Objet d'amour de René de Ceccatty

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Objet d'amour de René de Ceccatty

 

Il serait bien que les auteurs et les éditeurs français cessent d'apposer sur les couvertures de leurs ouvrages le mot de roman lorsque ceux-ci n'en sont pas; ce qui est le cas, la plupart du temps; l'imagination n'étant pas le fort des plumitifs de l'hexagone. Je sais bien qu'il font cela parce que seul le mot roman ferait vendre. C'est du moins la fable qui se propage depuis des dizaines d'années dans les officines des éditeurs; mais à force d'être trompé sur la marchandise les lecteurs vont peut être finir par se détourner de ce label...

Pour faire simple en ce qui me concerne je dénie le droit de s'appeler roman tout ouvrage d'un écrivain qui n'invente pas au moins un personnage de fiction dans son livre. Alors certes René de Ceccaty a du anticiper ma critique puisqu'il a créé en tout et pour tout dans son roman qu'un seul personnage de fiction, un personnage féminin dans ce livre d'homme et le seul qui manque singulièrement d'épaisseur...

Je ne considère pas comme oeuvre romanesque un écrit dans lequel l'auteur se contente de faire parler des personnages historiques et, ou de s'insinuer dans leur caboche. Non que ce type d'ouvrage soit inférieur au roman mais pour moi ce n'en est pas. Il serait temps de trouver un autre vocable pour ce genre d'ouvrages qui ces dernières années prolifèrent. On a bien inventé le terme d'auto-fiction...

La courtisane, la peinture qui a apporté le succès à Sigalon

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Objet d'amour de René de Ceccatty
Athalie de Sigalon (musée de Nantes dans lequel je ne l'ai jamais vu exposé) c'est le scandale autour de ce tableau qui a causé la chute de Sigalon.

Athalie de Sigalon (musée de Nantes dans lequel je ne l'ai jamais vu exposé) c'est le scandale autour de ce tableau qui a causé la chute de Sigalon.

Avec « Objet d'amour » René Ceccaty pousse la supercherie très loin puisque son livre est une étude savante et passionnante en dépit de la lourdeur du style, sur un peintre oublié, Xavier Sigalon. Je n'avais jamais entendu parler de cet artiste pas plus que de ses compagnons. Vous mesurez à cet instant l'inculture de celui que vous lisez... D'autant que sur Sigalon se sont penché des écrivains aussi considérable que Taine, Dumas, Stendhal et surtout Balzac qui l'a pris comme modèle pour son personnage de Joseph Bridau dans la Rabouilleuse. A telle enseigne, qu'un instant, j'ai cru que ce Sigalon était un personnage fictif. Heureusement la prodigieuse toile m'a bien vite détrompé. Un des grands mérites du livre est de tirer de l'oubli et des ténèbres (du moins en ce qui me concerne) un grand nombre de peintres, souvent au destin tragique, comme ce Léopold Robert, suicidé, ou ces morts prématurés que furent Bonington, tuberculose, ou Dominique Papety, fauché à peine plus de trente ans par le choléra. L'ouvrage ressuscite une litanie de noms qu'entonne bien peu les trompettes de la renommée; ne serait-ce que pour cette raison ce livre est fort utile et se double d'une bonne action.

L'enfance de Bacchus par Numa Boucoiran

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Saint Sébastien par Numa Boucoiran

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Bonington, Gène

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Léopold Robert

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Sur les 490 pages du volume, les annexes qui mêlent chronologies, sources, notes d'intention et documents divers qui ont été utiles à la rédaction du roman en occupe 170! On voit bien que l'on est plus devant une thèse que face à un roman. Le lecteur néanmoins ne se plaindra pas de ce que l'on pourrait considérer comme des bonus si on parlait d'un DVD tant ils sont riche et rare comme ce texte inédit de Stendhal sur la relation entre Michel-Ange et Tommasso.

