un inédit de Paul Morand sur Jean Lorrain

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Jean Lorrain

Jean Lorrain

un inédit de Paul Morand sur Jean Lorrain
un inédit de Paul Morand sur Jean Lorrain
un inédit de Paul Morand sur Jean Lorrain
un inédit de Paul Morand sur Jean Lorrain
un inédit de Paul Morand sur Jean Lorrain
un inédit de Paul Morand sur Jean Lorrain
un inédit de Paul Morand sur Jean Lorrain
un inédit de Paul Morand sur Jean Lorrain
un inédit de Paul Morand sur Jean Lorrain
un inédit de Paul Morand sur Jean Lorrain
un inédit de Paul Morand sur Jean Lorrain
un inédit de Paul Morand sur Jean Lorrain

Cet article, sorte d'hommage virtuose à Jean Lorrain par Paul Morand renforce encore l'ambiguité de ce dernier à propos de l'homosexualité. Jean Lorrain était une folle flamboyante qui ne cachait guère ses gouts. Paul Morand passe pour un homophobe patenté, à juste raison lorsqu'on lit la correspondance qu'il a entretenue avec Jacques Chardonne pendant près de 20 ans ou son journal intime qu'il a tenu les huit dernières années de sa vie, qu'il a intitulé "Journal inutile". Mais il apparait assez différent sur le sujet lorsque l'on regarde sa vie d'un peu près, dans cette même correspondance par exemple. On s'aperçoit alors que Paul Morand entretenait des relations amicales avec les homosexuels les plus voyants et assumés de son époque tel Roger Peyrefitte, Jean-Louis Bory ou encore Marcel Schneider ou plus discret comme Matthieu Galey ou Jacques Brenner... La plupart de ses amis étaient homosexuels. 

Jean Lorrain (1898) par Antonio de la Gandara.

Jean Lorrain (1898) par Antonio de la Gandara.

Publié dans livre

Commenter cet article

Antoine2LaRochelle 07/02/2017 15:29

Je crois qu'on aurait surpris Paul Morand en disant que la plupart de ses amis étaient homosexuels. Il fréquentait des homosexuels, comme Peyrefitte ou Galley, mais ne les aurait pas qualifié d'amis. Ses amis sont plutôt Giraudoux, Eric Labone, Jacques de Lacretelle...Il est également très proche de Nimier, pour lequel il est une sorte de père. Pas de "tante", donc, pour reprendre un mot qui revient régulièrement dans la correspondance comme dans le Journal Inutile. Certes, Morand emploie parfois des mots équivoques pour évoquer un jeune homme. Ainsi, tel jeune espagnol, dont on suit l'ascension dans l'armée dans "Le flagellant de Séville". Mais peut être l'écrivain parle t'il, de manière détournée, du jeune homme qu'il a été, traînant tous les coeurs (féminins) après lui... Pas de désir, alors, mais de la nostalgie. De manière générale, il a fait preuve de beaucoup d'indulgence et d'une réelle amitié pour certains jeunes hommes: Nimier, mais aussi Gabriel Jardin (cf ses souvenirs) ou son frère Pascal (Cf La guerre à 9 ans, et Guerre après guerre). Merci, en tous cas, pour toutes ces chroniques où l'on retrouve un Paul Morand oublié ou méconnu...

lesdiagonalesdutemps 07/02/2017 15:50

Je ne sais pas si on l'aurait surpris. Il a tout de même fait hériter Marcel Schneider de toute sa garde robe. Ce qui est une belle preuve d'amitié et ce n'est pas faire injure à Marcel Schneider, un des meilleurs et rares représentant de la littérature fantastique française, que d'écrire qu'il n'était pas un parangon de virilité de même il recevait à sa table Jean-Louis Bory et fut un proche de Proust. Morand a été incontestablement un homme à femmes. Il a eu de nombreuses maitresses (ce dont il était très fier) tout en vouant un inextinguible amour à sa femme. Je ne serais pas étonné qu'il ait eu des expériences homosexuels. Lorsqu'on lit sa correspondance, son journal, il fait preuve tantôt d'une grande ouverture d'esprit et tantôt d'un sectarisme obtus. Cet antisémite avait également des amis juifs! C'était un homme aussi talentueux que compliqué et sans doute pas réconcilié avec lui-même. Je crois qu'au delà des opinions, des races, des sexes et des gouts. Il aimait surtout les gens intelligents. Et il avait bien raison.

vitaria 04/02/2017 23:26

Un "s" à homosexuels à la fin , et tout va bien. Il faut dire qu'il y en a tant, mais peu de sa tenue et de la vôtre, que l'on comprend sans peine un involontaire oubli, vous dont la mémoire de la beauté sous toutes ses formes est si fidèle...

xristophe 04/02/2017 21:38

Vous avez raison, je confondais avec Robert de Montesquiou... C'est qu'en fait je n'ai connu aucune des "sources" de Charlus, qui sont nombreuses à ce qu'il semble - je ne connais que Palamède ; seule cette synthèse géniale de Proust ayant survécu...

lesdiagonalesdutemps 04/02/2017 21:43

de Montesquiou un peu par le tableau de Boldini

xristophe 04/02/2017 20:53

"Nous serions moins amollis"... Cela sonne tout à fait comme du Charlus !

lesdiagonalesdutemps 04/02/2017 21:42

Quel compliment!

ismau 04/02/2017 18:40

Ce qui me déplaît un peu avec Jean Lorrain, c’est non seulement de savoir qu’il osait critiquer Proust méchamment, mais surtout qu’il aurait pu le tuer… dans ce fameux duel du 6 février 1897 ! ( Morand y aurait perdu un autre de ses amis homosexuels ) De Jean Lorrain, je n’ai lu que "M. de Phocas" et "M. de Bougrelon", qui m’avaient ennuyée . Il faudra que je réessaye, j’ai dû me tromper, tant les éloges sont dithyrambiques au sujet de ces deux petits romans . Et puisqu’il est question dans cet article de Rachilde, j’en profite pour ajouter que son "Monsieur Vénus", bien qu’assez mal écrit, m’avait par contre intéressée .

lesdiagonalesdutemps 04/02/2017 19:41

Je ne connais Rachilde que par le journal de Léautaud et le peu que j'ai lu de Lorrain m'avait également ennuyé mais cela remonte à au moins 45 ans. Il était réédité en 10_18 si je me souviens bien. Certes Lorrain embrochant Proust quelle perte! Mais je maintiens que le duel est une meilleure manière de régler les différents que les tribunaux. Nous serions moins amollis si la pratique du duel était restaurée.

xristophe 04/02/2017 16:54

Et de Jean Lorrain et Charlus (sans doute le plus réel des deux), que diriez-vous ?

lesdiagonalesdutemps 04/02/2017 19:31

Je ne comprend pas bien votre question; à ma connaissance Jean Lorrain n'a pas servi de modèle à Charlus dont il me parait assez éloigné par le caractère et la position. Il est certain qu'aujourd'hui Charlus est beaucoup plus connu que Lorrain et parait, alors qu'il est un personnage sortie de l'imagination de Proust, plus réel que Jean Lorrain.