sanglants de l’histoire de France du XX ème siècle. En février 1934, dans une atmosphère de scandales financiers, le pouvoir de la république démettait brutalement de ses fonctions le préfet de police Chiappe, proche de l’extrême droite, et lui proposait un placard marocain qu’il refusa. Cette affaire fut un des déclencheurs des émeutes du 6 février 1934 (un peu comme l’éviction de de la cinémathèque fut en 68 l’un des prétextes des révoltes de mai). Le 6 février 34 fut une tentatives avortée des ligues d’extrème droite associés au Croix de feu du colonel de La Rocque*, qui fournissait le gros des troupes, et à l’Action Française pour renverser la république. Au matin de l’insurection, on dénombra 15 morts et 1435 blessés. Il se trouve qu’à cette époque était donné Coriolan sur la scène de la comédie française. La sortie de la comédie française fut un point de ralliement pour les manifestants.

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La mise en scène alors faisait la part belle à la reconstitution antique. Une partie importante du public huait les harangues des tribuns du peuple et exultait en voyant les saluts à la romaine lors du triomphe de Coriolan au début de la pièce. Il est gros à parier que ce souvenir à largement incité Christian Schiaretti, le brillant metteur en scène de la version que l’on peut voir actuellement au Théâtre Nanterre- les Amandiers et en dvd (j’y reviendrai) à ne pas situer trop implicitement l’action dans le monde romain et à vêtir ses comédien de costume du XVI ème siècle, ce qui permet par exemple d’éviter les fameux salut à la romaine qui furent remis à l’honneur par Mussolini, puis adoptés par le pouvoir nazi.

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En 1607-1608 Shakespeare vient de lire “La vie des hommes illustres” de Plutarque dont un des chapitres à trait à la vie de Coriolan  . L’intrigue de la tragédie ne se démarque peu du texte de Plutarque. Lorsqu’il compose Coriolan, il a sans doute 43 ans. Il y a déjà environ une vingtaine d’années qu’il écrit des pièces (parfois en collaboration avec d’autres dramaturges),  Henry VI, Richard III (1591-1593), Richard II, Henry V (1595-1599), Le roi Jean (1596) Hamlet 1600-1601, Othello (1603-1604), Le roi Lear(1605-1606), Macbeth (1606).
Plusieurs pièces du dramaturge se réfèrent à l’histoire romaine. Dans “le viol de Lucrèce” (1593-1594) il décrit la chute du tyran Tarquin et les débuts de la République. Dans “Jules César” (1599) il se concentre sur l’assassinat de César. Dans “Antoine et Cléopatre” (1606-1607) il s’intéresse aux débuts convulsifs de l’empire, alors que dans “Titus et Andronicus”, il ausculte la fin de ce même empire.

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Fin connaisseur de l’histoire romaine, il met à juste titre sous jacent à l’intrigue de sa tragédie la hantise de la guerre civile qui irrigue toute l’histoire romaine. Il met aussi en évidence l’instabilité perpétuelle de la République romaine (guérie par l’empire).  Shakespeare suggère que seul une menace extérieure peut souder une nation et lui faire oublier chicanes et luttes de classes...
Coriolan n’est pas une pièce à thèse, même si elle a été accusé d’être une pièce fasciste (il faut reconnaitre que la trajectoire de Coriolan n’est pas sans rappeler celle de Mussolini), mais qu’entendaient par là ceux qui proférèrent ce mot devenu le réceptacle de toutes les haines courtes en politique? Certes, je ne suis pas sûr qu’elle ravisse les démocratolâtre, mais je n’en suis pas et n’ai jamais considéré que nos démocraties soit la borne ultime de l’excellence de la science politique. Shakespeare, comme à son habitude, ne porte aucun jugement moral sur les personnages ou les forces en présence.
Je ne cacherais pas que mes sympathies vont à Coriolan (celui du premier acte), mais j’ai beau scruter notre horizon politique je ne vois pas venir un de ses émules.

