The wise kids, un film de Stephen Cone

Publié le par lesdiagonalesdutemps

The wise kids, un film de Stephen Cone
Les enfants sages, le film

 

Réalisation: Stephen Cone,

 

 
Avec: Tyler Ross, Stephen Cone, Molly Kuntz, Allison Torem, Stephen Cone 

 

Les enfants sages, 6

 

Résumé:

 

Etats-Unis. Au cœur d’une communauté baptiste, trois adolescents s’apprêtent à finir leurs années lycée et s’interrogent sur ce qui les attend une fois qu’ils quitteront le foyer familial. Brea (Molly Kuntz) la jolie jeune fille du pasteur local, traverse une période de doutes. Ayant baignée dans la religion toute sa vie, elle commence à se poser des questions, n’est plus certaine de croire en Dieu. Son meilleur ami, Tim (Tyler Ross), a lui aussi un problème de taille à gérer : bien qu’il se consacre pleinement aux activités de la paroisse, il se devine homosexuel. Lorsqu’il en parle à Brea et à leur amie commune, Laura (Allison Torem), il trouve du soutien chez la première et un mélange de compassion et d’horreur de la part de la seconde. Laura est sans doute la plus fragile des trois et la plus attachée aux textes sacrés. Alors que ses deux amis s’émancipent, changent, elle reste bloquée sur les valeurs qu’on lui a inculqué dès le plus jeune âge et ne compte absolument pas faire le moindre faux pas… Le temps de plusieurs mois, nous allons suivre ces trois ados ainsi que les adultes qui gravitent autour d’eux… et qui eux aussi sont loin d’être stables.

 

Les enfants sages, 2

 

The wise kids que l'on peut traduire par les enfants sages nous montre une Amérique qui n'est pas si souvent filmée et qui pourtant est peut être encore majoritaire. Celle des communauté provinciale où la religion est au centre du quotidien; où tous les événements sont prétexte à prier, le spectacle d’école de fin d’année fait référence à des textes sacrés… Sous le regard bienveillant de chacun, se cache un potentiel mal de vivre, une difficulté certaine à exister selon les exigences des valeurs transmises. Ainsi Brea, adolescente somme toute ordinaire, vit comme un drame le fait de douter de sa foi. Son père est prêtre, son voisinage l’adore : elle risque de les décevoir. Dans cette période de doute, elle se rapproche de plus en plus de Tim qui pour sa part lutte contre ses penchants homosexuels. Ils se sentent tous les deux différents, aspirent à vivre à New York pour s’ouvrir davantage au monde.

Sur une histoire classique et simple la mise en scène classique illustre proprement un scénario intelligent et plein de délicatesse. Le réalisateur Stephen Cone (qui interprète aussi l’un des rôles adultes, celui de Austin, professeur du lycée en pleine crise identitaire) déjoue habilement tous les clichés et livre une œuvre pleine de nuances et d’humanité.

La religion a ici plusieurs visages. Elle est un cocon, une source d’espoir, de bonheur, qui permet de se sentir plus fort pour affronter les épreuves de la vie. Elle est le ciment de la communauté. Elle constitue aussi une éducation qui peut finir par entraver l’épanouissement personnel de certains, qui se retrouvent à se juger eux-mêmes trop durement. La vie est dure pour Tim, croyant pratiquant et homosexuel. Il va peu à peu ne plus refouler son homosexualité. Alors qu’il s’assume, et qu’il trouve un soutien très fort de la part de son père, il fait tout de même attention à ne pas trop s’épancher, à ne pas faire de scandale… et continue de pratiquer sa foi. Brea préfère aussi taire son désir de s’éloigner du chemin de Dieu. Si la morale est omniprésente, chacun s’accoutume des « écarts » de ses proches et préfère opter pour une tentative de compréhension que le rejet.

Si le cheminement des adolescents, qui grandissent et prennent leur distance tout en ne choquant jamais personne, a quelque chose de doux et de libérateur, les adultes semblent davantage prisonniers. C’est le cas d’Austin, professeur et pilier de la communauté, homosexuel refoulé qui se prend en pleine face le fait de s’être trompé dans ce qu’il voulait dans sa vie. Marié depuis des années à une adorable femme avec laquelle il ne fait plus du tout l’amour, il se retrouve bloqué. Leur relation est très touchante : on sent que ces deux-là s’aiment mais qu’ils ne peuvent « consommer » leur amour. Et même si la frustration les ronge jusqu’à un point insupportable, la tendresse reste là.

Comme presque toujours dans les films américains l'interprétation est convaincante. Tyler Ross est bien mignon. On peut le voir aussi dans Nate & Margaret (2013), et dans Zombieland (2013). 

Alors que The wise kids aurait pu être un film très antireligieux il montre une communauté plus ouverte qu'on aurait pu le penser. Le film me fait songer au "Loup et le chien, la fable de La Fontaine, faut il mieux être libre et avoir faim ou attaché, bien au chaud à la maison mangeant à sa faim? Ici le collier c'est la religion. 

Les enfants sages, 3

 

 

Les enfants sages 7

 

 

Les enfants sages 1
 

 

Les enfants sages, 4

 

 

 

Les enfants sages 5

 

 

Bande-annonce VO

 

 

 

Le film

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