Christopher Wood (1901-1930) (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Autoportrait, 1927

Autoportrait, 1927

Christopher ’’Kit’’ Wood est né le 7 avril 1901 à Knowsley, près de Liverpool. Il est mort le 21 août 1930 à Salisbury. Wood était un peintre anglais dont l'oeuvre, malgré la disparition prématurée de son auteur à la vie bohème, mouvementée, marquée par l'addiction aux drogues, a influencé le développement du modernisme anglais en peinture. Il est un des rares peintres britanniques à avoir obtenu une certaine reconnaissance dans la mouvance artistique parisienne des années 1920.

"Le marchand de tapis" (1930), huile sur toile de bois.

Fils de médecin, Christopher Wood s'initie au dessin à l'âge de quatorze ans, pendant une convalescence. En 1919, il débute des études d'architecture à l'université de Liverpool où il rencontre Augustus John qui l’encourage à devenir peintre avant que le collectionneur Alphonse Kahn ne l'invite à se perfectionner dans cette voie à Paris.

Christopher Wood J. A. Gandarillas (1926) oil on canvas, 88 x 48 cm

Tony de Gandarillas

Dès 1921, Wood, surnommé ‘’Kit’’ par ses amis, y suit les cours de l'Académie Julian puis de la Grande Chaumière. Il s'intègre rapidement dans les cercles artistiques à la mode où Khan lui présente le diplomate chilien Antonio de Gandarillas, neveu de la mécène Eugenia Huici de Errázuriz. Cette rencontre aura une influence décisive sur la vie du jeune Wood. Riche, dilettante, homosexuel, opiomane et mondain, Tony de Gandarillas lui présente de nombreux artistes vivant à Paris, l'initie à l’opium tandis que les deux hommes deviennent amants. Gandarillas soutiendra financièrement Wood, souvent impécunieux, jusqu’à sa mort. Pendant plusieurs années, le couple mènera une vie parisienne de bohème mondaine entrecoupée de nombreux voyages et séjours à travers l'Europe, en Afrique du nord, en Grèce et en Italie.

En 1925, Wood rencontre Jean Cocteau, également opiomane, dont le style influencera son dessin. Wood expose pour la première exposition personnelle à Londres. La même année, Eugenia Errázuriz le présente à Picasso, dont l’influence est indéniable sur son oeuvre de Wood. Picasso apprécie le travail du jeune anglais.

 



 

Toujours en 1925, il expose en compagnie de Paul Nash à la galerie Redfern à Londres. Il y rencontre un couple d’artistes anglais, Ben Nicholson et son épouse Winifred avec lequel il restera intimement lié jusqu’à la fin, tant sur le plan personnel que sur un plan artistique. C'est durant ces années qu'il fait également la connaissance de Max Jacob, dont il peindra un remarquable portait quelques années plus tard, et se lie sentimentalement avec Jeanne Bourgoint, une mannequin qui, avec son frère Jean, inspirera à Cocteau "Les Enfants Terribles".

 

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En 1926, Diaghilev confie à Wood la création des décors et costumes du ballet Roméo et Juliette mais cette commande est annulée au dernier moment. Dans sa biographie de Jean Cocteau, Claude Arnaud cite Kit Wood pour cette année 1926: << Les amis de Christian Bérard, ces peintres dits néo-humanistes hostiles à l'abstraction qui avaient fait de l'hôtel Welcome leur Bateau-Lavoir n'étaient pas non plus des grenouilles de bénitier. Les couloirs du Welcome résonnaient sans cesse, en cette année 1926, des bruits des fêtes qui donnèrent Francis Rose, dix sept ans, Leonid Berman ou Kit Wood, un jeune anglais opiomane lui aussi.>>.

Wood retourne alors en Angleterre où il prend part aux activités du Groupe de Londres puis, en 1927, de la Seven and Five Society en compagnie, entre autres, du couple Nicholson. Il ne cessera cependant pas de faire des trajets entre le Royaume-Uni et la France où il se rendra tantôt en Bretagne, tantôt dans le sud de la France ou en Cornouailles, exposant avec les Nicholson à Paris ou à Londres.

 

Christopher Wood - Horses in Paris, 1924

 

Pablo Picasso le considérait comme un génie en puissance. Fasciné par ses peintures brutes qu'il comparait à celle du douanier Rousseau.

 

Christopher Wood - Anemones In A Cornish Window

 


Avec les Nicholson, Kit se rend en 1928 dans le Cumberland puis dans les

 Cornouailles britanniques, stimulé par l’implication de Ben dans son propre travail artistique. Durant un voyage à St Ives, avec celui-ci, il rencontre le peintre-pêcheur Alfred Wallis, dont le style naïf répond à leurs aspirations communes à une expression primitive de la peinture ; cette influence finira d’asseoir le style personnel de Wood. Après une aventure malheureuse avec la peintre et riche héritière Meraud Guiness, il se lie avec Frosca Munster, une aristocrate russe qui a fui la révolution bolchevique. Cette dernière parait apporter un semblant d’équilibre à Wood qui demeure très dépendant des drogues, quoiqu’il peigne de plus en plus.