Or donc, le sujet de la thèse en serait Sigalon du moins au départ, mais à lire le résultat c'est comme si notre thésard avait dérivé de son point de départ pour dissoudre son histoire dans plusieurs de ses interrogations sur l'art et de son obsession de la relation qu'a entretenu Michel Ange avec Tommasso Cavalieri.

Tout commence en juillet 1833, lorsque Xavier Sigalon arrive à Rome pour copier « Le jugement dernier » de Michel Ange. Il est accompagné de collègues qui l'assisteront dans cette tâche colossale. Il y a Numa Boucoiran, François Souchon, Hyacinthe Besson, flanqué de sa bigote de mère et le jeune Armand Cassagne, le préféré du maitre. Cette commande vient de Thiers. C'est une chance pour Sigalon qui a connu un éphémère succès dans la mouvance du romantisme, mais qui est tombé en disgrâce depuis quelques années. Mais l'orgueilleux peintre considère cette tâche de copiste comme une déchéance. Il s'installe dans le Palais Cavalieri avec le plus jeune, l'enfant Cassagne qui n'a que 14 ans. Il est évident que Sigalon aimerait mettre dans son lit son jeune arpète, mais le peintre n'a pas conscience du désir qu'il éprouve pour l'adolescent. Dans ce palais Cavalieri a séjourné, juste avant lui, Stendhal qui a consacré une nouvelle à l'amour de Michel-Ange pour Tommaso Cavalieri, son assistant...

Dominique Papety

Dominique Papety

Va-t-on découvrir dans ce livre que Stendhal croquait dans la brioche infernale? Mais bien vite, on déchante sur ce point, disons que l'illustre grenoblois aurait bien voulu mais qu'il n'a pas pu, protégé de cette tentation par sa laideur enfin c'est ce de Ceccaty lui fait dire, (curieux prétexte, comme si la mocheté avait empêché nombre de laiderons à passer à l'acte!). Ceccaty, qui me paraît un peu faux cul sur le sujet, dédouane très vite Stendhal et lui même par la même occasion des pratiques sexuelles hétérodoxes: << Les peintres sur les écrivains, avaient l'avantage de s'en tenir à ce que chacun, s'il ne le voit pas, pourrait du moins voir. Alors qu'on prête aux flamboiements d'un écrivain pour la beauté humaine , masculine ou féminine, des motivations d'ordre strictement individuel et sensuel, comme si la connaissance d'un éclat signifiait une attirance et la volonté d'une possession charnelle, d'un échange. Et, pis encore, un écrivain qui s'attarde sur l'attrait que fait naitre le corps d'un personnage sur un autre est soupçonné de partager le désir qu'éprouve et veut satisfaire celui qui regarde et attend.>>. Il en rajoute une couche dans ses notes qui sont aussi intéressantes que le corps du récit: << Stendhal contrairement à Balzac, n'était pas fasciné par les passions d'hommes entre eux. Mais il n'avait rien de puritain. Il connaissait l'humanité, ils connaissait la peinture, il connaissait les moeurs. Rien de ce qui était passionnel ne lui était étranger. Ils n'était pas ignorant des habitudes amoureuse des atelier d'artistes, très masculins, très clos.>>. C'est sans doute son amour de Rome, qu'il sait faire partager qui a fait que Ceccaty ait centré son livre sur Sigalon car l'atelier de David aurait été sans doute plus proche de la thématique des amours entre hommes.

Dominique Papety mort à 34 ans du choléra

Dominique Papety mort à 34 ans du choléra

 

