Yves Brayer, Les années romaines

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Yves Brayer, Les années romaines
Yves Brayer, Les années romaines

"Les années romaines"

du 8 Octobre au 8 Novembre 2016

Premier Grand Prix de Rome de peinture en 1930, Yves Brayer arrive dans la Ville éternelle le 17 janvier 1931. Dans le "splendide isolement"de la Villa Médicis où il s’apprête à passer les trois années réglementaires, le jeune pensionnaire trouve une discipline de travail stimulé par une insatiable curiosité. Le métier en main, l’esprit libre, l’œil en éveil, il parcourt les quartiers de Rome en quête de sujets toujours renouvelés sur la scène de ce théâtre unique où les communautés religieuses et militairesse mêlent au petit peuple romain. La Rome de Brayer est pittoresque et solennelle. Profondément peintre, amoureux de la couleur et du dessin, il recourt à tous les supports : gouache, aquarelle, lavis, encre, brou de noix pour transcrire sans repentir la vie avec une sûreté et une justesse dans la saisie des images flamboyantes et animées des décors et des personnages romains immortalisés par celui qui devient le témoin spirituel d’un temps aujourd’hui révolu. Une étape avec laquelle il inaugure une période féconde et décisive de sa carrière. Face au pittoresque de la Rome papale, des robes des séminaristes et des ordre religieux aux couleurs différentes selon les nationalités, des uniformes des marins, des carabiniers, des habits de soirée lors des réceptions d’ambassade, son éloquence graphique s’affranchit de la copie stérile et laisse la vélocité du geste s’exprimer en s’emparant du motif dans son immédiateté et sa permanence. Ces esquisses virtuoses, abouties et pensées comme des œuvres à part entière, rendent d’une manière synthétique la vérité du sujet, son obsession. Le fond blanc de la feuille réactive la couleur par des contrastes qui renforcent la vibration des valeurs en réponse à l’écriture nerveuse et souple du dessin. Il arrive que la tache de couleur par sa place évidente dans la composition se décale de la ligne descriptive. Pure ou mêlée elle dispense l’intensité lumineuse dans une liberté et une modernité très personnelles. De Rome, Brayer voyage dans d’autres villes italiennes. Venise, Florence, Sienne, Vérone, Arezzo qui renouvellent ses visons d’Italie. Les sujets travaillés sont parfois repris dans des huiles de plus ou moins grands formats. La période italienne présente des cadrages assurés, dictés par les architectures Renaissance qui imposent leurs perspectives. Tandis que sa palette s’éclaircit, des couleurs pures introduisent des sonorités toutes nouvelles avec les rouges, les terres et les ocres. Ce premier séjour italien révèle le peintre à lui-même. Ses envois à Paris aux Salons officiels lui préparent une première place sur la scène parisienne, confirmée par son exposition à la galerie Charpentier en 1934.

Lydia Harambourg

Yves Brayer, Les années romaines
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