Rétrospective Twombly au Centre Pompidou

Publié le par lesdiagonalesdutemps

vue générale de la fin de l'exposition

vue générale de la fin de l'exposition

Tableaux du début des années 50

Tableaux du début des années 50

Le Centre Pompidou présente, jusqu'au 24 avril 2017, une vaste rétrospective de Twombly (1928-2011), environ 140 pièces. L'accrochage est aéré. Il met bien en valeur les oeuvres. S'il y a quelques travaux sur papier et quelques sculptures, groupées en un seul lieu, la grande majorité de ce qui est montré sont des peintures sur toile. La présentation est grosso-modo chronologique. Elle s'articule autour de trois cycle monumentaux: Nine Discourses on Commodus (1963), Fifty Days at lliam (1978) et Coronation of Sesostris (2000).

Les photographies sont autorisées mais la plupart des oeuvres étant sous verre, il est difficile d'éviter les reflets parasites.

Si l'on excepte les toiles de la première salle datant du début des années 50 dans lesquelles Twombly est encore visiblement sous l'influence de ses maitres, Kline et Motherwell et celles de la dernière décennie de sa carrière où le peintre retrouve la prédominance du geste, on pense parfois à Mitchell, l'ensemble de l'oeuvre montre surtout des graffitis ténus tracés sur de vastes surface.   

Je n'ai jamais adhéré à l'oeuvre de Twombly et ma studieuse visite de sa rétrospective au Centre Pompidou ne m'a pas fait changer d'avis. Si je suis d'accord avec les fines et justes descriptions de son travail par Barthes dans le lumineux essais qu'il a consacré à l'artiste (voir les quelques citations qui parsèment mon modeste reportage), je ne partage en presque rien son ressenti devant l'oeuvre, sinon pour la sensation de lumière que l'on a devant certaines toiles.

Je comprend bien Barthes quand il explique qu'un tableau intitulé Achille pleurant la mort de Patrocle n'est pas une illustration du fait, mais que la toile a été réalisée par l'artiste lorsqu'il était imprégné de cette légende. Je veux bien en être persuadé et je veux bien sans barguigner donner quitus à Twomly pour sa grande culture, mais dédier un tableau à une gloire réelle ou imaginaire du passé ou écrire son nom sur la toile, n'est pas suffisant en ce qui me concerne pour corréler le personnage avec le rectangle qui me fait face. Ainsi lors de l'exposition nous croisons, en vrac, les fantômes, qui pour moi sont restés muets, de Paul Valéry, Vénus, Apollon, Patrocle, Achille, Mallarmé, Sappho, Raphael, Commode, Ulysse, Muybridge, Monet, Bacho, Virgile, Byron... J'arrête là l'énumération de cette cohorte hétéroclite car il y en a bien d'autres. Mais à mon grand regret je n'ai ressenti aucune présence de ces entités face aux oeuvres. Ce qui ne veux pas dire que je sois toujours resté de marbre devant les cimaises; en particulier devant celle ou est accrochée la série "Nine discourses on Commodus. Cette suite de tableaux a été peinte peu de temps après l'assassinat de Kennedy si elle fait bien passer la violence sanguinaire au point d'être mal à l'aise entouré de ces peintures je m'interroge sur le pourquoi à la référence antique. Je comprend bien le dilemme du peintre tiraillé entre s'échapper de l'illustratif tout en ne reniant pas sa culture classique. Mais les références à celle-ci ou à l'Histoire, comme le faisait par exemple Mathieu, privent la peinture abstraite (mais dans quelle mesure l'oeuvre de Twombly se rattache à cette dernière?) de l'universalisme et du pur émotionnel que les titres des tableaux viennent parasiter.

La gestuelle est importante dans de nombreux tableaux où pour certains elle fut une oeuvre à part entière, certaines toiles évoque Hartung. On comprend que cette particularité ait séduit l'auteur de "L'empire des signes". L'oeuvre de Twombly ne se voudrait-elle pas que signes?           

Robert Rauschenberg et Cy Twombly , Venise (1952)

Robert Rauschenberg et Cy Twombly , Venise (1952)

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
1958

1958

Les toiles de Twombly sont comme de grandes chambres méditerranéennes chaudes et lumineuses aux éléments perdus que l'esprit veut peupler.

Roland Barthes Cy Twombly

1958

1958

tableaux du début des années 60

tableaux du début des années 60

C'est Rome, il faut bien le dire, qui ouvre l'expansion du style de Twombly à la volupté, à la saveur, à une sorte de gaieté sonore mais toujours un peu grinçante, à la matière, à toute les matières , à commencer par le foutre, le sang et la merde. Beaucoup plus près de nous, sa préciosité dégénère parfois en une espèce de joliesse qui se souviendrait à l'excès des Nymphéas (...) Mais il suffit de "Wilder Shore of Love" pour déployer de nouveau sous nos yeux les nuées tempétueuses de la passion, de ses affolantes jonchées, de ses sexes brandis et de ses mots, que secoue en rafale le vent du large.

