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Paul Janin illustre le Petit chose

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Botsoglou Chronis

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Botsoglou Chronis est né à Thessalonique en 1941. Il est aujourd'hui l'une des plus importantes figures de l'art grec contemporain. Bien que son travail fait partie de la tendance de la Nouvelle Objectivité il présente aussi certaines caractéristiques propre à l' expressionnistes. L'artiste  pluridisciplinaires utilise divers modes d'expression  peinture, dessin, sculpture, installation, estampe, photos numérique... 

Auto-portrait 

Fisher Mytilène 

Dimanche après-midi (1977) 

La forme humaine, le corps avec toute son expérience et ses imperfections, le cycle de vie des êtres humains, sans oublier le déclin et la mort avec toutes ses formes sont à la base de son travail. 












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Eiki Mori

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un corbeau parisien

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Paris, hiver 2008

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Avedon dans Egoiste

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Ecureuils londoniens

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Londres, juin 2009

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Dans le café de la jeunesse perdue de Patrick Modiano

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Tout d’abord et c’est la première bonne nouvelle que nous annonce la parution du nouveau roman de Patrick Modiano http://pagesperso-orange.fr/reseau-modiano/index.htm, Dans le café de la jeunesse perdue, est la réponse à cette inquiétude, que dis je, à cette angoisse qui tenaillait depuis deux ans les admirateurs de l’écrivain, dont je suis, mais je m’explique mal comment un amoureux des lettres ne pourrait il pas être un fervent de Modiano, à mon humble avis le seul grand écrivain français en activité, écrirait-il encore après l’époustouflant “Pedigree”? Livre, qui nous offrait, d’une façon aussi lapidaire que magistrale, les clefs de l’oeuvre, même si nous avions déjà un trousseau bien fourni qui en ouvrait la plupart des portes. Nous voici rassuré avec Dans le café de la jeunesse perdue, Pedigree n’était donc pas le chant du cygne. La deuxième bonne nouvelle est que ce dernier opus est un chef d’oeuvre. Si Pédigrée est comment Modiano est devenu l’homme qu’il est aujourd’hui, Dans le café de la jeunesse perdue est comment il est devenu l’écrivain qu’il est (et qui scandaleusement n’est pas encore dans la Pléiade!). Il se déroule au début des années soixante; il commence dans un café du coté du carrefour de l’Odéon, le Condé, fréquenté par une jeune femme, Louki. Pour se souvenir d’elle, Modiano convoque trois personnages (auxquels il prêtera son je), un étudiant, un détective et un apprenti romancier. Il recueille aussi la confession testamentaire de Louki, la jeune fugueuse qui aime à la fois la drogue, l’ésotérisme et les errances dans Paris. Nous retrouvons le Paris de Modiano une ville imaginaire, une cité onirique où les époque se superposent et s’incarnent. Dans notre littérature française, un grand écrivain se reconnaît, pas seulement, mais tout de même, par son talent à faire vivre sur la page ce précipité de Paris qu’est le café, comme avant lui Céline, dans un registre bien différent Modiano est un maître en l’exercice. Au Condé à la fois louche et littéraire se croisent, parmi les déclassés Adamov (http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Adamov), Olivier Larronde (http://ecrits-vains.com/points_de_vue/ferami03.htm), Maurice Raphaël http://atheles.org/centpages/lepianolanaineetleschienserrants et bien d’autres personnages mystérieux. A propos de Maurice Raphaël (1918-1977), voici ce qu’écrivait de lui Olivier Bailly dans Le Nouveau Quotidien, << Maurice Raphaël (http://www.apophtegme.com/ZERMAC/zermac06.htm), styliste du gluant, exerçait ses talents en exergue du grand air, se confinant au rayon exténuant de la poisse, de l’étouffoir, de l’impasse, se mouvant dans l’air vicié, naviguant entre le bris et le débris.». Quant à Alfred Eibel il en fait un membre de la carlingue, « responsable aux Questions juives pour les départements de l'Eure et de l'Eure-et-Loir durant l'Occupation, et membre de la Gestapo française de la rue Lauriston. Il y « torturait, au service de l'occupant, avec les braqueurs, faussaires, bordeliers, bookmakers et tueurs à la lame facile qui constituaient la bande Bonny-Lafont » Modiano ne pouvait pas passer à coté d’un tel personnage. Il l’a rencontré Maurice Raphaël alias Lepage alias Bastiani (www.oike.com/lmda/din2/n_egar.php?Eg=MAT01631) à l’époque où il situe Le café de la jeunesse perdu: << Quant à Victor Maurice Le Page, c'était un ami de Breton et de Queneau. Il a eu des ennuis après la guerre et fait de la prison. Quand je l'ai rencontré, dans un café de la rue de Seine, j'ignorais tout de son passé trouble sous l'Occupation. Il écrivait des romans policiers, il avait un physique très bizarre, inquiétant, célinien, il aurait pu jouer dans des films noirs, “Touchez pas au grisbi”, par exemple.>>. De la légende de Maurice Raphaël, écrivain oubliè, Modiano page 139, en une phrase, nous dit tout: «On dit tant de choses... Et puis les gens disparaissent un jour et on s'aperçoit qu'on ne savait rien d'eux, même pas leur véritable identité.». Au Condé on ne se contente pas de frôler des écrivains on y lit aussi des livres comme “Louise du Néant” de Jean Maillard, mais aussi “Horizons perdus.” de James Hilton le livre qui a inspiré le film éponyme de Capra. Cette métaphore du paradis terrestre fut un best-seller très connoté sixties, que bien des voyageurs en partance pour Katmandou emportaient dans leur sac en l'idéalisant. Le ton et les thèmes du livre ne surprennent pas, l’habitué de l’oeuvre de Modiano, mais sa forme, très originale, ne pourra que combler les amoureux à la fois de la tradition littéraire et de l’avant garde. Oui Modiano est d’avant garde, c’est dire qu’il ne reprend pas les vieilles lunes lettristes ou situationnistes, dont pourtant ce roman fait écho, mais ose une figure littéraire rare: le je multiple. Si l’écrivain emploie la première personne du singulier ce “je” n’a pas toujours la même voix; il le prête tour à tour à plusieurs de ses personnages qui ne sont que des masques sous lesquels perce le jeune Modiano d’hier. Jacques Lecarne dans l'indispensable cahier de l'Herne consacré à Modiano a bien cerné cette innovation de la polyphonie du "je" dans le roman: << Chaque séquence introduit un narrateur (ou narratricre différent(e), sans que celui-ci (ou celle-ci) soit annoncée ou démarqué(e). Le narrateur, masculin ou féminin, est instable, et, au moins dans un premier temps, indéterminé. Les personnages sont rendus plus flous encore par le défaut d'exposition. L'instance narratrice est collectivisée à la dimension d'une clientèle de café, qui n'est pas tout à fait une bande, tant elle est éphémère. En somme, de nouveaux progrès dans le flou de Modiano et dans l'écriture irréalisante!>>.