Cet « Objet d'amour » est très informatif sur le monde artistique du premier tiers du XIX ème siècle. Sur les contraintes qui pesaient alors sur les artistes. René de Ceccaty fait un intéressant parallèle, via un songe amer de son héros, entre celles-ci et celles qui accablaient les peintre de la Renaissance. Il s'interroge aussi sur la perception d'alors des oeuvres par le public, sur leur diffusion, via la gravure; le livre rappelle que nos aïeux ne connaissaient presque toujours les peintures que par le biais des gravures qu'elles avaient inspirées, et bien sûr en ignoraient les couleurs. Je me souviens qu'encore au début des années 1970 la plupart des reproductions que contenaient les catalogues des grandes expositions étaient encore en noir et blanc. L'auteur via son héros ne cesse de comparer les styles, les pratiques, les motivations des artistes à travers les époques: << Sigalon n'avait pris avec lui ni papier ni crayon. Il aurait pu croquer ces figures qui l'auraient inspiré pour les « sybilles » et les « prophètes ». Mais il n'avait pas ce tempérament. Géricault l'avait. Cadavres, gens des rues, corps bruts. Caravage l'avait eu. Pas Michel Ange. >>.

On apprend beaucoup de chose sur la peinture aussi bien dans sa mise en oeuvre que sur sa diffusion, mais que tout cela est lent et répétitif. On peut juger de la vélocité narrative de René de Ceccaty par le fait que Sigalon est face au « Jugement dernier » de Michel Ange qu'il doit copier qu'à la page 135! On croirait lire du Dominique Fernandez. On trouve chez Ceccaty ce même amour de l'Italie, cette même connaissance de la peinture, cette même liberté de jugement, parfois iconoclaste, devant les oeuvres d'art et malheureusement aussi cette même absence d'invention romanesque et cette même lourdeur de style que chez le vénérable académicien au triangle rose. Heureusement l'écriture se fait un peu plus alerte quand rentre en scène Stendhal dont le style dans ces passages a peut être heureusement contaminé celui de l'auteur. Le romancier du « rouge et le noir » est un personnage à part entière de l' « Objet d'amour ». Ceccaty le fait abondemment deviser. Malheureusement je ne suis pas assez stendhalien pour avoir un avis sur le traitement infligé par l'auteur au grand écrivain; à ma grande honte je n'ai lu de Stendhal que « Le rouge et le noir », qui est un livre qui m'a beaucoup marqué dans mon adolescence, et « La chartreuse de Parme »; je me promet depuis des années de lire ses « Voyages en Italie » et Lucien Leuwens mais je n'ai pas encore réussi à tenir ces promesses...

Objet d'amour de René de Ceccatty

 

Lorsqu'on lit, les annexes du roman, qui en sont sorte de making of, on est d'emblée surpris par le hiatus qui existe entre les personnages tels qu'on les a perçus et ceux que Ceccaty aurait voulu peindre. Par exemple dans son roman l'auteur nous présente Stendhal comme un égocentrique bavard sentencieux alors qu'il le décrit dans le captivant texte qu'il a intitulé « les sources » et qui sont beaucoup plus que ce que le titre laisse présager comme un homme généreux doublé d'un joyeux drille animateur des salons littéraires romains. Le même décalage existe pour Sigalon et Thiers dont le romancier fait un portrait qui réhabilite en quelques lignes l'homme politique et donne une image à la fois très différente de la triste réputation qui accable Thiers dans la vulgate historique et assez loin de satisfait et condescendant libidineux qui passe dans le roman.

Si l'on excepte les remarquables information que fait passer l'auteur sur la vie intellectuelle et artistique du premier tiers du XIX ème siècle, la trame romanesque est tout de même bien ennuyeuse comme l'est le mélancolique Sigalon. Ceci en raison d'une part de la personnalité du héros avec lequel on ne parvient pas à tomber en sympathie et d'autre part par l'absence de progression romanesque de l'histoire que l'on lit. On comprend bien qu'à cause de la médiocrité humaine de Sigalon, petit à petit l'évocation de l'amour chaste, René de Ceccaty insiste beaucoup sur cette chasteté, de Michel ange pour Tommasso, envahisse et recouvre l'histoire du terne copiste. Celle-ci du point de vue romanesque n'est en fait qu'un leurre, leurre malheureusement pas suffisant pour capter l'amour de deux hommes au coeur de la Renaissance.

Dans sa forme, le livre est rédigé très classiquement à la troisième personne. Il est découpé en très courts chapitres, certains ne font que deux pages. Il est très heureusement illustré de petites vignettes, malheureusement en noir et blanc, représentant les tableaux dont il est question dans les dits chapitres.