Renaud Camus, journal 1988

dessins sur papier datant de 1957

dessins sur papier datant de 1957

Empire of flora, 1961

Empire of flora, 1961

1961

1961

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
les 5 toiles ci-dessus appartiennent à la série Nine Discourses on Commodus (1963)

les 5 toiles ci-dessus appartiennent à la série Nine Discourses on Commodus (1963)

C'est parce que Twombly est un artiste du corps, de la sensation, du désir, de la matière, du toucher, de la peau, de la chair, de l'Italie, dans ses saveurs et ses beautés les plus physiques, qu'il peut être en même temps, sans mièvrerie ni ridicule, un peintre de l'idée, de l'idée comme pulsion.

Renaud Camus, journal 1988

série peinte à la fin des années 60

série peinte à la fin des années 60

Achilles mourning the death of Patroclus, 1962

Achilles mourning the death of Patroclus, 1962

Twombly a le génie de rendre le griffonnage majestueux et le majestueux lyrique, intime, frissonnant de fleurs écrasées, de poètes au-dessus d'une mer mythologique, et d'ombrage propices à l'amour.

Renaud Camus, journal 2004

The vengeance of Achilles, 1962

The vengeance of Achilles, 1962

Twombly a beaucoup photographié, ce qui est peu montré dans l'exposition, ci-dessus son fils Alessandro 1965

Twombly a beaucoup photographié, ce qui est peu montré dans l'exposition, ci-dessus son fils Alessandro 1965

Cy Twombly à Rome photographié par  Robert Rauschenberg

Cy Twombly à Rome photographié par Robert Rauschenberg

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou

Dans l'évènement, Twombly introduit une surprise. Cette surprise prend l'apparence d'une incongruité, d'une dérision, d'une déflation comme si l'enflure humaniste était brusquement dégonflé.

Roland Barthes, Cy Twombly

Venus, 1975 et Apollo, 1975

Venus, 1975 et Apollo, 1975

La lettre chez Twombly - le contraire même d'une lettrine -, est faite sans application. Elle n'est pourtant pas enfantine, car l'enfant s'applique, appuie, arrondit, tire la langue; il travaille dur pour rejoindre le code des adultes. Twombly s'en éloigne, il desserre, il traîne; sa main semble entrer en lévitation; on dirait que le mot a été écrit du bout des doigts, non par dégoût ou par ennui, mais par une sorte de fantaisie ouverte au souvenir d'une culture défunte, qui n'aurait laissé que la trace de quelques mots.

Roland Barthes, Cy Twombly

Bacchanalia, 1977

Bacchanalia, 1977

Dans la peinture classique " ce qui se passe" est le sujet de la toile; ce sujet est souvent anecdotique (Judith égorgeant Holopherne); mais dans les toiles de Twombly, le sujet est un concept: c'est le texte classique "en soi" concept, il est vrai, étrange, puisqu'il est désirable, objet d'amour, peut-être de nostalgie.

Roland Barthes, Cy Twombly

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
les sculptures ont été réalisées au milieu des années 2000

les sculptures ont été réalisées au milieu des années 2000

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou

Ce qui me semble intervenir dans le trait de Twombly et le conduire au bord de cette mystérieuse "dysgraphie" qui fait tout son art, c'est une certaine paresse (qui est des signes les plus purs du corps). La paresse c'est précisément ce que permet "le dessin", mais non "la peinture" (toute couleur lâchée, laissée, et violente), ni l'écriture (chaque mot naît entier volontaire, armé par la culture). La "paresse" de Twombly (je parle ici d'un effet non d'une disposition) est cependant tactique: elle lui permet d'éviter la platitude des codes graphiques, sans se prêter au conformisme des destructions: elle est dans tous les sens du mot, un tact.

Roland Barthes, Cy Twombly

Summer madness, 1990

Summer madness, 1990

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Quattro stagioni, 1993-1995

Quattro stagioni, 1993-1995

Il y a des peintures excitées, possessives, dogmatiques; elles imposent le produit, lui donnent la tyrannie d'un concept ou la violence d'une convoitise. L'art de Twombly - c'est sa moralité - et aussi son extrême singularité historique - ne veut rien saisir; il se tient, il flotte, il dérive entre le désir - qui lui donne congé: s'il fallait à cet art quelques références, on ne pourrait aller la chercher que très loin, hors de la peinture, hors de l'occident, hors des siècles historiques, à la limite même du sens, et dire avec To King: Il produit sans s'approprier. Il agit sans rien attendre, son oeuvre accomplie, il ne s'attache pas, et puisqu'il ne s'y attache pas, son oeuvre restera.