Modiano une fois de plus, heureusement, nous fait une topographie de Paris ou plutôt celle d’une nouvelle traversée de Paris qui nous mène du carrefour de l’odéon à Pigalle. Pour les maniaques de l’exactitude géographique et historique, il faut signaler que “Le Condé” (mot à double sens à la fois le grand commis de l’état mais aussi un policier en argot) n’a jamais existé mais est une addition de plusieurs cafés situés entre l’Odéon et Saint Germain des prés. Mais comme le dit justement Modiano: << “Le condé” appartient désormais à l’imaginaire.>>. Les nom sont toujours important chez l’écrivain. Si certaines célébrités ou demie célébrités passent dans ses livres c’est souvent parce qu’il les a connu mais aussi parfois parce que leur patronyme lui plaît, << Je n’ai pas connu le danseur Babilée (http://cinemanageria.ifrance.com/abc_acteurs/b.htm), mais je l'ai mis là parce que c'est un nom dont la sonorité me fait rêver.>>. Ailleurs un des protagonistes louche du roman se nomme Béraud-Bedoin, Béraud comme l’écrivain collaborationiste, une autre Jeannette Gaul, Gaul comme Charly Gaul le champion cycliste luxembourgeois dont les exploits sont contemporains à l’action du roman... Ce dernier livre réussit à faire une synthèse des plus improbable entre Fargue, Pérec, Nimier, Roussel et Debord (auquel il emprunte le beau titre de l’ouvrage) et c’est une merveille. La première surprise du livre est dans la signature de la magnifique phrase aposée en ouverture du roman, << A la moitié du chemin de la vraie vie, nous étions environnés d’une sombre mélancolie, qu’ont exprimée tant de mots railleurs et triste, dans le café de la jeunesse perdue.>>. Elle est de Guy Debord, avec un peu de reflection, elle n’aurait cependant pas du nous surprendre, mais on avait oublié, sous le tumulte de ses partisans, la douceur mélancolique du ton de nombreuses pages du pape du situationnisme. Lorsque l’on s’en souvient on s’aperçoit alors que Pédigrée ressemble au panégérique de Debord et que chez ce dernier la figure de la jeune fugueuse est fréquente; enfin que les situationnistes, après Benjamin, ont légitimé intellectuellement les dérives pédestres dans paris. Modiano est le seul écrivain qui réussit à écrire court sans jamais être sec. Lorsqu’on refermera, l’ouvrage, la dernière ligne lue, longtemps il cheminera en nous. Plus que la nostalgie pour une époque Modiano à le talent pour faire émerger à la surface de notre conscience les regrets et même les remords d’être passé à coté, d’avoir esquivé, des paysages et des personnes a jamais disparus... Il nous amène à cette évidence, nous ne sommes que de piètres observateurs à la mémoire défaillante. Alors que lui bien qu’il dise le contraire jouant l'éternel amnésique, peut être pour ne pas nous accabler, à tout vu, à tout compris, se souvient de tout et de tous. Nous nous retrouvons en pays de connaissance avec les personnages du roman. Louki ressemble aux jeunes filles portraiturées dans “Des inconnues” et aussi à la Jacqueline, (Jacqueline est le véritable prénom de Louki) Du plus loin de l’oubli (Gallimard,1996) qui passait ses journées dans les cafés de la rue Dante, reniflait de l’éther et se voyait fuir à Majorque. Elle épousait un certain Georges Caisley... Chaque livre de Modiano plus qu’un roman me parait être une strophe d’un grand poème sur la fuite du temps, << Quelquefois, je me demande si mes livres sont vraiment des romans, s'ils ne sont pas plutôt une romance, une sorte de musique qui se poursuit de l'un à l'autre.». On trouve dans cette dernière livraison, les invariants de l’oeuvre, comme ce refus des contingences quotidiennes, << Et chaque fois, à la perspective de retourner à Neuilly, elle éprouvait une sorte de découragement. Ainsi elle était condamné désormais à prendre toujours le métro sur la même ligne. Changement à Etoile. Descente à Sablons...>> (page 105), le bonheur dans l’esquive, dans la fuite, la détestation de l’installé, << Je n’étais vraiment moi même qu’à l’instant où je m’enfuyais. Mes seuls bons souvenirs sont des souvenirs de fuite ou de fugue.>> (page 95), les circonvolutions du temps, << Au creux de ces après-midi d’été où vous ne savez plus très bien en quelle année vous êtes. Tout va recommencer comme avant. Les mêmes lieux, les mêmes rencontres. L’Eternel Retour.>> (page 107)... Il suffit d’une phrase à Modiano pour bouleverser le lecteur mais pour cela il faut être vigilant, car avec sa syntaxe limpide l’auteur demande une lecture attentive, << Je ne savais pas qui était mon père. J’étais né là-bas en Sologne, mais nous n’y étions jamais retournées. Voilà pourquoi ma mère me répétait souvent: “Nous n’avons plus de charpente...”>>(page 72). Tout est dit en une phrase du malheur des déracinés. L’ excellent Jean-Paul Enthoven, dans “Le Point” sur le café de la jeunesse perdue a écrit une sorte de petit chef d’oeuvre à la fois analytique et statistique que voici:<< Signalons aux vrais toxicos de Modiano que son opus mentionne quatre-vingt-trois rues ou squares parisiens ; que le mot « étrange » - ce mot-modiano qui sert d'enseigne à sa boutique spécialisée dans la vente d'articles flous - apparaît dès la seizième ligne : n'est-ce pas par ce genre de comptabilité qu'on distingue désormais un nouveau Modiano du précédent ou du suivant ? Mais cette obsession topographique n'est pas gratuite, tant le romancier et ses antihéros ont besoin de repères, d'itinéraires, d'adresses précises, afin de mimer quelque appartenance à une réalité que tout, en eux, congédie par ailleurs. L'ensemble est parfait. C'est une version épurée et humide des registres de mains courantes qu'on trouve dans les commissariats. C'est un galet compact qui ricoche sur l'eau trouble d'un lac rempli de passé et de questions auxquelles nul ne répond.>>. Alors que l’on met souvent en exergue les premières lignes d’un roman avec les dernières pages de Dans le café de la jeunesse perdue, Modiano réussit une des fins les plus poignantes, tout en étant d’une remarquable sobriété, du roman français contemporain. L’art de Modiano est de pousser l’ellipse à son comble tout en nous donnant un roman bouleversant.