Un livre à lire, de préférence à Rome, plus pour se documenter sur la vie culturelle dans la première moitié du XIX ème siècle et la conditions des peintres à cette époque que pour un plaisir romanesque. 

Objet d'amour de René de Ceccatty

Dialogue entre René de Ceccatty et Silvia Baron Supervielle

Objet d'amour de René de Ceccatty
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Objet d'amour de René de Ceccatty
autoportrait de Sigalon adolescent

autoportrait de Sigalon adolescent

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Ludovic 21/09/2016 08:01

René de Ceccatty, alors âgé de 28 ans avais publié en 1980 aux Editions de la Différence un « roman » relevant très probablement de l’autofiction, intitulé « Jardins et rues des capitales ». C’était un ouvrage d’une belle impudeur décrivant les errements et les errances de jeunes hommes en quête d’amours plus ou moins impossibles. La liberté de ton et de mœurs de l’avant sida ne conférait pas pour autant à cette chronique une vision très exaltante de l’homosexualité masculine vécue par le narrateur dans une ambiance de déréliction et d’insatisfaction irrémédiable (et quelque peu communicatrice). Le style en était assez poétique, parfois laborieusement, mais avec des pages véritablement inspirées. Je n’ai rien lu de De Ceccatty depuis lors. Je crains que votre chronique ne m’incite pas à combler cette lacune quand il y a tant de vrais romans ou d’authentiques essais qui méritent certainement plus d’attention que les atermoiements esthético-amoureux de l’honorable Sigalon. Merci tout de même de l’avoir lu pour nous.

lesdiagonalesdutemps 21/09/2016 08:26

Merci de votre commentaire qui exhume un livre dont je n'avais jamais entendu parler (encore un). Il reste que le livre de de Ceccatty est très intéressant sur la vie culturelle du premier tiers du XIX ème siècle et surtout du quotidien des artistes peintres d'alors. Ce milieu est très peu documenté dans la littérature. Il me semble que c'est Balzac qui s'y est le plus intéressé. Sur le même sujet mais plus axé sur la pratique de l'atelier et situé presque cinquante ans avant les déboires de Sigalon existe une bande dessinée à l'homo-érotisme revendiqué, il s'agit du "Ciel au-dessus du Louvre" de Bernard Yslaire et Jean-Claude Carrière paru en 2009 aux éditions Futuropolis. J'ai d'ailleurs consacré un billet à cet album. Si vous vous intéressé à la peinture du XIX ème le livre de de Ceccatty est à lire malgré mes réserves c'est bien meilleurs que la quasi totalité de la rentrée littéraire 2016 qui après feuilletage de nombreux pavés nouveaux ma parait encore plus médiocre et convenue que les années précédentes.