Roland Barthes, Cy Twombly

la série Fifty Days at lliam, 1978

la série Fifty Days at lliam, 1978

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Coronation of Sesostris (2000)

Coronation of Sesostris (2000)

Rétrospective Twombly au Centre Pompidou
Bacchus, 2005

Bacchus, 2005

Camino Real, 2010

Camino Real, 2010

Paris, février 2017

Paris, février 2017

plafond au Louvre réalisé par Twombly

plafond au Louvre réalisé par Twombly

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ismau 20/02/2017 18:21

Ces photos de Twombly et Rauschenberg en Italie, prises lors de leur séjour de jeunesse en Europe, sont émouvantes ( mais petite étourderie pour la 2ème : c’est Twombly photographié par Rauschenberg et non l’inverse ) Je les avais découvertes moi-même très récemment, ces photos, après avoir écouté cette émission où j’ apprenais qu’ils avaient vécu ensemble : https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/cy-twombly-1928-2011-lart-est-un-poeme L’émission est intéressante . Elle parle surtout de sa peinture, et évoque aussi le rapport de Twombly à la photo, regrettant comme vous le peu de considération de cet aspect de son travail ( Très belle la photo que vous publiez, avec son fils !) Dommage dans l'émission, il n’est pas question de sa sculpture, alors qu’elle semble intéressante aussi, d’après votre photo .
Rauschenberg, je ne crois pas qu’on ait besoin de connaître son quotidien pour être sensible à ses assemblages . Ils sont déroutants en effet, mais c’est bien ce qui fait leur saveur une fois qu’on a commencé à goûter la subtilité des liens de composition, de couleur, de matière, etc ..  qui les relie étonnamment . J’avoue que j’ai eu moi aussi quelques difficultés à l’admettre d’emblée, mais mes amis proches tous fans de Rauschenberg ont su me convaincre, chaque fois que nous avions l’occasion de regarder ses œuvres, en particulier pour sa grande rétrospective fin 2006 au Centre Pompidou .
Pour répondre à Ariane, je précise qu’aucun d’entre nous ne fait semblant d’aimer ces artistes, juste par bête snobisme ! Ce soupçon est un peu facile, chaque fois qu’on n’arrive pas à imaginer ni la sincérité de l’artiste, ni celle de ceux qui l’apprécient ... Pourquoi ne trouveraient-on pas de "beauté artistique et d’émotion" authentique devant un Twombly ? Et pourquoi devraient-on trouver de plus "solides arguments" pour se justifier, que lorsqu’on aime un Vermeer ou un Kandinsky par exemple ?
D’autre part je ne voulais pas dénigrer Renaud Camus, et je sais très bien qu’il fut ami de Twombly et de Barthes . Mais son "enthousiasme" et ses "éloges dithyrambiques" l’éloignent tout de même du concret de l’oeuvre, c’est ce que je regrette . Quand il dit par exemple : "...pour déployer de nouveau sous nos yeux les nuées tempétueuses de la passion, de ses affolantes jonchées, de ses sexes brandis et de ses mots, que secoue en rafale le vent du large." ... il ne nous dit pas assez à mon avis, ce que nous avons à regarder précisément dans la peinture de Twombly . Ce n’est que du ressenti personnel et du style, qui nous amène logiquement à préférer l’évocation de l’oeuvre à l’oeuvre elle-même, et donc ses textes aux "gribouillages" de Twombly . Barthes lui, fait davantage l’effort d’analyser ce qu’il y a de particulier chez cet artiste : sa pratique, son écriture, la singularité de son trait, etc ... ou pour l’histoire de l’art, un lien avec une peinture non occidentale et avec le taoïsme . Que Barthes aille même jusqu’à dessiner et peindre à l’imitation de Twombly pour mieux le comprendre, et mieux l’analyser, c’est une démarche qui me semble aussi très intéressante. D’autant que sa production est importante, et qu’il y consacre avec humilité énormément de temps et de travail.

