Magritte au Centre Pompidou (1)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Magritte au Centre Pompidou (1)
Magritte au Centre Pompidou (1)

Le commissaire de l'exposition, Didier Ottinger, a regardé l'oeuvre du peintre belge à la lumière de la philosophie. Chacune des salles est introduite par une citation d'un philosophe, Alphonse de Waelhens, Platon, Cicéron, Heidegger, Michel Foucault... celle-ci illustrée par un tableau classique. Cet éclairage n'est d'ailleurs pas inique, car de nombreux titres du peintre se réfèrent à la philosophie: Eloge de la dialectique, la condition humaine, le principe d'incertitude... Magritte a déclaré peindre l'allégorie de la caverne et s'est interrogé sur le sens de la peinture dans des tableaux qui ne sont pas immédiatement lisibles, tout en ne posant pas des énigmes de la richesse d'un Chirico. Ce dernier a été une des grandes influences de Magritte. Mais il n'y a malheureusement dans la peinture de Magritte, à l'inverse de celle de Chirico, aucune sensualité. Il n'est pas sur que tirer Magritte vers la peinture d'idées soit lui rendre service car sauf dans les derniers dix ans de son travail, le peintre belge n'avait pas les moyens picturaux de ses ambitions intellectuelles. Autrement dit l'idée qu'il veut faire passer par l'intermédiaire de sa toile est trahie par un rendu médiocre. L'accrochage non chronologique de l'exposition parvient à dissimuler ce fait, ce qui ne doit pas être un hasard. Et puis la philosophie ne me parait pas soluble dans la peinture, serait-ce de la peinture à l'eau... 

Le nombre de tableaux est assez réduit. Une heure suffit pour faire le tour de l'exposition. Le musée Magritte de Bruxelles s'est assez peu démuni. Vous ne verrez pas à Paris la plupart des tableaux célèbres de Magritte et c'est paradoxalement le grand intérêt de cette petite rétrospective car elle fait découvrir des toiles très rarement vues car beaucoup proviennent de collections particulières.  

Magritte au Centre Pompidou (1)
Magritte au Centre Pompidou (1)
Magritte au Centre Pompidou (1)
Magritte au Centre Pompidou (1)
Magritte au Centre Pompidou (1)
Magritte au Centre Pompidou (1)
il arrivait à Magritte de travailler pour la publicité

il arrivait à Magritte de travailler pour la publicité

Magritte au Centre Pompidou (1)
Magritte au Centre Pompidou (1)
Magritte au Centre Pompidou (1)
Magritte au Centre Pompidou (1)
Paris, octobre 2016

Paris, octobre 2016

Commenter cet article

xristophe 08/10/2016 15:02

Pourquoi faut-il remplacer par la pomme l'allusion à la pipe "pour les élèves actuels" ?
Je crois me souvenir d'un détournement amusant d'une sodomie ainsi titrée ("ceci n'est pas une pipe")... Vu dans le blog, évidemment !

lesdiagonalesdutemps 08/10/2016 20:18

Quel bon lecteur du blog vous faites...

ismau 07/10/2016 16:53

Merci pour cet intéressant début de visite, et questionnement ...Je ne savais pas que Magritte avait travaillé pour la publicité : une piste peut-être pour comprendre autrement son travail de peinture, et pour constater aussi qu’il n’est pas si maladroit ?
''L’éclairage philosophique'' de son œuvre ... d’après ce que j’avais compris, l’hypothèse actuelle serait effectivement de reconsidérer Magritte comme une sorte de pré-conceptuel . Hypothèse valable je crois, au moins pour trouver ou retrouver de l’intérêt à sa peinture . Je me souviens de ma grande déception la 1ère fois que j’avais découvert de vrais Magritte dans une expo, à voir à quel point ses peintures ne disaient rien de plus que leurs reproductions : très pauvres picturalement, ou peu sensuelles comme vous le constatez très justement . Mais si son but est de produire une image simple, lisible, pour interroger très précisément l’image et le réel … alors je trouve qu’il n’est pas mauvais du tout, qu’il serait peut-être même très bon . Il manque tout de même ici un détail important : le titre en regard du tableau (ex : ''La trahison des images'' titre du fameux ''Ceci n’est pas une pipe'' ) ( pour les élèves actuels, à remplacer impérativement par son équivalent ''Ceci n’est pas une pomme'' ! )

lesdiagonalesdutemps 07/10/2016 17:04

Ce qui me gène chez Magritte c'est d'une part l'assez pauvre inspiration, si on le compare avec Chirico à qui il aimait se comparer et d'autre part l'inéquation, sauf dans ses dernières toile entre l'ambition et la réalisation de celle-ci qui demanderait une dextérité à la Dali ou à la Delvaux dans sa grande époque. On peut en effet dire qu'il est un peintre conceptuel quand on confronte ses images avec leur titre. Je suis assez sévère avec Magritte comme avec d'autres peintres quand je met en balance leur oeuvre et leur notoriété à l'inverse je survalue dans ce blog des oeuvres qui sont totalement ignorée (du moins en France) Minton ou Cadmus par exemple.

xristophe 06/10/2016 13:02

"La philo soluble dans la peinture à l'eau"... Je reformule un peu votre trouvaille : avec cet alexandrinisé signifiant nous voilà tous les trois à la mesure des siècles - qu'il sera pour Magritte plus facile d'affronter que s'il fût resté seul... La gloire de ce garçon m'a toujours un peu agacé : je le place juste un peu "moins pire" que Ben. (Ismau va encore me gronder !)

lesdiagonalesdutemps 06/10/2016 16:35

Je trouve que ce n'est pas une très bonne idée pour le musée Maillol de réouvrir avec Ben, je ne suis pas certain que cela lui apporte une grande fréquentation; cela fait un peu vieille avant garde.