 

 1927
 

 

 


En juin 1930, Wood se rend dans la station balnéaire de Tréboul, dans une région alors prisée par les peintres depuis le passage de Gauguin dont il admire l'oeuvre, avec celle de Van Gogh. Il y vit dans un petit hôtel et y travaille notamment en compagnie de son amant, le peintre anglais Francis Rose, et de Max Jacob qui l’y a rejoint. S'il produit beaucoup durant cette période, sa dépendance à l’opium est devenue telle que l’argent que lui font parvenir Frosca et Tony, sans cesse en voyage, ne suffit plus. Malgré les attentions de ses amis, il ne peut résister et finit par s’intoxiquer en fumant les déchets d’opium. Il décide alors rejoindre l’Angleterre pour obtenir l’aide de ses parents.

Christopher Wood, Zebra and Parachute, 1930

Christopher Wood, Zebra and Parachute, 1930

 

Une de ces dernières toiles, le zèbre et le parachutiste ouvrait des perspectives que son oeuvre jusque là ne laissait pas présager, malheureusement la mort ne lui a pas laissé le loisir de les parcourir.

 

Carnations in a Glass Jar



Il quitte la Bretagne, emportant les tableaux avec lesquels il projette de faire l’ouverture de la galerie londonienne Wertheim, qui doit avoir lieu en octobre de la même année. C’est alors, le 31 août 1930, qu’il tombe sous un train à la gare de Salysburry dans des circonstances restées mystérieuses : son addiction à l’alcool et à l’opium, ou encore ses troubles mentaux l’ont possiblement poussé à commettre un suicide mais sans que l’éventualité d’un accident puisse être écartée.

C'est la thèse du suicide que retinrent ses amis parisiens, en particulier René Crevel que la mort de Kit Woot fit s'éloigner de cet autre opiomane qu'était Cocteau.

Dans les années suivant sa mort, plusieurs expositions posthumes de ses tableaux seront organisées par d’importantes galeries londoniennes (Wertheim, Lefevre, Redfern,…) qui compteront dans l’élan donné au néo-romantisme anglais. En 1938, il figurera au pavillon anglais de la biennale de Venise et la Royal Academy organisera une importante rétrospective qui achèvera de consacrer son œuvre, désormais largement représentée dans les collections publiques d’Europe et des États-Unis.

the jokey, 1923


 

The Bathers (France, 1927)


 

Nude in a bedroom Francis Rose, 1930


 

Jean Bourgoint, 1926


 

Constant Lambert, 1926

Christopher Wood, Cumberland Landscape (Northrigg Hill), 1928

Christopher Wood, Cumberland Landscape (Northrigg Hill), 1928

Christopher Wood, Flowers, 1930

Christopher Wood, Flowers, 1930

Christopher Wood, Pill Creek, Feock, Cornwall, 1928

Christopher Wood, Pill Creek, Feock, Cornwall, 1928

Christopher Wood, Porthmeor Beach, 1928

Christopher Wood, Porthmeor Beach, 1928

Christopher Wood, The Blue Necklace, 1928

Christopher Wood, The Blue Necklace, 1928

Christopher Wood, Le Phare, 1929

Christopher Wood, Le Phare, 1929

The Fisherman's Farewell 1928 by Christopher Wood

Christopher Wood, The Fisherman’s Farewell 1928

Dans leur bulletin mensuel, les excellentes éditions Quinte feuilles (http://quintes-feuilles.com/Fevrier%202014.pdf) reviennent sur les relations entre Christopher Wood et Max Jacob. Voir ci-dessous:

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Billets du blog à propos de la peinture anglaise du XX ème siècle qui a souvent regardé du coté des garçons:

 

Ralph Nicholas Chubb ,  Glyn Warren Philpot (1884-1937) , Duncan Grant (1885-1978) , JOHN MINTON,  Les garçons de Lucian Freud,  Lucian Freud 1922 - 2011,  Oliver Frey, alias Zack,  pour se souvenir de Bacon à la Tate Britain en 2008,   Henry Scott Tuke (réédition complétée) , Philip Whichelo (1905-1989) Study of a Nude Boy,  Keith Vaughan (1912-1977)Albert Wainwright,  Francis Campbell Boileau Cadell (Ecosse, 1883-1937),  JOHN MINTON,  Peter Samuelson (1912 - 1996), réédition complétée ,  Christopher ’’Kit’’ Wood (1901-1930) réédition complétée ,  Edward Burra (1905-1976)David Hockney au musée Guggenheim de BilbaoLes polaroids "joiners" de David Hockney,  David Hockney chez Claude Bernard, il y a si longtemps,  Michael Ayrton (réédition actualisée) , William Bruce Ellis Ranken (1881-1941),  S. J. Peploe, Boy reading, 1920,  Robert Sivell, bathers,  Paul AllamCovan Corrigan,  Sylvia Sleigh (1916-2010),  Bernard Fleetwood-Walker (1893 – 1965)Boy par Lucian Freud,  Lucian Freud photographié par David Dawson
   
A ces britanniques il ne me semble pas abusif d'y ajouter les peintres australiens George W. Thomas Lambert et  Donald Friend (1915 -1989)  ainsi que le sud-africain Philip Swarbrick  
 

 

Christopher Wood (1901-1930)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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