Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Trois autoportraits

Trois autoportraits

Vous avez jusqu'au 27 février pour découvrir, ou redécouvrir, au musée des Beaux-Arts de Nancy l'exposition vouée à l'oeuvre d'Emile Friant. Elle est sous-titrée justement, le dernier naturaliste. A parcourir l'exposition on a beaucoup de mal à réaliser que ce peintre appartient pour une partie importante de sa vie, il est né en 1863 et décédé en 1932, au XX ème siècle alors que toute sa peinture se réfère aux premier deux tiers du XIX ème siècle. Sa représentation du réel m'a semblé picturalement proche de celle de Manet, bien qu'il fut l'élève de Cabanel. Mais Friant à la peinture littéraire me parait plus sous l'influence de littérateurs comme Zola et d'Anatole France que d'autres peintres. Nombreux sont les tableaux mettant en scène des petites gens. Les titres des tableaux parlent d'eux-mêmes: Le travail du lundi, le pain, la douleur...

Son style, une fois sa maturité artistique atteinte, est bien reconnaissable. Alors que les fonds sont traités en de larges touches, les visage de ses personnage sont très finement peints atteignant un piqué photographique. Friant d'ailleurs se servait beaucoup de la photographie pour les expressions des visages.

Le choix de ses sujets est parfois insolite et même morbide. Il réalise des portraits de décapités. Friant semble avoir eu une fascination pour la guillotine qui se concrétise en particulier dans "La peine capitale" toile tout en mouvements et dans la plus apaisée mais tout aussi macabre "La messe du condamné". Ces scènes de genre, d'un frappant naturalisme, ne sont pas toujours plus réjouissantes que ce soit "La Toussaint" ou cette image d'un enterrement qui semble être vue de la fosse!

Heureusement pour le moral du visiteur toutes les oeuvres de Friant ne sont pas de cet acabit. Beaucoup plus réjouissante est la grande toile de 1887 intitulé "Les canotiers de la Meurthe" représentant une joyeuse tablée de jeunes convives tandis que "Les amoureux" est une belle réussite de la peinture romantique.

Ce premier billet présente essentiellement des travaux de jeunesse.  

Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Cette toile de Baschet qui reçut pour elle un prix de Rome barra la route de Rome à Friant dont on voit ci-dessous l'esquisse pour le même sujet.

Cette toile de Baschet qui reçut pour elle un prix de Rome barra la route de Rome à Friant dont on voit ci-dessous l'esquisse pour le même sujet.

Emile Friant au musée des Beaux-Arts de Nancy (1)
Nancy, janvier 2017

Nancy, janvier 2017

Commenter cet article

ismau 31/01/2017 18:38

C’est bien agréable de pouvoir revisiter cette belle exposition sur votre blog . J’apprécie comme toujours, et cette fois tout particulièrement, votre texte d’analyse et de présentation, aussi personnel qu’efficace . Pour les deux premiers autoportraits, il est étonnant de rappeler que Friant n’avait que 15 ans …
Mais son futur maître Cabanel n’avait que 13 ans lorsqu’il peint celui-ci :
http://img.over-blog-kiwi.com/0/54/52/09/20140422/ob_92dd11_1832cabanelsp-image-php.jpg

lesdiagonalesdutemps 31/01/2017 21:17

Si je connaissais la toile de l'ange, même si je ne la visualisais pas sur le moment. Je ne connaissais pas cet extraordinaire autoportrait (j'ai des lacunes sur Cabanel) fait à 13 ans c'est prodigieux mais le petit problème c'est que j'ai l'impression qu'il n'a jamais fait mieux...