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Le spectateur français d’aujourd’hui n’est pas en peine de trouver des échos du présent ou d’un passé plus ou moins lointain dans Coriolan. Certaines situations ou postures des personnages peuvent faire penser, à tel ou tel moment de la pièce, aussi bien à notre actuel président qu’à de Gaulle ou Pétain. Et par sa fin piteuse (qui n’est pas celle que l’on trouve chez Tite-Live) il rappelle aussi le général Boulanger.
La pièce pose plusieurs questions qui restent d’actualité : Quel est la place de la représentation dans la politique? Un homme d’exception est il le gouvernant idéal? Un chef de guerre valeureux peut il être un guide en temps de paix? Dans quelle mesure les aléas de la vie privée d’un chef peuvent ils modifier la conduite des affaires de la cité? Faut il préférer la sécurité à la liberté?

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Bien des répliques ne sont pas sans trouver des échos encore aujourd’hui: << Ce pouvoir se gorge de ripailles dont l’ excédent suffirait à nous nourrir...>>, << Ils disent que les pauvres qui revendiquent ont l’haleine forte...>>, << Vous faire confiance, à chaque minute vous changez d’avis et trouvez noble celui que vous haïssiez tout à l’heure, vil celui que vous couronniez... >>...

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Mais peut être plus que par son éternel actualité politique, c’est la richesse de la personnalité de Coriolan qui me séduit le plus dans cette tragédie, tout du moins celui du début et non le Coriolan du dernier acte à la coupable sensiblerie familiale. Elle est riche de toutes les contradictions qui font un homme. Coriolan est à la fois courageux, jusqu’au bravache et faible avec sa mère qui le manipule (le “couple” Coriolan-Volumnia rappelle beaucoup celui formé par Néron et Agrippine), Prèt à sacrifier sa vie pour son pays mais en même temps méprisant pour ses habitants...

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Schiaretti a pris le parti pris d’habiller ses acteurs avec des costumes de la renaissance, alors que l’action est sensée se passer cinq siècles avant notre ère, si ce procédé a de nombreux avantages, outre celui d’éviter de gênantes réminiscences, comme je le notait plus avant dans mon billet, surtout notamment celui d’apporter une distance supplémentaire entre le spectateur d’aujourd’hui et le texte de la pièce sensée se dérouler dans une époque romaine plus mythique qu’historique, plus prosaïquement ces costumes apportent sur le plateau, laissé  entièrement nu, des notes de couleurs, ce qui n’aurait pas été le cas avec une vêture à l’ antique. Mais le fait   d’habiller les comédiens à la mode du XVI éme siècle génère aussi des inconvénients. Le plus important est le hiatus que ce décalage temporel installe entre  ce que l’on voit et ce que l’on entend. La distance à mon sens souhaitable demande aussi un effort supplémentaire au spectateur, néanmoins la pièce est très accessible.

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Sa lisibilité est aidé par la mise en scène dynamique et fluide de Christian Schiaretti qui réussit à investir l’immense plateau du théâtre. Néanmoins il arrive parfois qu’il paraisse trop grand même pour la troupe de la trentaine de comédiens qui l’habite. Cette mise en scène est exemplaire par son souci de rendre le texte le plus clair possible toutefois je ne comprend pas de faire de Cominius, joué par Alain Rimoux, un invalide que l’on pousse dans sa petite voiture, ce qui est tout de même curieux pour un général romain. Je regrette aussi que le rôle du fils adolescent de Coriolan soit tenu par une jeune femme.

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Le rouge des drapeaux claque, le sang des combats et les eaux sales de la politique s'écoulent par la bouche d'égout au centre de la scène. L'utilisation des clairs-obscurs renvoie à la représentation du pouvoir, notamment dans la peinture anglaise ou flamande du XVIIe siècle. Cette théâtralité, ce souffle épique tiennent en haleine tout du long, malgré la durée du spectacle. C’est aussi un véritable bonheur de voir une troupe aussi nombreuse sur un plateau. Trop souvent Shakespeare est monté au rabais, ce n’est pas le cas ici.

