Une demi-couronne de Jo Walton

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Une demi-couronne de Jo Walton

 

Une demi-couronne clôt la trilogie uchronique de Jo Walton Nous sommes maintenant en 1961 soit plus de dix ans après le précédent épisode. On sait que plus une uchronie s'éloigne de son point de divergence, ici la paix séparée signée entre l'Angleterre et l'Allemagne nazie en 1941, plus il est difficile d'imaginer l'univers parallèle qu'aurait généré la voie prise au point de divergence. L'auteur prudemment donne peu de détails du contexte historique. On sait juste que l'Angleterre vit toujours dans un régime frère de celui de l'Allemagne dans laquelle Hitler est toujours au pouvoir, que l'URSS a fini par effondrer et que le Japon monte en puissance. L'auteur préfère se centrer sur ses personnages. On retrouve la même construction que dans les deux premiers tomes, l'alternance de deux narrateurs, l'un masculin, l'autre féminin. On retrouve l'inspecteur Carmichael qui est maintenant le puissant chef du « Guet », la police politique du royaume. Dans ce poste il joue un dangereux double jeu en exfiltrant du pays les juifs qui y sont tenu pour des citoyens de seconde zone et vivent sous la menace terrible d'être expulsé vers le continent, ce qui signifie leur mort. La voie féminine est cette fois tenue par la jeune Elvira, la fille du sergent Royston l'adjoint de Carmichael qui a été tué dans « Hamlet au paradis ». Carmichael a pris en charge l'éducation de la jeune fille. Elvira le considère comme son oncle mais ignore tout des véritables agissements de son bienfaiteurs comme de son homosexualité.

Un événement va précipiter les chose. Elvira est malencontreusement arrêté lors d'une émeute où elle se trouvait par hasard. Les troubles ont été fomentés en sous main par le duc de Windsor (l'ex Edouard VIII) qui veut reprendre le pouvoir. Carmichael doit à la fois déjouer le complot et protéger Elvira. Sa position devient vite intenable...

L'ennui avec ce troisième tome qui pourrait être souligné, comment la conscience politique vient aux oies blanche, est que la narratrice contrairement aux deux précédentes n'ai guère intéressante et que les émois de cette gourgandine plombent un peu le récit. Heureusement qu'il y a les affres de Carmichael, jouant un double jeu et qui fréquente les hautes sphères de cette Angleterre parallèle. Jo Walton a réussi à boucler avec élégance sa trilogie et c'est avec regret que l'on quitte l'inspecteur Carmichael.

 

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