John Gibson

Publié le par lesdiagonalesdutemps

John Gibson
John Gibson

Les voyages sont propices aux découvertes et celle du sculpteur John Gibson, émule de Canova, en fut belle lors de ma dernière escapade londonienne. Vous avez jusqu'au 18 décembre 2016 pour admirer cette petite exposition qui occupe que deux salles à la Royal Academy of Art. Les photos sont interdites mais peut être aurez vous la chance de tomber sur un gardien autant ensommeillé que celui qui était présent lors de ma visite. 

Gibson est né en 1790 près de Conwy , au Pays de Galles , où son père était maraîcher. Quand il avait neuf ans la famille était sur le point d'émigrer en Amérique , mais sa mère a mis un terme à ce plan à leur arrivée à Liverpool , où la famille s'est installés, et où Gibson a été envoyé à l' école. 

À l'âge de quatorze ans, Gibson était apprenti dans un atelier d'ébénistes. Il prit bientôt une aversion violente pour ce travail. Cependant, il réussi à vendre ses sculptures sur bois aux  marbriers Samuel et Thomas Franceys. Il devient apprenti chez les frères Franceys. C'est là que Gibson est remarqué par l'historien William Roscoe , pour lequel il a exécuté une terre cuite en bas-relief aujourd'hui au musée de Liverpool. Roscoe donne accès à Gibson à sa riche bibliothèque à Allerton. Il y découvre les dessins des grands maîtres italiens.

 
Sleeping Boy Shepherd (1824)

Il étudie l' anatomie, ces leçons lui sont données gratuitement par un médecin. Roscoe était un excellent guide pour son Protégée, il lui fait connaitre la bourgeoisie cultivée de Liverpool. Il lui montre les Grecs comme les seuls exemples pour un sculpteur. Gibson a maintenant trouvé sa véritable vocation. Il l'envoie Psyché portée par les Zephyrs  à l' Académie royale , où John Flaxman , reconnaissant ses mérites, le remarque.Gibson désir poursuivre sa formation artistique à Rome. La première étape vers cet objectif est de s'installer à Londres ; là , il reçoit  des conseils contradictoires de Flaxman et de Francis Legatt Chantrey , le premier lui conseille d'aller à Rome, lui disant que c'est la meilleure école de sculpture au monde, le second lui affirme que Londres pourrait faire autant pour lui que Rome.

Il arrive à Rome en Octobre 1817, à un âge relativement tard pour une première visite. Là , il est généreusement reçue par Antonio Canova , pour qui il avait une introduction, le sculpteur vénitien  mettant non seulement son expérience dans l' art , mais aussi sa bourse au service de l'étudiant anglais. Jusqu'alors Gibson n'avait eu aucune instruction, et n'avait étudié dans aucune Académie. A Rome, il a d' abord fait connaissance avec les règles et les techniques de l' art. Canova l'introduisit dans l'Académie soutenue par l' Autriche. Mais la découverte de ses lacunes en matière de pratiques artistiques était le déprime. Il voit des jeunes italiens excellant déjà dans le dessin de figures. Mais il acquiert bientôt les techniques qui lui manquaient. Son premier travail en marbre, Sleeping Shepherd Boy, est achevée en 1824.

Gibson est bientôt lancé, et des clients distingués, d' abord envoyés par Canova, prennent le chemin de son atelier de la Via Fontanella . Le but de Gibson en art fut toujours la pureté du caractère et la beauté de la forme. Son art est à rapprocher bien sûr de celui de Canova, mais aussi de celui de Thorvaldsen. Il était essentiellement classique dans l'esprit et la forme, mais ici son habitude de l' observation lui a permis d'atteindre une grâce qui fait de lui beaucoup plus qu'un simple imitateur. Ses sujets ont été glanés dans l'observation libres du peuple italien qu'il fait lors de ses promenades. Ensuite il donne des noms mythologiques à ses oeuvres pour mieux les montrer. Ainsi , une fille embrassant un enfant sur son épaule est devenue une Nymphe et Cupidon ; une femme et son enfant, une Bacchante et un Faune ; son Amazontombée de son cheval , l' un de ses productions les plus originales, a été inspiré d'un accident dont il a été témoin celui d'une écuyère tombée de sa monture dans un cirque ; et le chasseur et le chien fut inspiré par une d'une scène de rue.

Gibson a été élu à la  Royal Académie  en 1836, auquel il a légué tous ses biens et le contenu de son atelier, où ses marbres et moulages sont aujourd'hui exposés. John Gibson est mort à Rome le 7 Janvier 1866 et fut enterré dans le cimetière protestant de la ville.

John Gibson
John Gibson
John Gibson
John Gibson
John Gibson
John Gibson
John Gibson
John Gibson
John Gibson
John Gibson
Londres, novembre 2016

Londres, novembre 2016

Publié dans sculpture

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xristophe 18/11/2016 14:58

Je me dévoue rappelant - cuistre de service - le mot de Gide et que chacun connaît : que "l'art vit de contrainte et meurt de liberté" !
(Je crois qu'il en manque un bout au milieu) (P-ê : "L'art naît de contrainte, vit de lutte" etc)

lesdiagonalesdutemps 18/11/2016 16:59

Merci de rappeler cet adage trop oublié aujourd'hui.

xristophe 18/11/2016 14:51

Choisir est le fait d'une certaine sécheresse que j'ai sans doute et que vous n'avez pas, généreuse Ismau !

lesdiagonalesdutemps 18/11/2016 17:04

En ce qui me concerne je prend tout de ce sculpteur, y compris ses dessins que je n'ai pas pu reproduire à cause des reflets. A lire le petit catalogue joli et bien fait que la Royal Academy publie et qui doit se trouver très facilement sur la toile, l'homme quasi autodidacte ou du moins n'ayant pas reçu une formation traditionnelle semble en plus avoir été attachant dans sa courte vie.

ismau 18/11/2016 12:06

Il n’y a pas que le gardien qui était ensommeillé, mais aussi semble-t-il une grande partie des statues . Ou alanguies … cela ne nuit donc pas au contraire à leur érotisme, à leur beauté et à leur douceur . J’aime beaucoup Canova - malgré les réserves moqueuses entendues parfois à son sujet - et cet élève Gibson que je ne connaissais pas est très bien . Vos photos aussi, je suis d’accord avec Xristophe, et ma préférée est la même que la sienne ( + celle de plus près et les 3 dernières … j’ai toujours du mal à choisir )

lesdiagonalesdutemps 18/11/2016 12:16

Comme quoi la contrainte peut être utile pour faire une bonne photo car sans le gardien je n'aurais sans doute pas fait cette image que je juge aussi la meilleure photo de cette série.

xristophe 17/11/2016 13:38

Très jolie la photo cadrée par une porte, un peu lointaine, de dos, en clair-obscur !