Le monde vert de Brian Aldiss

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Le monde vert de Brian Aldiss
 
Ce n'est pas un hasard si un livre comme Le monde vert est régulièrement réédité. C'est un des meilleurs livre de Science-Fiction que j'ai pu lire; encore un livre que j'avais placé dans les 100 livres écrits au XX ème siècle qui m'ont le plus marqué. Cet ouvrage a reçu en 1962 le Prix Hugo, un des deux plus grands prix de Science-Fiction au monde.

Dans le monde dans lequel sans préambule nous sommes plongé. Comme le démontre son très bel incipit: << 

  Lily-yo, l'homme Haris et la tribu montaient dans les frondaisons du banian. La petite Clat était tombée. Lily-yo, juchée à califourchon sur un virevole, avait plongé à sa suite. Trop tard. Un claque-dents avait surgi de sous une feuille géante et happé la fillette.
     Lily-yo revint à la noix qui avait servi de domicile à Clat, ramassa son âme, et entreprit de guider la tribu vers les hauteurs du banian.
     Un enfant d'homme était mort, il convenait de rendre les derniers honneurs à son âme-totem car rien ne subsisterait de son corps dans l'enfer végétal qui recouvrait désormais la terre entière.>>

Est-ce la terre? Toute la surface est occupée par une immense jungle. Le grand talent de paysagiste d'Aldiss fait que la forêt décrite semble peinte avec des mots... Cette nature est peuplée par des hommes qui tentent tant bien que mal d'échapper aux nombreux périls qui les entourent. La première interrogation que l'on se pose est une question de taille. Est-ce que ce sont les arbres qui sont géants ou les hommes qui sont minuscules? comme dans plusieurs de ses autres roman, ce grand connaisseur de la S.F, use d'un ton détaché, assez froid comme si l'auteur était une sorte de dieu qui regarderait en surplomb mais non sans empathie, le monde qu'il a créé.

Est-ce que Brian Aldiss nous présente au travers "Le monde vert" notre monde dans lequel l'homme a regressé pour revenir à un état semi-sauvage. Il est certain que Brian Aldiss a lu le Tarzan d'Edgar Rice Burroughs, mais heureusement il écrit beaucoup mieux. Comme la série des Tarzn, le roman d'Aldiss est aussi un roman d'aventure. Mais contrairement au canon du genre, le romancier n'érige pas un personnage en héros. Il n'hésite pas par exemple à supprimer un personnage que l'on avait imaginer central. Le Monde vert est aussi parfois très près du "Livre de la jungle" de Kipling. "Le monde vert" est un livre très riche dont la lecture passionnante fait se poser beaucoup de questions au lecteur.

 

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