Oscar Wilde, l'impertinent absolu au Petit Palais

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Guido Reni

Guido Reni

à gauche l'actrice Ellen Terry peinte par John Singer Sargent

à gauche l'actrice Ellen Terry peinte par John Singer Sargent

Wilde photographié par Napoléon Saroni

Wilde photographié par Napoléon Saroni

portrait en pied de Wilde par Harper Pennington

portrait en pied de Wilde par Harper Pennington

Il est toujours difficile de centrer une exposition sur un écrivain, l'écriture n'étant pas spectaculaire par essence. Ce genre d'expositions se résume souvent à une suite de manuscrits et d'objets intimes auxquels on ajoute une illustration prosaïque d'éléments figurant dans les oeuvres de l'auteur. Par exemple l'exposition vouée à Barthes, il y  a quelques années au centre Pompidou ne m'avait pas convaincu. A l'inverse celle autour d'Aragon organisée par le musée de la poste était très réussie. Celle sur Wilde se rapproche de cette dernière.

Nous suivons la vie de Wilde chronologiquement. Le scénographe Philippe Pumain a choisi des couleurs denses et contrastées bien en accord avec l'époque de Wilde. Les aphorisme et maximes dont Wilde était un intarissable faiseur, reprises sur les cimaises accompagne le visiteur tout au long de sa visite.

Mais attention si l'espace a été bien décoré, le long couloir dévolu aux expositions temporaires au Petit Palais est toujours aussi exigu. Ce qui conduit à un contingentement sévère des visiteurs. Je vous conseille, si vous ne voulez pas trop attendre, la tranche horaire 12h-13 h 30... 

Le début de l'accrochage est particulièrement réussi puisqu'il traite d'un pan méconnu de l'oeuvre de Wilde, celui de critique d'art, très influencé par les écrits de Ruskin, l'esthète soutenait les artistes de l'Aesthetic Movement en rupture avec l'académisme. 

George Frederic Watts, L'amour et la mort

George Frederic Watts, L'amour et la mort

Evelyn De Morgan, la nuit et le sommeil

Evelyn De Morgan, la nuit et le sommeil

 Oscar Wilde, l'impertinent absolu au Petit Palais
 Oscar Wilde, l'impertinent absolu au Petit Palais
John Roddam, L'amour et la jeune fille

John Roddam, L'amour et la jeune fille

Walter Crane, La renaissance de Vénus

Walter Crane, La renaissance de Vénus

 Oscar Wilde, l'impertinent absolu au Petit Palais
à droite: William Blake Richmond, Electre devant la tombe d'Agamemnon

à droite: William Blake Richmond, Electre devant la tombe d'Agamemnon

Ce qui nous vaut quelques très intéressants tableaux préraphaélites jamais vus dans nos contrées. L'exposition est indispensable pour tous les amateurs de peinture anglaise.

La suite est moins spectaculaire avec les premières éditions des ouvrages de wilde, de nombreuses photos du maitre qui ne détestait pas son image et bien sûr tout sur sa malencontreuse liaison avec Bosie qui le conduira en prison.

On peut admirer les originaux d' Audrey Beardsley pour Salomé. Aubrey Beardsley

Les dernières années sont également documentées avec l'émouvante lettre que Wilde écrit à Gide dans l'espoir que ce dernier l'aide financièrement. 

Oscar Wilde assistant à un spectacle de la Goulue croqué par Toulouse Lautrec, l'homme à coté de Wilde est Félix Fénéon

Oscar Wilde assistant à un spectacle de la Goulue croqué par Toulouse Lautrec, l'homme à coté de Wilde est Félix Fénéon

gravure d'Aubrey Beardsley pour Salomé

gravure d'Aubrey Beardsley pour Salomé

première édition de Salomé en anglais

première édition de Salomé en anglais

au centre le manuscrit de Dorian Gray ouvert à la page qui fut censurée, la page est rétablie dans la nouvelle traduction en français qui vient d'être publiée

au centre le manuscrit de Dorian Gray ouvert à la page qui fut censurée, la page est rétablie dans la nouvelle traduction en français qui vient d'être publiée

Aubrey Beardsley peint par Jacques Emile Blanche

Aubrey Beardsley peint par Jacques Emile Blanche

 Oscar Wilde, l'impertinent absolu au Petit Palais

Et puis la présence du saint Sébastien de Reni (en ouverture du billet), en provenance de Géne, devant lequel le jeune Wilde était tombé en pâmoison, découvrant là son idéal de beauté mérite à lui seul la visite.

Un ami avec lequel j'effectuais la visite m'a fait remarquer que saint Sébastien avant son supplice n'avait pas oublier de s'épiler les aisselles. Les saints ont des prévenances que ne saurait avoir de simples mortels... 

 Oscar Wilde, l'impertinent absolu au Petit Palais
 Oscar Wilde, l'impertinent absolu au Petit Palais
 Oscar Wilde, l'impertinent absolu au Petit Palais
 Oscar Wilde, l'impertinent absolu au Petit Palais

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Bruno 17/10/2016 20:20

La légende locale concernant la sépulture du Père Lachaise : deux anglaise se promenant dans le cimetière lui brisèrent certains attributs ... les débris en furent pieusement recueillis et servirent, dit-on, de presses papiers au conservateur ! On trouve cette légende chez Dansel, un grand spécialiste des sépultures parisiennes
Merci pour ces belles visites virtuelles

lesdiagonalesdutemps 17/10/2016 23:16

Je ne connaissais pas cette anecdote. Il y a 25 ans lorsque je faisais beaucoup de photos au père Lachaise, même des quasi nus j'évitais soigneusement les parages de la tombe de Wilde qui était un haut lieu de drague. Mes modèles auraient été en danger...

ismau 17/10/2016 19:38

Cette exposition paraît fort intéressante ...vous m’avez donné envie d’y aller, alors que je n’étais pas enthousiaste a priori  ! À propos de la lettre que Wilde a écrite à Gide pour lui demander de l’argent, je me demande si ce n’est pas celle que Gide lui-même cite dans son petit livre sur Wilde "In Mémoriam – le De Profondis" que j’ai relu récemment et qui est aussi très émouvant . Ce qui est amusant, c’est que Gide ne pense pas grand bien de l’écrivain Wilde et n’hésite pas à le dire, sachant que Wilde ne pensait pas grand bien non plus de l’écrivain Gide . Cependant ils étaient de vrais amis, et Gide - bien que soi-disant avare - a finalement donné au moins une fois 200 francs à Wilde ( est-ce bcp 200 F. ? )
La tombe de Wilde restaurée ne ressemble plus exactement à celle d’origine que vous nous montrez à la fin : elle est maintenant protégée par un plexiglass sur une bonne hauteur, et son sexe qui avait été détruit a été remplacé par une prothèse en argent ! ( j’ai lu ça ici, avec quelques détails assez drôles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tombe_d%27Oscar_Wilde )

lesdiagonalesdutemps 17/10/2016 23:13

200 F avant la guerre de 14 était une belle somme. C'est en effet la même lettre que cite Gide qui avait l'avarice protestante celle pour les petite choses, les bouts de chandelle mais pas pour les chose importante d'ailleurs toute sa vie il a donné de l'argent aux un et aux autres à commencer par Allégret lorsqu'il était adolescent et jeune homme.. Il y a longtemps que je ne suis pas allé au père Lachaise. Il me semble que la dernière fois la tombe de Wilde était sous une bâche.