Beefcake, un film de Thom Fitzgerald (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Beefcake, un film de Thom Fitzgerald (réédition complétée)

 

 

1998, Canada, 97mn 

réalisation et scénario: Thom Fitzgerald, image: Tom Harting, son: John Wesley Chisholm, Michael Diabo, John Roby, décors et costumes: James A Worthen    
 
 
avec: Daniel MacIvor (Bob Mizer), Joshua Peace (E Neil O'Hara), Jack Griffin Mazeika (rouge), Carroll Godsman (Delia Mizer), Jonathan Torrens (David), Thomas Cawood (Mizer procureur), Dick Sircom (juge) Thom Fitzgerald (Procureur LaFleur), James Robertson (procureur), Glen Deveau (Soldier), Marla McLean (chanteuse de cabaret), Bernard Robichaud (Jukie), Steve Mac Laughlin (LaFleur), Andy Smith (Arhur Bob), James Mac Swain (M. Summers), Timothy Phillips (Bob Mizer à 12 ans), Daniel McLaren, Marc St-Onge, Michael Weir, Marc LeBlanc, Joe Dacey, Mark Burt, Brian Breau, Wayne Bedwell, Aulos Reuben Lee, Larry Dunn, Bobby Lawarance, Brad Allen (eux-mêmes) 


 
 

Résumé

Le film raconte l'histoire de Bob Mizer (1922-1992) depuis ses débuts dans le monde de la photographie érotique masculine, à l'époque camouflée en image de sportifs allibi qui lui servait à éviter la censure. Ces photographies ont été publiées dans des magazines tels qui sont devenus ensuite célèbre comme "Beefcake". Ils  montraient des jeunes hommes attrayants musclés en  des poses athlétiques. Ces revues étaient déguisées en magazines sportifs pour éviter l'homophobieà une époque où la pensée conservatrice régnait en maitre.  
Le film raconte comment Bob Mizer a fini par produire le magazine connu sous le nom de "Physique Pictorial", qui a lancé nus masculins en photographie. Tout au long du film sont mélangé des évènements fictifs avec de autres faits historiques. Les reconstitutions des évènement de la vie du photographe entretiens alternent avec des séquences qui montrent les mêmes protagonistes qui racontent leurs expériences de travail pour ces magazines. Le premier est Joe Dalessandro qui a commencé sa carrière en posant dans les publications de Mizer avant qu'Andy Warhol le remarque. 

L'avis de la critique
  
Le principal problème du film est sa nature hybride ni véritable documentaire sur le monde de ces magazines vendus en théorie en tant que revue de santé et de remise en forme, alors qu'en fait ils étaient lus exclusivement par la communauté homosexuelle qui existait en disimulant dans les années 1950, ni classique biopique de Bob Mizer. Cette partie du film met surtout en scène les événements qui ont conduit à ce que Bob Mizer soit jugé, interviews de stars qui a été perdu. Cela se traduit par le mélange de style très curieux, pas toujours très convaincant mais sans conteste original. On passe de morceaux que l'on pourrait qualifier de sociologique qui traite cette histoire sociale avec sérieux en y incluant tout de même une touche de fantaisie, à d'autres passages qui reproduisent le style voyeur homo érotisme que l'on trouvait dans le magazine "Physique Pictorial".

Il demeure que le film est riche d'enseignement pour l'Histoire des gay. Il dévoile des aspects intéressants sur le monde de la photographie érotique même si l'image présentée de ce milieu est beaucoup plus rose à ce qu'il était en réalité. On a un aperçu de la scène gay américaine des années 50 et de son invention dans la dissimulation. Le montage entre le récit de la vie de  Mizer, etles interviews de personnes qui ont eu des relations directes ou indirectes avec lui, une fois passé la surprise de ce curieux mélange est assez efficace. La reconstitution de l'époque est soignée. Il n'y a pas d'anachronismes flagrand en particulier les costumes sont très réussi mais le plus étonnant est que l'on pourrait croire que les acteurs qui jouent les modèles de Mizer ont fait un voyage dans le temps tant leur physionomie est celle des années 50.

