Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée

 

 
 
Acla__Affiche__01

Italie, 86 mn, 1992. 

Réalisé par Aurelio Grimaldi. Scénario : Aurelio Grimaldi. image: Maurizio Calvesi, montage: Raimondo Crociani, musique: Dario Lucantoni 

Avec: Francesco Cusimano, Tony Sperandeo, Luigi Maria Burruano, Lucia Sardo, Giovanni Alamia, Benedetto Raneli, Giuseppe Cusimano, Rita Barbanera, Salvatore Scianna, Ignazio Donato, Luciano Venturino

Acla_01
 
Résumé
La vie extrêmement dure des mineurs italiens dans les années vingt et en particulier celle d’ un garçon blond de 11 ans dans une mine de soufre de Sicile est le sujet de ce drame affreux et implacable. Le bel Acla (Francesco Cusimano) arrive à l’âge d’accompagner son père et ses deux frères aînés à la mine souterraine de soufre où ils travaillent six jours par semaine pour un salaire de misère. En raison de la chaleur intense ils travaillent presque nus, à la lumière brun-jaunâtre de lanternes qui les transforment en luisants pénitents de l'Enfer de Dante. Le père d'Acla le vend à un de ses collègues mineur. Aux termes de l'accord, Acla est "détenu" par Caramazza (Tony Sperandeo), pendant huit ans, jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge 19 ans. Son travail consiste à charger le soufre extrait par son patron dans des paniers et de les emporter. Parfois, il doit veiller la nuit pour s'assurer que le soufre extrait n'a pas été volé. Alors Acla rêve de mer et d’évasion pour lutter contre l’inhumanité de sa condition... La seule relation tendre de tout le film est entre le frère aîné d’Acla et un autre mineur; on les voit amoureux, les yeux dans les yeux, dansant sous les regards ravis de leurs compagnons... Le travail achevé, les hommes dorment tous ensembles. Dans la mine même, loin de leur femme leur frustration sexuelle les amène à faire l’amour entre eux et souvent ils attirent les garçons avec quelques olives... Comme la transpiration, la sodomie est endémique... Un des mineurs dit d’ailleurs : « On baise les garçons la semaine et nos femmes le dimanche. » Acla ne se laisse toucher par personne malgré les sollicitations incessantes de beaucoup.
Pour échapper à l'étouffement, à la suffocation dans les galeries de la mine, aux violences physiques et sexuelles auxquelles tout le monde se livre par accord tacite, Acla décide de fuir vers la mer qu'il n'a jamais vu...
 



 
L'avis critique
 
  L'habileté du scénario réside dans le fait que plutôt que d'essayer de nous décrire le quotidien de ce microcosme infernal d'une manière frontale, le film se penche sur ces vies à travers les yeux innocents d' Acla dont les seules informations sur le monde extérieur à sa communauté sont glanées à partir des lettres qu'envoie une tante qui a émigré Australie. Ces lettres sont lues à haute voix par Acla à sa famille car il est le seul à ne pas être analphabète. Ces lectures instillent dans l'esprit d' Acla par exemple une vision fantasmée de la mer comme celui d' un lieu de rédemption et d'évasion alors qu'il n'a pas encore vu des images de la mer. Et quand il s'enfuit de la mine et arrive au bord d'un lac, il demande à un pêcheur s'il a atteint l'océan... L'apreté du film fait penser à celle de "1900" qui nous montrait la brutalité dans les campagnes italiennes au début du XX ème siècle.
 
 


 Ce film nous fait entrevoir un monde dont on a peine à mesurer l'obscurantisme; dans une des scènes les plus poignantes du film, on voit plusieurs enfants du village rassemblés. Ils sont effrayés et sanglotent, car il vont être envoyé au loin, dans un pensionnat. La notion de l'enseignement obligatoire semble presque aussi terrifiant pour les mères que pour leurs enfants. Les aspects brutaux de cette vie villageoise sont bien mis en exergue, ainsi les punitions corporelles sévères infligées aux enfants qui seraient aujourd'hui considérées comme de la grave maltraitance. 

Acla_02


Bien que le sexe soit omniprésent, il est filmé avec discrétion, le réalisateur se contentant de chairs plutôt que d’actions. Extraordinaire cette scène dans laquelle le prêtre du village admoneste sévèrement les mineurs, les traitant de bêtes à propos de l'homosexualité endémique dans la mine, ce qui les fait rigoler...
 


Le réalisateur montre tous les mineurs peu vêtus dans une sensuelle lumière caravagesque. Mais malheureusement certaines scènes sont si peu éclairées que l'on devine plus l'action qu'on la voit vraiment. En outre le point a souvent du vague à l'âme et l'image n'est pas toujours nette.
 
La musique de Dario Lucantoni est emphatique et ne fait que souligner lourdement la noirceur des scènes dans la mine.
Les acteurs bien dirigés sont très convaincants en premier lieu Francesco Cusimano dans le rôle d'Acla.

Acla_03

Aurelio Grimaldi, scénariste et réalisateur du film, a tourné et écrit une vingtaine d'autres longs métrages, le dernier en 2009, et en particulier un autre film gay, Mery per sempre.
Acla a été édité en dvd en Italie et aux USA.
 

Acla_04
 
Ci dessous le film
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée
Acla, La Discesa di Aclà a Floristella d'Aurelio Grimaldi (réédition augmentée

Publié dans cinéma gay

Commenter cet article