ismau 20/09/2016 17:32

Je ne connaissais Sigalon que de nom . Je me souviens maintenant de l’étonnante copie du Michel Ange à la chapelle des Beaux -Arts de Paris, et d'un autoportrait du musée Fabre de Montpellier . Cet autoportrait n’est pas facilement trouvable sur le net, ou dans la liste de ses œuvres ; je ne sais pas pourquoi . Je ne l’ai trouvé que là : https://www.facebook.com/MuseeFabreMontpellier/photos/pcb.992761704142803/992761640809476/?type=3&theater
Comme toujours, vous nous donnez ''finalement'' envie de lire le livre que vous critiquez . Mais j’ai été surprise et déçue du jugement négatif que vous portez sur le style de Ceccatty . Les extraits que vous citez hélas vous donnent raison ... Pour ma part je n’ai lu de lui qu’une traduction d’un récit autobiographique et très poétique de Pasolini, dont j’avais beaucoup aimé le style justement . Mais peut-être venait-il de l’auteur plus que du traducteur . Sinon, je me souviens du jugement très élogieux d’Edmund White dans ''Mes vies'', sur l’écriture de Ceccatty . Alors même qu’il mettait en doute celle de Gilles Barbedette son propre traducteur, il félicitait Barbedette d’avoir choisi pour raconter sa fin prématurée ( du sida ) le véritable écrivain qu’est Ceccaty . Ce sera ''L’accompagnement'', que je voulais lire - avec d’autres livres de Ceccatty - et n’ai toujours pas lu, .
Stendhal par contre, je le connais assez bien : les 3 grands romans + La vie d’Henry Brulard : une autobiographie très étonnante que j’aime beaucoup, étonnante par sa précision avec partout des croquis dessinés, et par son style presque expérimental . Il y a aussi le 1er roman de Stendhal ''Armance'' qui est extraordinaire, et qui m’a beaucoup marquée quand je l’ai lu adolescente . Gide le considérait comme le plus beau des Stendhal, et pour cause : ce curieux roman sous couvert de nous présenter un héros au lourd secret qui serait l’impuissance, nous parle en fait très probablement d’homosexualité . Peut-être Stendhal était-il concerné directement ? Pour Ceccatty en tous cas cela ne fait pas de doute, et donc je ne comprend pas que vous disiez quelque part, qu’il se ''dédouane des pratiques sexuelles hétérodoxes'' .

lesdiagonalesdutemps 20/09/2016 18:04

J'avais oublié Armance, en effet sous couvert d'impuissance, il me semble qu'il parle clairement d'homosexualité. Ceci dit ce livre m'avait ennuyé d'ou mon oubli.
White est facilement élogieux... Et si ses romans surtout autobiographiques sont agréablement écrits, je ne dirais pas la même chose de sa biographie de Genet.
Je n'ai rien lu d'autre de de Ceccatty. Qui me parait un parfait clone littéraire de Fernandez, aucune imagination, des sujets intéressants apparemment des points de vues originaux, un sérieux travail de documentation, plus un arpentage consciencieux des lieux dont il parle mais un style plat; enfin c'est du grand style par rapport à la biographie que je suis en train de lire, celle de Daphné du Maurier par une certaine Tatiana de Rosnay quand on lit un tel livre, on est rassuré, on se dit qu'on n'aurait pas fait pire. Mais tout comme Ceccaty la Tatiana en question a bossé, c'est sûr. Heureusement on ne lit pas que pour le plaisir de l'écriture on lit aussi pour se documenter...

ludovic 20/09/2016 08:15

Je suis bien d'accord avec vous sur l'abus du mot roman. Il parait que c'est plus vendeur.
Le musée de ¨Nîmes possède plusieurs tableaux de Xavier Sigalon dont la carrière débuta dans cette ville. Son Locuste et l'étude reproduite dans votre recension y sont éxposés ainsi qu'un beau portrait de jeune homme. Ce "Locuste" fut acheté par la banquier Laffitte mais son épouse le trouva choquant et le lui fit échanger. On ne sait si c'est la poitrine pendant de Locuste ou la nudité du bel esclave qui choquait madame Laffitte. (On a observé que la condition d'esclave telle que la concevait Sigalon était bien misérable puisque le jeune homme n'avait rien à se mettre sur le dos). A noter aussi que si le peintre s'est inspiré des vers du Britannicus de Racine, l'agonie douloureuse à laquelle nous assistons ne plaide pas en faveur de l' efficacité des poisons que Locuste vante dans la tragédie à Narcisse, lequel est d'ailleurs très dubitatif.

lesdiagonalesdutemps 20/09/2016 08:30

Merci pour ses précisions. A l'époque il n'y aurait pas eu de poison aussi rapide que celui que présente Racine et bien d'autres auteurs avant et après lui d'où la récente hypothèse que Britannicus aurait succombé des suites d'une crise d'épilepsie. Dans la B.D Murena, Dufaux, le scénariste laisse planer le doute, l'origine de l'empoisonnement viendrait d'Agripine et non de Néron. Dans Claude empereur de Robert Graves, Narcisse n'est pour rien dans la mort de Britannicus...