On aurait aimé que Fitzgerald s'attarde un peu plus sur la personnalité de Mizer qui apparait ici bien fallot. Le film est un tantinet hagiographique. Il semblerait que Bob Mizer ne soit pas tout à fait le gentil fils à maman que nous présente Beefcake qui le campe presque en bon samaritain des gentils garçons égarés dans la ville de toutes les perditions que serait Los-Angeles. En fait Mizer était un homme très soigneux. Il notait ses recrues d'une façon aussi explicite que méticuleuse à l'aide d'un code. Entre 1945 et 1992, Bob Mizer a photographié près de 15 000 modèles et réalisé près d'un million de clichés en noir et blanc et en couleurs. Les clichés et les films de Bob Mizer décrivent un univers où la virilité est presque caricaturale et où les modèles aux corps musclés et huilés jouent souvent des situations de domination (esclave/maitre) qui sont prétexte à la bagarre et aux attouchements dans des scène souvent kitsch, ce que reproduit très fidèlement le film.
On peut repérer sur certaines de ses photographies des symboles étranges qui en fait renseignaient les initiés sur le caractère et ce que pouvait proposer le garçon qui exposait ses charmes dans Physique Pictorial. Ces symboles ne sont pas présents dans les premiers numéros. Au fil des publications, à côté des textes accompagnant les photos et faisant une brève présentation de l'état civil des modèles, les mystérieux (pas pour tout le monde) symboles faits à la main apparaissent. voici des exemples ci-dessous de C.V. cryptés de modèles.
 
 
DAVID O'BOYLE
.
Les "grigris" dans le coin bas gauche de la photo explique que le dénommé David O'Boyle est: un prostitué peu cher, que l'on peut sucer, accepte de se faire sodomiser, aime les filles mais ne sait pas très bien ce qu'il veut, croyant, caractère très gentil. (Information récupéré sur le site http://homodesiribus2012.blogspot.fr)
.
Subjective character analysis
Les codes de Bob Mizer
 
Steve Spurgeon and Willie Montalban
 
Selon le code de Bob Mizer, ce sont deux prostitués peu chers, dociles, passifs et qui pratiquent la fellation. Des "lovers"


En haut: Ralph Pfundstein, hétérosexuel, prostitué, peut-être sucé, ne sait pas trop ce qu'il veut. En bas: Jerry Richard, hétérosexuel, prostitué un peu cher, peut être sucé et sodomisé.
 
Dennis Lavia, hétérosexuel, prostitué, peut être sucé, accepte la sodomie.
.
 
On peut penser que Mizer pour être aussi bien renseigné sur les talents sexuels de ses protégés les "essayait"; ce que ni ne montre ni même ne suggère le film qui nous montre un Bob Mizer presque asexué! 
Il aurait été également souhaitable que le montage donne un peu plus d'importance aux confidences des anciens modèles en les interviewant un peu moins gentiment. Enfin il aurait été bon dans une synthèse finale qu'on nous explique l'influence qu'ont eu ce genre de publication dans l'Histoire des gays.
Beefcake est néanmoins un film grâce auquel on apprend beaucoup d'une manière bien agréable.
.
ci dessus le véritable Bob Mizer et ci-dessous quelques pages de Physique Pictorial






 




 
 
Ci-dessous des photos préparatoire prises par Bob Mizer
 
 
 
  
Beefcake, 2
 
 
Beefcake, 6
 
 
Beefcake 1
 
 
Beefcake 5
 
 
Beefcake, 4
 
 
Beefcake, 3

 

Bande-annonce VO

 

 

pour voir le film et le télécharger: ICI

Publié dans cinéma gay

Commenter cet article

Bruno 02/07/2016 19:46

Merci pour cette belle étude...de nus
Il y a dans My Own Private Idaho, une amusante séquence basée sur ce genre de magazines

lesdiagonalesdutemps 21/10/2016 20:28

Bob Mizer qui était par ailleurs un bon photographe était un monsieur beaucoup moins gentil que le laisse entendre ce film qui est néanmoins intéressant et dans sa forme assez rigolo et astucieux.

roijoyeux 21/10/2016 20:07

Avec les codes détaillés je comprends mieux le film où on voit Bob Mizer accusé de gérer un réseau de prostitution mais le film est très édulcoré, on dirait qu'il est juste photographe amateur de beaux mâles même le film parle de ses codes qui ont éveillé les soupçons des autorités

lesdiagonalesdutemps 02/07/2016 19:55

Ce film moins prétentieux que My private Idaho auquel on pardonne tout à cause du beau River est beaucoup plus informatif et honnête. Parfois avec un peu de maladresse, il soulève de nombreuses questions.