 

 

 

Pour retrouver Modiano sur le blog

 

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Marco Baselgia

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Photo: Rico Scagliola &amp; Michael Meier

 

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Photo: Sara Bucher

 

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Photo: Rico Scagliola &amp; Michael Meier

 

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Photo: Rico Scagliola &amp; Michael Meier

 

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Foto: Sara Bucher Model: Anna Klara Wyss, Marco Baselgia

 

Foto: Sara Bucher

 



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Photo: Rico Scagliola &amp; Michael Meier

 

Photo: Rico Scagliola & Michael Meier


Photo: Sara Bucher

 

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Photo: Rico Scagliola &amp; Michael Meier

 

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Photo: Madleina Von Reding

 

Photo: Madleina Von Reding

 


Photo: Sara Bucher

 

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Photo: Marcus Hewson

 

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Photo: R3ik0n

 

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Le jour de ma mort

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Dans une ville, Trieste ou Udine,
le long d'une allée de tilleuls,
quand, au printemps,
les feuilles changent de couleur,
je tomberai mort sous le soleil
qui brûle, blond et haut,
et je fermerai les yeux,
abandonnant le ciel à sa splendeur.

Sous un tilleul tiède de verdure
je tomberai dans le noir de ma mort
qui dispersera les tilleuls et le soleil.
Les jeunes et beaux garçons
courront dans cette lumière
que je viendrai de perdre,
s'échappant des écoles,
avec leurs boucles sur le front.

Je serai encore jeune,
avec une chemise claire
et des cheveux soyeux tombant en pluie
sur l'amère poussière.
Je serai encore chaud,
et un enfant, courant
sur l'asphalte tiède de l'allée,
posera sa main sur mon ventre de cristal.


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c'était chez eux, dans leur jeunesse, que ma patrie se trouvait transférée.

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Et ce qui remontait, ce qui effleurait une fois de plus, était ce désir d'une jeunesse mienne, bien à moi, c'est-à-dire de mon image. D'une jeunesse identique, qui était justement en train de revivre dans les autres, mes cadets. [...] Regardant de-ci de-là les maisonnettes qui jonchaient la vallée, bondées d'une multitude de jeunes garçons quelconques dormant de leur banal sommeil, je me disais que c'était chez eux, dans leur jeunesse, que ma patrie se trouvait transférée.

 

Journal, Witold Gombrowicz 


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