lesdiagonalesdutemps 20/02/2017 21:50

Je suis entièrement d'accord avec ce que vous dites sur les citations de Camus et de Barthes. Il ne faut pas oublier que Barthes avait aussi une pratique artistique des arts graphiques et qu'il y consacrait un temps assez important; curieusement on en parle très peu. S'il m'arrive de douter de la sincérité de certains artistes (et pas que des artistes) ce n'est pas le cas ni pour Twombly ni pour Rauschenberg mais faut-il encore que cette sincérité du propos, l'oeuvre puisse faire passer le propos et ce n'est pas le cas pour moi en ce qui concerne Rauschenberg et Twombly dont les oeuvres à mon avis ont bien peu de rapports entre elles. Le fait qu'ils aient été amis et amants ne change rien à l'affaire. J'ai vu la rétrospective de Rauschenberg au Centre Pompidou qui m'a laissé encore beaucoup plus dubitatif que celle vu à New-York car si je me souviens bien les cartels à Paris étaient étiques alors qu'à New-York ils étaient très explicatifs et en effet on voyait bien le rapport entre l'oeuvre et l'explication qui se référait presque toujours à un évènement vécu par l'artiste.
Je vais rectifier mon erreur. Merci pour le lien radiophonique; je vais écouter cette émission.

Ariane 18/02/2017 20:26

Je ne partage pas du tout l'enthousiasme et les éloges dithyrambiques de Renaud Camus.
En revanche je ne vois pas en quoi ils sont plus littéraires que ceux de Barthes !
Encore une pique à l'encontre de Renaud...
C'est d'autant plus amusant quand on sait à quel point ils furent proches.

Pour en revenir à ce peintre, je comprends qu'on puisse affirmer l'aimer, cela fait tellement bien, on croit faire partie de l'élite cultivée, et c'est assez risible.
Mais pourquoi pas; on peut toujours y trouver un sens à défaut de beauté artistique et d'émotion.
Il faudrait donner de solides arguments pour étayer cet amour.
Ceux de Renaud sont recevables, on sait qu'il aime la matière, la pâte épaisse appliquée avec force.
Et puis Twombly c'est sa jeunesse, ses amours avec William Burke...

lesdiagonalesdutemps 18/02/2017 22:03

Je trouve assez triste et même médiocre, mais compréhensible qu'une admiration pour un artiste dépende d'un souvenir ou d'une anecdote privée. Je ne crois pas que ce soit le cas de Renaud Camus pour Twombly. Même si je crois qu'en effet c'est grâce à William Burke que Renaud Camus a rencontré Twombly. C'est dans le journal de Traverse, si je me souviens bien. Les oeuvres de Twombly à pâte épaisse existe mais sont assez rare. Ce qui le caractérise c'est plutôt la trace évanescente sur la toile. A propos de matière picturale ce que j'ai vu des travaux de peinture de Renaud Camus, malheureusement uniquement en reproduction via la toile, me fait penser qu'il est en effet un adepte des couches épaisses, moins que Leroy tout de même qui doit tenir le record dans ce domaine .

ismau 18/02/2017 18:41

Vos photos et votre présentation me donnent envie d’aller voir l’expo ! Je regrette justement de connaître assez mal Twombly ; en fait c’est Barthes qui a dû me révéler son existence et son intérêt, mais comme Barthes n’est ni historien d’art ni plasticien, j’étais un peu méfiante ... je préfère cependant ses appréciations à celles de Renaud Camus, que je trouve trop "littéraires" et moins pertinentes . Quand je regarde ces reproductions, ce sont simplement les composantes abstraites qui me touchent dans le travail de Twombly : la matière, le geste, la couleur, l’occupation de l’espace du support . Par contre comme vous, son approche de l’écriture et du sujet figuratif ne me satisfont pas vraiment … peut-être en voyant les œuvres y serais-je plus sensible ? Fin des années 70 début 80, mes profs d’arts plastiques nous vantaient avec raison Rauschenberg, mais jamais Twombly . Pourtant les deux artistes se sont sans doute mutuellement influencés . Je viens de découvrir qu’ils avaient ensemble séjourné pendant un an en Europe, avaient travaillé et exposé ensemble, avaient été amants ... voilà qui m’intrigue et me plaît bien !

lesdiagonalesdutemps 18/02/2017 19:15

Rauschenberg suscite en moi autant d'incompréhensions que Twombly. Son oeuvre est moins littéraire que celle de Twombly mais beaucoup plus autobiographique donc encore moins facilement pénétrable si on n'a pas les clés du quotidien de l'artiste. En ce qui me concerne je trouve son oeuvre encore moins esthétique que celle de Twombly beaucoup de pièces sont des sortes de petites installations composées de tout un bric à brac. Je vous livre là le ressenti que j'ai eu lorsqu'il y a quelques années j'ai visité de lui une grande exposition rétrospective à New-York. Je crois que c'était au Whitney à moins que ce fut au Met?

Georges A. Bertrand 18/02/2017 16:49

À lire les très beaux textes de Barthes et Camus (Renaud), on n'aurait eu envie que de les lire et d'imaginer, ensuite, l'œuvre de l'artiste... ils sont bien supérieurs aux gribouillages géants accrochés aux cimaises de Beaubourg..,