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Le texte français de Jean Michel Déprats n’est pas pour rien dans cette accessibilité. Il n’évite cependant pas quelques bizarreries comme de nommer une prière romaine, bénédicité...
Sans décor avec des procédés scéniques élémentaires, seulement une petite trappe au centre du plateau, et fugitivement une grande flaque d’eau, qui n’était peut être pas indispensable, la mise en lumière remarquable, due à Julia Grand, est un élément prépondérant de la dramaturgie.
Si je n’ai qu’admiration pour l’éclairage de la pièce, il n’en va pas de même pour le son dont le responsable est Michel Maurer. Encore une fois, malheureusement, de nombreuses tirades se perdent dans les cintres en particulier lorsque les comédiens parlent le dos à la salle. Il faut certes rappeler à la décharge de ce dernier que la pièce n’a pas été créée aux Amandiers mais au Théâtre Nationale Populaire de Villeurbanne dans lequel le 18 et 19 décembre 2006 la pièce a été captée, visible sur le DVD édité par le TNP. Mais surtout il faut se souvenir que l’acoustique du théâtre des Amandiers est défectueuse. On peut s’étonner que l’on ait  jamais remédié à ce défaut...

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L’interprétation est remarquable et homogène. Wladimir Yordanoff, que je connaissais jusque là pour des rôles plus intimistes et contemporain, tant au cinéma qu’au théâtre à la bel prestance que requière cet emploi. Il s’y révèle un tragédien de première grandeur. Il m’a d’autant plus impressionné que le jour où je suis aller voir la pièce, l’acteur s’était blessé quatre jour auparavant à la jambe et qu’il réussissait néanmoins a donner beaucoup d’éclats à son personnage qui demande pourtant beaucoup de vélocité pour le jouer. Yordanoff ferait merveille en Jules César, Richard III... et dans bien d’autres rôles shakespeariens, sans oublier le répertoire classique français. Hélène Vincent fait preuve d’une grande Vigueur. Mais la palme revient a Roland Bertin qui interprète le rôle de Ménénius Agrippa avec une rondeur pateline et matoise délectable. Ma seule réserve va à Dimitri Rataud qui interprète Tullius Aufidius, par ailleurs peut être le rôle le plus difficile, sa diction est souvent défaillante, presque toujours trop rapide, et il manque un peu de consistance pour faire face de manière crédible à Yordanoff dans leur duel.

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Je ne peux m’empécher de m’amuser du jeu des ressemblances, cette fois c’est le tribun du peuple démagogue et vasouillard à souhait, fort bien interprété par David Mambouch, dont la figure n’est pas sans rappeler celle de François Bayrou...
Le dvd est une bien belle invention lorsqu’il permet de prolonger un tel plaisir. On y retrouve la pièce dans son intégralité. La captation de Bernard Schmitt est efficace mais pas plate, s’offrant parfois des cadrages en hors champ de l’action, audacieux. Elle sert au mieux la mise en scène de Schiaretti. Elle alterne plans larges, gros plans, un peu trop rare à mon goût, et plans moyens, les plus nombreux. La distribution est identique à celle des actuelles représentation à l’exception de la mère manipulatrice, Nada Strancar remplace Hélène Vincent. Le défaut d’audition que j’ai noté à Nanterre est presque entièrement réparé sur le DVD.
Il y a encore bien des richesses dans ce chef d’oeuvre mis en lumière par une mise en scène limpide servie par de valeureux comédiens, le spectacle le plus intelligent de cette fin d’année.   

* Pour tout savoir sur le colonel de La Rocque et son mouvement il faut lire l’ exhaustif “Le colonel de La Rocque 1885-1946 ou les pièges du nationalisme chrétien de Jacques Nobécourt, 1996 aux éditions Fayard.


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Théâtre Nanterre-Amandiers,

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Au bord des bassins

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